La Decouverte

  • Près d'un demi-siècle après la fin de son empire, la France demeure hantée par son passé colonial. Pourquoi une telle situation, alors que les autres sociétés postcoloniales en Occident travaillent à assumer leur histoire outre-mer ? Pour répondre à cette question, Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire ont décidé d'ausculter les prolongements contemporains de ce passé à travers les différentes expressions de la fracture coloniale qui traverse aujourd'hui la société française. Ils ont réuni, dans cette perspective, les contributions originales de spécialistes de diverses disciplines, qui interrogent les mille manières dont les héritages coloniaux font aujourd'hui sentir leurs effets : relations intercommunautaires, ghettoïsation des banlieues, difficultés et blocages de l'intégration, manipulation des mémoires, conception de l'histoire nationale, politique étrangère, action humanitaire, place des Dom-Tom dans l'imaginaire national ou débats sur la laïcité et l'islam de France... Les auteurs montrent que la situation contemporaine n'est pas une reproduction à l'identique du " temps des colonies " : elle est faite de métissages et de croisements entre des pratiques issues de la colonisation et des enjeux contemporains. Pour la première fois, un ouvrage accessible traite de la société française comme société postcoloniale et ouvre des pistes de réflexion neuves.

  • En étudiant la culture matérielle des esclaves, l'archéologie - et en particulier, depuis une vingtaine d'années, l'archéologie préventive - contribue de façon décisive aux recherches sur l'esclavage colonial. La traite, l'habitat, la vie quotidienne, le marronnage ou les pratiques funéraires bénéficient ainsi d'une documentation nouvelle, dont cet ouvrage collectif international rend compte grâce aux contributions des meilleurs spécialistes.

  • Longtemps, dans les représentations conventionnelles, les hommes fossiles et les hommes sauvages étaient perçus comme les pendants primitifs de la modernité occidentale. La préhistoire se résumait à celle de l'Europe, caractérisée par les progrès de son industrie lithique et par des grottes ornées emblématiques. A contrario, les sociétés non occidentales étaient appréhendées comme étant intemporelles, figées dans leur présent, dépourvues d'histoire. Aujourd'hui, l'archéologie et l'anthropologie sociale travaillent ensemble à dépasser ces clivages et dissiper ces préjugés. De l'Amazonie à la Sibérie, en passant par le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Océanie, depuis les premiers australopithèques jusqu'aux sociétés contemporaines, les auteurs offrent des perspectives multiples sur la Préhistoire des « autres » pour dépasser les frontières trop étroites de l'Europe.

  • Les changements climatiques ont-ils favorisé le peuplement de la planète ? À quelle époque le Sahara s'est-il désertifié ? Comment les civilisations de l'Antiquité se sont-elles adaptées aux crises climatiques ? Pourquoi l'agriculture a-t-elle été possible au Groenland pendant le haut Moyen Âge ? Que nous apprennent les dates des vendanges, la récession des glaciers ou la variation des cernes de croissance des arbres à travers les siècles ? Comment les hommes se sont-ils adaptés aux fluctuations incessantes du climat ?
    Dans cet ouvrage, climatologues, glaciologues, archéologues et historiens confrontent leurs travaux pour ébaucher une histoire du climat sur plusieurs millions d'années et appréhender les effets, parfois favorables et souvent dramatiques, des variations climatiques sur les sociétés humaines. Alors qu'aujourd'hui l'action de l'homme modifie radicalement l'environnement, la connaissance des climats du passééclaire l'analyse des rapides changements en cours et nous aide à aborder avec lucidité les conséquences des bouleversements climatiques à venir.

  • En 1989, la chute du mur de Berlin s'est accompagnée d'une plus libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises, laissant croire à l'abolition progressive des frontières. Cette chimère fut rapidement démentie par l'apparition, dans différentes régions du monde, de conflits visant à redéfinir les territoires et les souverainetés, de nouvelles affirmations nationalistes et de mouvements sociaux appelant au retour des frontières perçues comme des protections économiques, culturelles et sociales.
    Cet ouvrage retrace, à travers l'étude de cas particulièrement éclairants, cette évolution planétaire. Il montre ainsi comment, au sein même de l'Europe, de nombreux mouvements ont revendiqué l'instauration de nouvelles frontières après les guerres de l'ex-Yougoslavie, et de quelle manière la mondialisation et la construction européenne ont renforcé de petits territoires, les émancipant de leurs voisins. Récemment, bien des pays ont édifié des murs et fermé leurs frontières afin de se protéger de vagues migratoires vues comme dangereuses : entrons-nous dans un monde où seules les marchandises, les informations et les élites mondialisées circuleront librement ? À quoi les frontières servent-elles ? À qui profitent-elles ? À qui manquent-elles ?

  • La pratique du soin et la préservation de la santé ont toujours représenté une préoccupation majeure pour l'ensemble des sociétés humaines, depuis les premières organisations sociales jusqu'à nos jours, et ce, sur tous les continents. L'approche archéologique et anthropologique adoptée dans cet ouvrage permet de retracer, sur plusieurs dizaines de milliers d'années, la manière dont les groupes humains ont appréhendé la maladie, le handicap et le soin. De la préhistoire à l'époque contemporaine, les contributeurs et contributrices nous racontent aussi la diversité des pratiques, car à chaque mal correspond un remède déterminé par des normes sociales et des choix contextuels.
    Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration pluridisciplinaire entre archéologues, anthropologues, biologistes et historiens qui, dans une double approche sociale et biologique, se posent la question du soin et de la santé à l'échelle des individus comme des populations.

