Des milliers de statuettes féminines aux formes opulentes et au sexe marqué, la théorie selon laquelle ce furent les femmess qui inventèrent l'agriculture, quelques mythes : tout cela put donner à penser qu'autrefois les femmes dominèrent les hommes. C'est la thèse du matriarcat primitif, thèse fortement critiquée par l'anthropologie sociale car aucune société actuellement connue et observable ne peut être dite "matriarcale".
Mais elle garde ses partisans chez certains archéologues et parmi une frange du grand public fascinée par l'idée d'un culte ancien de la "Grande Déesse".
Le premier essai ici présenté réexamine cette thèse en s'appuyant sur les plus récentes découvertes du Néolithique proche-oriental, là où se rencontre la plus ancienne agriculture.
Les deux autres essais se penchent sur l'importante iconographie fournie par ces premières sociétés. Parmi celle-ci, des représentations de taureaux, ou du moins de bovins : doit-on y voir le culte d'un "dieu-taureau", ou au contraire d'animaux sacrifiés ? On trouve aussi quelques représentations de corps sans tête et des crânes surmodelés, qui sont parmi les premières représentations de visages humains : doit-on y voir le culte des ancêtres, ou des trophées pris aux ennemis ?
Alain Testart est directeur de recherche au CNRS et membre du Laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France.
Il est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur les aborigènes australiens, les chasseurs-cueilleurs, les rites et les croyances, l'esclavage et la monnaie primitive.
Il a publié aux éditions Errance: "l'esclave,la dette et le pouvoir" (2001), "aux origines de la monnaie" (2002), "la servitude volontaire" (2 tomes, 2004), "éléments de classification des sociétés" (2005), "des dons et des dieux" (réed; 2006) , et aux éditions Actes Sud "Eden cannibale" (2004).