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  • Sous pression des grandes transitions, l'architecture est face à de nouveaux défis : réadapter l'habitat au changement climatique et à l'urbanisation grandissante, réguler l'emploi de la matière et de l'énergie, écouter les besoins des sociétés... Repenser les ressources de l'architecture est indispensable, qu'elles soient matérielles et immatérielles (temps, dialogue interdisciplinaire avec les sciences, flux naturels et artificiels, connaissance des communautés in situ, droit...). Ces ressources inépuisables renouvellent la formation et la pratique de l'architecte.

  • L'Union européenne est en pleine mutation et doit se réinventer. À la veille d'élections européennes toujours plus impopulaires, il devient urgent de s'interroger sur le devenir d'une institution et d'un territoire finalement assez mal compris des citoyens. L'Europe de demain s'appuie sur le quotidien, sur les modes de vie et sur une action publique proche des territoires. Cette proximité n'est-elle pas en fin de compte le moyen de repenser la construction de l'Union européenne? Un ouvrage pour remettre l'Europe au coeur des territoires et pour réfléchir à la nature du défi européen. Réinventer et ré-enchanter l'Europe, n'est-ce pas aussi l'affaire des villes, des territoires, et bien sûr des citoyens ?

  • Près de soixante ans après sa disparition, l'oeuvre de Robert Mallet-Stevens (1886-1945) nous permet de redécouvrir un architecte moderne, un théoricien sans dogme, à des lieues de l'image commune du dandy parisien qu'on lui attribue.
    Durant sa courte carrière - une vingtaine d'années et autant d'édifices bâtis entre les deux guerres - Mallet-Stevens s'est opposé à l'académisme des Beaux-arts tout en gardant, par ailleurs, ses distances avec la " machine à habiter " chère à Le Corbusier. Sa filiation obligée avec le " style international " résume arbitrairement un parcours personnel atypique, homogène et libre. Choyé par une clientèle aisée et progressiste, écarté des commandes publiques, ignoré des industriels, Robert Mallet-Stevens a doté la France de quelques chefs-d'oeuvre de l'architecture privée qui ont rejoint sans peine l'histoire de l'architecture moderne, sans pour autant bénéficier de la protection inhérente à cette reconnaissance tardive.
    Dès sa première commande importante, la villa Noailles à Hyères, en 1923, l'artiste élabore un vocabulaire esthétique cohérent : complexité des volumes, nudité des surfaces et larges ouvertures se combinent en un savant jeu de cubes où règnent l'air et la lumière. Ses réalisations suivantes, la villa Poiret à Mézy-sur-Seine (1924), le garage Alfa-Roméo de la rue Marbeuf (1925), l'hôtel Barillet (1932), la villa Cavrois à Lille (1932) illustrent avec éloquence le but de ses recherches.
    Par ailleurs, il signe à Paris, en 1927, un ensemble unique de cinq maisons constituant la rue qui porte son nom. Ce manifeste cubiste, dont l'élégance a été gommée par des transformations drastiques, est aujourd'hui considéré comme une oeuvre majeure de l'architecture du XXe siècle. Treize passionnés, venus de tous horizons - architectes, designers, journalistes ou historiens - se sont réunis pour croiser leurs points de vue et témoigner sur celui qu'ils considèrent comme un moderne à " visage humain ".

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