Philippe Rey

  • QU'EST-CE QU'UNE LANGUE ? Quels sont les signes de sa vitalité ou de sa déperdition ? Qui décide de sa substance, de ses usages, de ses emprunts ? Le débat récent sur l'écriture inclusive destinée à abroger la domination du masculin sur le féminin dans la grammaire relance une fois de plus un des débats les plus passionnels qui soient dans notre pays : l'enseignement, l'évolution, la protection, voire l'expansion du français.

    Dans ce nouveau tome des 1ndispensables, les plus grands spécialistes du langage expriment un point de vue historique, philosophique, linguistique, mais aussi géopolitique sur les évolutions tantôt nécessaires, tantôt contraintes, de notre langue. Depuis que le français s'est détaché du latin, il a vécu une vie à la fois autonome et liée à d'autres cultures : locuteurs d'outre-mer, intégrations heureuses ou plus souvent dommageables de l'anglais, de l'américain et, plus récemment - avec le triomphe de l'informatique et du numérique -, de termes californiens, datas, mails ou arobase. L'époque est loin où la langue anglaise était composée à plus de 60 % de termes français. Faut-il s'en inquiéter, faut-il réagir, est-ce au contraire un signe de dynamisme, sachant qu'une langue figée est une langue morte ?

    Rassurons-nous : tant qu'on s'étripera sur la façon de l'écrire et de la parler, notre langue a de beaux jours devant elle !

  • Cette activité ancestrale continuera-t-elle à structurer nos sociétés modernes, à retenir des familles à la terre tout en fournissant aux populations citadines une nourriture à la fois abondante et saine ? Dans ce nouveau volume des 1ndispensables, sociologues, économistes, écrivains et agronomes interrogent l'activité agricole, ses transformations nécessaires comme ses contraintes à la fois écologiques et financières. Alors que les fermes familiales disparaissent au profit des fermes-usines, l'agriculture biologique reste encore confinée dans des espaces restreints. À force d'uniformiser les modèles agricoles et les productions, les politiques publiques ont accéléré une mutation qui condamne la notion même de diversité. Si des initiatives naissent, plus respectueuses des cycles naturels - la permaculture -, si les individus, quand ils en ont les moyens, sont plus soucieux de leur santé en choisissant leur alimentation, la course à l'agriculture intensive et productiviste n'est pas terminée. Derrière les crises qui se succèdent - crise du lait, crise du porc -, ce sont des choix de société qui se profilent, parfois bruyamment quand se lève la colère paysanne.

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