Creaphis

  • Commandée en 1955 par Emmaüs, imaginée par les architectes Georges Candilis, Alexis Josic et Shadrash Woods, la cité de l'Étoile est un ensemble urbain, en Seine-Saint-Denis témoin architectural du mouvement de solidarité nationale initié par l'abbé Pierre en 1954 en faveur des plus démunis.
    A la suite de nombreux ouvrages concernant le logement social et l'architecture, l'histoire de la banlieue parisienne, les grands ensembles et les politiques de la ville, une telle monographie d'un quartier très bien identifié trouve logiquement sa place dans notre catalogue.
    Les différentes facettes de cet « objet d'histoire », que Richard Klein et ses collaborateurs mettent en évidence dans une étude fort documentée suite à une expertise architecturale, montrent ainsi de manière attractive et très claire la particularité d'un moment important de l'histoire urbaine en France, pendant les Trente Glorieuses.

  • Le livre rassemble plus de 120 dessins réalisés par Arthur Goldschmidt au camp de Theresienstadt entre 1942 et 1945. Cet ensemble, avec ses qualités esthétiques et documentaires, est composé de portraits, scènes de la vie quotidienne, bâtiments, paysages. Il apporte un éclairage inédit sur le camp de Theresienstadt, mal connu en France.

    Theresienstadt est le nom allemand de la ville tchèque de Terezìn située au nord de Prague. Ancienne forteresse militaire construite par les Habsbourg au xviiie siècle, elle devient un camp de concentration où sont enfermés de novembre 1941 à mai 1945 environ 140 000 juifs. C'est un lieu de regroupement et de transit vers Auschwitz et d'autres camps d'extermination. Les nazis font de Theresienstadt un camp-ghetto « modèle » présenté à l'opinion publique internationale comme une colonie juive normale. Les conditions de vie dans ce ghetto sont en fait effroyables : sur les 140 000 internés, plus du quart décèdent sur place et 88 000 sont déportés vers Auschwitz ou d'autres camps d'extermination. Environ 17 000 personnes survécurent.

    Son fils, l'écrivain et traducteur Georges-Arthur Goldschmidt, décide en 2011 de confier ces dessins au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon où ils sont désormais conservés.

    L'ouvrage propose plusieurs entrées : art, histoire et littérature.
    En introduction, l'historienne Annette Wieviorka, spécialiste de l'histoire de la Shoah, apporte des éléments d'explication sur le fonctionnement du camp de Theresienstadt.
    Les écrivains Marcel Cohen, Guy Pimienta et Roger-Yves Roche proposent une approche littéraire très précise des dessins d'Arthur Goldschmidt, que Georges-Arthur Goldschmidt, Guy Pimienta et Roland Baroin présentent en ouverture du livre.
    Cet ouvrage, par sa forme épurée, ses tons doux, ses qualités d'impression et de façonnage traduit avec sobriété le sentiment d'inquiétante tranquillité que suggèrent ces dessins, comme l'ombre d'un doute : « J'en craignais la beauté d'exécution et le caractère parfois presque "idyllique" des paysages pouvait créer, me semblait-il, un véritable malentendu [.] », écrit son fils, l'écrivain Georges-Arthur Goldschmidt.

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