Hazan

  • Hommage à Baudelaire, hommage à Matisse, un livre-événement.
    Durant l'été 1944, Matisse se décida à illustrer  Les Fleurs du mal  de Baudelaire, comme il en fit de même pour Mallarmé, Ronsard, Charles d'Orléans et bien d'autres. Il dessina 34 visages au crayon gras, compositions qui viendront orner l'édition de 1947, publiée par La Bibliothèque française.

    Les cent cinquante ans qui nous séparent de la première édition des  Fleurs du mal  n'ont fait qu'en confirmer la valeur inaugurale et l'impact sur les artistes. En 1857, il s'agissait pour le poète de se délester du vieux romantisme, trop idéaliste, de traduire l'esprit du temps, ce qu'il appelle «  la modernité  », et d'explorer la face sombre de sa propre conscience, condamnée aux limites et aux plaisirs d'une époque désenchantée.
    Personne n'osa se lancer dans l'illustration d'un tel livre, au sortir du procès qui le frappa à sa sortie. Mais la vraie raison du silence des artistes tient à la difficulté même de doubler une telle poésie, peu descriptive et impropre au pittoresque, par l'image. Il fallait des tempéraments tels que Rodin ou Rouault pour s'y atteler. Matisse avait connu le second alors qu'ils fréquentaient tous deux l'atelier de Gustave Moreau, à la fin des années 1890. Sans doute le désir d'associer son nom et son trait à l'univers de Baudelaire remonte-t-il assez haut. Il se réveille dans l'entre-deux-guerres et commence à se concrétiser sous l'Occupation, moment où Matisse se retourne sur sa vie, qui a failli lui échapper. D'où la coloration sensuelle et nostalgique de ces visages de femmes, alternativement graves, rieurs ou félins, selon la teneur des textes qu'ils accompagnent plus qu'ils ne les illustrent. Un rapport d'harmonie, et non de plate adéquation, règle dessins et purs effets graphiques.

    Le choix des poèmes qu'il retient, moins d'un tiers de l'édition de 1868, procède de l'érotisme et de la créolité que Matisse et Baudelaire partagent. Ils avaient en commun l'expérience du voyage exotique, l'île Bourbon pour le poète, Tahiti pour le peintre, et furent tous deux sensibles à la beauté noire. Ce livre, longtemps caressé, ouvre une fenêtre très féminine sur l'esthétique et la psyché de l'artiste lettré, parvenu au seuil des papiers découpés et de son ultime explosion orientaliste.
    Cette version luxueuse à petit prix du fac-similé de l'édition de 1947  est accompagnée d'un essai introductif rédigé par Stéphane Guégan éclairant les choix de Matisse et les liens qui unissent le poète et le peintre.   

  • Le musée d'Orsay est riche d'une collection de près de 93 000 dessins, dont 18 000 dessins d'arts décoratifs et d'architecture, auxquels s'ajoutent plus de 700 pastels. Fragiles à la lumière, peu exposés. Qu'ils soient esquisse ou oeuvre finie, ces dessins portent toujours la trace intime de la main qui les a tracés et colorés. Ils constituent ainsi le journal intime de l'artiste, où se côtoient autoportraits, notations du quotidien et de fragments du monde, visions fantastiques et oniriques, peut s'y écrire.
    Ces archives du rêve nous sont présentées ici par l'historien de l'art Werner Spies, grand spécialiste et intime des peintres Ernst et Picasso mais aussi l'ami de nombreux créateurs, plasticiens, hommes de lettre et critiques de notre temps, à qui il a demandé de réagir à ces oeuvres, par les mots ou tout autre manifestation de leur main.Parmi les 100 contributions des personnalités du monde de l'art et des lettres invitées on trouvera ainsi : Adonis, Jean-Michel Alberola, Pierre Alechinsky, Eduardo Arroyo, Paul Auster, Georg Baselitz, Michel Butor, Christian Boltanski , Luc Bondy, Fernando Botero, Alfred Brendel, Daniel Buren, Jean-Marc Bustamante, Sophie Calle, Jean Clair, Tony Cragg , Marlene Dumas, Philippe Forest, Gloria Friedman, Andreas Gursky, Yannick Haenel, David Hockney, Rebecca Horn, Anish Kapoor, William Kentridge, Anselm Kiefer, Jeff Koons, Julia Kristeva, Michael Krüger, Bertrand Lavier, Jean Le Gac, Peter Lindbergh, Mario Vargas Llosa, David Lynch , Richard Meier , Annette Messager, Yan Pei-Ming, François Morellet, Richard Peduzzi, Guiseppe Penone, Christian de Portzamparc, Yasmina Reza, Daniel Richter, Gerhard Richter, François Rouan, Thomas Ruff, Sean Scully, Jean-Jacques Sempé, Cindy Sherman, Philippe Sollers, Gérard Titus-Carmel, Jean-Philippe Toussaint, Tomi Ungerer, Jacques Villeglé, Wim Wenders, Jean Michel Wilmotte. Catalogue de l'exposition Les archives du rêve, dessins du musée d'Orsay : carte blanche à Werner Spies Exposition du 25 mars au 14 juillet 2014 au Musée National de l'Orangerie. Coédition Musée Orsay-Musée de l'Orangerie/Hazan

  • Mais où est donc Pompon ?

    Collectif

    • Hazan
    • 19 Octobre 2016

    Lorsque dans les années 1920, le sculpteur François Pompon se promenait au jardin des Plantes à Paris, observant un ours blanc, se doutait-il qu'il allait bientôt sculpter l'oeuvre préféré des enfants ? Aujourd'hui, l'ours de Pompon habite au musée d'Orsay. Mais parfois, il en a assez de rester toujours dans la même position, et surtout, il s'ennuie ! Alors, pour se dégourdir les pattes, il part visiter les autres oeuvres du musée. Dans les pages de ce livre, nous l'avons surpris dans quelques-uns de ces chefs-d'oeuvre. Est-ce que tu sauras le retrouver, sachant que quelquefois, il s'est très bien caché, voulant certainement rester discret. A croire qu'une grosse bête comme lui peut aussi être un grand timide ! 

