La Villette

  • Cette publication consacrée au regard que porte l'architecte sur des oeuvres africaines, asiatiques ou océaniennes permet d'éclairer des aspects essentiels de la modernité architecturale, notamment les équilibres recherchés entre une essence de l'humain, que représentent des « arts dit primitifs » et un progrès technique qui tend, du moins dans un premier temps, à couper l'homme de ses racines.
    La collection constituée par Le Corbusier est importante. La base des dessins de la Fondation Le Corbusier recense une trentaine de dessins réalisés entre 1905 et 1909 ; la collection particulière de Le Corbusier comprenait une dizaine d'oeuvres d'art africain (dont deux toiles du peintre soudanais Kalifala Sidibé), que l'on peut apercevoir sur les photographies de ses appartements, rue Jacob puis rue Nungesser-et-Coli ; des objets d'art exotiques sont reproduits dans différentes publications, de L'Esprit nouveau en 1920 au Poème électronique en 1958. La bibliothèque personnelle de Le Corbusier comprend une vingtaine d'ouvrages et un certain nombre de cartes postales concernant l'art extra-européen.

  • L'enseignement du paysage. Cela peut s'entendre en deux sens.
    Tout d'abord un sens pédagogique : comment le paysage peut-il s'enseigner, quelles matières en nourrissent l'approche, quelles sont les finalités de cet enseignement ?
    Mais aussi un sens directement relié aux perceptions que nous avons face aux formes du paysage : avec ses allures pérennes ou récurrentes et ses devenirs, ses bouleversements parfois, n'est-il pas lui-même, et constamment, une leçon ? La « matière » du paysage, n'est-ce pas le paysage lui-même ? Mais si l'existant est le recel de toute leçon et la base de tout projet possible, comment avancer, comment ajouter ou corriger, comment projeter ? On le voit, il y a là un véritable noeud, et il est tendu par tous les fils qui tissent le paysage. C'est à tenter de les démêler que ce numéro 12 les Cahiers de l'École de Blois est consacré.

  • " Paris sera toujours Paris " dit la chanson, mais est-ce vrai ? Et Paris n'est-il que Paris, ville enfermée dans sa légende, ou une ville en devenir, gardant son nom et ses prestiges, mais s'ouvrant aussi enfin à tout ce qui l'entoure ? La ville de Paris, on le sait, comprimée à l'intérieur de sa double ceinture, souffre de cette délimitation, qui rend étrangères à sa définition les énergies qui se dégagent à sa périphérie et qui, elles-mêmes, butent sur cette frontière.
    A l'heure des projets du " Grand Paris ", la question est posée des formes de ce devenir et de leurs conséquences pour la métropole tout entière. C'est cette interrogation, qui touche en profondeur au sens même de ce qu'est un paysage urbain, qui est à l'origine de ce numéro 14 des Cahiers de l'Ecole de Blois.

  • Le paysage est désormais partout. Limité un temps à un genre de la peinture, étendu depuis quelques décennies à une profession, il déborde aujourd'hui largement ces domaines et, via les questions d'urbanisme, d'environnement, de développement durable, il occupe l'espace de la plupart des problématiques engageant l'avenir de la planète. Il a à voir avec la géographie, l'histoire, les moeurs, l'économie, l'agronomie, les arts et la littérature, le voyage, la philosophie... la politique aussi bien sûr. Mais dans cette étendue il se disperse, il se perd quelque peu. Faut-il dès lors en restreindre l'approche aux stricts attendus d'une profession - paysagiste - qui en a fait son matériau et son médium, ou bien doit-on le suivre partout où on le rencontre ?
    Le parti des Cahiers de l'École de Blois, et justement parce qu'émanant d'un lieu d'enseignement du paysage, aura toujours été jusqu'à présent de ne privilégier aucune de ces voies, de n'en considérer aucune comme seconde. Parler du paysage en termes de métier, en reliant cette préoccupation à la notion de projet, peut-être plus centrale encore qu'en architecture, mais l'approcher aussi de manière sensible ou réfléchie hors du cadre projectuel, via les sciences humaines et les arts - ces deux voies, les Cahiers ont tenté de les suivre ensemble et de les tresser. Avec ce numéro, il ne s'agit pas du tout de dresser un bilan de ce travail, mais de reprendre le chantier à son commencement, en tant qu'il détermine un espace de questions, une sorte d'inquiétude féconde.
    Il y a quinze ou vingt ans encore, quand on parlait d'une école de la nature et du paysage, tout le monde ou presque imaginait aussitôt de la verdure, des pampres, des roseraies... On sait un peu mieux aujourd'hui qu'il s'agit de tout autre chose, et que le nom même de « nature » qui est convoqué dans cette appellation désigne d'abord la complexité de tout le vivant. « Vous avez dit nature ? » - Ce pourrait être là aussi l'axe de réflexion d'un numéro des Cahiers, mais pour celui-ci, la question, plus cadrée malgré tout, se contente de repartir d'un « Vous avez dit paysage ? », dont nous espérons qu'il aura la valeur d'une récapitulation et, par conséquent, d'un point d'appui.

