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Tokyo

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Fondé en 1590, Edo est renommé Tokyo en 1868 avec l’avènement de l’ère Meiji. Aujourd’hui la ville de Tokyo (13 millions d’habitants) est au cœur d’une agglomération tentaculaire, la plus peuplée du monde (37 millions d’habitants). Ayant subi de nombreuses catastrophes - incendies, tremblements de terre dont celui de 1923, bombardements en 1945 -, la ville a été reconstruite à plusieurs reprises sans véritable politique de planification unifiée, d’où l’émergence d’un paysage urbain contrasté - entre chaos et quartiers hypermodernes, entre ciel (la tour Tokyo Sky Tree de 634 m, 2012) et mer (terre-pleins dans la baie de Tokyo) -, fait de démesure (projets pour les Jeux olympiques en 2020) aussi bien que de micro-espaces interstitiels (pet architecture). Avec guide de promenades et carte.

Description du produit

Sommaire
• Introduction
• Typographie et stratification sociale, la ville féodale (1603-1868)
• Tokyo, la capitale de l'Est (1868-1945)
• Reconstruction, modernisation, spéculation et repentirs (1945-2011)
• Après 2011 : l'écologie ou le rayonnement ?
• Promenades dans Tokyo
 
 
Préface
de Gwenaël Querrien
 
À Tokyo comme ailleurs, mais plus encore puisque son agglomération est la plus peuplée du monde avec 37 millions d’habitants(1), rien n’arrête le débordement de la ville sur la campagne, quand dans le même temps les campagnes se vident. La population urbaine du Japon est ainsi passée de 37 % à 72 % entre 1950 et 1970, pour atteindre 92 % en 2012 (86 % en France à cette date) sur un total de 126 millions d’habitants. La ville de Tokyo(2), dont l’origine remonte à la fin du XVIe siècle, est rapidement devenue une des villes les plus peuplées de la planète, bien qu’elle n’ait pas toujours été la capitale de l’empire du Soleil levant, et compte aujourd’hui 13 millions d’habitants. Elle devrait pourtant connaître un ralentissement à partir de 2015, du fait du vieillissement de la population. En effet le Japon, pays très peu ouvert à l’immigration et à faible taux de natalité, voit sa population décroître depuis 2010 (– 244 000 personnes en 2013, soit – 0,9 %) et celle-ci pourrait chuter d’un tiers d’ici 2060(3).
Pour l’heure, les tentatives pour juguler l’étalement urbain de l’agglomération tokyoïte, notamment à partir des années 1960 en créant des villes nouvelles à distance de la ville-centre, n’ont servi qu’à retarder l’échéance, celles-ci ayant été bientôt rattrapées et digérées par l’agglomération tentaculaire devenue polynucléaire. 
En contrepoint de ce gigantisme et des contrastes brutaux entre les échelles de construction où les nappes horizontales de maisons et d’immeubles relativement bas sont crevées ici et là de gratte-ciel – logiquement toujours plus nombreux –, des espaces interstitiels ou délaissés sont présents partout entre les bâtiments de toutes natures. Leur petite échelle et leur statut ambigu – entre le public et le privé en termes d’usage – humanisent la ville et introduisent une dimension mystérieuse, voire pittoresque. Y fleurissent toutes sortes de pet architectures, selon l’expression de Yashiharu Tsukamoto de l’Atelier Bow-Wow(4) : ces petites architectures vont de l’immeuble-crayon sur microparcelle à l’échoppe de réparateur de vélos adossée à une infrastructure d’autoroute urbaine, en passant par des restaurants de poche et autres lieux de convivialité, “si petits qu’on est bien obligé de se parler”... Ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’une immersion dans la ville in situ pourront découvrir cette vie inattendue qui se faufile dans tous les recoins de Tokyo en regardant le film de Damien Faure, Espaces intercalaires. Le réalisateur montre aussi, en donnant la parole à des Tokyoïtes, comment le manque d’espace n’est pas forcément perçu négativement par les Japonais, pourvu que les échappées visuelles et les services de proximité soient là pour compenser. Ainsi, dit un jeune biologiste, ne pas avoir de frigidaire faute de place n’est pas gênant puisque deux épiceries voisines sont ouvertes 24 h / 24 et 7 jours / 7 ; il fait donc ses courses au fur et à mesure. De même les bains publics, les laveries et autres services sont-ils d’usage tout à fait courant. Le passage de la sphère privée à la sphère publique est permanent et les interstices en sont une expression spatiale originale, constituant des lisières entre les deux domaines. Mais la chasse aux mètres carrés disponibles n’aura-t-elle pas bientôt raison de ce particularisme tokyoïte vivifiant ? - Gwenaël Querrien
 

Informations complémentaires

Complément du titre Portrait de ville
ISBN 9782916183329
Editeur Cité de l'architecture et du patrimoine
Collection Portrait de ville
Langue français
Date de publication 2014
Thèmes(s) Patrimoine
Présentation broché
 

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