Littérature traduite

  • Au cours de l'été 1816 à la villa Diodati, au bord du Léman, Mary Shelley n'est pas la seule à engendrer une créature de papier monstrueuse. Le médecin de Lord Byron, Polidori, qui participe également au concours d'histoires macabres organisé par son employeur, fait entrer le vampire en littérature. Le Vampire est un texte fondateur qui apporte l'impulsion décisive permettant au genre gothique de donner naissance à l'une de ses modalités les plus spectaculaires : la littérature vampirique. Avant Polidori, le vampire était un vuIgaire revenant cantonné à la tradition folklorique et aux récits légendaires. En faisant de lui un personnage éminemment byronien - aristocratique, désenchanté, séduisant ténébreux -, il invente une figure canonique qui continue d'essaimer aujourd'hui.
    Depuis le début du XIXe siècle, la littérature britannique palpitait au rythme de pulsions sanguinaires. Avec la relation ambiguë mais cruellement prédatrice qui unit la très destructrice Géraldine à l'héroïne éponyme de Christabel (1797 et 1800), Coleridge a préparé les sensibilités à une mise en discours explicite de la morsure infligée par un revenant. Robert Southey, dans un épisode de Thalaba (1801), puis Byron, à la faveur d'un passage du Giaour (1813), ont l'un et l'autre franchi un pas symbolique crucial en utilisant non seulement le concept mais le terme de «vampire». Christabel fait l'ouverture de ce volume, où l'on trouvera en appendice des extraits des deux poèmes séminaux de Southey et Byron.
    Un autre jalon est posé par Sheridan Le Fanu et Carmilla (1872). Ouvertement saphique, cette nouvelle met en scène un vampire femelle qui envoûte sa proie. La séduction est, littéralement, effrayante, et la prédation létale fait écho aux pulsions sexuelles refoulées de la victime. Un autre écrivain irlandais, Bram Stoker, saura s'en souvenir vingt-cinq ans plus tard. On ne présente plus sa création, le comte Dracula, ce grand saigneur. Reste que les adaptations cinématographiques se sont par trop éloignées de l'oeuvre originelle, et qu'il est bon de revenir au texte de Stoker pour saisir tout ce que son roman a de subversif. Dans Dracula (1897), projection des ténèbres de notre propre nature, la vie et la mort tissent un entrelacs lugubre, et la répulsion et le désir s'entremêlent. Quelques mois plus tard, Florence Marryat publie Le Sang du vampire et propose une variante féminine et insolite du mythe. Née sous le coup d'une malédiction héréditaire, Harriet Brandt, métisse originaire des AntiIles, est douée d'une propension fatale à faire du mal à ceux dont elle s'entiche, et c'est avec gourmandise qu'elle apprécie ses semblables. Autour d'elle, les êtres qui succombent à son charme exotique finissent par succomber tout court, tant ses cajoleries ou ses étreintes épuisent leur vitalité et se révèlent mortelles. Par un glissement sémantique, la jeune fille innocente en mal d'affection vampirise ses proches, et pour ce faire n'a même pas besoin de faire couler le sang.

  • Le papillon

    Collectif

    Un beau jour, la chenille qui rampe sur les tiges des plantes se transforme en un splendide papillon et se met à voler dans les champs. Pourquoi cet animal change-t-il de forme au cours de sa vie ? Et comment se fait-il qu'il passe autant de temps auprès des fleurs ?

    Toutes ces questions trouveront leur réponse dans cette nouvelle collection spectaculaire à destination des 5-7 ans !