  • L'ambition de cet ouvrage et de l'exposition (riche de plus de deux cents oeuvres) qu'il accompagne, est d'abord de proposer une réflexion autour des grands thèmes qui structurent la pensée allemande de 1800 à 1939. Nous est ainsi offert, pour la première fois en France, un panorama de la création artistique allemande sur une durée relativement longue - plus d'un siècle.
    Les courants artistiques, du classicisme weimarien, des Nazaréens à Otto Dix, en passant par Hans von Marées, Adolf von Hildebrand ou Franz von Stuck, mais aussi du romantisme d'un Caspar David Friedrich à la " nouvelle objectivité ", seront ainsi replacées dans le contexte intellectuel de leur création et confrontés aux écrits des grands penseurs au premier rang desquels Goethe. Cette approche est importante pour le public français qui connaît peu l'art allemand. Elle permet de saisir comment l'art a joué un rôle déterminant dans le développement du concept allemand de " Kultur ", à un moment historique capital où l'Allemagne cherche à construire son unité et son identité nationale.
    La notion de " Kultur ", concept hérité de la philosophie des Lumières, est apparue comme la plus susceptible de constituer le terreau sur lequel inventer une tradition allemande moderne. Si l'occupation napoléonienne a pu favoriser la prise de conscience de cette unité, fournissant l'arrière-plan politique aux premières expérimentations romantiques, la montée du nazisme, à l'autre bout du parcours chronologique, a mis en évidence la dimension tragique de ce concept, sans pour autant réussir à l'anéantir.

  • Catalogue officiel de l'exposition De Palmyre à Mossoul, voyage au coeur d'un patrimoine menacé du 9 octobre 2018 au 9 février 2019 à l'Institut du monde arabe.
    Pour la première fois, l'Institut du monde arabe présente une exposition inédite  : une expérience totalement immersive dans les plus beaux sites du monde arabe aujourd'hui menacés.
    Le Proche-Orient et le bassin méditerranéen ont vu se succéder les civilisations et les empires les plus grandioses. Perses, Grecs, Romains ou Arabes ont tous construit des monuments extraordinaires, vestiges de l'histoire de l'humanité. Bâtis depuis des siècles, ces sites sont aujourd'hui menacés par le fondamentalisme et les conflits armés.
    Afin de préserver la mémoire de ces sites et de garder l'espoir de les voir renaître un jour, l'IMA s'est associé à la société ICONEM qui, par des procédés technologiques innovants, scanne, enregistre les sites en danger et permet ensuite d'en produire des reconstitutions numériques. La technologie est alors au service des scientifiques mais aussi du grand public qui peut ainsi découvrir les merveilles architecturales de l'Orient.
    En mettant en avant des sites ayant déjà fait l'objet de destructions ou aujourd'hui menacés, l'IMA souhaite sensibiliser le public à la nécessité de préserver le patrimoine mondial, et au rôle essentiel que jouent les nouvelles technologies pour la transmission de ce bien commun aux générations futures.
    Cette expérience permettra aux visiteurs de se promener parmi quatre grands sites emblématiques du monde arabe  : Mossoul en Irak, Alep en Syrie, Palmyre en Syrie et Leptis Magna en Libye.
     

  • Catalogue officiel de l'exposition L'Or des Pharaons, 2500 ans d'orfèvrerie dans l'Egypte ancienne au Forum Grimaldi de Monaco du 7 juillet au 9 septembre 2018.

    L'exposition l'Or des pharaons réunit plus de 150 chefs-d'oeuvre provenant du musée du Caire dont certains sortent pour la première fois d'Égypte, et présente une série d'ensembles prestigieux découverts dans les tombes royales et princières de l'Égypte pharaonique.    «  En Égypte l'or pur est comme la poussière des chemins... Il faut que tu m'envoies la même quantité d'or que ton père !  » Ainsi s'exprimait un prince oriental écrivant au pharaon vers 1350 avant J.-C.
    Le mythe d'un eldorado égyptien remonte à la lointaine antiquité. Les déserts environnant la vallée du Nil recélaient d'abondantes richesses minérales, d'autres arrivaient par les voies commerciales  ; avec l'établissement d'un empire égyptien, le pharaon levait de lourds tributs sur ses vassaux qui affluaient vers le trésor royal et celui des grands temples, en particulier celui d'Amon de Karnak. La Basse Nubie livrait annuellement 250 kilos d'or au temple de Karnak sous le règne de Thoutmosis III.
      Des découvertes aussi fabuleuses que celles de la tombe de Toutankhamon ou les trésors de Tanis n'ont pas manqué de renforcer ce mythe. De même que les trésors enfouis dans les tombeaux des pharaons appartiennent à notre imaginaire collectif, ces bijoux d'or souvent rehaussés de pierres de couleurs intenses  : lapis-lazuli bleu foncé, feldspath vert, cornaline rouge, vases façonnés dans l'or témoignent du faste de la vie des rois et de leurs courtisans.
    Les plus anciens datent de la première dynastie avec les bracelets du roi Djer découverts dans sa tombe d'Abydos. L'orfèvrerie du  temps des pyramides est illustrée par les bijoux d'or du roi Sekhemket  provenant de sa pyramide de Saqqara et  un ensemble ayant appartenu à la reine Hetephérès, mère de Khéops, enterrée au pied de la grande pyramide de Giza; on admirera particulièrement ses bracelets d'argent, le métal le plus prisé, incrustés de papillons. A Dachour et Illahoun, les pyramides des souverains de la XIIème dynastie ont livré des parures appartenant à des princesses de la famille royale  : pendentifs "pectoraux" ajourés,  ceinture d'orfèvrerie et délicats bracelets  témoignant du raffinement de cette époque qui est considérée comme l'apogée de la joaillerie égyptienne.
    Avec l'ensemble de la reine Iah-hotep, mère du pharaon Amosis, découvert dans la nécropole de Dra Abou'l Naga, sur la rive Ouest de Thèbes, s'ouvre le Nouvel Empire : miroir à disque d'or, lourds bracelets, collier "large" illustrent la magnificence de la période. Malheureusement les tombes de ces grands souverains creusées dans les falaises de la Vallée des Rois ont été pillées sans scrupule dès l'Antiquité. On peine à imaginer les trésors évanouis que recélaient les tombes de grands monarques tels Chéops, Thoutmosis III ou Ramsès II... Une parure ouvragée, diadème et boucles d'oreilles, appartenant à un enfant royal de la XXe  dynastie  provient d'une cachette du même lieu.  Et s'il ne comporte pas de bijoux remarquables, le mobilier funéraire de Youya et Touyou, beaux parents d'Amenhetep III, qui eurent le privilège d'être inhumés dans la Vallée des Rois est véritablement royal : sarcophage, masques funéraires et meubles plaqués d'or.
    Les sépultures royales découvertes en 1939 à Tanis dans le delta ont fourni une masse de bijoux et d'orfèvrerie datant des environs de l'an 1000 avant J.C.  Pharaons peu connus, Psousennès  Ier et Chéchanq  III avaient emporté dans leur tombe des trésors qui rivalisent avec celui de Toutankhamon : sarcophage d'argent, masques d'or, bijoux,  vases précieux... Ainsi s'achève chronologiquement notre parcours, les tombes des souverains postérieurs n'ayant pas été identifiées à l'exception de celles des pharaons d'origine soudanaise qui se feront enterrer dans leur pays.
      Au-delà d'une présentation de somptueux ensembles illustrés de documents retraçant leur découverte, cet ouvrage interroge également le statut de ces oeuvres qui sont une des formes d'expression artistique les plus anciennes et les plus universelles  ; ce qu'elles nous révèlent sur l'identité, la valeur, le rite, le corps, sur leur importance sociale et économique.
       

