Moyen-Âge

  • Pour les historiens arabes les plus lucides, ce que nous appelons les Croisades entre dans le récit plus vaste de l'effondrement de l'Empire islamique. La grande offensive des " Francs " en Méditerranée constitue l'une des deux mâchoires de la tenaille qui prend en étau l'Islam aux XIIe-XIIIe siècles, et menace de l'anéantir. L'autre mâchoire, de loin la plus redoutée, se resserre à l'est avec les invasions mongoles.
    Au regard du gouffre de cette apocalypse orientale, les événements de la part occidentale du monde islamique, où s'inscrivent nos Croisades, nous ramènent presque à l'ordinaire des temps. C'est donc à un décentrement du monde que nous invite Gabriel Martinez-Gros, en nous positionnant à Damas ou Bagdad, voire Pekin, et non plus seulement en regardant Jérusalem depuis Rome ou Paris. Ainsi se révèle, dans une perspective mondiale et par un historien nourri de sources aussi bien latines qu'arabes, ce que furent les Croisades, l'empire de l'Islam et la puissance mongole.

  • Les renouvellements récents de l'historiographie ont multiplié les perspectives d'analyse sur le rôle et la place de l'écrit dans la pensée et l'exercice du pouvoir au Moyen Âge. Pour des sociétés et des cultures de l'oralité et du geste, l'écrit est en effet à la fois un instrument du/de pouvoir, un acte de pouvoir, une expression du pouvoir. En mettant l'accent sur les écritures du pouvoir, ces treize études questionnent les pratiques, leurs formes autant que leurs sens, au sein des cultures et des expériences politiques en péninsule Ibérique et au Maghreb. L'approche pluridisciplinaire - histoire, numismatique, diplomatique, épigraphie, histoire de l'art, de la littérature, du droit...- croisée à des échelles d'analyse variables dans l'espace et dans le temps, permet d'éclairer la production, la réception, la conservation, mais aussi la transformation et la circulation des textes et des écritures qui servent, expriment, monumentalisent le pouvoir, de part et d'autre des frontières et du détroit de Gibraltar, des Pyrénées au Sahara et dans le bassin méditerranéen occidental...

  • L'expression «écritures normées» est utilisée aujourd'hui particulièrement dans les sciences sociales et le management pour indiquer tout texte écrit en lien avec des pratiques professionnelles et des systèmes de gouvernance à l'intérieur des sociétés. Les historiens de l'Antiquité et de la première modernité ne peuvent que souscrire à cet intérêt pour les normes d'écriture et leur transmission, à l'intérieur d'une recherche qui engage non seulement l'aspect matériel lié à l'acte d'écrire, mais plus largement les questions d'identité sociale et politique, de représentation, de contrainte ou de liberté dans l'élaboration et l'imposition des normes, voire dans leur transmission. Ce livre collectif s'intéresse à la figure du professionnel de l'écriture, celui qui maîtrise l'art graphique et intellectuel d'écrire, et qui fixe sur un support matériel la parole, individuelle ou collective, en accomplissant une fonction qui peut être juridique, religieuse, technique, littéraire, etc.
    Du scribe de l'antiquité, en passant par l'expert-comptable des cours et des communes médiévales, ou le secrétaire de la renaissance, les cas étudiés permettent d'approfondir les liens entre les différentes traditions d'écritures normées, leurs fonctions, leur importance sur le plan historique et culturel.
    Cette problématique correspond à une direction de recherche très actuelle et répond pleinement à la nouvelle question des concours d'Histoire (Capes et agrégation 2020) :
    - Écrit, pouvoirs et sociétés en Occident aux XIIe-XIVe siècles (Angleterre, France, Italie, péninsule Ibérique).

