Xavier Barral

  • Ces signes succincts ne sont rien moins que l'origine de l'écriture, ces animaux, ces monstres, ces démons, ces héros, ces dieux phalliques, rien moins que les éléments de la mythologie. (Brassaï).

    C'est par ces mots que Brassaï commentait, en 1933, la première publication de quelques-unes de ses photographies des fragments de murs parisiens parues dans la revue Minotaure. La série des Graffiti, à laquelle le photographe travaillera pendant plus de 25 ans, compte plus de 500 images dont une partie reste méconnue.

    Cet ouvrage, en présentant pour la première fois ce travail sur les Graffiti remis dans le contexte de son époque avec plus de 40 photographies et documents inédits accompagnés d'oeuvres de Picasso, Dubuffet, et Prévert, propose un regard original et approfondi sur ce célèbre ensemble. Les recherches de la commissaire d'exposition Karolina Ziebinska-Lewandowska nous éclairent sur la façon dont cette série « culte » a été reçue et comprise en son temps.

  • Éditions Xavier Barral Qu'est-ce que la photographie ?

    Textes Essais des commissaires d'exposition :
    Clément Chéroux & Karolina Ziebinska-Lewandowska Fiche technique 190 x 240 mm 180 pages environ Exposition « Qu'est-ce que la photographie ? » à la Galerie de photographies du Centre Pompidou Du 4 mars au 1er juin 2015 Que reste-t-il lorsque tout a déjà été photographié ? Que reste-t-il lorsque des décennies d'enregistrements photographiques semblent avoir épuisés tous les sujets, l'ensemble des mises en scènes imaginables et la totalité des angles de vues possibles ? Que reste-t-il lorsque le réel semble lui-même exténué à force d'avoir été redupliqué ? Il reste la photographie elle-même.
    Depuis les avant-gardes des années 1920 et 1930, les artistes se sont évertués à interroger le médium photographique lui-même pour tenter de comprendre sa qualité ou sa spécificité. De Man Ray à Jeff Wall, en passant par Ugo Mulas, le présent ouvrage réunit près 70 oeuvres issues des collections du musée national d'art moderne - Centre Pompidou qui ont toutes en commun de poser la même question : « Qu'est-ce que la photographie ? ». Parfois ce sont les photographes eux-mêmes qui éprouvent la nécessité de s'interroger sur ce qu'ils font et de proposer une forme de synthèse de leur art. Parfois ce sont les historiens, les théoriciens, ou simplement les regardeurs qui perçoivent dans une photographie produite incidemment une valeur de définition manifeste.
    Ainsi, derrière un titre qui fait mine de s'inscrire dans la tradition des tentatives de définitions définitives de la photographie, l'ouvrage Qu'estce que la photographie ? propose exactement le contraire : il est en somme résolument anti-ontologique.

    Clément Chéroux Conservateur au Musée national d'art moderne - Centre Pompidou, Clément Chéroux dirige le Cabinet de la photographie. Historien de la photographie, docteur en histoire de l'art, il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels Vernaculaires, essais d'histoire de la photographie (Le Point du jour, 2013) et Henri Cartier-Bresson (Centre Pompidou, 2013). Il a été commissaire de plusieurs expositions dont récemment La Subversion des images : surréalisme, photographie, film (2009), Paparazzi (2013) et Jacques-André Boiffard, la parenthèse surréaliste (2014).

    Karolina Ziebinska-Lewandoska Karolina Ziebinska-Lewandowska est docteur en histoire de l'art, spécialisée dans l'histoire de la photographie. Après avoir été conservatrice à la Zacheta National Gallery of Art de Varsonie pendant onze ans, elle occupe, depuis 2014, le même poste au Cabinet de photographies du Musée National d'Art Moderne. Elle est également co-fondatrice de la fondation Archaeology of Photography, qui a pour but la sauvegarde des archives photographiques de Pologne.

  • Pierre de Fenoÿl

    Collectif

    Éditions Xavier Barral - Pierre de Fenoÿl Photographies Pierre de Fenoÿl Textes Peter Galassi Virginie Chardin Jacques Damez Pierre de Fenoÿl Pierre de Fenoÿl (1945-1987) a consacré sa vie à la photographie. Il fut successivement reporter, archiviste, commissaire d'exposition, galeriste, acheteur d'art et fondateur de l'agence Vu (devenue Viva), avant de devenir en 1975 le premier directeur de la Fondation Nationale de la Photographie puis, en 1978, le premier conseiller pour la photographie au Centre Pompidou. Guidé par une irrésistible passion, il a très activement oeuvré pour la reconnaissance de la photographie par les institutions dans les années 1970-1980 et a exposé des photographes majeurs comme Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Jacques-Henri Lartigue, Duane Michals, Édouard Boubat, Tony Ray-Jones ou André Kertész, avant de s'intéresser à la photographie du XIXe siècle. Mais Pierre de Fenoÿl est aussi l'auteur d'une oeuvre photographique importante. Ses recherches personnelles l'amènent tout d'abord en Inde sur les pas d'Henri Cartier-Bresson. Puis, après une bourse de la Villa Medicis hors les murs qui lui permet d'entreprendre un voyage en Égypte sur les traces de Maxime du Camp et de Félix Teynard, il décide de se vouer entièrement à la prise de vue et, en 1984, s'installe dans le Sud-Ouest pour se consacrer à l'observation du paysage. Le photographe se révèle hanté par la question du temps et de la mémoire en photographie et se définit lui-même comme « chronophotographe ». Parfois rapprochée de la « photographie créative » de son époque, son oeuvre s'apparente plutôt à une recherche du sacré, inspirée par le théâtre de la nature et l'art de la marche. Ses paysages empreints d'un silencieux mystère évoquent parfois les paysages peints flamands ou italiens, autant que les maîtres de la photographie primitive. En 1984, il participe à la grande mission organisée par la DATAR sur l'état des lieux du paysage français. Il décède brutalement en 1987, sans avoir eu le temps de tirer, ni de montrer une grande part de ses images.

