Archéologie Quoi de Neuf ? Novembre 2020

  • On a longtemps prétendu que les Romains n'avaient pas le pied marin ! Pourtant, dès qu'ils commencent à dominer le bassin méditerranéen, ils créent et développent de nombreux ports. Pour ces aménagements, ils s'appuient sur l'étonnant savoir-faire des ingénieurs et des architectes du génie maritime afin de réaliser brise-lames, jetées, quais, entrepôts, phares, chantiers navals, cales à bateaux... Ces énormes travaux, effectués le plus souvent dans un milieu marin hostile, aboutissent à la création de quelques gigantesques complexes portuaires à l'image de Portus-Ostie, l'avant-port de Rome. Sans oublier des missions plus insolites encore, comme la lutte contre l'ensablement, le transport d'obélisques ou le déploiement des vélums du Colisée. À la pointe de la recherche archéologique, ce livre s'attache à restituer les conditions des chantiers antiques confrontés à des problèmes concrets et pratiques. Une synthèse passionnante sur un thème rarement abordé.

  • Dans cet ambitieux et enthousiasmant ouvrage, Violet Moller retrace le chemin que des manuscrits antiques qu'on croyait perdus à la chute de l'Empire romain parcoururent par-delà les continents et par-delà les siècles pour être retrouvés à la Renaissance. Elle nous embarque dans les bagages d'hommes avides de connaissances, copistes et humanistes, passeurs d'ouvrages d'astronomie, de mathématiques et de médecine, sur la piste de ces sept cités du savoir qui brillaient au coeur du Moyen Âge : Alexandrie, Bagdad, Cordoue, Tolède, Salerne, Palerme, Venise. Une enquête palpitante à la recherche de notre patrimoine culturel, menée à la manière du best-seller de Stephen Greenblatt, «Quattrocento».

  • Cartographié par Jean-Pierre MAGNIER.
    Notre vieille Europe est l'un des continents qui a le plus rapidement souffert des activités humaines. Tout d'abord avec la naissance de l'élevage il y a neuf mille ans. Chèvres, moutons et vaches partent à l'assaut de l'Occident. En moins de quatre mille ans, l'homme et ses animaux domestiques détruisent l'essentiel de la forêt vierge d'Europe et la remplacent par des pâturages. Or, aujourd'hui, sur l'ensemble de l'Europe, le grand défricheur a baissé les bras sur de vastes surfaces, trop difficiles à travailler et peu rentables. Ces nouveaux espaces délaissés se reboisent spontanément et reprennent vie. Le ré-ensauvagement est à l'oeuvre, efficace, rapide, surprenant. Dans tous les milieux, la faune est de retour et les surprises sont de taille : bison, ours, gypaète, élan, baleine grise, tortue caouanne, chacal doré, etc., tous reviennent en nombre là où on les croyait disparus à jamais. D'ici à 2030, sur l'ensemble de l'Europe, ce sont 30 millions d'hectares qui vont ainsi s'offrir à la vie sauvage. 30 millions d'hectares, c'est l'équivalent de 30 fois le parc national de Yellowstone, aux États-Unis ! L'Europe des territoires protégés va pouvoir rivaliser avec le réseau des grands parcs américains. Et bénéficier, elle aussi, des effets positifs du ré-ensauvagement !

  • Domestiqué sept ou huit millénaires avant notre ère, le taureau est resté le plus sauvage des animaux domestiques. Il se dégage de lui une impression de puissance, de vitalité et de fécondité, qui en a fait un dieu pour de nombreux peuples de l'Antiquité. Le christianisme à ses débuts est parti en guerre contre les cultes qui lui étaient rendus et lui a substitué le boeuf, animal pacifique, paisible et travailleur. D'où une certaine éclipse du taureau dans la culture européenne pendant plusieurs siècles : il se limite alors à la vie des campagnes et à la fécondation des vaches. Toutefois, à partir du XVIe siècle, puis surtout du XIXe, la réapparition des jeux et spectacles tauromachiques le remettent sur le devant de la scène et suscitent des polémiques qui se sont accentuées au cours des dernières décennies.

