Archéologie Quoi de Neuf ? Septembre 2020

  • Ce premier volume de la Monographie de la grotte Chauvet-Pont d'Arc présente l'inventaire raisonné des informations contenues dans la grotte sous la forme d'un atlas. Ce type d'ouvrage peut paraître inhabituel pour présenter un site orné. Néanmoins, les dimensions de la grotte, la morphologie des salles et des galeries qui compartimentent son espace ainsi que l'inscription des oeuvres pariétales dans le paysage souterrain sont autant d'invitations à penser, travailler et structurer l'ensemble des connaissances par une approche cartographique.La première partie de l'ouvrage aborde les toutes premières représentations spatiales de la grotte: les plans topographiques puis les productions cartographiques, et enfin la mise en place du Système d'Information géographique qui a accompagné la réalisation de cet ouvrage.La deuxième partie évoque les différents contextes de l'art et de l'archéologie. L'accent est essentiellement mis sur le cadre physique, le paléo-environnement contemporain des fréquentations humaines et animales et la chronologie des événements qui ont marqué l'histoire de la grotte.La troisième partie « la grotte Chauvet-Pont d'Arc par les cartes » est conçue comme un voyage à travers les cartes. Les vingt cartes détaillées au 1/100e qui couvrent l'ensemble de la cavité, permettent de découvrir la grotte dans ses moindres recoins et d'opérer ses lectures au gré de ses propres intérêts. Les connaissances acquises au fur et à mesure du cheminement dans la grotte permettent au lecteur de couvrir la diversité et la richesse des paysages souterrains, des vestiges archéologiques et des témoins paléontologiques de la grotte - qui seront étudiés en détail dans les volumes suivants de la Monographie de la grotte Chauvet-Pont d'Arc.La quatrième partie est plus spécifiquement consacrée à la conservation de la grotte, depuis les premiers actes forts au lendemain de sa découverte pour préserver son état exceptionnel de conservation jusqu'aux études définissant les modalités de sa préservation dans un environnement extérieur soumis aux changements.Par cette approche progressive l'Atlas permet d'aborder, de la façon la plus neutre, la complexité et la richesse factuelle, souvent soulignées, de ce sanctuaire souterrain.

  • À quoi sert l'archéologie ? L'archéologie fascine, elle fait partie des métiers que voudraient faire les enfants, voeu que très peu réaliseront. Les enfants en effet s'interrogent sur l'origine, et tous les adultes à leur tour. Car, au fond, la question est bien celle de l'origine : du monde, des humains, de chaque société. Et pour élucider ces mystères, depuis le XIXe siècle, l'archéologie s'est progressivement substituée aux religions et assure une mission essentielle : elle construit le passé, le territoire et la légitimité historique de chaque nation.
    C'est ce que montre cet essai, où l'archéologue engagé Jean-Paul Demoule rend compte de la double fonction de cette discipline, scientifique d'une part, idéologique de l'autre, avec des frontières qui parfois se brouillent. En témoignent les débats français autour de l'enseignement de l'histoire et du « roman national », puis de l'« identité nationale », marqués depuis les années 2000 par l'irruption des « Gaulois », des « Barbares » et des manipulations de l'histoire dans les discours politiques et médiatiques.
    En témoignent également, dans de nombreux pays, les manières dont agit l'archéologie, tant dans ses interprétations historiques que dans sa mise en oeuvre sur le terrain, avec sa contamination croissante par les idéologies ultralibérales de la concurrence généralisée. On verra ainsi, dans le cas spécifique de la France, comment la convergence des intérêts économiques à court terme, de l'idéologie ultralibérale mais aussi des incuries administratives met en danger le sauvetage d'un patrimoine archéologique gravement menacé.