  • Comment l'Homme est-il devenu ce qu'il est aujourd'hui ? Comment les Etats se sont-ils formés ? Qu'est-ce que l'archéologie peut nous révéler des conflits passés ? Que sont le Grand Zimbabwe, Rapa Nui, Stonehenge et Jéricho ? Archéologues, anthropologues et professeurs ont participé à l'élaboration de cet ouvrage qui nous invite à découvrir les trésors réunis par l'archéologie, depuis les grottes de Lascaux jusqu'à Angkor Vat, en passant par Toutankhamon et l'armée de terre cuite chinoise.
    A travers les époques et les continents, découvrons ce que les recherches les plus récentes nous apprennent de nos civilisations. Une grande diversité de sites parcourus en détails, depuis les ensembles religieux spectaculaires enfouis dans les déserts et les jungles jusqu'à la révolution industrielle. Les nouvelles technologies au service de l'archéologie d'aujourd'hui. Tous les outils indispensables : repères chronologiques, illustrations détaillées, glossaire.

  • Le chien

    Collectif

    Voilà le chien qui arrive en bondissant : il remue la queue, jappe, puis retourne jouer avec ses compagnons. Pourquoi dit-on de lui que c'est le meilleur ami de l'homme ? Qu'ont en commun le tout petit chihuahua et l'énorme Saint-Bernard ?

    Toutes ces questions trouveront leur réponse dans cet ouvrage aux pages dépliantes spectaculaires !

  • À la différence de la langue française, la langue espagnole ne sépare pas l'identité sémantique des mots de leur rythme, de l'accent dit tonique, qui met fortement en relief l'une des syllabes et laisse les autres en demi-sourdine. De ce fait, la prosodie des mots castillans est déjà une métrique : elle découpe et rythme la chaîne parlée, organise la syntaxe et l'ampleur des périodes, à tel point que c'est à l'aune d'un vers, l'octosyllabe, qu'on évalue la mélodie dominante de la prose. Le lieu véritable de l'histoire de la poésie espagnole est là, dans l'évolution de l'écoute accordée aux différents rythmes des mots et des mètres comme si, de la symphonie prosodique, n'étaient perçus - d'une époque à l'autre - que des accords un instant préférés, des mesures à la recherche de la mesure originelle et du rythme total, sans cesse perdus et sans cesse retrouvés, du grand cantique de la langue.
    Cette troisième anthologie bilingue publiée dans la Pléiade réunit des textes qui vont du XIe siècle au XXe siècle. La directrice de ce volume a retenu les textes canoniques, passés dans le patrimoine littéraire espagnol et européen. On y retrouvera le nom des poètes les plus célèbres, mais aussi celui d'auteurs moins connus, ayant fait l'objet d'un choix, arbitraire, celui de la séduction et du désir de faire connaître, celui du partage. Enfin, les traductions proposées ici sont, pour la plus grande partie, entièrement nouvelles.

    Contient notamment des oeuvres de Rafael Alberti, Vicente Aleixandre, Gustavo Adolfo Bécquer, Luis Cernuda, Miguel de Cervantès, Antonio Colinas, Federico García Lorca, Luis de Gongóra, Jorge Guillen, Yehuda Halevi, Miguel Hernández, Fernando de Herrera, Juan Ramon Jimenez, Jean de La Croix, Garcilaso de La Vega, Luis de León, Lope de Vega, Antonio Machado, Inigo Lopez de Mendoza, Blas de Otero, Francisco de Quevedo y Villegas, Juan Ruiz, Jaime Siles, Thérèse d'Avila, Miguel de Unamuno, José Angel Valente et Gil Vicente.

  • Les 36 Stratagèmes est un livre mystérieux. La légende veut que le mince opuscule émanant du milieu des sociétés secrètes antimandchoues de la fin des Ming, sur lequel s'appuient toutes les éditions, exégèses et traductions modernes, ait été, après une longue éclipse, redécouvert en 1941 chez un libraire de Chine du Nord.
    Par la suite, l'ouvrage devait connaître de multiples tirages et devenir l'un des traités militaires les plus lus de la planète, avec L'Art de la guerre, de Sun Tzu.
    Ce manuel peut être aussi utile dans toutes les situations de conflit auxquelles chacun de nous doit faire face.