  • Catalogue officiel de l'exposition exceptionnelle « Aventuriers des mers » qui se tiendra du 14 novembre 2016 au 5 mars 2017 à l'Institut du Monde arabe, à Paris et du du 23 mai 2017 au 25 septembre 2017 au musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem), à Marseille.


    De Sindbad le marin à Marco Polo, puis d'Ibn Battûta et Vasco de Gama jusqu'aux Compagnies des Indes orientales, d'extraordinaires récits de voyages ont conté la richesse des échanges maritimes entre les mers de l'Ancien Monde. Cette exposition, qui ouvrira ses portes à l'Institut du Monde Arabe en novembre prochain, puis au MuCEM dès le mois de mai 2017, et son catalogue conduiront le visiteur et le lecteur au croisement de l'or d'Afrique et de l'argent d'Occident, des diamants de Golconde et des verreries de Venise, des porcelaines, des soieries et des épices venues de Chine et des Moluques.
    Loin de faire obstacle entre les hommes et les civilisations, les mers et les océans sont des espaces partagés qui permettent d'aller à la rencontre des autres, et de commercer avec eux. Après avoir longtemps pensé la mer comme un espace périlleux, les hommes ont ensuite appris à surmonter leurs craintes pour mieux y voyager, en développant de multiples savoirs tout d'abord empiriques, bientôt revisités par les progrès techniques et le développement des connaissances scientifiques. Forts de ces acquis, les navigateurs sont allés toujours plus loin, plus sûrement et plus vite pour étendre et resserrer la trame des réseaux d'échanges. Cette exposition sera ainsi centrée sur les voyages et les routes maritimes parcourues par des marins, des voyageurs et des marchands, tous à la recherche de fortunes à faire, d'âmes à convertir, de nouveautés à découvrir. À l'heure où l'intensification des processus de mondialisation interpelle les sciences humaines, cet ouvrage présente une histoire globale de l'Ancien monde. Tout en reliant entre elles les différentes histoires des cités, des États et des empires, il témoigne de leurs échanges, de leurs relations et, finalement, de leur convergence dans une histoire connectée.
     

  • Grünewald

    Collectif

    Matthias Grünewald est un des plus grands artistes du monde germanique. Contemporain de Dürer et de Holbein, auteur des peintures du Retable d'Issenheim, dessinateur prodigieux, son style singulier en fait un « visionnaire », dont les compositions fascineront les expressionnistes. Les dernières découvertes biographiques permettent de mieux cerner la personnalité encore mystérieuse de cet artiste à la fois ingénieur des mines, fontainier, en même temps que peintre. Fautes de preuves archivistiques sur ses déplacements éventuels, les dettes stylistiques et les emprunts iconographiques laissent voir un dialogue fascinant avec les oeuvres de Mantegna et, peut-être, l'art de Léonard de Vinci, confrontation qui sera discutée. Cette singularité, la conscience qu'en ont eu très tôt ses contemporains, font l'objet d'un large chapitre, parallèlement à l'examen de son oeuvre. Sa technique picturale, hautement symbolique en ces temps travaillés par l'alchimie, étudiée en détail par le Centre de recherche et de restauration des musées de France, fait ici l'objet d'un chapitre rédigé par un de se membres. La dernière partie de l'ouvrage traite de la postérité de Grünewald sa redécouverts par des érudits au XIXe siècle puis sa célébration par des écrivains comme Huysmans en font une figure mythique vénérée par les artistes les plus importants des avant-gardes : Picasso, Matisse, Bacon, Pollock, Jasper Johns, Antonio Saura, tous sensibles à la fantastique puissance mnémonique des oeuvres de l'artiste. Richement illustrée, l'approche iconographique et plastique du corpus grünewaldien est exceptionnellement servie ici par le matériau macrophotographique des clichés des spécialistes du Centre de Recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) réalisés lors de la campagne d'étude menée à Colmar, au musée d'Unterlinden, et dans les musées détenteurs d'oeuvres de Grünewald. Aucun ouvrage, publié récemment, ne propose un tel ensemble d'illustrations ni ne réunit autant de données biographiques ou historiographiques sur l'artiste et ses oeuvres.

  • Le Corbusier Ronchamp

    Collectif

    • Hazan
    • 8 Octobre 2014

    "La chapelle Notre-Dame-du-Haut est une chapelle catholique construite de 1950 à 1955 sur la colline de Bourlémont, à Ronchamp, en Haute-Saône. Création de l'architecte franco-suisse Le Corbusier, elle est érigée à l'emplacement d'un ancien sanctuaire romain et d'une église de pèlerinage sévèrement endommagée par les bombardements lors de libération en septembre 1944. Une société immobilière fait appel, avec l'appui et la proposition de la Commission diocésaine d'art sacré de Besançon (CDAS) à Le Corbusier, seul architecte capable à donner une nouvelle impulsion à l'architecture sacrée contemporaine.
    Au printemps 1950, Le Corbusier, malgré ses réticences, monte sur la colline. Les paysages environnants et le passé du lieu touchent l'architecte et trouvent écho à ses réflexions et sentiments. Le 4 avril 1954 la première pierre de la future chapelle est posée. Le 25 juin 1955, la nouvelle chapelle Notre-Dame du Haut est inaugurée. « J'ai voulu créer un lieu de silence, de prière, de paix, de joie intérieure », précise Le Corbusier le jour de l'inauguration.
    La chapelle Notre-Dame-du-Haut est construite semblable à une arche blanche, percée d'ouvertures aux vitrages colorés. La coque de la toiture, d'une forme inspirée par la carapace de crabe, est réalisée en béton brut. Avec des matières telles que le béton, la pierre, le bois, la fonte de fer, le bronze, l'émail et le verre, Le Corbusier a créé une oeuvre étonnamment légère et lumineuse. Par les qualités constructives et l'organisation de l'espace, les deux éléments essentiels de la création sont mis en valeur : la matière et la lumière.
    Ses murs enveloppés de béton sont construits avec des pierres de l'ancienne église. Mais ce sont seize piliers de béton armés qui portent la coque formant la toiture. Figure de manifeste de l'architecture sacrée moderne, la chapelle Notre-Dame du Haut est également un exemple d'oeuvre reliant le passé et le présent.
    Outre la chapelle, l'architecte réalise sur la colline deux autres bâtiments encadrant le chemin : l'Abri du pèlerin et la Maison du chapelain. Il a également érigé, en bordure de la colline, la pyramide de la Paix, un mémorial en l'honneur des soldats morts pour la libération de Ronchamp en 1944.
    Lors de sa dernière visite à Ronchamp, en 1959, Le Corbusier a confié : « Merci à vous tous les usagers, je suis récompensé ».
    Depuis, le site a évolué : Jean Prouvé a réalisé un campanile dans les années 1970 et récemment, en 2011, Renzo Piano a inauguré la Poterie. Ainsi est né l'ensemble architectural harmonieux composé du monastère Sainte-Claire, de la Porterie, du campanile et de la chapelle Notre-Dame du Haut. Cette dernière, bâtiment iconique, est candidate à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2016.
    Une magnifique campagne photographique permet de percevoir à la fois la majesté et la signification symbolique du monument du Corbusier, ainsi que les détails architecturaux et décoratifs, résultats d'un extraordinaire dialogue créatif.
    "