  • Michel Lorblanchet, grand spécialiste de l'art préhistorique, nous offre dans ce livre son interprétation personnelle de cet art pariétal qu'il a étudié pendant plus de quarante ans au coeur des grottes ornées du Quercy.

  • « Le renard » dit un vers du poète grec Archiloque « sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait une grande chose. » Cet aphorisme, que le philosophe britannique Isaiah Berlin remit à l'honneur en 1951 dans un essai consacré à la philosophie de l'histoire de Léon Tolstoï, sert de point de départ à John Lewis Gaddis, le principal historien américain de la Guerre froide, à une réflexion sur la stratégie à travers toute l'histoire occidentale.
    En dix chapitres, tous soigneusement documentés, et qui vont de la lutte entre Xerxès et Thémistocle au Ve siècle avant notre ère à celle de Roosevelt et de Staline, l'historien américain ne cesse d'approfondir une réflexion sur les raisons qui, au cours des siècles, permirent à certains stratèges - les renards - de l'emporter sur leurs adversaires. Comment Thémistocle contint-il Xerxès ? Comment Octavien fit-il échec à Antoine ? Comment Elizabeth I l'emporta-t-elle sur Philippe II d'Espagne dont les forces étaient pourtant infiniment plus grandes ? Plus que d'un simple pragmatisme, les renards, montre Gaddis, portent sur la réalité un regard bien moins offusqué par le voile déformant des idéologies de toutes sortes qui fascinent les hérissons.

  • La culture olmèque et les civilisations qui, géographiquement et culturellement, lui étaient proches, sont restées méconnues jusqu'à la deuxième moitié du XIX? siècle et le sont encore souvent aujourd'hui du grand public. Apportant des clefs de compréhension essentielles, les textes et les cartes de l'ouvrage mettent particulièrement en lumière les divers sites archéologiques liés à ces remarquables civilisations dont « La Venta », « El Tajín » et « Tamtoc ». Ils apportent également des analyses sur des cultures d'une profonde sensibilité artistique qui ont joué un rôle éminent dans l'histoire du Mexique et de sa région. Durant trois millénaires, les grandes sociétés mésoaméricaines entretinrent entre elles des relations à l'origine d'oeuvres sculpturales, de systèmes d'écritures, de rituels, etc. En témoigne la mise en place d'une pensée et de canons mésoaméricains (économiques, sociaux, politiques, intellectuels et artistiques) qui perdurèrent jusqu'à la conquête espagnole.

    Ce catalogue d'exposition reproduit plus d'une centaine de pièces, dont beaucoup encore jamais exposées en dehors du Mexique. Tout à la fois un outil de connaissance et un « beau livre », il s'adresse aussi bien aux passionnés qu'au grand public.

    Sous la direction scientifique de Dominique Michelet, archéologue mésoaméricaniste et directeur de recherche au CNRS, les textes de spécialistes aident ainsi à mieux comprendre l'immense diversité du monde précolombien du golfe du Mexique.

  • Des premiers hominidés bipèdes il y a plus 7 millions d'années à l'invention de l'écriture, ce livre raconte l'histoire de nos origines en 120 événements.
    De Neandertal à l'homme de Florès, vous suivrez la passionnante odyssée de l'évolution humaine.
    Du plus ancien foyer dont la trace a été retrouvée en Afrique du Sud aux magnifiques peintures de Lascaux, vous visiterez les sites les plus remarquables au monde.
    Au fil des découvertes, vous rencontrerez les plus grands savants qui nous ont révélé l'incroyable histoire de nos origines !

  • Animal insignifiant parmi les animaux et humain parmi d'autres humains, Sapiens a acquis il y a 70 000 ans des capacités extraordinaires qui l'ont transformé en maître du monde.

    Harari, Vandermeulen et Casanave racontent avec humour la naissance de l'humanité de l'apparition de Homo sapiens à la Révolution agricole.
    Une bande dessinée pour repenser tout ce que nous croyions savoir sur l'histoire de l'humanité.

