Georges Minois

  • Charles Martel

    Georges Minois

    • Perrin
    • 12 Novembre 2020

    Sa victoire contre les arabo-musulmans à Poitiers, en 732, est à peu près tout ce qui reste de Charles Martel dans la mémoire collective, qui le considère avant tout comme le « marteau des Sarrasins ». L'enjeu de cette fameuse bataille connaît d'ailleurs un regain d'intérêt dans le contexte actuel, et fait l'objet de vifs débats : simple escarmouche, ou choc des civilisations qui a sauvé l'Europe de l'islamisation ? Cependant, Charles Martel ne se réduit pas à cette seule date, aussi célèbre soit-elle. Grand-père de Charlemagne, il assure la transition entre la dynastie moribonde des Mérovingiens et celle des Carolingiens. Guerrier avant tout, il est devenu, par ses nombreuses victoires, mais aussi par sa collaboration avec les missionnaires et par son entente avec le pape, le prince le plus puissant de son époque, le sauveur de l'unité du monde franc, et le rempart de la chrétienté. Maître d'un immense territoire, tout en restant simplement « maire du palais », il prépare l'accession au trône de son fils Pépin le Bref. Si Charles Martel reste pourtant mal connu, en raison du caractère lacunaire et laconique des chroniques de cette époque, de nombreux documents, privés et publics, sur la société franque permettent de lever en partie le voile sur cet étonnant personnage, et de mieux comprendre l'homme et son oeuvre.

  • Pourquoi cette nouvelle histoire du Moyen Age ? Premièrement, parce que plus nous nous éloignons de cette période, plus elle intrigue, et même fascine, car nous sentons confusément que là se trouvent les racines de nos aspirations et de nos drames actuels, des obscurantismes religieux aussi bien que des hautes spiritualités, de la violence aveugle comme de la quête de sens, de la peur du futur comme du rêve d'un retour à la nature.
    Deuxièmement, parce que l'image actuelle du monde médiéval est trop souvent falsifiée : évacué des programmes scolaires, réduit en miettes anecdotiques pour les médias, transformé en légende noire ou dorée, le Moyen Âge a perdu toute cohérence dans la mémoire collective du « grand public ». Pour le comprendre - donc pour nous comprendre -, il faut restituer les faits, les noms, les dates, dans leur enchaînement logique et chronologique. C'est ce que ce livre tente de faire.
    Troisièmement, parce qu'aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire d'élargir notre vue en replaçant « notre » Moyen Âge européen dans le contexte de ses relations avec ses voisins. L'histoire médiévale occidentale est indissociable de celle du Proche-Orient, à la fois ennemi et Terre promise. C'est un drame en trois actes, plein de bruit et de fureur, de splendeurs et de misères, rythmé à la fois par les avancées propres du génie européen et par son affrontement avec l'Orient : du Ve au Xe siècle, c'est l'âge des grandes illusions, pendant lequel l'Orient byzantin puis musulman domine un Occident encore barbare ; du XIe au XIIIe siècle, l'Occident chrétien manifeste son dynamisme et atteint son âge de raison, en accord avec une foi plus éclairée, avant de connaître des fléaux apocalyptiques aux XIVe et XVe siècles, dans un âge de transition vers un monde moderne.

    1 autre édition :

  • De Crécy à Azincourt, du Prince Noir à Jeanne d'Arc, la première guerre européenne (1337-1453) fut aussi une guerre totale, qui a bouleversé les sociétés anglaise et française, favorisé l'émergence des deux nations et profondément marqué les mentalités.

  • Charlemagne

    Georges Minois

    A l'égal d'Alexandre, de César ou de Napoléon, Charlemagne fait partie de ces géants de l'histoire qui ont laissé dans la mémoire collective une empreinte indélébile largement constituée de légendes. Pour y remédier, l'auteur, mobilisant toutes les sources disponibles, a entrepris de rendre chair et esprit au souverain carolingien dans les différents aspects de son existence et de son action.
    Au-delà du portrait nuancé d'une personnalité exceptionnelle, ce sont quarante-cinq ans d'un règne aux dimensions inégalées depuis l'Empire romain qui sont ici reconstitués dans ses multiples développements. Loin de tout esprit hagiographique et écrit avec l'humour, la distance et la précision caractéristiques de Georges Minois, cet ouvrage s'adresse autant à l'historien qu'à l'amateur.

