Mare & Martin

  • Comment se produisent, s'exposent, se diffusent et se consomment les produits du luxe ? L'ouvrage collectif explore la question de la spécialisation progressive d'un commerce voué aux objets précieux qui concourent à l'embellissement de la personne ou du cadre de vie. C'est une publication largement ouverte d'un point de vue chronologique, spatial et disciplinaire, faisant appel à des spécialistes d'horizons différents : histoire, histoire de l'art, économie, littérature, sociologie, etc. et de nationalités également diverses : française, anglaise, russe, roumaine, italienne, hollandaise.
    Cette approche interdisciplinaire du marché du luxe sur la longue durée, du Moyen Age à nos jours, permet de confronter les expériences et de mettre en relief les permanences et les mutations.
    Le luxe a souvent été cantonné aux productions des beaux-arts ; il s'agit ici de montrer la richesse et la diversité de ce qui était (et reste) compris sous cette appellation et d'observer comment se sont progressivement mis en place des marchés spécialisés. Cet ouvrage développe deux approches spécifiques, d'une part les acteurs et les marchandises, d'autre part les lieux de vente et la puissance matérielle et symbolique attachée à ce secteur particulier de l'économie. Le luxe ne ressortit pas, en effet, seulement aux logiques et aux formes de l'économie matérielle ; il est également une valeur polémique, commerce symbolique, argument politique, controverse religieuse, etc., dont les termes croisent, anticipent, s'affranchissent ou prolongent les circuits de sa consommation.

  • Le 25 avril 1214, le futur roi Louis IX dit « saint Louis » naît à Poissy et y est baptisé.
    Appelé à gouverner un royaume élargi jusqu'aux confins de la Méditerranée, instigateur de deux croisades qui l'ont conduit en Égypte et à Tunis, il resta pour autant attaché à ses origines, en signant ses lettres du secret, « Louis de Poissy » ou encore « Louis, seigneur de Poissy ».
    Il est donc légitime pour la Ville de Poissy (Yvelines) de présenter, du 6 mars 2014 au 4 janvier 2015, dans le cadre de la Commémoration nationale des 800 ans de la naissance de saint Louis, SOUS LE SCEAU DU ROI, une exposition à caractère historique qui évoquera son rôle dans la construction du pouvoir royal, dont il assied durablement l'autorité face aux grands féodaux et aux royaumes voisins. .
    Alors que l'historiographie a privilégié la personne du roi et sa sainteté, l'exposition évoquera, de façon privilégiée, le gouvernement de Louis IX et les institutions royales qu'il a contribué à affermir et à enraciner durablement, dans un domaine royal considérablement agrandi depuis le début du xiiie siècle par son grand-père Philippe Auguste. Les déplacements quotidiens et les trajets exceptionnels du roi au sein du royaume seront abordés afin de remettre en contexte l'emprise du pouvoir sur le territoire. Outre les liens entre la famille royale capétienne et Poissy, l'accent sera mis sur la chancellerie de Louis IX, rédactrice des actes de gouvernement, et le souci d'équité de l'administration royale avec la mise en oeuvre d'enquêtes visant à constater et réparer les torts attribués aux gens du roi, et la promulgation d'une grande ordonnance de réformation du royaume au retour de la septième croisade. Seront également évoquées, la création du Parlement, la mise en place d'une réforme monétaire, et la construction de la Sainte-Chapelle sur l'Île de la Cité à Paris.
    Le pouvoir de l'écrit sous le règne de Louis IX L'exposition présentera des documents d'archives illustrant la matérialisation de la décision royale par des écrits : chartes et lettres et mandements portant le sceau de Louis IX. Les éléments composant un scriptorium rappelleront les tâches effectuées par les scribes de la chancellerie.