  • Textes réunis par Stéphane Blond, édition coordonnée par Nicolas Hatzfeld ;

    Préface de Denis Woronoff et Gérard Emptoz - Postface de Liliane Hilaire-Pérez et François Jarrige ;

    Réunissant quelques grands textes inédits, l'ouvrage invite à un réexamen de la trajectoire suivie par la France dans son industrialisation depuis le XVIIIe siècle, à travers une approche pionnière en histoire des énergies. Corrigeant l'image d'une transformation linéaire calquée peu ou prou sur le modèle anglais, il montre la longue vitalité de l'énergie hydraulique ou du charbon de bois à côté des techniques venues d'outre-Manche, ainsi que la pluralité des voies de la première industrialisation. La démonstration s'appuie sur la connaissance exceptionnellement fine des sites, des installations et des procédés à l'oeuvre dans plusieurs régions telles que la Bourgogne, la Normandie, le nord-est de la France ou l'Amiénois. Cette connaissance intime des processus industriels locaux permet de refier le temps court des innovations techniques, des marchés et des productions au temps long de la coexistence entre les énergies renouvelables et fossiles, encore actuelle. Les analyses présentées sont celles d'un praticien de l'enquête collective, alliant les approches de l'histoire, de l'archéologie et du patrimoine industriel dans des recherches donnant parfois lieu à des textes écrits à plusieurs mains. Novateurs sur le fond et originaux dans la méthode, ces travaux s'inscrivent dans une histoire des techniques profondément renouvelée, ancrée dans la connaissance concrète, pratiquant la généralisation avec une audace patiente et ouverte aux réflexions actuelles en matière environnementale.

  • Cet ouvrage a pour ambition de dévoiler encore un peu plus l'imbrication qui existe entre les deux disciplines. En effet, en France, c'est autour de la question de l'«archéologie» que s'est structuré l'enseignement de l'architecture aux XIXe et XXe siècles. Or, la seconde prend désormais ses distances avec la première et la formation historique, donc archéologique, des jeunes architectes souffre de carences certaines. Les deux disciplines ont pourtant fort à gagner quand elles se rejoignent et réfléchissent ensemble. L'objectif de cet ouvrage collectif est de montrer les parallèles possibles entre l'une et l'autre, les ponts permettant l'élaboration de nouvelles approches méthodologiques, sources d'inspiration mais aussi de remises en question. 

  • Une journée dans la Rome antique sous le règne de Trajan, quart d'heure par quart d'heure, par l'auteur d'«Empire» et des «Trois Jours de Pompéi; »après ces deux succès et avec un même talent de conteur, Alberto Angela immerge si bien ses lecteurs dans l'Antiquité romaine qu'il fait presque d'eux des Romains afin qu'ils la comprennent mieux. Un livre qui s'est vendu à plus de 500 000 ex. en Italie.

  • Découvrirons-nous un jour un autre monde habité ? Notre univers est-il unique ?
    Installez-vous confortablement dans un transat, et laissez-vous guider par Arnaud Cassan à la découverte de notre Univers et de ses explorateurs. Galilée est le premier à avoir tourné une lunette vers le ciel pour observer des planètes en mouvement dans le ciel que l'on pensait alors immuable. Du trou noir super massif caché au centre de la Voie Lactée à la découverte des exo planètes, ce livre dresse le portrait de l'univers que nous connaissons aujourd'hui, 500 ans après Galilée.
    Attention, au moment de quitter votre transat, vous ne regarderez plus le ciel de la même manière...

  • Les Lyciens vivaient dans le sud de l'Asie mineure. Nous conservons comme témoignages de leur histoire et de leur culture de spectaculaires monuments sculptés dans la pierre, parmi lesquels des tombes rupestres, des sarcophages et des tombeaux monumentaux. L'auteur choisit d'étudier ici la représentation des êtres hybrides dans le décor figuré des monuments sculptés et peints de Lycie des VIe, Ve et IVe siècles avant J.-C., offrant un répertoire très riche de thèmes et de motifs iconographiques. Cette étude met en avant le processus de création des images lyciennes à travers un thème iconographique et l'interprète aussi bien dans un contexte culturel et religieux, que politique et social. L'approche iconographique et iconologique de cette série d'images met en valeur la culture lycienne comme une culture originale de l'Anatolie ancienne, empreinte d'un héritage louvite et néo-hittite, qui s'ouvre au monde perse et au monde grec tout en conservant une identité propre.

    L'ouvrage se place dans un courant fécond de la recherche sur les transferts culturels et les identités dans l'Antiquité. Original et novateur dans sa démarche, il démontre conjointement l'intérêt de l'iconographie dans les études lyciennes et la place importante des images dans l'histoire lycienne.