  • La Chanson de Roland est la représentation la plus ancienne de la chanson de geste et son plus beau monument. Cet ouvrage en propose une remarquable traduction en décasyllabes épiques assonancés, épousant admirablement le texte original.
    La Chanson de Roland, ici traduite d'après la version recueillie par le manuscrit d'Oxford, est le premier texte littéraire écrit en français et la première chanson de geste connue en Europe occidentale. On situe sa création autour de l'an 1100. Si elle partage avec les autres gestes françaises l'absence d'historicité, le sentiment féodal, l'imagination la plus débordante, elle est indiscutablement supérieure à tous les autres poèmes épiques par sa composition exquise, soignée jusqu'à des détails insoupçonnés d'équilibre et de beauté formelle. Elle représente un des sommets de cet art.
    Il est surprenant qu'une expédition inutile ou presque comme le fut celle de Charlemagne en Espagne en 778, et qui s'acheva par l'écrasante défaite de la bataille de Roncevaux, ait trouvé une justification aussi grandiose. Son héros, l'impétueux Roland, l'une des figures littéraires les plus inoubliables des lettres françaises de tous les temps, est connu pour sa démesure héroïque, son sincère repentir postérieur, son amour illimité de la chevalerie et de l'honneur de la douce France. Sur nombre de places de vieilles villes européennes se dressent des statues de Roland, écho de la diffusion que la journée de Roncevaux et sa version littéraire ont atteints dans le monde médiéval et chrétien.
    Le texte de la Chanson, établi d'après le manuscrit d'Oxford, a été édité par le médiéviste espagnol Luis Cortés (1924-1990) et traduit en français par Paulette Gabaudan chez Nizet en 1994. C'est de cet ouvrage, avec sa remarquable traduction en décasyllabes épiques assonancés, épousant si fidèlement le texte original, que P. Gabaudan propose ici une nouvelle édition.

  • Le chat

    Collectif

    Le chat court et bondit avec légèreté. Il grimpe aux arbres et se tient en équilibre au sommet des murs. Mais comment fait-il pour être aussi agile ? Et pourquoi ses yeux brillent-ils dans le noir ?

    Toutes ces questions trouveront leur réponse dans cette nouvelle collection spectaculaire à destination des 5-7 ans !

  • Bestiaire indien

    Collectif

    Tigre, éléphant, singe, buffle, serpent... chaque tradition artistique a sa propre façon d'imaginer et de représenter les animaux. Ceux de ce bestiaire révèlent la personnalité des artistes qui les ont créés, la richesse et la variété des formes d'art en Inde. Chaque page du livre est une sérigraphie, qui en fait un imagier hors du commun et un vrai livre d'art.

  • Conan Doyle lui-même s'est essayé au pastiche de ses propres nouvelles; il a mis en scène Sherlock Holmes dans des "à la manière de", qui ne font pas partie du sacro-saint "Canon". L'un de ces textes, à l'histoire particulière, figure dans ce recueil, aux côtés de trois nouvelles de continuateurs brillants: Donald Thomas, Leslie S. Klinger et Barry Day, tous grands connaisseurs de l'oeuvre et auteurs de pastiches si réussis qu'on les dirait authentiques. A la manière du maître.  Ce volume est précédé d'une préface de Thierry Saint Joanis, président de la Société Sherlock Holmes de France et grand érudit en science holmésienne. 