  • Le Proche-Orient occupe de façon presque permanente le devant de la scène médiatique mais la méconnaissance du passé de cette région demeure. Le mot même de « Proche-Orient » est ambigu et les contours de l'espace géographique qu'il désigne sont vagues. Consacrer un volume de la collection « Mondes anciens » à cet ensemble fournit l'occasion d'étudier en elle-même et pour elle-même une région trop souvent considérée comme périphérique par les spécialistes de l'Antiquité classique.
    Depuis la conquête d'Alexandre, les régions et les peuples du Proche-Orient ont toujours été intégrés, selon des modalités variables, à de vastes empires. L'objectif est de déplacer le regard du centre vers la périphérie ou plus exactement de faire de cette périphérie le centre de l'enquête, en écartant toute idée préconçue de domination, de résistance ou d'acculturation. Notre ouvrage présente ainsi une histoire du Proche-Orient sur la longue durée, du I siècle av. J.-C. au VII siècle apr. J.-C. Une première partie propose une perspective géohistorique de l'évolution politique, culturelle et économique de l'ensemble de l'aire, ses rapports avec les autres régions du monde antique, et la place du Proche-Orient romain au sein de cet ensemble et au sein de l'empire romain. Une seconde partie entend saisir au plus près les modes de vie, les pratiques et les acteurs de l'histoire du Levant romain. Cette approche met en lumière des continuités ou des ruptures, et propose une chronologie renouvelée de l'histoire de la région ainsi qu'une réflexion sur les rapports entre ethnicité, langue, religion et politique.

  • Chien, cheval, vache, cochon, poule, chat : les animaux domestiques nous accompagnent depuis la préhistoire et sont toujours aussi présents dans notre monde moderne. Cet ouvrage retrace les relations longues et complexes qui nous unissent à ces espèces. On y découvre le lent et difficile processus allant de la capture d'animaux sauvages à leur apprivoisement, puis à un patient mécanisme de sélection.

    En effet, l'action humaine modifie profondément le corps et le comportement de ces animaux : rendus plus dociles, plus affectueux, plus robustes ou, au contraire, plus chétifs, ils sont devenus les animaux que l'on connaît aujourd'hui. La finalité de la domestication est claire - elle sert les intérêts des hommes - mais, en retour, son impact sur l'histoire sociale et culturelle est considérable. Loin d'être un phénomène du passé, les espèces domestiquées n'ont jamais été aussi nombreuses.

    Ce livre permet de mesurer la diversité des motivations ayant conduit à la mise en élevage d'animaux aussi varié que la drosophile, le saumon ou l'autruche. Il contribue à mieux comprendre les relations complexes, souvent ambiguës, que nous entretenons avec ces animaux sans lesquels l'humanité ne serait pas ce qu'elle est.

  • Le monde des mythes révèle une pensée intimement articulée au quotidien. Omniprésents à Athènes, ils surgissent dans tous les espaces du paysage grec pour construire le passé comme le présent politique. Grâce à la mythologie, les Athéniens s'ancrent et se réinventent en permanence. Au banquet, les vases à boire circulent entre les buveurs, entrainant une cohorte d'images qui voyage de main en main. Sur les décrets de l'Assemblée du peuple, c'est Athéna qui, en image, fait écho au texte des hommes. Sur la porte de la maison, le père accroche, à la naissance de son fils, une couronne d'olivier, qui inscrit le nouveau-né dans la communauté de ses frères athéniens. Au théâtre et au tribunal, les mythes dramatisent la condition humaine face aux citoyens assemblés. Quant aux pièces de monnaie athéniennes, frappées de l'effigie d'Athéna et de ses symboles, elles véhiculent parfaitement combien il est difficile de tracer une frontière entre mythe et politique.

    C'est tout le propos de l'auteur, qui a choisi de retracer une histoire d'Athènes entre mythe et politique, en racontant les discours et les images qui contribuent à façonner les grands enjeux de la cité.