  • La destruction par le fer et par le feu du grand temple de Sérapis à Alexandrie, en 392, à la suite des édits de Théodose condamnant les pratiques polythéistes, puis la transformation du temple d'Isis de Philae en une église consacrée à Saint-Étienne quelques décennies plus tard marquent officiellement la fin du culte public de ces divinités autrefois souveraines. Toutefois, leurs noms, leurs images, leurs pouvoirs, bref un riche imaginaire a survécu dans la mémoire des peuples jusqu'à nos jours, sous des formes multiples et dans des domaines variés. Revisitées, détournées, resémantisées, instrumentalisées parfois, les divinités du cercle isiaque, à savoir Isis, Sérapis, Anubis, Harpocrate, Apis et Osiris, ont traversé les siècles dans les arts et la musique, la littérature, les sciences (y compris les sciences occultes), la philosophie, les savoirs antiquaires et même la politique.
    Ce volume offre ainsi un kaléidoscope richement illustré des vies multiples et surprenantes de plusieurs dieux de l'Égypte pharaonique, de la fin de l'Antiquité à nos jours.

  • Le présent ouvrage s'inscrit dans le prolongement du Prestige des élites (2006) pour repenser les principes de la construction des cités grecques archaïques.
    À travers le problème de la formation de la polis, dès les hautes époques (premier âge du Fer) l'ouvrage développe une conception « horizontale » de la cité en tant que communauté formée dans le partage d'un certain mode de vie. La « sociologie historique » ici appliquée, repose sur l'idée que la citoyenneté n'est pas une qualité définie abstraitement, par le haut, mais bien une participation à certaines pratiques qui définissent l'appartenance à la communauté. L'historien se doit alors d'identifier quels comportements et quelles pratiques jouent un rôle dans la construction de la communauté : la diversité de leurs agencements expliquant la diversité des cités connues en Grèce archaïque.

  • Ce premier volume des Suppléments à la Bibliotheca Isiaca livre les résultats de vingt années d'enquête de part et d'autre de la Méditerranée, à la recherche du mobilier cultuel issu des fouilles menées il y a plus d'un siècle à Carthage, au pied de la colline de Byrsa, sur le site du Serapeum de la colonie romaine.
    Outre la localisation précise du sanctuaire, et celle de l'Iseum voisin, les auteurs publient près de 80 monuments, pour la plupart quasi-inédits, dispersés aujourd'hui dans quatre collections muséales.
    La richesse de l'iconographie réunie, le caractère exceptionnel de certaines statues en ronde-bosse et bas-reliefs place désormais le Serapeum au premier plan des sanctuaires isiaques du monde gréco-romain. Plus aucune étude sur le sujet ne pourra se faire sans s'y référer.

  • Avec Marseille pour point de départ et d'arrivée, embarquez pour un périple de vase en vase dans le Bassin méditerranéen réel et légendaire des Grecs de l'Antiquité ! Massalia la Phocéenne, en important puis en redistribuant des cargaisons de vaisselle peinte grecque, contribue à la diffusion d'une culture et de ses mythes en Occident. La Marseille moderne fait à son tour la part belle aux vases dans la constitution de son patrimoine, tandis que les antiquaires provençaux concourent de manière décisive à l'enrichissement du Cabinet royal, dont la collection de la Bibliothèque nationale de France est l'héritière. Les flancs des vases de terre offrent en effet une foisonnante imagerie maritime et mythologique aux regards des banqueteurs, dont ils favorisent l'évasion fictive au gré d'une « mer vineuse », sous l'emprise du dieu Dionysos. Depuis l'est, comme jadis les colons de Phocée, partez enfin à la rencontre de quelques héros voyageurs en explorant l'exceptionnelle collection de vases grecs du département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France, et appréciez à chacune de vos escales mythiques la valeur culturelle, artistique et documentaire de la céramique grecque...

  • À la lumière des découvertes archéologiques récentes de production de sel dans le nord de la Gaule, ce livre rassemble une série de contributions montrant la variété des approches pour l'étude du sel. En effet, l'exploitation du sel depuis les Temps anciens correspond à la sédentarisation des hommes. L'imagination déployée par les populations pour produire le sel indispensable à la vie peut être perçue à travers divers prismes. La géologie nous offre l'occasion de comprendre la formation du sel et de mieux repérer les lieux d'exploitation de cet élément précieux que l'on appelle aussi l' « or blanc ». L'archéologie et l'histoire nous aident à percevoir les modes de production et de commercialisation du sel. Les usages du sel sont variés (salaisons, usage médical...). En outre, si la conversation « ne manque pas de sel », ce sont les auteurs antiques qui ont adopté les jeux de mots de la gamme piquante et relevée du sel. Enfin, le commerce du sel a fait la richesse et contribué au rayonnement de nombreuses villes au fil des siècles.

