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Description du produit
Cette enquête minutieuse, conduite autour d’une image rupestre célèbre, celle de la « Dame Blanche » chère à l’abbé Breuil, permet de faire un point sur les présupposés mythiques infusant nombre de recherches scientifiques, particulièrement dans le cas des études d’art rupestre. Elle met aussi en lumière l’existence de surprenantes passerelles entre travaux savants et productions littéraires ou artistiques (romans, films, bandes dessinées, récits d’aventure). En effet, le dépouillement des archives et de la correspondance de l’abbé montre que le moteur premier des recherches qu’il a réalisées en Afrique australe, comme de celles de son élève Henri Lhote au Tassili, était la recherche d’anciennes colonies « blanches » disparues, et qui se seraient établies, dès la préhistoire, au coeur du continent Noir. Tant Breuil que Lhote ont alors retrouvé sur les roches africaines des peintures rupestres qui leur ont paru représenter des « dames blanches » qu’ils ont aussitôt interprétées comme des déesses ou des reines propres aux anciens royaumes dont ils croyaient avoir découvert les vestiges. Ce faisant, ils ressuscitaient et nourrissaient à la fois deux mythes : celui d’une Atlantide saharienne pour Henri Lhote, et pour l’abbé, celui de l’identification des grandes ruines du Zimbabwe à la ville mythique d’Ophir d’où, selon la Bible, le roi Salomon tirait ses fabuleuses richesses. Tous deux croyaient être à la pointe de la science la plus pure, et c’est du reste ainsi qu’ils étaient considérés par leurs contemporains, alors qu’avec le recul, nous voyons bien maintenant que leurs théories n’étaient qu’un reflet maladroit des idées de leur temps, particulièrement du contexte colonial au Sahara, et de l’apartheid en Afrique du Sud. À leur insu, la production scientifique de ces deux savants avait pour fonction de justifier la présence blanche en Afrique, et elle fut amplement instrumentalisée dans ce sens. Pourtant, des études récentes ont désormais démontré que la « Dame Blanche » qui fascina tant l’abbé Breuil n’était en réalité ni blanche, ni même une femme, et toute la construction para-scientifique de l’abbé s’est écroulée, tout comme celle de Lhote. Une question demeure: si une telle interpénétration de la science et du mythe au service du politique fut possible au milieu du XXe siècle, qu’en est- il de nos jours ?
Zoom sur Jean Loïc Le Quellec dans le journal du CNRS de juin 2010 :
http://www2.cnrs.fr/journal/
en un clic, écoutez Jean Loïc Le Quellec invité du Salon Noir et de la tête au carré :
http://biblioweb.hypotheses.org/3570
http://www.universcience.tv/media/1562/de-lucy-a-kadanuumuu.html
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lateteaucarre/
Informations complémentaires
| Complément du titre | enquête sur un mythe archéologique. |
| ISBN | 9782877724098 |
| Auteur(s) | Le Quellec Jean-Loïc |
| Editeur | Editions Errance |
| Collection | Pierres Tatouées |
| Langue | français |
| Date de publication | Mars 2010 |
| Période(s) | Préhistoire |
| Thèmes(s) | Problématiques archéologiques |
| Format | 21,5 x 28 |
| Nombre de pages | 290 |
| Présentation | Relié |