  • La cuillère d'argent ; pâtes

    Collectif

    • Phaidon
    • 30 Septembre 2010

    Après le succès international de la bible de la cuisine italienne, La Cuillère d'argent, recueil de plus de 2 000 recettes, voici une nouvelle exploration de la gastronomie italienne : La Cuillère d'argent : Pâtes. Réalisé par la même équipe, l'ouvrage invite les cuisiniers confirmés comme les débutants à un voyage à travers tous les secrets, hérités de plusieurs générations, sur la façon d'accommoder cette institution de la gastronomie italienne. En la matière, chaque région à son drapeau : fabrication, forme, accompagnements, préparation. Pour comprendre toutes ces subtilités, les 350 recettes recensées dans l'ouvrage sont classées par type de pâtes. Les sèches d'un côté, les fraîches de l'autre. Les premières sont longues ou courtes ; les secondes coupées ou farcies. Aux côtés des traditionnels spaghettis, tagliatelles, raviolis et lasagnes, le lecteur découvre les bigoli, les maltagliati, les ruote ou encore les pipe. Au total, 46 variétés de pâtes défilent dans les assiettes. Quelques pincées d'histoire sur leurs origines ajoutent un piment particulier à l ouvrage. Côté recettes, les pâtes s'accompagnent avec tout. Été comme hiver, ce repas diététique se décline à l'infini. Lasagnettes à l'anguille, tortellis aux pommes, tagliatelles au citron, spaghettis en papillotes ou encore pennes à la laitue. Légumes, fromages, viandes, poissons, fruits agrémentent la « pasta », ce mets simple composé de farine, d'eau et d oeufs. Une maquette élégante et pratique, illustrée de 160 photos en couleurs présente les produits de base comme les mets fumants. Une nouvelle référence de la cuisine italienne, à déguster sans modération pour les repas du quotidien comme pour les dîners entre amis.

  • Un ouvrage à la fois informatif et passionnant à lire, magnifiquement illustré. - Des monstres et des héros grecs célèbres : Persée et Méduse, Pégase, Les douze travaux d'Héraclès, L'Odyssée, Le cheval de Troie et le Minotaure- Un volume reprenant des titres de la collection La malle aux livres, accompagnés d'un guide de la mythologie et des dieux grecs. Des récits captivants, au texte spécialement étudié pour inciter les enfants à lire seuls.

  • D'où viennent les Vikings ? Où se sont-ils implantés en France ? Qu'est-ce qu'un knörr, une rune, le thing ? Les Vikings portaient-ils des casques à cornes ? En quels dieux croyaient-ils ? Depuis la Scandinavie jusqu'en Islande, en passant par le Groenland, découvrez un peuple de grands navigateurs dont les raids fulgurants ont terrorisé les populations européennes. Excellents guerriers, ils n'en étaient pas moins de bons agriculteurs et de véritables artisans

  • Premier volume de la série de pastiches «Les Avatars de Sherlock Holmes», placé sous le signe de la parodie humoristique. Avec des contributions d'humoristes patentés tels que P.G. Wodehouse, Stephen Leacock, mais aussi d'auteurs ayant acquis une célébrité dans d'autres domaines, comme J.M. Barrie («Peter Pan»), A.A. Milne («Winnie l'Ourson»).

    Nouvelles traduites de l'anglais par Frédéric Brument et Jean-Paul Gratias.

  • Troisième volume de la série des pastiches de Sherlock Holmes entamée avec «Les Avatars de Sherlock Holmes. »Dans ce volume, placé sous le signe du surnaturel, des esprits, et de l'au-delà, on trouvera même une nouvelle qui se déroule... sur Mars ! Entre autres : Anthony Boucher nous propose une variation jouissive sur «Le Petit chaperon rouge » interprété par Sherlock Holmes, tandis que Loren D. Estlment confronte notre détective au diable en personne.  Nouvelles traduites de l'anglais par Frédéric Brument et Jean-Paul Gratias.

  • Les esclaves allèrent balayer le sol devant la porte du palais et l'asperger d'eau, puis ils sortirent un fauteuil à la mode franque.
    Baïbars, accompagné d'Ahmad Agha et de tous les autres, alla s'asseoir. Ils étaient en train de converser entre eux quand soudain déboucha de la ruelle... un éléphant ? un djinn ? un démon ? Baïbars, le regardant, n'en crut pas ses yeux : c'était long comme un bambou, large comme une porte cochère ; cela avait un torse et des épaules énormes, deux jambes solides et nerveuses, une tête aussi grosse que deux têtes d'homme ordinaire, et une poitrine si large qu'entre un téton et l'autre on aurait pu s'asseoir à l'aise.
    La tête était coiffée d'un turban cramoisi à calotte écarlate, le corps couvert d'un cache-poussière à boutons d'or gros comme des noisettes, le visage orné de moustaches noires pareilles aux ailes d'un aigle. Une armure de trente-six pièces toute en acier bleui le couvrait de pied en cap : casque, hausse-col, double pourpoint rembourré, jambières. Il marchait en faisant résonner le sol sous ses pas, comme un chameau en rut, et sa châkriyyeh, large comme le vantail d'une porte de boutique, battait ses jambières d'acier en faisant un tintamarre terrible.