  • Catalogue officiel de l'exposition « Erwin Blumenfeld, Photographies, dessins et photomontages » au musée du Jeu de Paume à Paris du 14 octobre 2013 au 26 janvier 2014. L'oeuvre d'Erwin Blumenfeld (1897-1943) illustre de façon impressionnante un parcours artistique et son contexte sociopolitique entre la Première et la Seconde Guerre mondiale mais reflète aussi l'incidence de l'émigration sur une vie. Juif allemand, Erwin Blumenfeld naît en 1897 à Berlin mais ne vit que quelques années dans son pays natal. Déserteur, il reste, après la Première Guerre mondiale, dix-sept ans en exil aux Pays-Bas, à Amsterdam, où il est, entre autres, libraire, marchand d'art et marchand d'articles en cuir. Il s'intéresse parallèlement à l'écriture, à la peinture et à la photographie. C'est au cours de ces années qu'il commence à se livrer à des expérimentations photographiques en laboratoire. Les images qu'il crée témoignent d'une appropriation photographique spécifique de la réalité de ces années-là. Ainsi voient le jour, par exemple, des portraits dans lesquels le thème de l'aliénation s'invite constamment. En 1936, suite à la faillite de son commerce, Blumenfeld vient s'installer à Paris. Il ne tarde pas à recevoir des commandes de portraits, de photographies de mode et de photographies publicitaires. La publication de ses portraits surréalistes et de ses photographies expérimentales dans les magazines Verve et Minotaure lui vaut d'être entouré d'admirateurs influents. Grâce à son ami Cecil Beaton, il obtient dès 1938 un contrat avec l'édition française de Vogue et commence un an plus tard à travailler à Paris pour Harper's Bazaar, mais cette collaboration sera de courte durée. Au début de la Seconde Guerre mondiale, Blumenfeld est interné en tant que « ressortissant étranger ennemi » successivement aux camps de Montbard, Loriol, Le Vernet et Catus, de 1940 à 1941. À sa libération, il émigre avec sa famille aux États-Unis, où il travaille en indépendant pour de nombreux magazines jusqu'en 1943. Plus d'une centaine de photographies de Blumenfeld sont publiées en couverture de magazines comme Vogue, Harper's Bazaar, Life, Look ou Cosmopolitan. Il partage un studio de photographie de mode avec Martin Munkacsi jusqu'en 1943, date à laquelle il ouvre son propre studio à New York. Au milieu des années 1950, le photographe se retire pour se consacrer à l'écriture. L'exposition et le catalogue qui l'accompagne réuniront les différents arts visuels pratiqués par Blumenfeld tout au long de sa vie : dessins, photographies, montages et collages. Seront présentés les motifs, aujourd'hui devenus classiques, de ses photographies expérimentales en noir et blanc ainsi que ses multiples autoportraits et portraits de personnalités connues ou inconnues. Une grande partie de l'exposition sera consacrée à l'époque où, d'abord à Paris puis à New York, la photographie de mode et la photographie publicitaire occupaient beaucoup Blumenfeld. Ces photographies, essentiellement en couleurs, témoignent de son incessant désir d'expérimentation après 1945 et mettent clairement en évidence le lien direct entre cette activité commerciale et les méthodes et techniques utilisées auparavant en noir et blanc. Des magazines permettront au visiteur de prendre toute la mesure de la mise en page et de l'environnement rédactionnel de ses photographies, c'est-à-dire de l'influence des rédacteurs. Des dispositifs sonores révéleront la radicalité de l'art du verbe chez Blumenfeld, tandis qu'un diaporama présentera ses clichés de petit format, réalisés en dehors du studio et à ce jour inédits.

  • Or

    Collectif

    • Hazan
    • 25 Avril 2018

    Le Mucem prépare pour le premier semestre 2018,  du 24 avril au 10 septembre 2018,  une exposition sur l'or. L'or rencontre en effet  dans l'expression artistique contemporaine un succès d'une ampleur inédite et d'un genre nouveau.

    Symbole traditionnel du pouvoir et de la richesse, pour sa rareté, son prix et son éclat, il est aussi, par sa plasticité même, le matériau de toutes les métamorphoses. Cette qualité émancipatrice en fait le support privilégié d'une nouvelle poétique, nous invitant à repenser nos approches du sacré, du politique, de l'esthétique ou du social. Ce phénomène révèle aujourd'hui la plasticité voire la fluidité d'un matériau qui ne s'est jamais réduit au fil de l'histoire à ses seules expressions figées.

    Il ne s'agit donc pas d'offrir au public une nouvelle accumulation de trésors qui ne retiendraient de ce métal précieux que son éclat mort.  Le dialogue entre archéologie, histoire et création contemporaine permettra au contraire d'appréhender l'or dans ses imaginaires oniriques, politiques et sa luminosité créatrice.

    I. L'or, un trésor avant tout Lorsqu'on évoque l'or dans un contexte euro-méditerranéen, on pense avant toute chose à la matière précieuse, à sa thésaurisation, à son accumulation sous forme de trésor... Cette première partie vise à identifier les différents aspects des clichés entourant ce métal particulier.

    II. La plasticité de l'or Cependant l'or ne se limite pas à ces questions de possession, d'accumulation et de thésaurisation. L'or est plastique non seulement d'un point de vue technique mais aussi du point de vue de son usage dans la société (sa capacité à être fondu, refondu, échangé).  Perçu de cette manière, il n'est plus seulement le témoignage d'une richesse accumulée mais celui de la potentialité d'un échange.

    III. La symbolique de l'or La présence de l'or sur différents supports constitue aussi un investissement symbolique. Qu'elle soit pérenne, récurrente ou éphémère, l'apparition de l'or met en évidence ce qu'une société se donne comme valeurs suprêmes, comme autant de signes représentatifs d'un ordre établi. L'or prend alors une valeur de représentation pour une communauté.