  • A l'occasion du centenaire du premier voyage de Le Corbusier en Italie, la Fondation a organisé sa XVe Rencontre à Rome afin d'évoquer la place tenue par l'Italie dans sa formation artistique et dans la conception de ses projets. De 1907 à 1921, l'Italie constitue l'objet principal de ses voyages initiatiques. Au début des années 1920 il y rencontre des personnalités représentatives du monde contemporain des arts et de la culture. Au cours des années 1930, les architectes rationalistes entretiendront des relations suivies avec lui. Ces relations reprendront de manière régulière après la guerre et Le Corbusier se rendra à Bergame en 1949 à l'occasion du Ciam VII; à Milan, invité par la Triennale à participer au colloque " De Divina Proportione "; à Venise pour la Conférence Internationale des Artistes et à l'école d'été des Ciam; à Turin; à Florence où en 1963, au Palais Strozzi, est organisée la première grande exposition italienne consacrée à son oeuvre. Au début des années 1960, aux manifestations artistiques s'ajoutent les invitations professionnelles liées aux projets de l'usine Olivetti à Rho et de l'Hôpital de Venise.

  • Alger et plus largement les colonies françaises d'Afrique du Nord ont systématiquement été des lieux d'expérimentation. L'architecture et l'aménagement n'ont pas fait exception. En 1930, avec le centenaire de la conquête de l'Algérie, la ville s'occidentalise et se dote de nouveaux équipements : hôpital, casino. C'est dans ce contexte que Le Corbusier y est convié à prononcer deux conférences. Le voici qui découvre une culture qui lui était inconnue mais dont certains édifices, notamment les mosquées, lui rappellent ses émerveillements en arrivant à Istanbul, lors de son Voyage d'Orient, en 1911.
    Outre ce ravissement, Le Corbusier entrevoit la possibilité d'appliquer, de ce côté de la Méditerranée, ses recherches théoriques sur la Ville radieuse. Plusieurs années durant, mais en vain, il va tenter de faire accepter son plan « Obus » que de rencontre en discussion, il amende sans discontinuité dans l'espoir qu'il se réalise. Cette expérience malheureuse comme de cet émerveillement pour Alger la blanche et son site, lui inspirent, en 1942, un court ouvrage qui paraitra huit ans plus tard.
    Poésie sur Alger est une réflexion ironique et émue sur treize années de persévérance hélas infructueuse. Parcourant le pays, il admira le Mzab et la plasticité de ses constructions, car ce ne fut pas seulement la transformation de la capitale algérienne qui mobilisa son énergie. Il rêva qu'Alger s'affirmerait comme le futur pôle islamique d'un recentrage des cultures méditerranéennes. Lui le suisse qui se rêvait latin !

  • Le Corbusier est certainement l'architecte le plus connu du XXe siècle mais aussi celui dont la biographie reste encore à faire. Les ouvrages qui traitent directement de la vie de Le Corbusier sont anciens et se comptent sur les doigts d'une main, d'autres contributions éclairent des aspects particuliers de sa chronique, le plus souvent en contextualité des oeuvres projetées ou construites. Loin de viser à établir le récit global de la vie de ce personnage, cet ouvrage en prépare la venue avec sa perspective de micro-histoires notamment concernant ses voyages, ses rencontres et le travail à l'atelier, qui ensemble cherchent à visiter ou élucider des épisodes trop peu ou trop mal connus, mais relevant de moments clefs dans la vie de l'artiste.

  • A vingt-quatre ans, Charles Edouard Jeanneret - futur Le Corbusier - entreprend son Grand Tour initiatique vers l'Orient. Parti de Berlin, il traverse successivement la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie, la Turquie, la Grèce, l'Italie avant de rentrer en Suisse. Voyageant en train, à cheval, en bateau et, le plus souvent, à pied, son itinérance lui permet de visiter les monuments les plus célèbres mais aussi de découvrir les traditions et folklores de régions que les touristes n'avaient alors pas l'habitude de fréquenter.
    Au cours de ce voyage, Jeanneret réalise plus de trois cents dessins, remplit six carnets de croquis et de commentaires, prend plus de quatre cents photographies. Il collectionne de nombreux objets vernaculaires. Il rédige également des centaines de lettres à ses parents et à ses amis et envoie régulièrement son journal de voyage. A l'occasion du centième anniversaire du Voyage, il était souhaitable de revisiter le "mythe" et le confronter aux récentes recherches effectuées sur le rôle de cette expérience unique dans son oeuvre d'architecte et d'artiste.
    Revenant sur les pas du jeune Jeanneret, explorant les sites et les monuments qu'il a observés et décrits, les contributions ont permis d'évoquer et de mieux comprendre comment ces villes, ces paysages et ces civilisations ont contribué à consolider à conforter sa vocation, à exciter l'imaginaire du poète et à stimuler sa pensée, bref à l'inventer en tant qu'architecte.