  • Car telle était la coutume des fidaouis : lorsqu'ils allumaient leurs feux de guerre, toute la syrie et la côte étaient en alerte.
    Tous ceux qui apercevaient la flamme, qu'ils fussent ou non fidaouis, allumaient du feu à leur tour au sommet de la plus proche montagne, puis rassemblaient leurs troupes, se mettaient en selle et se dirigeaient vers sahiyoun.

    Dès qu'on aperçut les feux de guerre à alep, hasan el-qassâr se mit en route avec ses hommes et se rendit à maarat el-no'mân, oú on lui apprit le trépas du capitaine jamr, à yânisa.
    Le coeur plein de chagrin et de colère, il se dirigea vers sahyoun.

    Des pentes du horân aux nids d'aigles de madraj et de sîs, les fidaouis descendaient de leurs montagnes ; de sbaybeh et de qadmous s'avançaient les adraïtes, pendant que les awâmir sortaient de leurs châteaux. vêtus de noir, en signe de deuil pour leur chef jamr, ils arrivaient de partout sur sahymoun, remplissant les monts et les vallées.

  • (Le transmetteur a dit : ) Ce soir-là, Baïbars, après avoir dîné et fait la prière du soir et celle de la nuit tombée, appela Otmân.
    - Me v'là, me v'là soldat, soldat ! fit ce dernier.
    - Va dire aux porte-flambeaux d'allumer leurs torches : je vais faire une tournée d'inspection, cette nuit !
    - Ah ben brave ! ricana Otmân.
    Et bonjour les loupiotes ! Non mais t'est vraiment un bleu, parla vie du Prophète ! Bon, j'vais t'apprendre un truc, mon frélot : si tu t'balades la nuit avec une loupiote devant toi, t'es sûr qu'les rôdeurs et les bandits y t'verront et qu'toi tu les verras pas. Résultat y s'barreront tous et la tournée elle aura servi à rien !
    - Et comment on fait, alors ? demanda Baïbars incrédule. Tu veux qu'on aille dans le noir ?
    - Ben un peu, ouais ! Et pis, tu mettras des patins en feutre sous les sabots d'ton gaille, comme ça personne nous entendra.
    Et, en plus, on sera tous habillés en noir. Moi, j'prendrai une lanterne source et j'marcherai devant. Quand j'verrai quèque chose, j'enverrai la lumière juste là où y faut, et j'saurai du premier coup d'oeil à qui j'ai affaire. Ca t'va-t-y comme ça ?
    - D'accord, Otmân, par la vie du Prophète, tu as raison. Fais comme tu l'entends, je te donne carte blanche.

  • Ces récits d'Ukraine vous emmènent à la découverte de ses traditions et de sa culture Kiev, Odessa, Sébastopol : ces villes d´Histoire et de culture parlent à notre imaginaire. Elles sont en Ukraine. Aux portes de l´Asie, mais très ancrées en Europe centrale. Comment en serait-il autrement en ayant des frontières avec la Pologne, la Russie, la Roumanie, la Moldavie, la Slovaquie, la Hongrie, le Belarus ? Au contact du monde méditerranéen par sa façade sur la Mer Noire, l´Ukraine reconstruit son identité et lutte depuis des siècles pour son indépendance et sa liberté. Les nouvelles réunies ici, qui fourmillent de références à la vaste culture ukrainienne depuis Nicolas Gogol et Taras Chevtchenko, témoignent de la diversité de ce grand pays européen et d´une véritable renaissance littéraire.
    La collection Miniatures vous offre ici un recueil de nouvelles ukrainiennes, vous emmenant dans un formidable voyage littéraire EXTRAIT Du point de vue d´un brin d´herbe, le meilleur commence au printemps et s´achève à l´automne, juste avant les premières neiges.
    Dans le village de Lipovka, non loin de Kiev, le soir tombait quand le vent se leva. Il arriva à point nommé, car on avait allumé des feux dans presque chaque cour. Les paysans y jetaient, comme dans une chaudière, les feuilles mortes déjà sèches, les branches taillées du jardin et toutes sortes de déchets susceptibles de se transformer en fumée et en un petit tas de cendres. Le vent mêlait la fumée de tous les feux en une brume vespérale qu´il emportait finalement vers ce qui était, encore aujourd´hui, le champ du kolkhoze, juste derrière le potager de Baba Olia.