  • Catalogue officiel de l'exposition Golems. Avatars d'une légende d'argile du 8 mars 2017 au 16 juillet 2017 musée d'art et d'histoire du judaïsme. Le Golem, cet être artificiel qui dans la culture juive est magiquement animé par un homme pieux et sage à l'aide de dénominations sacrées, n'a cessé de fasciner les artistes et constitue un personnage phare de l'imaginaire fantastique.Golems. Avatars d'une légende d'argile explore, pour la première fois en français, le riche devenir de la figure du Golem dans les arts, à travers un parcours mêlant peinture, dessin, photographie, théâtre, cinéma, littérature, bande dessinée et jeu vidéo. De nombreuses productions culturelles actuelles constituent des réminiscences et survivances de la figure mythique du Golem, qui se retrouve dès lors investie de préoccupations scientifiques, technologiques, sociales et environnementales contemporaines. L'ouvrage s'attache à tisser des liens entre le légendaire Golem d'argile et les nouvelles créatures fantastiques et technologiques conçues et rêvées par notre époque, doubles intrigants et parfois inquiétants d'humains, qu'il s'agisse de robots, d'humanoïdes ou d'êtres hybrides. Il démontre comment une légende juive populaire reste à l'oeuvre aujourd'hui, tout en se disséminant dans un imaginaire mondial qui la réélabore et la diffuse.

  • Raphaël, les dernières années

    Collectif

    • Hazan
    • 10 Octobre 2012

    Le Musée du Prado et le Musée du Louvre organisent conjointement une exposition majeure consacrée aux dernières oeuvres de Raphaël (1483-1520) et ses disciples les plus proches, en particulier Giulio Romano et Giovanni Francesco Penni. L'exposition offre un parcours chronologique à travers l'activité de Raphaël depuis le début du pontificat de Léon X (1513) jusqu'à la mort de l'artiste en 1520. Soit une époque qui correspond à la seconde période de maturité de l'artiste qui voit se poursuivre la définition des grandes formules classicisantes qui vont asseoir durablement sa renommée et l'idéal d'harmonie de la Renaissance classique, à travers les siècles, fondé sur la fusion heureuse de la leçon de l'Antiquité et du message universel de l'Eglise catholique (L'incendie du Borgo, La Chambre de Constantin, La Transfiguration). L'exposition et l'ouvrage qui l'accompagne permettent d'examiner les questions d'influence et de développement artistique, et de clarifier dans la mesure du possible les processus créatifs qui ont conduit à des résultats que nous voyons dans les peintures ; elle déterminera dans quelle mesure Raphaël et ses assistants ont été impliqués dans des tâches à la fois créatives et d'exécution. Des dessins seront inclus dans la présentation.

  • "Catalogue officiel de l'exposition ""Le Maroc médiéval - Un empire de l'Afrique à l'Espagne"" au musée du Louvre du 16 octobre 2014 au 19 janvier 2015, L'Exposition est organisée par le musée du Louvre et la Fondation nationale des Musées sur le Maroc.
    Elle sera aussi présentée au musée Mohamed VI de Rabat du 2 mars au 1er juin 2015.
    Cette importante exposition (près de 300 oeuvres) est organisée par le musée du Louvre et la Fondation nationale des Musées sur le Maroc médiéval. Elle permet d'appréhender la longue et riche histoire des dynasties du XIe au XVe siècle, clef de compréhension du Maroc contemporain et source de sa modernité. L'exposition et l'ouvrage qui l'accompagne incitent à relire cette période d'apogée de l'Occident islamique, tant du point de vue historique qu'artistique. Ils présentent ses plus belles réalisations dans les domaines du décor architectural, du textile, de l'ivoire, de la calligraphie, etc. et replace cette puissante entité au centre des réseaux diplomatiques et commerciaux qui furent les siens, des confins subsahariens jusqu'aux cités commerçantes de l'Italie médiévale, des royaumes chrétiens du nord de l'Espagne jusqu'au sultanat mamelouk d'Égypte."

  • Quelques trois cents oeuvres permettront au visiteur d'approcher d'aussi près qu'il est possible le personnage de la sublime Shéhérazade, sans laquelle n'existeraient pas les Nuits insignes qui font l'objet de cette exposition et dont certains des plus anciens manuscrits seront montrés pour l'occasion.

  • Développée durant huit décennies, l'oeuvre photographique de Manuel Álvarez Bravo (Mexico, 1902-2002) constitue un jalon essentiel de la culture mexicaine du XXº siècle. À la fois étrange et fascinante, sa photographie a souvent été perçue comme le produit imaginaire d'un pays exotique, ou comme une dérive excentrique de l'avant-garde surréaliste. L'exposition et l'ouvrage qui l'accompagne veulent dépasser ces lectures. Sans nier le lien avec le surréalisme ou les clichés liés à la culture mexicaine, cette sélection de 150 images vise à mettre en lumière un ensemble spécifique de motifs iconographiques dans le travail de Manuel Álvarez Bravo : les reflets et trompe-l'oeil de la grande métropole ; les corps gisants, réduits à de simples masses ; les volumes de tissus laissant entrevoir des fragments de corps ; les décors minimalistes à l'harmonie géométrique ; les objets à signification ambiguë... Tous motifs qui traduisent son rejet des facilités du style pictural, son goût de l'ironie et sa capacité à convertir les images en symboles dépassant le réalisme typique de la culture mexicaine. L'ouvrage et l'exposition explorent aussi la relation entre le langage de la photographie et celui du cinéma en confrontant ses images les plus célèbres à de courts films expérimentaux des années 1960, provenant de ses archives familiales. Sont également exposées une série d'images tardives à caractère cinématique et une sélection de tirages couleur et de Polaroïd. En partageant avec le public le processus d'expérimentation d'Álvarez Bravo, ce projet entend montrer que la qualité poétique de ses images procède d'une recherche permanente autour de la modernité et du langage.

  • Historien de l'architecture, professeur à Harvard, grand spécialiste d'Henri Labrouste et de Frank Lloyd Wright, Neil Levine, a fait don au musée d'Orsay d'une collection exceptionnelle de plus de 300 dessins d'architecture.
    Le musée d'Orsay exposera cette donation dans ses salles de septembre à fin novembre 2016, la fragilité des oeuvres sur papier interdisant toute exposition au-delà de 3 mois. A cette occasion, le musée d'Orsay et les éditions Hazan publient un ouvrage retraçant l'itinéraire de ce collectionneur hors du commun, dont la contribution à la redécouverte de l'architecture du XIXe siècle fut essentielle, et présentant les plus belles pièces de cette donation.
    Premier volume d'une nouvelle collection dévoilant les oeuvres graphiques (dessins, photographies, architecture...) du musée d'Orsay, rarement exposées en raison de leur fragilité.