  • Ce livre est le deuxième ouvrage collectif issu des rencontres du Partenariat Hubert Curien Maghreb « DÉSERT : la frontière méridionale du Maghreb à l'époque antique et médiévale, espace de confins et territoires d'échanges » (Programme pluriannuel de la Casa de Veláquez) : il constitue le volume n°2 de la série La frontière méridionale du Maghreb, dont le premier est paru en 2018 aux éditions Ausonius. Croisant les sources écrites et les données archéologiques récentes, ce recueil propose alors de nouveaux regards sur les spécificités de l'occupation humaine aux confins du prédésert et du Sahara, et ses implications en termes d'échanges, entre l'Antiquité et l'époque moderne.

  • Charles Martel

    Georges Minois

    • Perrin
    • 12 Novembre 2020

    Sa victoire contre les arabo-musulmans à Poitiers, en 732, est à peu près tout ce qui reste de Charles Martel dans la mémoire collective, qui le considère avant tout comme le « marteau des Sarrasins ». L'enjeu de cette fameuse bataille connaît d'ailleurs un regain d'intérêt dans le contexte actuel, et fait l'objet de vifs débats : simple escarmouche, ou choc des civilisations qui a sauvé l'Europe de l'islamisation ? Cependant, Charles Martel ne se réduit pas à cette seule date, aussi célèbre soit-elle. Grand-père de Charlemagne, il assure la transition entre la dynastie moribonde des Mérovingiens et celle des Carolingiens. Guerrier avant tout, il est devenu, par ses nombreuses victoires, mais aussi par sa collaboration avec les missionnaires et par son entente avec le pape, le prince le plus puissant de son époque, le sauveur de l'unité du monde franc, et le rempart de la chrétienté. Maître d'un immense territoire, tout en restant simplement « maire du palais », il prépare l'accession au trône de son fils Pépin le Bref. Si Charles Martel reste pourtant mal connu, en raison du caractère lacunaire et laconique des chroniques de cette époque, de nombreux documents, privés et publics, sur la société franque permettent de lever en partie le voile sur cet étonnant personnage, et de mieux comprendre l'homme et son oeuvre.

  • Comment avons-nous rendu à Dieu l'incroyable énergie qu'il nous a donnée ?
    Qu'on l'appelle souffle de Dieu, Esprit saint, ou tout simplement Espérance, cet essai explore d'une manière originale le thème de « l'énergie » dans la liturgie et l'art du Moyen Âge.
    La définition médiévale de l'énergie est tirée de réflexions concernant la nature de Dieu et la manière dont Il a été amené à transmettre sa propre énergie aux hommes.
    À partir de ce constat, l'auteur montre que la liturgie et l'art constituent les deux principaux vecteurs de mise en action de cette formidable énergie divine, à travers les rituels et les « productions » artistiques du christianisme antique et médiéval.

  • L'histoire de la France aux XIVe et XVe siècles est marquée par un conflit à rebondissements, qualifié par les historiens de «guerre de Cent Ans ». Le conflit connut plusieurs phases, entrecoupées d'accalmies. La durée du conflit, de même que les souffrances de ceux qui l'ont animé ou en ont pâti, interdisent de le réduire à l'écume des événements - c'est la raison du titre de cet ouvrage. Ce livre s'attachera donc moins à la narration circonstanciée des détails de ces guerres, qu'à les comprendre comme éléments d'un contexte général. La trame du récit est ainsi subordonnée au développement chronologique des grands phénomènes qui marquent la période. La fin du Moyen Âge est marquée par trois phénomènes majeurs, d'ampleur européenne et qui s'inscrivent dans le temps long : une phase de forte croissance de l'État aux XIIIe-XIVe siècles, une crise économique d'origine agraire après trois siècles de croissance et une crise démographique avec la réapparition de la peste en Occident après sept siècles d'absence. Les deux premiers phénomènes sont l'effet du modèle de développement de la civilisation féodale du Moyen Âge central, mais le dernier paraît exogène ; tous concourent cependant à précipiter le pays dans une des plus vastes dépressions de son histoire.