  • (Le transmetteur a dit : ) Sachez, nobles seigneurs, que Baïbars voulait surtout faire peur à Otmân et l'intimider ; c'est pourquoi il retenait ses coups et ne lui faisait pas si mal que cela.
    Mais alors, il se saisit de son lett de Damas et poussa un grand cri, prenant un visage terrible et faisant mine de frapper. " Pitié, soldat, s'écria Otmân. Fais-moi grâce, j'irai avec toi, mais ne me frappe pas avec cette boulette, que Dieu maudisse celui qui l'a boulettée. Par le Secret de la Dame, si tu ne l'avais pas avec toi, je ne te suivrais pas, même si tu me crevais un oeil. Que Dieu maudisse ton pays !
    - Allez, marche et ne parle pas tant ", fit Baïbars.
    Otmân se leva et se mit en route en traînant les pieds.
    Au bout de quelques pas, il s'arrêta net.
    - Et bien, qu'est-ce que tu as à t'arrêter, osta Otmân ?
    - Ben, soldat, tu veux vraiment me faire entrer au Caire ligoté comme un poulet ? Est-ce que le Bon Dieu permet ça ? Tel que tu me vois, les gens du Caire me connaissent, ils savent que je suis le chef de tous les truands. Si tu étais juste, tu me délivrerais et j'irais avec toi.

  • Après le succès du Dit du Genji de Murasaki-shikibu illustré par la peinture traditionnelle japonaise, ce nouvel ouvrage des éditions Diane de Selliers séduira les amateurs et passionnés de la civilisation japonaise.
    La première traduction mondiale d'un texte emblématique japonais Claire-Akiko Brisset a dirigé une équipe d'une dizaine de chercheurs durant plus de trois ans afin de traduire ce texte à partir de la version la plus ancienne connue à ce jour, datant du XVIe siècle, conservée à l'Agence japonaise des affaires culturelles. Le ton et le vocabulaire propres au japonais médiéval, les inventions lexicales et les jeux de mots sont ainsi rendus avec justesse et finesse.
    Des nourritures terrestres aux nourritures spirituelles Des mérites comparés du saké et du riz met en scène sur un ton humoristique un noble amateur de saké, un moine gros mangeur de riz et un guerrier partisan de la « voie du milieu », la modération. Rythmé par les anecdotes culturelles, littéraires, religieuses et philosophiques, ce texte brille par sa construction ciselée et son style alerte. Les multiples versions qui se sont répandues dans le Japon jusqu'au XIXe, toujours agrémentées de fines peintures, témoignent de sa place privilégiée dans l'histoire de la littérature japonaise.
    La découverte d'un splendide rouleau japonais du XVIIe Conservé à la Bibliothèque nationale de France, le Shuhanron emaki est un rouleau japonais de sept mètres de long composé de quatre peintures remarquablement préservées. La finesse du trait, la délicatesse des matières et la subtilité des couleurs ont conduit les spécialistes à considérer cette oeuvre parmi les plus belles jamais réalisées sur le sujet. L'ensemble est ici parfaitement rendu grâce aux nombreux détails reproduits.
    AVP A 43/51 Août et Septembre 2014 La culture japonaise au XVIe siècle L'intérêt de ce rouleau réside non seulement dans sa valeur artistique et esthétique, mais il constitue également un précieux témoignage sur la société japonaise et ses pratiques culinaires dans une période marquée par la naissance de nouveaux codes qui conduiront à la gastronomie japonaise actuelle. Chaque détail est ainsi accompagné d'un commentaire iconographique rédigé par Estelle Leggeri-Bauer et Claire-Akiko Brisset qui en éclairent la lecture.
    Une édition de référence, réalisée en coédition avec la Bibliothèque nationale de France Synthèse des recherches menées pendant plus de trois ans, cet ouvrage est réalisé en coédition avec la BnF et bénéficie de la contribution de spécialistes internationaux de la gastronomie, de la culture, de la littérature et de l'art japonais au Moyen Âge. Cinq d'entre eux ont accepté de rédiger pour nous des articles. Placés en fin de livre, ils permettent de prolonger et d'approfondir la lecture.
    Un travail sur l'image jamais égalé jusqu'à présent Un travail minutieux a été réalisé au niveau de la photogravure sur chaque détail du rouleau pour en restituer toutes les nuances et toute la beauté et redonner leur éclat aux délicates arabesques et aux feuilles d'or.
    Une édition limitée, numérotée Ce livre sera publié dans une édition limitée et numérotée, sous un coffret évoquant les rouleaux traditionnels japonais.
    Le succès du saké L'attention portée à l'alimentation, à l'art culinaire et à ses traditions est une tendance forte de l'époque actuelle. Le saké - tout comme la gastronomie japonaise - inscrit récemment au patrimoine immatériel de l'Unesco, est remis à l'honneur dans de nombreux bars à saké et de grands chefs l'utilisent de plus en plus en accompagnement de plats japonais, en l'associant à des saveurs occidentales.