  • L'oeuvre de graveur d'Erik Desmazières est célèbre depuis les années 1979 par sa dimension onirique, en particulier ses perspectives fantastiques servies par une virtuosité technique exceptionnelle. La frontière entre la réalité et l'imaginaire tend à s'estomper dans son oeuvre qui dépasse la simple transcription minutieuse du réel, s'inscrivant ainsi dans la filiation de grands artistes visionnaires tels Piranèse ou Meryon. Son imagination est hantée par les villes, les objets et lieux du savoir, livres, grimoires, bibliothèques, cabinets d'histoire naturelle, ateliers de graveur. Cet ouvrage présente son travail sur le thème des bibliothèques, qu'elles soient imaginaires, comme celle inspirée par le texte de Borgès, La Bibliothèque de Babel (1997), ou réelles. Attiré par les architectures, Erik Desmazières ne pouvait qu'être fasciné par la Bibliothèque nationale conçue par Henri Labrouste. Il a commencé par s'intéresser à la grande salle de lecture qu'il a dessinée à de nombreuses reprises avant de passer à la réalisation d'une série de gravures sur ce thème en 2001 puis est revenu sur les lieux, après le déménagement des imprimés en direction du site François-Mitterrand, à l'occasion de la commande passée sur les magasins Labrouste. L'ouvrage retracera ce cheminement en présentant non seulement les gravures, mais également les croquis de l'artiste pris sur le vif et consignés dans son carnet d'esquisses, les états de ses gravures, et des dessins sur ce thème. Pour présenter l'oeuvre de l'artiste, il a été fait appel à l'écrivain Olivier Rolin. Anne-Marie Garcia, conservateur à la bibliothèque de l'Ecole des Beaux-Arts, relate la vie de l'artiste à travers une sélection de 20 gravures. Enfin, l'artiste parle de sa fascination pour le monde des bibliothèques dans un entretien avec Céline Chicha-Castex, conservateur au département des estampes et de la photographie de la BNF et commissaire de l'exposition qui lui est consacrée. A ce catalogue s'ajoute un tirage de tête numéroté enrichi d'une eau-forte.

  • En 2003, le musée du Louvre a créé un 8e département consacré aux arts de l'Islam. Dotée de plus de 14 000 objets et complétée admirablement par les 3 500 oeuvres déposées par le musée des Arts Décoratifs - dont beaucoup sont inédites -, la collection du musée témoigne de la richesse et de la diversité des créations artistiques des terres de l'Islam.
    Trois mille oeuvres de cette collection, des plus riches et des plus belles du monde dans ce domaine, seront exposées en 2012 dans de nouveaux espaces qui viendront s'insérer délicatement entre les façades restaurées de la cour Visconti. Le projet des architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini représente le plus grand chantier au musée depuis les travaux du Grand Louvre et le visiteur pourra admirer dès 2012 cet écrin surmonté par une " aile de libellule ", une couverture de verre, dorée et tissée par un fin réseau métallique ondulant.
    Ces nouvelles salles offriront un espace ouvert sur deux niveaux ; le parcours muséographique permettra le large déploiement d'oeuvres issues de 1 300 ans d'histoire et d'un territoire couvrant trois continents, de l'Espagne jusqu'à l'Inde du Nord.
    Le livre qui paraîtra à cette occasion présentera une large sélection de plus de 400 oeuvres installées dans ces nouveaux espaces. Selon un fil chronologique, les oeuvres sont regroupées selon des thématiques que l'on retrouve d'un chapitre à l'autre : poésie et prose, ornement, calligraphie, ville, objets et architecture, ainsi qu'un chapitre entier consacré à l'art du livre.
    Les auteurs, conservateurs et scientifiques du département des Arts de l'Islam, sauront faire partager leurs connaissances avec le plus grand nombre tandis que de magnifiques photographies illustreront un ouvrage de référence et de délectation.

  • "Passant de main en main, visibles d'exposition en exposition, et pourquoi pas, au cours du temps, circulant d'un continent à l'autre, certaines oeuvres d'art ont une vraie vie qui se mêle à nos vies et nous les force d'aimer.

    En cette année, où l'on commémore le cent-quarantième anniversaire de la première exposition impressionniste, il a semblé intéressant de se pencher sur l'histoire de la peinture emblématique de cette manifestation : l'Impression, soleil levant de Claude Monet, cette vue matinale ou vespérale, qui le saura jamais, du port du Havre. Ce tableau souvent mentionné et reproduit, amplement cité pour sa technique, demeure, pour beaucoup, méconnu dans ses pérégrinations, ce que les historiens d'art appellent « son historique ». Aussi, pour conduire l'amateur et le curieux sur le chemin de ce chef-d'oeuvre, cette exposition se propose-t-elle de traiter l'aventure humaine de cet objet inanimé, une saga qui s'étale sur presque un siècle et demi et qui ne manque pas de rebondissements inattendus et d'anecdotes pittoresques.
    Une telle vision ne peut émerger que dans un contexte chronologique et quatre chapitres successifs se sont immédiatement imposés. Le premier concerne les origines de la création, les grands modèles auxquels Monet eut accès au Havre, à Paris ou à Londres jusqu'en 1870 et l'influence de ces apports sur sa création. La seconde section s'intéresse plus précisément à la première présentation au public et à la place de l'oeuvre parmi celles exposées dans l'ancien atelier de Nadar, en 1874. Le troisième chapitre sera consacré aux deux propriétaires du tableau. A peine exposée, l'Impression fut, en effet, achetée par un personnage à la biographie pleine de rebondissements, Ernest Hoschedé, amateur boulimique dont il faudra retracer l'éclectisme des goûts, qui dut néanmoins se séparer assez vite de ses collections, et de ce tableau dont l'identité et le souvenir s'effaçaient déjà. L'histoire demeure dans le monde des collectionneurs puisque l'oeuvre passa, après sa vente, dans la collection de Georges de Bellio, autre acheteur compulsif mais aux choix plus resserrés, dont une grande partie de la collection fut offerte au Musée Marmottan par sa fille Victorine Donop de Monchy, entre 1940 et 1957. Le parcours se terminera par l'évocation de la persistance de la référence solaire et de ses implications esthétiques dans l'oeuvre de Monet d'après 1874.
    Là pourrait s'arrêter le roman ; l'Impression trouvait enfin un port d'attache définitif. Mais on ne peut être une icône et vivre dans l'ombre, et c'est cette nouvelle vie, institutionnelle mais active, voyageuse et même rocambolesque lorsqu'elle fut subtilisée au musée en 1985 dont il faut aussi parler. Cet ultime chapitre s'efforcera de raconter l'histoire du tableau durant ces dernières décennies et, selon des procédés historiographiques rigoureux, de mettre en valeur sa quasi-redécouverte et la mise en valeur de son rôle fondateur d'une peinture moderne.