  • La crypte est une architecture apparemment connue, imagée, documentée, mais qui reste quasiment mythique dans les esprits. Elle renvoie de manière souvent abusive à une réalité que l'on croit uniquement souterraine. L'auteur tente ici de sortir des idées reçues en reconstituant le processus historique de la crypte dans une démarche à la fois archéologique et anthropologique. Chaque crypte a son histoire, une histoire qui s'est constituée souvent bien après sa construction et même son usage. C'est pourquoi dans ce parcours archéologique des cryptes en France, l'auteur accorde une place particulière aux textes et à l'examen des espaces pour reconstituer usages et parcours. Les réponses qu'il apporte s'inscrivent dans un panorama plus général de l'évolution de l'espace sacré. La crypte assure ainsi à l'église sa dimension dans le temps, sa mémoire, au point que l'on chercha toujours à ancrer cette mémoire et l'origine du site là où se trouve la crypte. En restituant la crypte dans sa dimension architecturale et historique, l'enquête bouscule l'histoire locale pour mieux saisir l'épreuve du temps, la trace d'une croyance et l'expression d'une société. Cet ouvrage est le fruit d'un travail de longue durée de Christian Sapin, archéologue et historien de l'art, qui recense près de 400 cryptes en France entre le IVe et le XIIe siècle, tout en établissant des comparaisons avec des cryptes situées en Europe occidentale. L'ouvrage bénéfice de reconstitutions en 3D ainsi que d'une campagne photographique exceptionnelle du photographe Jean-François Amelot. Un ouvrage de référence, qui offre une approche archéologique et historique inédite et attendue de la part d'un grand spécialiste.

  • Pour la première fois, l'histoire livre tous les éléments permettant de retracer le processus intellectuel qui a abouti à créer un nouveau style : l'art gothique L'art gothique, voulu par des religieux maîtres d'ouvrage, apparaît au coeur de la France du Nord qui connaît à partir du XIe siècle un redressement démographique spectaculaire. Ce dynamisme se répercute sur l'ensemble de la société et notamment dans les milieux intellectuels. Des centres se font jour à Chartres et bientôt à Paris, dont le destin exceptionnel s'annonce.
    La pensée qui s'y développe puise son inspiration dans l'Antiquité tardive. À partir de 1130, les religieux se lancent dans les reconstructions de cathédrales ou abbatiales. Ils conçoivent des programmes inédits pour répondre aux besoins de la liturgie et de la démographie et font appel à des architectes novateurs qui développent un style nouveau avec de vastes espaces inondés de lumière.
    Pour relever ces défis, les architectes bouleversent les techniques de construction, entraînant avec artistes et artisans.
    Le maître d'ouvrage reprend le rôle qu'il avait perdu depuis l'Antiquité pour décider du programme, imaginer les montages financiers, résoudre les crises internes.
    Un essai brillant, largement documenté et illustré, qui retrace la révolution que constitue cette nouvelle esthétique qui mettra près d'un siècle pour s'introduire dans les régions éloignées.

  • Cet ouvrage aborde, à travers une étude d'ensemble, les très nombreuses découvertes de décors figuratifs dans l'habitat médiéval en France. Si la thématique guerrière se révèle largement prépondérante, de nombreux sujets illustrent les occupations aristocratiques (bien que leurs habitants n'en fassent souvent pas partie) ou encore des thèmes allégoriques.

  • Ce nouvel ouvrage du grand médiéviste Roland Recht, professeur honoraire au Collège de France, part de l'idée que l'art gothique n'a pas été saisi à la fois dans ce qu'il a d'innovant et de créatif par rapport à la période romane, mais aussi à travers l'histoire de sa réception, qu'elle soit médiévale ou bien moderne. L'auteur commence par analyser les aspects spécifiques de la production artistique au Moyen Âge : la grande mobilité des hommes, des modèles et des oeuvres ; la lente conquête d'une représentation du corps et du portrait ; la redécouverte de l'espace privé et de la nature ; la relation dialectique entre les manières et les comportements de la société et leur stylisation dans l'art autour de 1400 ; l'invention proprement révolutionnaire de l'architecture dite gothique. Autant de caractères originaux des derniers siècles du Moyen Âge.