  • Après sa fermeture en 1994, l'ancien hôpital militaire de Rennes fait l'objet d'un vaste projet immobilier qui nécessite l'engagement préalable d'une fouille archéologique préventive sur une partie du terrain où est prévue la construction d'une grande résidence de standing. La surface de 3000 m² qui est concernée par ces travaux dévoile les vestiges d'un îlot de la ville antique de Rennes/Condate sans toutefois révéler ses limites. Malgré ce manque, la disposition des aménagements successifs permet de définir les étapes et l'organisation précises d'une occupation remontant au tout début du Ier s. apr. J.-C., période de fondation de la ville et d'occupation des lieux par des potiers. La logique d'évolution urbaine constatée sur d'autres fouilles se retrouve sur le site de l'ancien hôpital militaire mais, pour la première fois, une période de rupture est plus clairement reconnue vers la fin du IIe s. Elle précède la construction d'une domus qui suggère une vocation plus résidentielle du quartier sous la dynastie des Sévères avant son déclin au début du IVe s. Les données qui sont apportées sur l'organisation de la trame urbaine de l'Antiquité et l'analyse architecturale de plusieurs ensembles spécifiques complètent nos connaissances sur l'urbanisme de Condate. La présentation exhaustive des objets retrouvés illustre également la richesse du site pour divers types de mobiliers d'époque romaine. Enfin, des découvertes plus anecdotiques apportent des informations inédites sur un aqueduc du XVIe s. et sur des aménagements de la défense passive à Rennes durant la seconde guerre mondiale.

  • Au milieu du XIXe siècle, les Alpes françaises étaient l'objet de découvertes inopinées de nombreuses tombes des âges des métaux desquelles étaient extraits d'abondants éléments de parure dont Ernest Chantre, conservateur-adjoint du Museum d'histoire naturelle de Lyon, établissait une chronologie analytique.
    Les bassins versants des affluents de l'Isère et de la Durance réunissaient des populations - des clans ? - se distinguant par les variantes stylistiques de leurs accessoires d'habillement. Le groupe de l'Ubaye est particulièrement représenté par les milliers d'objets extraits des tombes de Guillestre et de Jausiers.
    Les trouvailles de lots d'objets de bronze isolés ont, dans un premier temps, été assimilées à des parures celtiques et des ustensiles dont on a revêtu des mannequins selon l'imaginaire de l'époque. Puis, Ernest Chantre démontra l'existence de deux périodes au sein des âges des métaux : l'âge du Bronze et l'âge du Fer.
    Des nécropoles importantes furent alors vidées de leurs mobiliers au profit des notables qui constituaient leurs collections et qui permirent aux érudits, au sein des sociétés savantes, d'effectuer des examens comparatif.. L'importance de ce réseau d'archéologues, dont plusieurs étaient correspondants de la Commission de la Topographie des Gaules, était telle que le ministre de l'Instruction publique missionnait Charles Chappuis, agrégé de philosophie, en 1860, à effet de reconnaître le lieu de passage d'Hannibal dans les Alpes !
    Le projet collectif de recherche sur les sépultures de l'âge du Fer dans les Alpes du Sud, porté par le ministère de la Culture, a permis le recensement des lieux où ont été dispersés ces objets afin de conduire une étude scientifique et rassembler ces éléments dans une banque d'images de deux mille cinq cents items. Il a été l'occasion, pour les conservateurs de dix-huit musées répartis dans toute la France, de travailler ensemble à l'historiographie de ces collections et participer à la reconstitution virtuelle des parures mortuaires des Gaulois.
    Les conservateurs de neuf musées présentent dans ce volume l'histoire singulière des collections des Alpes dispersées entre Boulogne-sur-Mer et Grasse et de Beaune à Poitiers. Ces éléments de parure sont analysés par les archéologues et replacés dans une nouvelle proposition chrono-culturelle du fait funéraire complétée par un catalogue raisonné d'une centaine d'objets.

  • Qu'ils soient humbles ou illustres, l'histoire romaine regorge de voyageurs ayant parcouru les immenses routes impériales. L'empereur Hadrien est probablement le plus célèbre d'entre eux. L'essentiel de son règne s'accomplit loin de Rome, des rives de la Méditerranée jusqu'aux confins de l'Empire. Savants et lettrés, mercenaires ou simples citoyens des quatre coins du monde : le voyage est propice aux rencontres en tous genre. Au fil de son périple, les villes s'embellissent et les défenses de l'Empire se consolident sous la protection des dieux.
    Ce voyage sur les pas d'Hadrien nous permet d'embrasser l'immensité et la vie quotidienne d'un Empire à son apogée, en même temps qu'il nous donne à voir le génie politique et la sensibilité esthétique d'un homme exceptionnel.