  • L'injonction au développement d'une architecture et d'un urbanisme durables introduit des exigences nouvelles pour les professionnels comme pour les institutions et les habitants. Elle implique la construction de compétences et l'évolution des modalités de collaboration pour intégrer les objectifs de lutte contre le changement climatique ou de préservation de la biodiversité. Les Cahiers Ramau 7, dirigés par Gilles Debizet et Patrice Godier, portent sur les processus d'élaboration et de diffusion des savoirs et des pratiques, depuis des expérimentations ponctuelles jusqu'à des modes de faire plus répandus.

  • Cinquante ans après la disparition de l'architecte Le Corbusier, qu'en est-il de la sauvegarde de son oeuvre? D'autant que la situation et donc la conservation de ses réalisations connaissent une mutation profonde : changement de propriétaire ou d'usage, parfois les deux. D'un autre côté, les contraintes environnementales ou réglementaires risquent d'affecter leur authenticité et leur intégrité. De plus, contrairement aux monuments du passé, les interventions sur les édifices « modernistes » s'opèrent à un rythme bien plus rapide puisque les premières réparations surviennent 25 à 30 ans après l'achèvement, et que tous doivent subir des interventions majeures au bout de 50 à 60 ans.
    En raison de nouveaux usages ou attentes, voire de malfaçons ou simplement de leur vieillissement, l'architecte a lui-même été amené de son vivant à intervenir sur ses propres édifices. Dans d'autres situations, l'initiative est revenue aux propriétaires ou aux administrations culturelles et patrimoniales. Ce faisant, les résultats ont parfois été loin des effets attendus. Même si, depuis peu, l'on assiste à une meilleure prise en compte de la qualité et du sens du patrimoine légué par l'architecte.
    Au-delà du simple entretien, la réparation voire la restauration soulève la question du remplacement de nombreux éléments qui ne se trouvent plus : comment faire ? L'expérimentation systématique a entraîné de nombreux désordres : comment les reprendre aujourd'hui ? Comment traiter un béton corrodé ? Comment procéder à une consolidation structurelle ? Comment adapter aux nouvelles normes de sécurité et de confort ? Comment traiter les modifications suscitées par l'usage au fil du temps ?

    Voilà tout un registre de questions théoriques et pratiques qui se posent présentement, et plus généralement pour toute l'architecture du XXe siècle.

    Trois cas d'étude de restauration sont traités dans l'ouvrage :
    - Cité du réfuge (Armée du Salut), 13e arrondissement.
    - Villa la Roche (Fondation Le Corbusier), 16e arrondissement.
    - Loge du jardinier (Villa Savoye), Poissy.

  • Ce livre est un outil de travail qui veut s'interroger sur la nature, les méthodes et les objectifs du projet urbain dans le cadre de la formation dispensée dans des écoles d'architecture. L'objectif est de former des professionnels intellectuellement conscients de la multiplicité et de la complexité des savoirs qui concourent à définir la dimension urbaine et territoriale du projet, grâce aux apports de la géographie, l'histoire du territoire et les sciences humaines.
    Au bord de la Seine, proche de Paris, le territoire de Vitry-sur-Seine et d'Ivry-sur-Seine a été l'objet d'analyses, de conceptualisation et de réflexion projectuelle de la part des étudiants en architecture. L'ouvrage veut restituer les travaux de ces derniers autour de ce même territoire, ainsi qu'une série de contributions des enseignants et intervenants extérieurs.

  • Ce cahier retrace en guise d'anniversaire les grandes lignes de cette aventure, en proposant une sorte de point d'étape dans l'esprit et la continuité des valeurs affichées à la création de RAMAU, à savoir un outil commun et une scène partagée.
    Quatre sections sont proposées :
    - Un retour sur cinq thématiques constitutives du réseau avec des regards intergénérationnels croisés.
    - Les témoignages de chercheurs français et étrangers ayant initié, organisé, animé et participé au réseau.
    - Une présentation des trajectoires et portraits des « jeunes RAMAU ».
    - Une réflexion sur la « forme réseau » et la place de la production RAMAU dans la recherche scientifique en sciences humaines et sociales.

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