  • À travers 50 projets architecturaux majeurs, ce livre-événement largement illustré affirme l'existence d'un «universalisme» particulier et latent dans la façon dont les meilleurs architectes portugais ont bâti leurs oeuvres au cours d'un demi-siècle. Dans un équilibre assumé entre l'héritage universel de l'histoire de l'architecture et les spécificités géographiques et culturelles des lieux où ils proposaient de construire, ils ont exercé une fusion cohérente et critique entre le global et le local. Nourris d'une culture de l'autre basée sur le voyage, la diaspora et l'émigration, les travaux d'architectes de premier plan (Souto de Moura, Siza.) côtoient ici, dans un même dialogue avec le monde et une même éthique, ceux de leurs confrères les plus prometteurs des dernières décennies.

  • «Les gens émettent divers avis à son sujet. On raconte que c'était un roi d'origine yéménite qui a régné sur le monde entier. D'autres disent qu'il était d'origine grecque, d'autres disent que c'était un prophète ou encore un simple envoyé [de Dieu] sans être un prophète. Dieu lui aurait accordé cette grâce car il ne lui pas envoyé Gabriel entre La Mecque et Jérusalem. On raconte aussi qu'il était un Toubbaa, un des rois du Yémen. On dit aussi qu'il était un saint vertueux de Dieu et que Dieu l'aimait. C'était un jeune homme intelligent, confiant dans l'ordre de Dieu. C'était un lettré, versé dans la science de la loi. Il était favorisé par le sort, disposait d'un esprit et d'un avis pertinent, d'un regard pénétrant, il croyait en l'unicité de Dieu, il connaissait les jours de Dieu et appliquait la Loi de Dieu.» Histoire du Bicornu, «Les origines», [1] Tombouctou, la «Cité mystérieuse», voire «fabuleuse», la ville des 333 saints est aussi, d'après la tradition, la ville des belles histoires : «Le sel vient du Nord, l'or du Sud, l'argent du pays des Blancs, mais la parole de Dieu, les choses saintes et les belles histoires ne se trouvent qu'à Tombouctou.» Avec sa célèbre université de Sankoré qui compta jusqu'à vingt-cinq mille étudiants, Tombouctou fut une capitale de la culture et du savoir pendant la période médiévale.
    Traces et témoins de cette période de gloire, il nous reste les manuscrits, un extraordinaire patrimoine, presque inexploité mais en danger. On pense que la seule région de Tombouctou détient près de 200 000 manuscrits, dont moins de 10 % ont été catalogués et plus de 40 % sont encore stockés dans des conditions plus que précaires. La présence de bandes armées dans la région depuis le 1er avril 2012 et la prise de Tombouctou font redouter le pire : destruction et dispersion de ces trésors inestimables, qui constituent en fait la mémoire de l'Afrique.
    Le dépouillement des catalogues auquel nous avons procédé a mis en lumière l'existence de nombreux écrits du genre sîra (histoire romancée). De là a germé l'idée d'une collection intitulée «Les Manuscrits de Tombouctou» (titre provisoire), qui inclurait dans un premier temps :