  • La prolifération des formes architecturales dans toutes les formes d'art ne cesse d'interroger, en particulier à partir du Moyen Âge. Ce phénomène ne peut être véritablement compris que si l'on prend en compte la question du changement d'échelle, avec les conséquences sur le travail des artisans et sur les significations symboliques qu'un tel processus de miniaturisation implique.

  • Pour éclairer les pratiques de la vie quotidienne au temps de saint Louis, ce livre croise les trois sources fondamentales de l'histoire médiévale : sources écrites - ici les fabliaux -, iconographie et archéologie, issues d'une même aire géographique et culturelle, la France du Nord, la Flandre, l'Angleterre du Sud, et de la même période (fin XIIe - 1re moitié XIVe siècle). La littérature de divertissement, qui procure mille détails inédits et concrets sur le mode de vie (habiter, manger, se vêtir), les métiers et les activités (paysans, serviteurs, artisans, marchands), livre aussi les façons de s'exprimer, de bouger, de penser. Les fabliaux prennent tout leur sens une fois confrontés avec le riche inventaire d'un mobilier archéologique trop peu connu et avec le corpus plus ample encore des enluminures médiévales. Ce travail, à la croisée des sources, s'imposait pour mettre en lumière un sujet plus important qu'il n'y paraît, la " culture matérielle ", dont l'histoire " n'a pas d'autre objet que la condition humaine " (Jean-Marie Pesez)

  • Les cryptes médiévales constituent un patrimoine chargé de mystère dont la variété et les questions qu'elles suscitent restent méconnues. Trente chercheurs apportent leur contribution à la connaissance des cryptes de deux régions. L'Ile-de-France et la Picardie présentent un corpus multiforme de cryptes, de l'époque carolingienne au XVe siècle, et des plus connues comme Saint-Denis, Jouarre ou Saint-Médard de Soissons, aux plus secrètes. Une approche pluridisciplinaire en aborde tous les aspects, tant sur le plan architectural que sur celui de l'utilisation liturgique, ou sur leur rôle dans la dévotion aux corps saints, dont un chapitre fait l'inventaire. Une analyse historique et archéologique renouvelée lève bien des interrogations. Une partie est consacrée à des structures situées sous des églises, mais qui ne sont pas des cryptes : des critères précis permettent de mettre fin aux confusions. Un inventaire des cryptes existantes, disparues ou rejetées clôt l'ouvrage.

  • De nombreuses églises romanes du Limousin méridional, les unes prestigieuses comme l'abbatiale de Beaulieu-sur-Dordogne, les autres plus modestes dans leur cadre de nature, conservent, soit à leur portail, soit sur quelque 500 chapiteaux, un décor sculpté remarquable. En écho aux grands chantiers de Moissac et de Toulouse, le Bas-Limousin a constitué une aire artistique à part entière, devenant elle-même source d'influences perceptibles jusqu'en Périgord, en Haute-Auvergne et en Poitou. Ce sont des chefs-d'oeuvre pour la plupart méconnus qui sont ici révélés par le talent du photographe Jean-François Amelot, cependant qu'Évelyne Proust, dans une étude enrichie de comparaisons avec la sculpture du Languedoc ou de l'Espagne, éclaire leur style et leur sens, puis propose des monographies des vingt-quatre églises les plus dignes d'intérêt. Vivantes scènes historiées ou pittoresques représentations figurées, ces images illustrent la profondeur d'une réflexion théologique ou évoquent simplement les hommes du Bassin de Brive et de ses abords au XIIe siècle.