  • Jamais encore l'histoire de Rome n'avait été pensée et racontée ainsi, par le recours à la datavisualisation, à l'infographie. Nourri par l'érudition de John Scheid, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et extraordinairement mis en musique par Nicolas Guillerat, ce livre offre à tous les publics, avec des niveaux de lectures adaptés à chacun, une plongée dans la Rome antique, de la naissance de l'Empire aux guerres puniques, du système politique romain à l'économie de l'Urbs. Dans une démarche historienne rigoureuse et en puisant aux meilleures sources internationales, mais avec le souci constant de la clarté, les auteurs proposent un livre unique au monde, aussi important par la masse de données qu'il rassemble que par son exceptionnelle proposition graphique. L'histoire, par l'infographie, se voit ainsi offrir un nouveau mode de narration capable de séduire des lecteurs de tous âges et horizons.

  • La personnalité paradoxale de Marc Aurèle ne cesse de susciter la curiosité. Comment celui que rien ne prédestinait à devenir empereur de Rome, formé à l'école des meilleurs maîtres, féru de philosophie et capable de s'exprimer aussi bien en latin qu'en grec, accéda-t-il au sommet d'un Empire lui-même à l'apogée de sa puissance ? Quels talents lui valurent d'abord la protection d'Hadrien, puis la succession d'Antonin ? Comment, devenu empereur à l'âge de quarante ans, et allié à ses débuts à Lucius Verus, Marc Aurèle parvint-il à donner la pleine mesure de son talent et à surmonter les nouveaux défis que constituaient les menaces barbares aux frontières, l'apparition du christianisme et la survenue d'une terrible épidémie ? Le récit de sa vie éclaire la personnalité hors norme d'un réformateur épris de justice, guidé par des idéaux philosophiques exigeants, à la tête d'un Empire frappé par une crise protéiforme et d'une ampleur sans précédent.

  • Un millénaire d'histoire dans l'ensemble de notre planète : le Moyen Âge est une période incroyable qui concerne des populations très éloignées, en Europe et ailleurs.
    Divisé en onze parties, ce dossier présente à travers une ville majeure l'histoire du Moyen Âge siècle par siècle, ses grands personnages, les bouleversements politiques et religieux, ainsi que les évolutions artistiques.
    Cet ouvrage, richement illustré de documents historiques, de photographies, de cartes qui recensent tous les conflits militaires, les progrès techniques et les réalisations artistiques qui racontent le Moyen Âge.

  • 183 illustrations en couleur et en noir et blanc Saint-Martial de Limoges Millénaire de l'abbatiale romane (1018-2018) sous la direction d'Eliane Vergnolle.

  • Le Couronnement de Louis, composé entre 1131 et 1150, est la plus ancienne chanson de geste appartenant au Cycle de Guillaume d'Orange. Fondée en partie sur des données historiques mêlant des souvenirs carolingiens à des réalités et des rêves capétiens, cette oeuvre est un chastoiement politique, illustré par un guerrier exemplaire qui lutte obstinément contre les Sarrasins et les factieux, et défend, avec loyauté et abnégation, la Chrétienté et la monarchie héréditaire de droit divin, dont il garantit le principe, quelle que soit la personnalité du roi, aussi pusillanime soit-il.
    Le poète possède le souffle épique mais il sait l'entrecouper par moments de répliques vives ou amusantes et de traits humoristiques ou burlesques. Le message convaincra d'autant plus l'auditoire chevaleresque que la chanson ne se borne pas à reprendre les techniques, les thèmes et les topiques traditionnels, mais innove en variant les tonalités et les scènes majestueuses ou légères. C'est la principale réussite du Couronnement de Louis qui ne manque pas de panache.

    Cette première édition bilingue retranscrit et traduit le texte du manuscrit BnF fr. 1449, amendé seulement en cas de nécessité.