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  • Catalogue officiel de l'exposition « Bonnard. Peindre l'Arcadie » au musée d'Orsay du 16 mars au 19 juillet 2015, suivie de deux autres expositions, du 10 septembre 2015 au 6 janvier 2016 à la Fondation Mapfre à Madrid et du 6 février au 15 mai 2016 à San Francisco, Du Young Museum. Avec soixante et un tableaux dont plusieurs grands formats, vingt-cinq toiles données sous réserve d'usufruit, près de trois cents dessins et deux cent soixante-treize photographies, le musée d'Orsay conserve l'ensemble le plus important de Bonnard. Les expositions parisiennes les plus récentes consacrées à cet artiste dont l'oeuvre est géré par le musée d'Orsay, remontent à 1984 avec la rétrospective qui s'est tenue au musée national d'art moderne puis à la Phillips collection et au Dallas Museum of Art. Une exposition plus modeste lui a été consacrée à la Fondation Maillol en 2000. La dernière a eu lieu en 2006 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris montrant surtout des tableaux réalisés après 1900. L'exposition de 2015, Bonnard, peindre l'Arcadie, propose de présenter l'oeuvre dans sa continuité et non divisé en périodes qui sous-entendent l'idée de progrès ou de rupture. Il est frappant, au contraire, de constater combien la légèreté, l'humour, la tendresse, la lumière, la couleur, constituent des constantes chez Bonnard. Son art est intensément ancré dans une modernité transfigurée par le filtre d'autres cultures : le Japon, l'antiquité méditerranéenne. L'artiste aborde ainsi tous les genres et toutes les techniques - peinture, dessin, arts décoratifs, photographie - pour créer un univers à la mesure de son utopie où tous les éléments cohabitent en harmonie. Le parcours de l'exposition mêlant thèmes et chronologie s'articule autour de sept sections. Un nabi très japonnard La première est consacrée à l'influence de l'esthétique japonaise sur Bonnard. La découverte des estampes de l'Ukiyo-e en 1889, à l'occasion d'une exposition à l'Ecole des Beaux-Arts, agit comme un catalyseur sur les recherches du groupe d'amis de l'atelier Julian auquel appartient Bonnard - Denis, Ibels, Piot, Ranson, Roussel, Sérusier, Vuillard, les futurs Nabis. L'influence de la stylisation japonaise est flagrante dans ses premières peintures : contours sinueux, cloisonnement des formes, aplats de couleurs vives, perspective étagée, distorsion des plans, motifs coupés. Elle se fait plus subtile par la suite mais reste toujours présente dans les perspectives aplaties et les espaces saturés de couleurs qui laissent le « bonheur de deviner peu à peu » le sujet (Mallarmé). Intimités Bonnard a centré son oeuvre sur sa propre vie, les êtres et les lieux qui l'entourent. Il peint ses proches dans des situations ordinaires et des attitudes intimes avec une part importante d'interprétation personnelle. Ses observations sont accompagnées d'un brouillage de lignes ondulantes, de motifs décoratifs répétés rythmiquement, d'ombres ou de fumées. Les corps apparaissent parfois coupés ou vus en contrejour. Bonnard privilégie également les cadrages en gros plan qui lui permettent de substituer une vision fragmentaire et séquentielle de la réalité à une narration linéaire. L'intimité qu'il décrit évoque la complexité des relations humaines et des sentiments. A partir de 1907, Bonnard peint de manière obsessionnelle le thème de la toilette et du bain avec sa compagne Marthe (Maria Boursin) comme modèle exclusif. Ses compositions sont des variations sur des positions du corps dans des cadrages inédits et des reflets de miroirs. Une grande attention est portée à l'agencement de la salle de bains permettant parfois d'identifier le lieu. La conception du nu chez Bonnard évolue vers une vision désincarnée où la chair est traitée comme un élément parmi d'autres, un volume captant et réfléchissant la lumière dans un papillotement de couleurs nacrées. Clic clac Kodak Comme ses amis nabis qui pratiquent la photographie parallèlement à la peinture, Bonnard est l'un des praticiens les plus féconds dans ce domaine. Muni de son Pocket Kodak, il réalise des clichés qui lui servent d'aide-mémoire ou de modèles comme l'attestent les nombreux nus posés par Marthe. La simplicité de l'usage de l'appareil lui permet également de prendre des instantanés avec des personnages saisis dans des situations ordinaires. Les cadrages décentrés, les bougés flous témoignent de la spontanéité de ces prises de vue mais également d'un choix esthétique. L'exceptionnelle collection du musée d'Orsay, riche de 273 clichés constitués en majorité de tirages anciens donnés par les descendants de Bonnard, atteste du va-et-vient entre peinture et photographie éclairant le processus créateur de l'artiste au même titre que ses carnets de croquis. Portraits choisis Cette section réunit des portraits de famille et d'amis réalisés dans des intérieurs ou en plein air. Bonnard met en scène ses modèles dans un contexte éclairant leur situation psychologique, familiale ou sociale. La présence d'un animal familier, chien ou chat, forme souvent un contrepoint expressif et humoristique au modèle humain. Avec le temps, ses portraits s'orientent vers une dimension plus décorative mettant l'accent sur le traitement de l'espace, le cadrage, les accessoires, la couleur. Les autoportraits réalisés aux différents âges de sa vie constituent une catégorie à part, ces tableaux n'étaient destinés qu'à lui-même. Ceux de la vieillesse, où le regard angoissé scrute la décrépitude physique, révèlent la pratique d'une introspection sans concession. Le jardin sauvage : Bonnard en Normandie Après son installation en 1907 à Vernonnet, près de Vernon (Eure), Bonnard entame une série de tableaux représentant des vues d'intérieur ouvertes sur l'extérieur par l'intermédiaire d'une fenêtre ou d'une porte-fenêtre. Cet agencement lui permet de juxtaposer dans un même espace le décor modeste de la maison et le foisonnement végétal du jardin à l'arrière-plan, le « jardin sauvage », comme il l'appelait. La galerie qui borde « Ma roulotte » - le pavillon acheté en 1912 où il résidera jusqu'en 1928 - et la terrasse constituent des lieux stratégiques pour ses observations. Leurs lignes droites et surfaces planes s'opposent aux masses colorées du paysage où coule la Seine en contrebas. Bonnard introduit souvent des natures mortes dans ses compositions avec ou sans personnages. Il les peint aussi comme des sujets autonomes : tables servies, paniers de fruits, éléments de vaisselle éclatants de couleurs. Ultra-violet Les paysages de la Côte d'Azur découverts en 1904 déclenchent chez Bonnard un coup des Mille et Une nuits. Cet Éden propice à l'inspiration le pousse à plus d'audace dans sa peinture. Mille et un sujets nouveaux se bousculent devant ses yeux. Sa palette s'intensifie sous l'effet de la force et de la pureté de la lumière. Ses tableaux changent d'échelle. La révélation du Bonheur de vivre de Matisse, exposé au Salon des Indépendants de 1906, lui ouvre la voie d'un lyrisme contrôlé, où la tradition de la pastorale se combine à l'observation de la nature. Alors que Matisse célèbre un bonheur atemporel, Bonnard introduit dans ses toiles le bémol d'une « sensibilité cardinale » (Jean Clair). L'harmonie chaude de ses compositions méditerranéennes se tempère d'une part de violet découlant du jaune solaire. Ce voile d'ombre, halo incertain où filtre la mélancolie, exprime le doute du peintre. A l'heure où l'art opère une révolution radicale de la couleur, Bonnard s'oriente du côté des complémentaires de Signac et du all over décoratif du Monet tardif. Dans les années 1920, il s'est fixé comme objectif de maîtriser « cette couleur qui vous affole », restant à distance des teintes brutales des Fauves de la période de Collioure et de Saint-Tropez. Et in Arcadia ego, les grands décors Renouant avec la peinture décorative de sa jeunesse, Bonnard réalise à partir de 1906 d'importants décors pour ses amis marchands et collectionneurs : Misia Godebska, Gaston et Josse Bernheim-Jeune, Ivan Morosov, Arthur et Hedy Hahnloser, Richard Bühler, un cousin des Hahnloser, George Besson, pour lequel il peint ses ultimes compositions parisiennes. Ces ensembles formés de panneaux juxtaposés, destinés à être vus dans un même espace architectural, répondent à un programme iconographique original comme le triptyque La Méditerranée conçu pour orner le palier de l'escalier principal de la demeure moscovite de Morosov, ou la parabole sur les âges de l'humanité réalisée pour les Bernheim. Ces fantaisies arcadiennes ont souvent pour cadre des paysages méditerranéens à la végétation luxuriante. Les grands décors de Bonnard, où sont associées des visions pastorales, des souvenirs antiques et des scènes contemporaines, affirment l'autonomie de l'espace de la représentation et le libre exercice de la fantaisie du peintre. La peinture de grand format a permis à Bonnard d'intensifier ses recherches sur les vibrations atmosphériques, la couleur et la lumière qui finissent par dominer le sujet. « [Il] a oeuvré vers l'abstrait [....], constate Clement Greenberg en 1947, juste après la mort de l'artiste. C'est cette concentration sur la matière, sur le jus et le sujet qui semblent avoir conduit Bonnard à peindre de plus en plus abstraitement ; plus l'attention est tendue sur le pigment et le coup de brosse, plus elle s'éloigne de l'idée originale du sujet d'après nature. »