  • L'étude du sel à travers les siècles depuis les temps anciens est faite par une approche pluridisciplinaire, où l'homme est face au sel pour sa santé, pour les croyances qui y sont liées et pour les richesses qu'il semble lui procurer. Le sel est un minéral indispensable à la vie et à la santé de l'homme et des animaux, il peut être curatif, mais trop de sel peut nuire. Ses propriétés multiples sont rapportées dans divers récits et ont engendré des légendes. Sa symbolique est forte, de la statue de sel du récit biblique au sel versé sur le sol de Carthage, mais parfois difficile à interpréter. De sa valeur, des échanges qu'il a suscités, le sel est produit, commercialisé et soumis à des taxes dès l'Antiquité ou à l'époque moderne, la célèbre gabelle : l'économie du sel rapporte, mais à qui ? Aux États ? Aux villes ? Aux familles ? Autant de pistes de réflexion que nous abordons dans ce livre qui ne manque pas de sel.

  • À l'occasion de l'année France-Égypte 2019, cet ouvrage offre un panorama des fouilles et des programmes de recherche archéologiques français menés en Égypte sous l'égide du ministère des Antiquités. Il présente à la fois les institutions investies dans la recherche de terrain et les sites étudiés par les archéologues français, associés à des partenaires égyptiens ou internationaux. Une série de focus mettent en lumière les problématiques actuelles ou les nouvelles technologies pour l'exploitation des données archéologiques dont la chronologie s'étend de la préhistoire à la période médiévale.

  • Les usages innovants de la tomographie, avec les possibilités d'une lecture en trois dimensions des données, commencent à émerger dans le milieu du patrimoine culturel à l'initiative d'archéologues, d'anthropologues et de restaurateurs-conservateurs. Ces technologies, qui n'ont de cesse de progresser, ouvrent une nouvelle ère pour la connaissance, la conservation et la diffusion des données archéologiques. Ces approches interdisciplinaires bouleversent même les pratiques et font apparaître de nouvelles préoccupations et de nouveaux enjeux. Si elles ne sont pas pionnières dans le domaine de l'archéologie, des réalisations prometteuses laissent déjà entrevoir une véritable révolution que les progrès et la démocratisation des outils d'acquisition et de traitement de l'image confirment aujourd'hui. Longtemps restés confidentiels, les champs applicatifs en archéologie se multiplient et interpellent les chercheurs; en anthropologie biologique par exemple, ces outils sont maintenant intégrés de manière courante.Parmi les intérêts régulièrement mis en avant figure la spécificité première de ces technologies, une immédiateté de l'information par un accès à la structure interne de l'artefact ou du micro-site étudié. Outre l'introspection de mobilier, de corps momifiés ou de couches sédimentaires, c'est également la structuration d'un dépôt composite, voire d'un prélèvement en bloc, qu'il est possible d'examiner.Encore inimaginables il y a peu pour l'archéologue, ces méthodes, en pénétrant dans la matière, permettent de voir l'invisible, de manipuler l'inaccessible, avec la possibilité de défaire, sans toutefois rompre, la relation entre les différentes composantes assemblées. L'usage de la tomographie représente ainsi pour la discipline une occasion d'interroger à nouveaux nos perceptions d'un processus technique ou biologique, d'une évolution taphonomique...Pour ce numéro entièrement dédié à la tomographie en archéologie, des chercheurs d'horizons différents ont été sollicités, qui ont intégré dans leur process d'analyse l'exploitation des données tomographiques, en leur demandant de remettre en perspective l'usage, l'apport de ces technologies dans leurs champs disciplinaires. Cette démarche nous a paru nécessaire afin que chacun puisse jauger de la portée de ces outils en terme de nouveaux usages, de nouvelles perspective de recherche et surtout, de leurs enjeux.

  • Si les premières marques de la présence humaine autour de Caen concernent le domaine funéraire de l'âge du Bronze, les premières installations à caractère domestique remontent à la fin de cette période et se succèdent au cours de l'âge du Fer, tout en manifestant de profondes modifications qui se reflètent également dans la gestion des morts. L'intérêt majeur de cet ouvrage réside dans l'accomplissement d'une synthèse sur l'ensemble des fouilles réalisées sur ce secteur et qui n'ont à ce jour jamais fait l'objet d'une publication. L'ouvrage aborde différentes thématiques susceptibles d'attirer un lectorat diversifié parmi les chercheurs en archéologie mais aussi des historiens des paysages et des géographes intéressés par l'évolution d'un terroir agraire sur plus d'un millénaire.