    Peter Galassi Peter Galassi (né en 1951) est professeur spécialisé dans la photographie et l'art français du XIXe siècle. De 1991 à 2011, il est conservateur général de la photographie au MoMA à New York, où il a organisé plus de 40 expositions dédiées à la photographie. Il a reçu le prix du centre international de la photographie en 1988 et le prix Eric Mitchell en 1992.

    Virginie Chardin Commissaire de l'exposition au Château de Tours, Virginie Chardin est spécialiste de la photographie et de l'image. Elle a été commissaire de nombreuses expositions dont « Photographies. Histoires parallèles » au Musée Niépce (2000) et « Paris en couleurs, des frères Lumière à Martin Parr » à l'Hôtel de Ville de Paris. Elle est l'auteur de Paris et la photographie. Cent histoires extraordinaires, de 1839 à nos jours (Parigramme, 2003 et 2013), de Séeberger Frères (Actes Sud, Photo-Poche, 2006) et de Ernst Haas (Actes Sud, Photo Poche, 2010).

  • Images à charge, la construction de la preuve par l'image Textes Introduction de Eyal Weizman Essais de Christian Delage, Tom Keenan et Luce Lebart Photographies Archives de la Préfecture de police de Paris Musée de l'Armée, Paris Institut de police scientifique de Lausanne Ministère des Affaires publiques, Autorité palestinienne Archives NKVD, Moscou.

    Expositions :
    Le Bal, Paris 14 mai - 30 août 2015 Septembre - décembre 2015 The Photographers' Gallery, Londres Nederlands Fotomuseum, Rotterdam Mai - août 2016 Images à charge, la construction de la preuve par l'image, livre de l'exposition éponyme, présente, à travers dix cas, comment par l'élaboration d'un protocole l'image se construit pour devenir preuve. Des méthodes de prises de vue scientifiques mises au point par Alphonse Bertillon, criminologue travaillant pour la Préfecture de police de Paris à la fin du xixe siècle, aux premières images aériennes du front réalisées par l'armée durant la Première Guerre mondiale jusqu'aux clichés permettant d'identifier les victimes de la Grande Purge de Staline, la photographie depuis plus de 150 ans sert de preuve, témoigne du crime : elle atteste d'une certaine réalité et tend ainsi à rendre une vérité. Inspirée des clichés de la médecine légale, utilisés lors de l'enquête policière et du procès, l'image forensic, de l'anglais computer forensics, authentifie, permet la collecte de preuves et sert l'investigation.
    Témoignage à charge, la photographie scientifique impose une véracité crue. À travers dix cas, chacun replacé dans son contexte historique et politique, la question du statut de l'image est alors posée. Célèbres clichés du Saint Suaire, images du procès de Nuremberg, photos réalisées avec des téléphones portables attestant des dommages de bombardements de drones sur les théâtres de guerre en Afghanistan ou en Israël : l'image forensic s'impose désormais dans toute enquête policière ou politique.

    Eyal Weizman est architecte de formation. Ses recherches artistiques s'intéressent aux liens existant entre architecture et colonisation. Travaillant en étroite collaboration avec d'importantes ONG internationales, il collecte, à l'aide de clichés photographiques, les preuves de l'occupation israélienne sur le territoire palestinien. Il a écrit de nombreux articles dans la presse et signé plusieurs ouvrages, tel À travers les murs : l'architecture de la nouvelle guerre urbaine (2008).

    Christian Delage est historien et enseigne l'Institut d'études politiques de Paris. Son travail s'attache à souligner l'apport de l'image dans l'écriture de l'histoire. Son ouvrage La Vérité par l'image. De Nuremberg au procès Milosevic (2006), ainsi que son film Nuremberg, les nazis face à leurs crimes ont fait de lui un spécialiste du statut de médiation de l'image. En 2010, il a été commissaire de l'exposition Filmer les camps, présentée au Mémorial de la Shoah à Paris, puis à New York au Museum of Jewish Heritage.
    Tom Keenan est professeur associé de littérature comparée et directeur du programme Human Rights Project, à l'université de Bard, à New York. Son ouvrage Mengele's Skull, the advent of a Forensic aesthetics (2012) retrace l'investigation de Richard Helmer qui avec ses méthodes scientifiques permit l'authentification du squelette du criminel de guerre nazi Josef Mengele.