  • Louis François Lejeune est une figure unique du siècle : il a mené de front plusieurs carrières, artistique, militaire et politique.
    Après un apprentissage auprès du peintre Pierre- Henri de Valenciennes, il s'engage dans l'armée et intègre le corps du génie. En i800, il devient aide de camp d'Alexandre Berthier, chef de l'état-major de Napoléon Bonaparte. Sa vie suit désormais les guerres du Consulat et de l'Empire. Au fur et à mesure des campagnes, Lejeune met en scène les combats auxquels il participe jusqu'à la bataille de la Moskova en 1812.

    Ses tableaux sont d'abord des documents historiques retraçant son engagement au sein de l'armée. Qui douterait de la véracité de ses toiles ? Son livret militaire ne mentionne-t-il pas ses onze blessures et ses dix-sept campagnes ? Il y était ! Il est donc légitime qu'il soit le reporter de l'épopée., de son épopée. Car l'acteur est aussi un remarquable metteur en scène. Cet ouvrage montre comment s'élabore un tableau de bataille : à partir des relevés topographiques et des dessins des ingénieurs, de nombreux documents évoquent l'observation militaire.
    Mais Lejeune s'inscrit aussi dans un mouvement artistique, culturel et politique. Ses oeuvres sont contemporaines des grandes commandes de tableaux passées aux élèves de David. D'un côté, la bataille est traitée comme une peinture d'histoire, de l'autre, chez Lejeune, le spectacle de la guerre revendique la vérité historique. L'humanité familière, fictive ou plausible, des oeuvres de Lejeune exprime une réalité quotidienne, mêlant l'humour au drame par un rappel importun dans un monde qui s'attend au sublime.

  • Chaïm Soutine est né en Russie en 1893 et est mort à Paris en 1943. Il est connu pour avoir développé, très jeune, une vision et une technique de peinture très particulière, en utilisant une palette de couleurs flamboyante dans un expressionnisme où s'exprimaient les tourments de l'artiste et une violence brute.
    L'influence que cette oeuvre eut sur les artistes de la fin du XXème siècle rend nécessaire un nouveau regard sur un peintre encore incompris en France. Cette rétrospective est organisée à partir de vingt-deux tableaux de Soutine conservés par le musée de l'Orangerie. Ceux-ci avaient été réunis par le marchand Paul Guillaume qui, découvrant en 1922 ces " portraits où la mesure et la démence luttent et s'équilibrent ", fit connaître un artiste à la puissance expressionniste et à la palette ardente uniques dans le Paris de l'entre-deux-guerres. Au-delà de la légende du peintre tourmenté, qui finit par occulter une oeuvre exacerbée, hors normes, l'influence que Soutine eut sur les artistes de la fin du XXe siècle nécessite un nouveau regard sur un peintre totalement original, difficile à appréhender, encore incompris en France.

  • Berenice Abbott

    Collectif

    • Hazan
    • 15 Février 2012

    La photographe américaine Berenice Abbott (1898-1991) est connue pour son vaste ensemble documentaire sur New York mené entre 1935 et 1939, et pour son activisme en faveur de la reconnaissance française, européenne puis américaine de l'oeuvre d'Eugène Atget.
    Dès les années 1920, elle collabore pleinement aux activités des cercles d'avant-garde. Venue à Paris en 1921, elle est formée par Man Ray avant d'ouvrir son propre studio en 1926 : elle photographie alors la bohème artistique et intellectuelle de Paris avant de retourner aux États-Unis en 1929. Son projet le plus connu, Changing New York (1935-1939), est une commande lancée par l'administration américaine dans le contexte de la crise économique, conçue par la photographe à la fois comme une vaste documentation sur la ville et une oeuvre personnelle à visée artistique.
    Au cours des années 1950, Berenice Abbott est employée à temps plein au Massachussets Institute of Technology de Boston afin de réaliser un corpus d'illustrations sur les principes de la mécanique et de la lumière. Dévoilant pour la première fois en France les différentes étapes de sa carrière, la rétrospective présentée au Jeu de Paume propose plus de 120 images, des éditions d'ouvrages originaux et une série de documents inédits (lettres, maquettes de livres, revues, etc.).
    L'exposition sera ensuite présentée à la Ryerson Gallery de Toronto. Le catalogue propose trois essais : le premier sur les années 1923-1932, le second sur l'analyse de la série Changing New York, et enfin une présentation de la période 1939-1961, au cours de laquelle Berenice Abbott réalise ses photographies scientifiques. Un portfolio des oeuvres, et des reproductions de documents historiques, complètent chaque essai.

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