  • L'artiste itinérant

    Collectif

    Cet ouvrage étudie deux prix nationaux, distribués aux artistes par la Troisième République lors des Salons, de 1874 à 1914. En revenant sur l'histoire de ces récompenses, l'auteur a voulu comprendre les motifs qui ont poussé les autorités en charge des beaux-arts à inciter les artistes lauréats à voyager audelà des frontières pour parfaire leur formation.
    Le Prix du Salon a été créé en 1874 par le marquis de Chennevières, directeur des Beaux-Arts. Ce nouveau prix donnait la possibilité au lauréat de partir deux ans à Rome.
    Les bourses de voyage ont été instituées en 1881 et elles entraient alors dans le cadre général d'une politique artistique mise en oeuvre par la IIIe République. 1881 est une date notable pour l'histoire des rapports entre l'État et le domaine artistique. Deux événements importants ont marqué cette année.
    D'une part, le désengagement de l'État de la gestion des Salons annuels, et donc l'autonomie imposée, plus qu'accordée à vrai dire, aux artistes dans la gestion de leurs affaires. D'autre part, la création d'un éphémère ministère des arts, qui avait en charge de centraliser les différentes actions publiques relevant des beaux-arts, et qui multiplia également les missions à l'étranger. Les Bourses de voyages ont été instituées dans ce cadre, à la fois comme un effet de la démocratisation de l'art, en proposant aux artistes une reconnaissance et un soutien plus larges que ceux offerts par l'Académie des beaux-arts avec les récompenses décernées à l'issue du Salon et avec le Prix de Rome et le séjour à la Villa Médicis ; mais également comme un moyen, pour l'État, de poursuivre son contrôle de la carrière des artistes après son désengagement de la gestion du Salon.
    L'ouvrage est divisé en trois grands chapitres, divisés en entrées pour une meilleure compréhension de la démonstration : Le Prix du Salon ; La Ville éternelle et la Ville Lumière ; Les bourses de voyage. Il est suivi d'un dictionnaire des Prix du Salon et des boursiers de voyage.

  • L'Atelier de la Savonnerie de Lodève est la rencontre de plusieurs histoires. Elle débute avec la création de la manufacture de la Savonnerie, à Paris, au début du XVIIe siècle avec la réalisation de tapis selon la technique turc du point noué. Ces tapis, devenus prestigieux, vont se trouver sur tous les sols des palais monarchiques, puis républicains, jusqu'à nos jours.
    L'autre histoire, plus récente, concerne l'implantation d'un deuxième atelier de la Savonnerie à Lodève (Hérault). Ici, c'est l'histoire contemporaine, plus tragique qui est en jeu. En effet, à la fin de la guerre d'indépendance de l'Algérie, en 1962, certains acteurs administratifs et militaires ne veulent pas laisser de côté les anciens supplétifs de l'armée française, les Harkis, seuls à leur destinés. Ils décident d'en installer quelques-uns à Lodève, ancienne ville textile, qui est prête à les recevoir. Leur implantation se fera parfois avec douleur, mais la réussite de l'entreprise après cinquante est incontestable.
    Ce livre, qui célèbre les 50 ans de l'atelier rattaché au Mobilier national, donnant la parole à des acteurs, à des témoignages et à des chercheurs, retrace cette histoire des destinées où la grande histoire est menée par des destinés particulières.

  • L'élaboration des valeurs morales, du sens, de la beauté, de la vérité, suppose un espace franc où chaque homme puisse se sentir libéré des contraintes utilitaristes. A cette condition, la société peut continuer de faire vivre les valeurs humaines et transmettre le meilleur de sa création morale, artistique et intellectuelle.
    L'invention du ministère des Affaires culturelles en 1959 par Malraux répondait à cette ambition. Quinze années seulement après le chaos de la guerre, la décision prise par le Général de Gaulle de doter la France d'un ministère dédié à l'esprit, n'eût rien d'anodin.
    Pour rebâtir la société, il avait compris la nécessité d'un instrument capable de faire vivre au sein de l'Etat les valeurs humaines portées par l'art et la culture.
    Soixante années plus tard, à l'heure ou l'utilitarisme et la vision comptable du monde dominent, et quand le marché impose toujours davantage ses critères à la création artistique, le volontarisme culturel paraît un recours essentiel. Par son désintéressement et son exemplarité, l'action publique représente une garantie autant qu'une source d'encouragement pour le monde culturel et, au-delà, pour l'ensemble des acteurs dédiés à la défense des principes humanistes. Ainsi, dans son rapport Pour une refondation de la politique culturelle (1997), Jacques Rigaud écrivait-il : « la culture n'est pas seulement un secteur de l'action publique. Elle en est une dimension ». Sa place dans l'Etat manifeste bien l'importance que la République continue d'accorder aux valeurs de l'esprit.

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