Futuropolis

  • La dame à la licorne Tissées aux alentours de 1500, ces six tapisseries, qui arborent les armoiries de la famille Le Viste, représentent les cinq sens que sont le Toucher, le Goût, l'Odorat, l'Ouïe et la Vue. Reste le sixième sens, commenté par l'inscription « À mon seul désir », qui a inspiré de nombreuses hypothèses. Sans exclure une signification dans le registre de l'amour courtois, il pourrait désigner le libre-arbitre : la Dame à la beauté diaphane renonce aux plaisirs temporels. Ces tapisseries « millefleurs » à la flore abondante, peuplées d'animaux paisibles dans cette sorte d'Éden où la licorne est tantôt actrice tantôt simple spectatrice et porteuse d'armoiries, invitent par ailleurs à la contemplation. L'ensemble est considéré, à juste titre, comme l'un des grands chefs-d'oeuvre de l'art occidental. 16 étudiants de la section DMA illustration de l'école Estienne des promotions 2012, 2013 et 2014 ont ainsi proposé leur hypothèse de ce que cet ensemble des 6 tapisseries qui composent La dame à la licorne et particulièrement la dernière, « À mon seul désir », pouvait signifier. À plus de 500 ans de distance, un véritable dialogue, drôle et décalé, s'est établi entre ces jeunes artistes et les artisans du Moyen-âge.

  • Janvier 1915, en Champagne pouilleuse. Cela fait six mois que l'Europe est à feu et à sang. Six mois que la guerre charrie ses milliers de morts quotidiens. Mais sur ce lieu hors de raison qu'on appelle le front, ce sont les corps de trois femmes qui font l'objet de l'attention de l'état-major. Trois femmes froidement assassinées. Et sur elles, à chaque fois, une lettre mise en évidence. Une lettre d'adieu. Une lettre écrite par leur meurtrier. Une lettre cachetée à la boue de tranchée, sépulture impensable pour celles qui sont le symbole de la sécurité et du réconfort, celles qui sont l'ultime rempart de l'humanité. Roland Vialatte, lieutenant de gendarmerie, militant catholique, humaniste et progressiste, mène l'enquête. Une étrange enquête. Impensable, même. Car enfin des femmes... c'est impossible. Inimaginable. Tout s'écroulerait. Ou alors, c'est la guerre elle-même qu'on assassine...

  • Dans son lit de douleur, le lieutenant Vialatte poursuit son récit à l'attention du prêtre qui le veille : non, les assassinats de femmes ne se sont pas arrêtés.
    Après Joséphine, la serveuse, Mariette, l'infirmière, et Irene, la journaliste, une quatrième victime est découverte :
    Mathilde Doorne, prostituée que fréquentait assidûment le capitaine Janvier.
    Quatre assassinats, un gendarme qui essaie de faire le lien entre eux, et un étrange comportement, celui de Janvier.

  • En septembre 1917, remis de ses blessures, le lieutenant Vialatte apprend deux nouvelles d'importance : Eva, l'amour de sa vie, travaille comme interprète à la Croix-Rouge. Par ses fonctions, elle est en contact avec les camps de prisonniers français en Allemagne. Et c'est par elle que Vialatte découvre que Peyrac, porté disparu en 1915, a été fait prisonnier et qu'il est bien vivant. Vialatte, avec l'aide de Janvier, reprend donc son enquête, pour découvrir enfin le nom du ou des coupables de l'assassinat des trois jeunes femmes sur le front. Où l'on apprendra comment Peyrac fut mis à la tête d'une unité de gamins, de fortes têtes repris de justice, puis après la mort de ces derniers, comment il se retrouva prisonnier en Allemagne. Vivant donc, mais mal en point, en proie à des délires cauchemardesques....

  • À la fin du deuxième volume, les « gosses » de la section Peyrac sont suspectés par Vialatte et surtout le capitaine Janvier d'être les assassins des quatre jeunes femmes. Mais Raton, Surin, Jolicoeur, Jojo, Planchard et Le Goan succombent à une attaque des Allemands. Le caporal Peyrac, lui aussi, est porté disparu.
    Quand débute le troisième tome, nous sommes en mai 1917, vingt-sept mois plus tard. Le lieutenant Vialatte est versé dans les chars, en première ligne. Gravement blessé, il sera soigné à l'hôpital militaire du camp de Marlyle- Roi. À sa surprise, le désormais commandant Janvier vient lui rendre visite. « Vous vouliez rendre justice à ces malheureuses femmes et à ces gamins perdus ? Je vous en redonne le pouvoir », lui dit-il en substance.
    Vialatte, tout juste remis de ses blessures, reprend donc son enquête à zéro...

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