  • Le professeur, la femme et le moine : les destins croisés de ces trois personnages emblématiques illustrent les conflits socioculturels qui, au xiie siècle, secouent les bases de la civilisation médiévale.
    Le professeur, Abélard, arrogant et séducteur avant d'être castré, est le premier véritable intellectuel à la mode. Admiré par ses étudiants, il entreprend de rationaliser la foi et d'en dissiper les mystères par la dialectique, dans le but de comprendre pour mieux croire.
    La femme, Héloïse, ardente et cultivée, vouant un véritable culte spirituel et charnel à son professeur et amant, revendique le droit à un amour libéré des chaînes du mariage. Reléguée de force au couvent, elle y rumine ses rêves érotiques et son sentiment de culpabilité tout en se comportant en pieuse abbesse.
    Le moine, futur saint Bernard, un ascète devenu la plus haute autorité morale et doctrinale de son époque, défend une foi rigoureuse, fondée exclusivement sur l'Écriture, hostile à toute intrusion de la raison et des passions humaines, et au nom de laquelle il fait condamner Abélard et surveiller Héloïse.
    La liaison du couple est trop souvent réduite à une simple histoire d'amour, et on oublie l'intrusion du moine, dont l'ombre plane sur cette époque tandis qu'il veille à étouffer l'émergence, au sein de la religion médiévale, des exigences subversives de la raison et de la passion charnelle. Georges Minois restitue ici toute sa force dramatique à l'histoire de ce trio devenu mythique.

  • Richard Coeur de Lion

    Georges Minois

    • Perrin
    • 16 Février 2017

    Richard Coeur de Lion, né en 1153, fut le moins anglais des rois d'Angleterre, où il ne résida que six mois, régnant sur d'immenses territoires allant de l'Ecosse aux Pyrénées, et qu'il passa sa vie à défendre. Fils préféré de sa mère, Aliénor d'Aquitaine, il est le souverain le plus admiré et le plus redouté de son temps, incarnation des valeurs et des excès de la chevalerie médiévale. Eduqué au milieu des troubadours aquitains, il est capable de faire des vers, mais c'est à la guerre qu'il forge sa réputation. Guerre contre son père, Henri II Plantagenêt, contre son frère, Jean sans Terre, contre le roi de France, Philippe Auguste, contre les barons poitevins. Et surtout guerre sainte, contre Saladin, au cours de l'épopée de la troisième croisade (1190-1194), lors de laquelle il se révèle un stratège hors pair. Terreur des musulmans, dont il gagne le respect, il est trahi par les souverains chrétiens, qui jalousent ses exploits. Retenu prisonnier en Autriche, puis libéré contre rançon, il bat Philippe Auguste, édifie en deux ans Château-Gaillard (1196-1198), avant d'être tué au siège de Châlus, en Limousin, par un trait d'arbalète, en 1199.
    Inhumé à Fontevraud, cette figure de proue du Moyen Age reste dans la mémoire collective comme l'invincible paladin, dont Walter Scott fera un héros romantique, alors qu'il l'était si peu.

  • Blanche de Castille

    Georges Minois

    • Perrin
    • 24 Mai 2018

    « Blanche de Castille, mère de Saint Louis » : telle est l'image très réductrice que la mémoire collective a retenue de cette reine du xiiie siècle, dont la célébrité ne tiendrait qu'à celle de son fils. C'est oublier qu'elle a été une femme de pouvoir au destin exceptionnel, à l'instar de sa grand-mère, Aliénor d'Aquitaine.
    Née en 1188, fille du roi Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, mariée à douze ans au prince capétien Louis, elle fait son éducation politique à la cour de son redoutable beau-père, Philippe Auguste. Devenue reine en 1223, mère de douze enfants, veuve à trente-huit ans au décès de son époux Louis VIII, elle devient régente du royaume au nom de son jeune fils, Louis IX. Confrontée aux révoltes des barons, qui acceptent mal d'être gouvernés par une femme, par une étrangère, « l'Espagnole », comme on la désigne alors, fait preuve de qualités politiques inattendues, subtil mélange d'autorité et de souplesse, qui lui valent l'admiration des chroniqueurs. Éducatrice puis inspiratrice de la politique de Saint Louis, qui lui confie la direction du royaume pendant la septième croisade, elle conserve une place particulière jusqu'à sa mort en 1252, avant de figurer au panthéon des femmes de pouvoir du roman national.

  • La Cabale des dévots est l'expression qui désigne la lutte menée par la Société secrète du Saint-Sacrement, organisation clandestine de catholiques intransigeants, pour faire interdire le Tartuffe, comédie de Molière jugée blasphématoire. Obsédée par le secret, elle mène des actions charitables aussi bien que des opérations d'espionnage, de délation, de pressions diverses, qui font d'elle un véritable lobby au sens moderne du terme. L'histoire de cet épisode est replacée dans son contexte de luttes politico-religieuses, qui n'est pas sans évoquer des problèmes actuels.

    Le livre retrace plus largement la tentative du parti dévot pour imposer à la société française du XVIIe siècle un ordre moral austère, en contrôlant tous les aspects de la vie publique et de la vie privée.