    Luce Lebart est historienne de la photographie scientifique. Elle a travaillé sur de nombreux fonds photographiques avant d'intégrer, en 2011, la Société française de photographie, où elle gère plusieurs collections. Elle a publié en 2008 Le Théâtre du crime.

  • Archisable

    Collectif

    Appeler des architectes à s'exprimer sur le sable c'est relever l'impossible défi. Photographier leurs créations, c'est rendre l'éphémère éternel.
    Archisable est un projet éminemment poétique autant qu'une mise en danger, une confrontation majeure de l'homme avec les éléments. Bien loin du pâté de sable, les architectes lâchent leur confort et leurs ordinateurs pour renouer avec les gestes immémoriaux du bâtisseur. À genoux dans le vent, le sable leur file entre les doigts. Armés de pelles et de truelles, ils délimitent leur territoire, évaluent la solidité, tracent, creusent, moulent.
    Mettent en forme et donnent vie à l'idée. À la fin de chaque histoire, la dilution dans l'eau, l'engorgement, l'effritement sont des moments magiques. Archisable n'est pas seulement un rêve d'architecte, c'est un rêve d'humanité.
    Depuis 2016, Tina Dassault invite des architectes à s'exprimer librement et photographie leurs créations éphémères.

  • Charlie Chaplin

    Collectif

    Alors que le personnage de Charlot fête ses 100 ans cette année, l'album Keystone, présenté dans cet ouvrage, est publié pour la première fois dans son intégralité. Le format, presque identique, et la reliure à vis à l'image de celle des albums de photographies typiques de l'époque, sont un clin d'oeil à l'objet original. Glenn Mitchell, plus de 60 ans après sa conception, a mené une véritable enquête pour identifier l'auteur du mystérieux l'album, resté longtemps sans auteur ni date. Selon toute vraisemblance, il s'agirait de H.D Waley, fervent admirateur de Chaplin et défenseur du cinéma muet.
    Cet album photographique à l'ancienne est un objet réellement fascinant : réalisé méticuleusement par ce fin connaisseur du travail de Charlie Chaplin, il témoigne en 1930 des premiers pas de Chaplin face aux caméras. Chaque planche est composée de photogrammes annotés manuellement, retraçant les histoires de 29 des 35 premiers courts métrages de Chaplin, réalisés en 1914 pour la Keystone Company. Véritable mise en image des début de Chaplin au cinéma, l'album révèle une prise de pouvoir progressive de Chaplin face à la caméra. Sous nos yeux, au fil des scénarios reconstitués, le jeu d'acteur de Chaplin évolue jusqu'à voir émerger - d'abord de manière un peu brouillonne puis de plus en plus ostensiblement - le personnage bien connu de Charlot. On reconnaît déjà sa dégaine, certains gestes caractéristiques du personnage, des mimiques et un humour bien à lui.

  • Éditions Xavier Barral Martin Gusinde L'esprit des hommes de la Terre de Feu Selk'nam, Yamana, Kawésqar Photographies Martin Gusinde Textes Christine Barthe Marisol Palma Behnke Anne Chapman Dominique Legoupil Missionnaire allemand envoyé à Santiago en 1912, Martin Gusinde accomplit son premier voyage en Terre de Feu en 1918. Il découvre des Indiens dont la civilisation va bientôt disparaître. Dans un engagement très personnel, il entreprend de photographier ces peuples aux coutumes et moeurs si étranges pour un Occidental. Son immersion est totale : il sera l'un des rares à être initié au rituel secret du Hain. Au fil de quatre voyages, il recueille la parole des Selk'nam, Yamana et Kawésqar, le missionnaire devient ethnologue.
    L'isolement de Gusinde sur ce terrain du bout du monde donne à sa démarche une grande singularité. Fasciné par ce qu'il voit, il va réaliser plus d'un millier de photographies, toutes produites avec une chambre photographique portable. Les portraits qu'il saisit constituent une sorte d'arbre généalogique et social. Contrairement à ses contemporains, Gusinde photographie essentiellement le corps dans ses manifestations les plus extraordinaires : corps parés de plumes, arborant de hautes coiffes d'écorce, emmitouflés dans des fourrures de guanaco, entièrement couverts de peintures rituelles. Saisis dans un paysage battu par les vents, la pluie ou couvert de neige, au sein d'une nature célébrée par Darwin pour son aspect sauvage et âpre, cadrés dans les attitudes codifiées du rituel, ces Indiens de la finis terrae témoignent d'une société crépusculaire pour laquelle magie, esprits, communion avec la nature et rites initiatiques esquissent un monde où l'apparence le dispute au réel. Expérience visuelle éblouissante, les photographies de Gusinde sont un véritable monument à la mémoire des populations de Terre de Feu.

empty