  • Al-Andalus que l'on désignait autrefois sous le nom d'Espagne musulmane, a marqué l'histoire du viiie au XIe siècle. La richesse et le raffinement de la civilisation arabo-andalouse continuent de fasciner autant les chercheurs que les touristes qui se rendent en Andalousie.
    Nombre d'hommes politiques ont même vu dans cet al-Andalus l'espace d'un modèle de convivialité à une époque où les tensions entre l'Occident et le monde arabe ne cessent de s'accroître. À l'inverse, depuis quelques années, plusieurs auteurs « révisionnistes » remettent en cause l'islamisation de la péninsule en niant même l'authenticité de la conquête.
    Cet ouvrage entend rétablir une vérité historique et retracer la riche histoire d'un passé controversé. Il dresse un tableau le plus complet de l'histoire de cette lointaine province du monde islamique avant que ne se développent, aux alentours de l'an mil, les premières offensives chrétiennes qui ne s'achèveront que quelques siècles plus tard, en 1492, avec la chute de l'émirat nasride de Grenade.
    En débutant son enquête avec les derniers temps de la monarchie wisigothique de Tolède et en l'achevant avec la disparition du califat de Cordoue, ce manuel retrace l'évolution d'un État dont l'influence s'étendit sur l'ensemble de la Méditerranée occidentale et sur le Maghreb.

  • Si Pompéi offre au visiteur la vision de vastes édifices publics et de multiples commerces, témoins d'une riche activité économique, sociale et politique, Herculanum fascine peut-être encore davantage par l'état de conservation exceptionnel de l'habitat privé : luxueuses villas de villégiature, immeubles à étage destinés à la location, échoppes d'artisans - boulanger, restaurateur, tisserand, foulon -, dont les ustensiles et le mobilier quasi intacts restituent une miraculeuse impression de vie et d'intimité. Les étagères en bois de la maison de Neptune, portant leurs amphores ; dans la maison éponyme, la grande cloison de bois aux clous de bronze, sa table de marbre et sa presse à étoffes, également en bois ; les meules de la boulangerie ; les escaliers qui mènent aux étages, les corridors conduisant aux cuisines ou aux latrines, les toits et les balcons. frappent l'imagination à l'égal des somptueuses décorations préservées sur le site : sols de marbre de la maison du Bicentenaire, mosaïques du nymphée à la villa de Neptune, fresques du sanctuaire des Augustales ou de la basilique.
    La typologie des maisons d'Herculanum présente, par sa variété s'écartant de l'archétype de la domus romaine à atrium, un intérêt tout aussi grand : qu'il s'agisse de la maison samnite en bloc de tuf rectangulaire à décor en stuc peint imitant le marbre ; de l'escalier en maçonnerie de la maison de la Belle Cour, menant à une galerie ; et surtout des magnifiques demeures ouvertes sur les jardins et les belvédères donnant sur la mer. Dans la maison d'Argus, le péristyle est roi, l'atrium a disparu. Dans la maison de l'Atrium en mosaïque, comme dans la maison des Cerfs, l'agencement de la demeure n'est plus replié autour de lui et du tablinium qui le prolonge : il s'ordonne autour du jardin et des belvédères tournés vers la mer. Aux appartements d'hiver répond le séjour d'été, avec son propre triclinium et, autour du jardin, son vaste cryptoportique, couvert et à fenêtres, remplaçant, pour plus de confort, le classique péristyle exposé aux vents.
    Découverte en 1750 lors du creusement d'un puits et aussitôt devenue l'objet de fouilles, la villa des Papyrus est sans conteste la plus somptueuse du monde gréco-romain : y furent extraits mille huit cents rouleaux de papyrus, constituant la bibliothèque de l'érudit beau-père de Jules César, Lucius Calpurnius Pison, la seule à nous être parvenue dans son intégralité. Longtemps interrompues, les fouilles de cette splendide villa, dont la piscine, les belvédères, les péristyles ont inspiré la villa Getty à Los Angeles, ont repris à la fin du siècle dernier, révélant une profusion d'oeuvres d'art, sculptures de marbre (L'Amazone) et de bronze (Le Coureur, Le Faune endormi).

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