  • Un millénaire de relations tumultueuses entre prêtres et médecins, du Moyen Age à aujourd'hui.

    Les relations entre l'Église et la médecine furent longtemps conflictuelles. Au Moyen Age, l'impuissance de la médecine face aux maladies garantissait la suprématie du prêtre : la vie humaine, disait-il, est misérable, le corps méprisable, la mort inéluctable, et la douleur une bénédiction du ciel.

    Cette conception est progressivement remise en cause à partir de la Renaissance. Avec les avancées de la chirurgie et de la dissection, les médecins émettent des doutes sur l'existence d'un au-delà et sur la conception dualiste de l'homme, corps et âme : l'homme ne serait-il pas un produit de la nature, une pure machine ? Au nom de ces idées, de nombreux médecins se révoltent contre la tutelle des prêtres, et deviennent, avec le courant scientiste qui apparaît au xixe siècle, le fer de lance de l'athéisme.

    Avec la vague bioéthique, le prêtre est récemment revenu dans le débat, autour de problèmes inédits - procréation artificielle, euthanasie, clones thérapeutiques, manipulations génétiques. La religion, qui a perdu le combat scientifique, entend gagner le combat moral. Mais sa morale, basée sur des écrits deux fois millénaires, est-elle encore adaptée aux réalités du xxie siècle ?

  • Le 19 septembre 1356, la bataille de Poitiers est plus qu'une grande bataille de la guerre de Cent Ans, c'est une étape décisive dans l'histoire du Moyen Âge.
    D'abord par son caractère véritablement décisif. Elle marque un vrai tournant dans la guerre de Cent Ans par le fait que le roi de France, Jean le Bon est fait prisonnier, ce qui est un évènement rare et catastrophique. Cela n'était pas arrivé depuis saint Louis, plus d'un siècle auparavant. La capture de Jean le Bon a des conséquences d'une extrême gravité. Le royaume de France se retrouve dirigé par un Dauphin de dix-huit ans complètement dépassé par les évènements ; le pays, mis en coupe réglée par les compagnies de mercenaires, déchiré par les ambitions de Charles le Mauvais (concurrent au trône du royaume de France) et la démagogie d'Etienne Marcel (prévôt des marchands qui tient Paris), écrasé d'impôts pour acquitter le montant de la gigantesque rançon exigée par les Anglais, confronté à une terrible jacquerie sauvagement réprimée par les nobles, est contraint d'accepter en 1360 un traité de démembrement qui l'ampute du quart de son territoire, à Brétigny. C'est provisoirement la fin de la prépondérance française en Europe, et tout cela est la conséquence directe du désastre de Poitiers. Ensuite, dans son déroulement, elle est comme un cas d'école, une vitrine qui permet d'étudier tous les aspects de la guerre à la fin du Moyen Âge : stratégie, tactique, recrutement, armement, mentalités. C'est que Poitiers, ce n'est pas seulement une mêlée de cinq heures le 19 septembre 1356, c'est aussi une course poursuite haletante d'un mois entre le roi de France et le Prince Noir en août-septembre, qui permet d'observer bien des pratiques de l'art militaire du XIVe siècle. La bataille elle-même obéit à un plan réfléchi, avec des manoeuvres calculées.
    Le roi Jean le Bon finira sa vie prisonnier à la Tour de Londres comme Napoléon finira la sienne à Sainte-Hélène. De là à faire de Poitiers un Waterloo médiéval...

  • Charles le Téméraire

    Georges Minois

    • Perrin
    • 5 Février 2015

    Charles le Téméraire est une des figures les plus fascinantes du Moyen Age, mais son image brille d'un éclat crépusculaire. Cet homme intelligent, cultivé, organisateur hors pair, débordant d'énergie et d'une capacité de travail étonnante ? un chroniqueur le surnomme « Charles le Travaillant » ?, est en même temps un personnage inquiétant.
    Duc de Bourgogne, il règne sur une étonnante collection de territoires allant de la Hollande au sud du Jura, dont il rêve de faire un royaume indépendant entre la France et le Saint Empire. Redouté par tous les souverains, il est l'homme qui a fait trembler Louis XI à Péronne, qui a défié l'empereur et placé Edouard IV sur le trône d'Angleterre. Mais son ambition démesurée lui fait perdre le sens des réalités. De son propre aveu, il préfère être craint que méprisé. Il règne par la peur et est capable des pires atrocités, comme la destruction de Liège. Obstiné, trop sûr de lui, le Téméraire méprise ses adversaires et subit deux terribles défaites contre les Suisses avant de périr misérablement dans la neige, à moitié dévoré par les loups, devant Nancy, en 1477. Destin tragique et fin sinistre d'un prince austère, mélancolique et impitoyable, son épitaphe pourrait être : « Charles le Téméraire, celui qui, à force de tout vouloir, a tout perdu. »

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