  • La Vie de Charlemagne, écrite au IXe siècle par Eginhard (770-840), familier du grand empereur et de son fils Louis le Pieux, est le texte le plus célèbre du Moyen Age latin.
    La précédente traduction, donnée par Louis Halphen en 1923, inaugura la collection "Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Age" devenue "Les Classiques de l'histoire du Moyen Age" dans laquelle ce volume prend place, un siècle après.
    Riche d'anecdotes piquantes, de descriptions ethnographiques, de notations épiques, ce texte est la source essentielle pour l'histoire de Charlemagne et l'interprétation de son règne. On y voit la dépréciation des Mérovingiens en rois fainéants, et la construction de l'image du grand conquérant, rénovateur de l'Eglise, de l'école et de la culture, couronné empereur par le pape en 800. Mais ce récit est aussi l'oeuvre d'un auteur : Eginhard écrit après les faits et son ouvrage est tissé des préoccupations politiques des successeurs de Charlemagne. C'est aussi l'oeuvre d'un savant, acteur de la Renaissance carolingienne, pétri de culture classique mise au service de la politique et de l'art littéraire.

  • Longtemps défini en négatif par rapport aux époques l'ayant précédé ou suivi, le Moyen Âge cristallise tous les poncifs : l'obscurantisme, la peur de l'an Mil, la cruauté de l'Inquisition, la grande peste, mais aussi l'amour courtois, les premières universi- tés, les cathédrales, etc.
    Choisissant parmi les idées reçues les plus ancrées dans l'imaginaire collectif, Laure Verdon nous convie à un voyage de dix siècles dans l'histoire européenne.

  • Juillet 1096 : il fait chaud sous les murailles de Nicée. A l'ombre des figuiers, dans les jardins fleuris, circulent d'inquiétantes nouvelles : une troupe formée de chevaliers, de fantassins, mais aussi de femmes et d'enfants, marche sur Constantinople. On raconte qu'ils portent, cousues sur le dos, des bandes de tissu en forme de croix. Ils clament qu'ils viennent exterminer les musulmans jusqu'à Jérusalem et déferlent par milliers. Ce sont les <>.
    Ils resteront deux siècles en Terre sainte, pillant et massacrant au nom de Dieu. Cette incursion barbare de l'Occident au coeur du monde musulman marque le début d'une longue période de décadence et d'obscurantisme. Elle est ressentie aujourd'hui encore, en Islam, comme un viol.

  • D'après des sources grecques, arméniennes, arabes et syriaques longtemps ignorées ou juste survolées, le livre de Peter Frankopan dévoile une nouvelle histoire révolutionnaire d'un événement parmi les plus fameux de l'histoire, la première croisade, en plaçant le coeur de son ouvrage à Constantinople, ville capitale de l'Empire Byzantin, de l'Asie mineure et de la Palestine. Professeur d'histoire à Oxford, l'auteur offre un tableau saisissant et original de l'expédition qui ravit Jérusalem des mains des musulmans, bouleversant radicalement notre compréhension de l'ensemble du déroulement de la croisade.

  • Pourquoi cette nouvelle histoire du Moyen Age ? Premièrement, parce que plus nous nous éloignons de cette période, plus elle intrigue, et même fascine, car nous sentons confusément que là se trouvent les racines de nos aspirations et de nos drames actuels, des obscurantismes religieux aussi bien que des hautes spiritualités, de la violence aveugle comme de la quête de sens, de la peur du futur comme du rêve d'un retour à la nature.
    Deuxièmement, parce que l'image actuelle du monde médiéval est trop souvent falsifiée : évacué des programmes scolaires, réduit en miettes anecdotiques pour les médias, transformé en légende noire ou dorée, le Moyen Âge a perdu toute cohérence dans la mémoire collective du « grand public ». Pour le comprendre - donc pour nous comprendre -, il faut restituer les faits, les noms, les dates, dans leur enchaînement logique et chronologique. C'est ce que ce livre tente de faire.
    Troisièmement, parce qu'aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire d'élargir notre vue en replaçant « notre » Moyen Âge européen dans le contexte de ses relations avec ses voisins. L'histoire médiévale occidentale est indissociable de celle du Proche-Orient, à la fois ennemi et Terre promise. C'est un drame en trois actes, plein de bruit et de fureur, de splendeurs et de misères, rythmé à la fois par les avancées propres du génie européen et par son affrontement avec l'Orient : du Ve au Xe siècle, c'est l'âge des grandes illusions, pendant lequel l'Orient byzantin puis musulman domine un Occident encore barbare ; du XIe au XIIIe siècle, l'Occident chrétien manifeste son dynamisme et atteint son âge de raison, en accord avec une foi plus éclairée, avant de connaître des fléaux apocalyptiques aux XIVe et XVe siècles, dans un âge de transition vers un monde moderne.