    Avec le soutien de l'Inrap, de Normandie Aménagement et du ministère de la Culture.

  • À Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des refigions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.

  • Aux confins septentrionaux de l'Empire romain se trouve, selon Virgile (L'Enéide VIII, 727), la terre des extremi hominum Morini, « les hommes qui habitent l'extrémité du monde connu ». Si cette formule a connu une prospérité certaine, l'archéologie donne aujourd'hui à ce territoire un tout autre visage, celui d'une terre de rencontre et d'échanges, au carrefour des voies terrestres et maritimes qui relient la Bretagne romaine (Grande-Bretagne actuelle) au continent. Ainsi la ville antique de Boulogne est le carrefour de la circulation des marchandises et des hommes entre les deux rives du détroit, lieu privilégié pour appréhender les échanges entre le continent, l'espace méditerranéen, l'espace rhénan et la province de Britannia. Rassemblées dans ce volume, les contributions de la table-ronde « Gesoriacum-Bononia, entre terre et mer », qui s'est tenue à Boulogne-sur-Mer, les 24 et 25 septembre 2015 dressent un état des lieux des connaissances sur le rôle du port antique de Boulogne-sur-Mer et de ses liens avec son arrière-pays.

  • Cinq grandes trompettes courbes que les Romains nommaient cornua ont été mises au jour au XIXe siècle dans les ruines de Pompéi. Cet ouvrage reprend l'intégralité du dossier dans toute sa diversité : histoire des découvertes et des restaurations, muséographie, mise en série avec les autres vestiges connus, iconographie, lexicographie, usages sociaux. L'analyse métallurgique et l'étude acoustique permettent de mesurer l'apport des nouvelles technologies dans la restitution sonore. À travers les cornua, c'est tout un pan de la culture musicale des Romains qui est aujourd'hui restituée.

  • Explorés et fouillés depuis le milieu du XIXe s., les souterrains de l'âge du Fer constituent l'un des traits caractéristiques des fermes gauloises de la péninsule armoricaine. Depuis les années 1980, le développement de l'archéologie préventive et des décapages extensifs ont révélé l'existence de structures similaires dans la Plaine de Caen et dans le Bessin, en Normandie occidentale, mais aussi de caves boisées dont plusieurs caractéristiques rappellent les souterrains creusés en sape. Cet ouvrage aborde différents aspects de ces architectures enterrées variées, considérées comme des structures de stockages essentielles au sein des établissements ruraux de l'Ouest de la Gaule.

    À partir de l'étude de plus de 460 aménagements de ce type, il a été possible de dresser une typologie des architectures souterraines, d'en préciser les particularités et leur mode de creusement et de construction, ainsi que de considérer leurs liens avec les habitats qui les accueillent, puis leur évolution au cours de l'âge du Fer. Si la ou les fonctions qui leur étaient attribuées restent à éclaircir, plusieurs hypothèses peuvent être émises à propos des produits qui devaient y être entreposés. Le stockage souterrain, caractéristique, pour le territoire français, de l'Ouest de la Gaule, n'est pas un phénomène isolé durant l'âge du Fer, mais trouve des parallèles au-delà de la Manche, témoignant de relations et d'échanges d'idées de part et d'autre de ce couloir maritime à la fin de la Protohistoire.

  • Des robots qui parlent latin et grec ? Il ne s'agit pas de science-fiction mais bien de la fabuleuse histoire des machines de l'Antiquité et de leurs ingénieurs de génie, du mythique Héphaïstos, dieu de la forge et patron des « techniciens », qui inventa le premier automate de l'histoire, aux réalisations surprenantes des « mécaniciens » grecs et romains dans tous les domaines de la « haute technologie ».
    À travers une centaine de textes en traduction, cet ouvrage montre sous un angle original et divertissant aussi bien les robots imaginés par les poètes que les ingénieuses mécaniques des savants alexandrins ainsi que les premières réflexions des philosophes sur la question de l'intelligence artificielle.

  • Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils « adoptif », prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.

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