  • Au coeur de nombreux débats contemporains, la question des migrations est devenue un enjeu majeur, au point de faire oublier que les grandes vagues migratoires ne sont pas le propre de notre époque.
    L'archéologie apporte des informations essentielles sur ces mouvements de population à grande échelle qui se sont succédé de la Préhistoire - avec les premiers Hominidés quittant l'Afrique - au XXIe siècle. Volontaires ou contraintes, ces migrations ont induit diaspora, colonisation, métissage, intégration et ségrégation.
    Confrontant les données archéologiques, historiques, génétiques, géographiques, démographiques et linguistiques, Archéologie des migrations propose un réexamen critique des sources disponibles. Cet ouvrage a pour ambition de mettre en perspective de nouvelles hypothèses scientifiques et d'aller au-delà de la simple observation des mouvements de population, en abordant notamment les contacts entre les migrants et les sociétés qu'ils rencontrent.

    Avec des contributions de :
    Jean-Paul Demoule, Eva-Maria Geigl, Pascal Picq, Peter Bellwood, Jean-Jacques Hublin, Jérôme Dubouloz, Colin Renfrew, Patrice Brun, Vincenzo Bellelli, Ana Delgado Hervas, Claudia Moatti, Christophe Sand, Augustin Holl, Bruno Dumezil, Jean-Luc Boudartchouk, Vincent Carpentier, Paul Salmona, Marc Terrisse, Susan Peabody, Christian Grataloup, Theresa A. Singleton, Anne Richier et Nicolas Weydert, Krish Seetah, Dirk Hoerder, Sophie Bouffier, Isabelle Catteddu, Philippe Joutard.

  • Nos manières de manger, comme ce que nous mangeons, ne tiennent pas seulement à nos besoins, nos cultures et nos goûts. Car tout un ensemble de normes juridiques, d'accords commerciaux et de recommandations de santé entend diriger notre alimentation. Le statut et la définition même des aliments que nous consommons relèvent de cette intense production normative, qui ne cesse de se déployer au nom de notre bien-être, de nos traditions et de nos terroirs.
    C'est cet univers méconnu qu'explorent les auteurs de cet ouvrage, à partir d'une série d'études de cas fort éclairantes. Ils montrent ainsi que rien n'échappe à la construction de normes et de valeurs, alors que la multiplication des échanges et la circulation des produits alimentaires élargissent constamment l'espace des choix et des goûts. Mais aussi que nos conduites alimentaires sont loin d'être totalement déterminées par le pouvoir des normes. Alors que nous savons ce qui est sain, beaucoup préfèrent manger ce qui est réconfortant et commode à cuisiner, parfois au risque de leur santé. La diversité des rapports à l'alimentation est ainsi illustrée ici par plusieurs études relatives aux pratiques des enfants, des hommes et des femmes.

  • Reposant sur plus de mille peintures, illustrations, photographies et objets répartis sur six siècles d'histoire au creuset de tous les empires coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes, notamment aux États-Unis, et jusqu'aux décolonisations, ce livre s'attache à une histoire complexe et taboue. Une histoire dont les traces sont toujours visibles de nos jours, dans les enjeux postcoloniaux, les questions migratoires ou le métissage des identités.
    C'est le récit d'une fascination et d'une violence multiforme. C'est aussi la révélation de l'incroyable production d'images qui ont fabriqué le regard exotique et les fantasmes de l'Occident. Projet inédit tant par son ambition éditoriale, que par sa volonté de rassembler les meilleurs spécialistes internationaux, l'objectif de Sexe, race & colonies est de dresser un panorama complet de ce passé oublié et ignoré, en suivant pas à pas ce long récit de la domination des corps.

  • L'archéologie, par la documentation considérable qu'elle apporte sur l'expérience de la guerre et la réalité de la violence, renouvelle notre compréhension des conflits, depuis la Préhistoire jusqu'à aujourd'hui. Son approche anthropologique a en effet libéré la recherche des contraintes de l'histoire militaire et stratégique, les violences du XXe siècle conduisant la discipline vers de nouveaux enjeux liés à l'expertise médico-légale, à la récupération de la mémoire historique et au droit.
    Guerres et combats ne sont plus uniquement relatés par les archives des vainqueurs, mais étudiés par l'archéologue en prenant en compte l'ensemble des documents mis au jour : champs de bataille, dépôts d'armes, restes humains, garnisons, camps de prisonniers ou d'internement. La propagande est déconstruite, images et objets sont contextualisés, le cadre économique et social du conflit est restitué, la réalité de la violence collective est analysée. Et les morts peuvent sortir de leur anonymat.
    Dans cet ouvrage, qui propose une grande variété d'éclairages sur les violences et les guerres, l'archéologie apparaît ainsi à la fois comme la science de la mémoire matérielle des hommes et comme un instrument au service de la longue histoire du savoir, des techniques et de la diversité culturelle qui fait la richesse de l'humanité.

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