  • Les empires médiévaux

    Collectif

    • Perrin
    • 18 Avril 2019

    Construction politique, diplomatique, militaire et culturelle au croisement de l'espace et du temps, l'empire constitue une notion particulièrement pertinente pour décrire et comprendre le monde du Moyen Âge. Est empire un ensemble qui ne peut s'intégrer à aucun autre ; est empereur celui qui proclame n'avoir au-dessus de lui aucune puissance humaine, et qui le prouve. Entre le Ve et le XVe siècle, de telles entités se firent et se défirent presque partout sur la planète - certaines furent éphémères, d'autres plus durables. Elles s'affrontèrent ou s'ignorèrent, laissèrent des traces remarquables ou disparurent presque corps et biens. Institutions, religions, héros, guerres et mythes animèrent durant la même période des sociétés qui, mises en parallèle, s'éclairent les unes les autres dans ce livre collectif ambitieux et sans équivalent, qui allie la clarté du propos à une précision sans faille.
    Ainsi se dessine, fascinant, un Moyen Âge mondial, à la fois carolingien, byzantin, serbe, bulgare, germanique, aztèque, mongol, vénitien, chinois, japonais, malais et normand, décrit et interprété par des spécialistes renommés.

  • Au Moyen Âge, l'argent répugne, l'argent fascine, et la monnaie est rare.
    « Dans cet essai, je veux expliquer quel a été le sort de la monnaie, ou plutôt des monnaies, dans l'économie, la vie et la mentalité médiévales ; et dans cette société dominée par la religion, comment l'Église a considéré et enseigné l'attitude que le chrétien doit observer face à l'argent et à l'usage qu'il doit en faire. Si l'argent a joué un rôle important dans la constitution des États, si les techniques financières et bancaires ont progressé, si le commerce s'est largement développé, le Moyen Âge, faute d'un marché global, n'a pas connu ne fût-ce qu'un précapitalisme, même à la fin. C'est pourquoi son développement économique a été lent et limité, en dépit d'îlots de prospérité. Au Moyen Âge, donner de l'argent est aussi important que d'en recevoir, l'esprit de charité l'emporte sur le désir de profit, François d'Assise sur Jacques Coeur. Aussi une crise comme celle d'aujourd'hui y est-elle inconcevable. » Jacques Le Goff.

  • Qu'il puisse exister une corrélation entre les épidémies infectieuses récurrentes, les expressions de la piété et les comportements religieux, facteurs d'entraide et de regroupement, est une hypothèse féconde qui invite les scientifiques à analyser conjointement l'histoire des religions et l'histoire des maladies.

    Cet ouvrage permet une première synthèse sur l'empreinte des phénomènes religieux dans le traitement des maladies au sein des sociétés antiques et médiévales. Les investigations archéologiques et paléopathologiques récentes menées pour la Normandie médiévale, mais aussi les études s'appuyant sur une aire géographique large (de la Grèce au monde anglo-normand) du VIIIe siècle av. J.-C. au XIIIe siècle apr. J.-C. ont permis aux archéologues, anthropologues, archéo-anthropologues et historiens ainsi réunis d'aboutir à un ensemble de réflexions croisées sur les problématiques suivantes : les sanctuaires de guérison participent-ils à la construction socioreligieuse du territoire ? Le religieux est-il indissociable du médical ? Quelle est la part de la magie dans les pratiques médicales ? La diffusion des savoirs médicaux éclipse-t-elle le religieux ? Quelles sont les continuités et les ruptures entre l'Antiquité et le Moyen Age ?

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