    - La vie romancée d'Alexandre - L'historie de Tawaddud, la docte Sympathie (personnage des Mille et Une Nuits) - Bouloukia le premier des croyants - Le cycle de Ali - Le cycle de Moïse La vie romancée d'Alexandre, intitulée dans le manuscrit Histoire du Bicornu, constitue le point extrême de l'avancée du Roman d'Alexandre vers l'Occident. Cette oeuvre constitue un recueil de légendes concernant les exploits d'Alexandre le Grand. Source des différents miroirs des princes, il fut, malgré la diversité des versions, l'un des livres les plus répandus au Moyen Âge, objet des premières traductions dans les langues vernaculaires d'Europe. Dans cette version rarissime, s'y entremêlent des légendes coraniques, probablement d'origine syriaque, concernant le Bicornu : quête de la source de vie, construction de la barrière contre Gog et Magog (Sourate La Caverne, 94-98), les grands moments de la vie d'Alexandre (ses victoires sur Darius et sur Porus, des passages du pseudo-Callisthène comme l'histoire de Candace et Candaule, avec des récits merveilleux comme ceux intitulés «Le château enchanté» et «Le pays des Djinns»).
    Découvrir l'histoire du Bicornu parmi les manuscrits de Tombouctou était tout à fait inattendu et exceptionnel ; du reste, c'est par le plus grand des hasards que cette invention s'est réalisée. L'intérêt de cette découverte montre à quel point il ne suffit pas de proclamer «qu'il faut sauver les manuscrits des sables», mais qu'il est urgent de se mettre à les éditer et à les traduire.

  • Nous vivons un tournant historique.
    Non, nous n'avons pas assisté à « la fin de l'Histoire ». Loin de marquer le début du règne d'une démocratie universelle et d'un capitalisme heureux, la chute du mur de Berlin a inauguré une période de tourments politiques.
    Ascension de partis nationalistes (pensons par exemple au Front national), démagogie (telle que l'incarne Donald Trump), souverainisme (Brexit), tendances autoritaristes d'Europe centrale et d'Europe de l'Est (Hongrie et Pologne), appels à la « grandeur » et à la « pureté » nationale (Narendra Modi en Inde, Vladimir Poutine en Russie), vague générale de xénophobie et de crimes haineux, brutalisation des discours politiques, complotisme, « ère post-vérité », appels à l'érection de murs toujours plus nombreux, toujours plus hauts...
    Tout se passe comme si nous assistions à un grand retour en arrière.
    Comme si la peur, la violence et le repli sur soi l'emportaient sur les espoirs jadis nourris par la mondialisation.
    Quinze intellectuels, chercheurs et universitaires de renommée internationale explorent les racines profondes de la situation qui est la nôtre aujourd'hui, et qu'il est permis d'appeler une « grande régression ». Ils la replacent dans son contexte historique, s'attachent à élaborer des scénarios possibles pour les années à venir, et débattent des stratégies susceptibles de la contrecarrer.

    Arjun Appadurai, Zygmunt Bauman, Nancy Fraser, Bruno Latour, Eva Illouz, Ivan Krastev, Paul Mason, Pankaj Mishra, Robert Misik, Oliver Nachtwey, Donatella della Porta, César Rendueles, Wolfgang Streeck, David van Reybrouck, Slavoj Žižek.
    Préface de Heinrich Geiselberger.

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