Le Passage

  • Il fut un temps où les cartes étaient rares et précieuses, dessinées et peintes à la main avec un grand soin esthétique, et où leur capacité à montrer le monde tel qu'il paraît importait plus que les calculs d'échelle et d'orientation précises. À l'aube de la Renaissance, les artistes furent ainsi les professionnels privilégiés pour la confection de cartes locales et régionales. Ils y mirent leur savoir-faire et leur ingéniosité, inventant un genre de représentation de l'espace tout à fait particulier. Celui-ci répondait aussi à la demande de leurs contemporains, car les cartes étaient commanditées dans un but pratique?: résoudre des conflits judiciaires, tracer une frontière, analyser des fortifications, projeter des travaux, commémorer des événements historiques.

    Quand les artistes dessinaient les cartes. Vues et figures de l'espace français, Moyen Âge et Renaissance retrace l'histoire de cette aventure méconnue. La centaine de cartes, vues et « figures » qui y sont présentées témoigne de la puissance d'une cartographie fondée sur des procédés visuels plutôt que sur des applications mathématiques pourtant en cours de réapparition, et nous incite à reconsidérer nos hypothèses et nos attentes en matière de cartographie : que doit représenter une carte ? À quels enjeux répond-elle ? Y a-t-il une vérité cartographique ? Dans quelle mesure les cartes anciennes ont-elles posé les bases de la cartographie que nous utilisons aujourd'hui ?

    Sous la direction de Juliette Dumasy-Rabineau, Nadine Gastaldi et Camille Serchuk

  • Au sein de l'histoire longue du métier d'architecte, la période moderne occupe une place cruciale en Europe. Succédant aux « maîtres des oeuvres » du Moyen Âge et précédant les professionnels diplômés de l'époque contemporaine, l'architecte sort alors de la seule sphère de la construction et des arts pour s'imposer comme une figure de premier plan dans la société.Dans le prolongement du catalogue de l'exposition Dessiner pour bâtir, le métier d'architecte au XVIIe siècle (Archives nationales-Le Passage, Paris, 2017), huit historiens et historiens de l'art explorent ici différentes facettes de cette évolution : distinction croissante des responsabilités sur le chantier, passage de l'atelier à l'agence, nouvelles formes de production et de diffusion du dessin d'architecture, développement de la théorie et apparition de l'enseignement, enfin affirmation de l'image sociale de l'architecte.


    Sous la direction d'Alexandre Cojannot et d'Alexandre Gady.
    Auteurs : Basile Baudez (Princeton University), Robert Carvais (cnrs-université Paris-Nanterre), Alexandre Cojannot (Archives nationales), Étienne Faisant (labex ehne), Guillaume Fonkenell (musée national de la Renaissance), Alexandre Gady (Sorbonne Université), Claude Mignot (Sorbonne Université) et Martin Olin (Nationalmuseum, Stockholm).

  • Le peintre Maurice Denis joua un rôle essentiel dans le sauvetage du dernier atelier de Delacroix, place de Fu¨rstenberg, et dans sa transformation en musée.
    Son engagement comme président de la Société des Amis d'Eugène Delacroix se révéla déterminant. Maurice Denis ne mit pas seulement sa réputation de grand artiste au service du projet de création d'un musée Delacroix ; il s'y dédia, assumant pleinement des missions de directeur de la toute jeune institution. Auprès de lui, Édouard Vuillard, Henri Matisse, Paul Signac, notamment, furent membres actifs de la Société.
    Le présent ouvrage accompagne l'exposition organisée au musée Delacroix, la première à analyser et valoriser la force et l'ampleur de l'admiration que l'oeuvre d'Eugène Delacroix suscita chez ces artistes, nés après sa disparition. Elle bénéficie de prêts exceptionnels de musées français et étrangers : Van Gogh, Gauguin, Odilon Redon, Émile Bernard, Maurice Denis, Vuillard, Matisse se trouvent ainsi réunis dans l'atelier de Delacroix, devenu musée. Naguère lieu de vie et de création, le dernier atelier du peintre s'impose donc bien aujourd'hui, dans le sillage du travail entrepris par Maurice Denis, comme un lieu essentiel de transmission artistique.

  • L'histoire de la métropole lilloise, liée à celle de l'industrie textile, lui a laissé en héritage un patrimoine architectural exceptionnel. Aujourd'hui, après une période de désindustrialisation initiée dès les années 1960, nombre des châteaux de l'industrie textile, halles, brasseries et autres lieux de production d'alors ont fait l'objet d'une reconversion et trouvent de nouveaux usages, très divers et souvent étonnement " high-tech ".
    Le processus, commencé dès les années 1970 à Lille, avec l'emblématique usine Leblan qui accueille des logements sociaux, une église et un théâtre, s'est poursuivi à Roubaix, Tourcoing ou encore Courtrai, faisant rapidement de la métropole lilloise, par la nature des sites présents mais aussi par les usages nouveaux qui leur ont été trouvés, un modèle en matière de réutilisation du patrimoine industriel.
    L'enjeu, en raison de la qualité architecturale des immeubles concernés et de la mémoire sociale dont ils sont porteurs, est bien entendu patrimonial. Il est aussi urbanistique : l'importance de ces bâtiments dans l'organisation du tissu urbain, au sein de quartiers souvent socialement défavorisés, en font en effet des sites privilégiés de reconquête urbaine.
    Ces sites constituent également de véritables lieux d'expérimentation pour la création architecturale lors de leur réhabilitation. Le défi est alors de préserver pour chaque édifice la qualité du bâti, la richesse de son histoire, tout en donnant du sens à l'usage nouveau qui en est fait. Si les approches peuvent se révéler très différentes, nombre de réalisations s'avèrent exemplaires et prouvent que préservation et création contemporaine peuvent aller de pair.

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