John Scheid

  • La religion des romains

    John Scheid

    L'étude de la religion romaine soulève nombre de problèmes. Au-delà de la similitude des termes religieux, encore en vigueur de nos jours, il existe des différences fondamentales de sens et d'interprétation. Par ailleurs, le terme «  Romains  » lui-même recouvre des réalités très diverses selon l'époque, le lieu et le statut de chaque individu. On ne peut donc parler globalement d'une religion romaine et le choix a été fait ici d'entendre par Romains tous les citoyens romains et leurs dépendants vivant à Rome ou dans les cités romaines.
    Des textes et des images illustrent cette étude revue et augmentée, que l'auteur a voulue structurelle plutôt que chronologique. Un tableau des événements marquants de la République puis de l'Empire romain, une bibliographie et un index donnent au lecteur les instruments de travail et de compréhension.

  • Rites et religion à Rome

    John Scheid

    • Cnrs
    • 22 Août 2019

    Foisonnante, inventive, en prise constante avec la vie de la Cité, la religion romaine diffère radicalement de nos religions modernes. Elle n'exigeait en effet aucune croyance conforme à une doctrine, ne connaissait ni pratique méditative, ni lectures de textes sacrés, ni prières contemplatives et intériorisées. Les « fidèles » des dieux romains n'étaient pas des croyants pris dans leur vie religieuse personnelle, mais des citoyens conçus dans leur être collectif et leurs aspirations communautaires.
    Dans la Rome antique, tout acte collectif possédait un aspect « sacré », et tout acte religieux un aspect civique. C'est cet univers rituel singulier que revisite ici le grand spécialiste de l'Antiquité John Scheid, prenant appui sur les avancées les plus récentes de l'archéologie. Temples des dieux, bâtiments communautaires, règles de consécration, calendriers liturgiques, actes divinatoires, pouvoir des auspices, rites de purification, rôles sacerdotaux tenus par les consuls, gouverneurs, centurions, présidents de collèges d'artisans, pères de famille...
    John Scheid souligne l'extraordinaire vitalité des rites romains, met en exergue leur puissance d'incantation et leur ambition de réunir à chaque instant les hommes et les dieux. Il décrypte aussi le rôle social des sacrifices et offrandes d'animaux, de végétaux cuisinés, de vin, d'encens...

  • Au prisme d'une tradition culturelle marquée par la conception chrétienne de la religion, la relation que les Anciens entretenaient avec leurs dieux et la place qu'ils leur accordaient dans la cité paraissent déroutantes. Dans les croyances de la Rome antique, il n'était en particulier question ni de Révélation ni de dogmes, pas même de transcendance. À tel point que les philosophes et les théologiens de l'époque romantique ont dénié à la piété romaine son caractère de " vraie foi " en définissant invariablement celle-ci comme la relation émotionnelle et spirituelle qui se nouerait entre Dieu et l'homme. Aux yeux de ses détracteurs, cette religion civique ne pouvait qu'occulter le " véritable sacré ".
    Chose étonnante, bien que des décennies de recherches historiques aient documenté les cultes antiques au plus près de la manière dont les Anciens les vivaient et les pratiquaient, certains travaux contemporains continuent de voir en eux une " non-religion " qu'ils opposent, en la référant aux catégories chrétiennes, à une " religiosité " seule digne de ce statut.
    En s'attachant à réfuter ces théories, ce livre offre une réflexion plus générale sur le phénomène religieux et son inclusion dans la société dont la résonance avec les débats contemporains sur la laïcité n'est peut-être pas fortuite. C'est pourquoi la controverse ne met pas seulement aux prises une approche confessionnelle et une approche historique de la question ; elle met en jeu le droit à l'altérité en matière de religion.

  • Plutarque, le grand historien du Ier siècle après J.-C., est l'un des principaux « passeurs » qui ont fait connaître l'Antiquité au monde moderne. Outre ses fameuses Vies parallèles des hommes illustres, il a écrit plusieurs ouvrages consacrés aux usages et coutumes des peuples de son temps, dont le plus fourni est Questions romaines (Grecs et Romains en parallèle. Questions grecques - Questions romaines, Plutarque, 385 p., 7,30 €, Le Livre de Poche, 1999) ; succession de questions-réponses sur les coutumes, la religion et les mythes romains, il a déconcerté plus d'un historien.
    Deux millénaires après sa publication, John Scheid a mis à jour, à l'occasion de ses recherches, le sens caché de ce texte. Pour nous le faire découvrir, il nous entraîne à travers les rues et les places de la Ville éternelle, dans les pas d'un guide sans précédent : Plutarque lui-même ! Cette déambulation savante et littéraire, émaillée de cartes et de photos, nous offre un regard nouveau sur la vie quotidienne dans la Rome antique.

  • Associée déjà aux plus grandes institutions du savoir en France (Institut, Académie française, CNRS, universités, Musées de France, etc.), la Librairie Arthème Fayard prête au Collège de France son concours pour faire connaître l'oeuvre des grands spécialistes de toutes les disciplines du savoir humain. Des langues mortes pour certaines intelligibles aux découvertes sur la matière, de la littérature à la biologie moléculaire, voici donc, sous la forme de brefs et élégants volumes le meilleur de ce que peuvent délivrer à un public attentif l'aristocratie de nos savants et de nos penseurs.

    En remontant le temps et en publiant en premier les leçons inaugurales prononcées dernièrement, nous espérons faire mieux connaître une institution fondée par François Ier et rassemblant aujourd'hui encore le meilleur des élites intellectuelles français.

  • Les romains étaient considérés par leurs contemporains comme les plus pieux des hommes.
    Cette, piété témoigne cependant d'une conception de la religion fort différente de celle que nous connaissons actuellement. dans cette brillante, synthèse considérée connue un classique, john scheid nous invite à découvrir une religion civique axée sur la participation à la vie communautaire. il démontre. , textes à l'appui, que le culte collectif. , bien plus que les représentations mythiques ou philosophiques, constituait l'essence même de cette religion.
    On ne trouve en effet ni l'émotion, ni le sentiment individuel, ni la spiritualité qui caractérisent communément l'occident chrétien. les rites fixés par la tradition devaient être scrupuleusement observés et ne souffraient aucune infraction, car le culte remplissait un rôle politique : de la " bienveillance des dieux " dépendaient le salut et la prospérité de la république. ces pratiques, apparemment mécaniques et exemptes d'intériorité, furent finalement le moyen d'inscrire l'homme, le citoyen, dans sa société et de définir sa place dans l'univers.

  • La religion des Romains a mauvaise réputation. Comparée aux religions universelles dites du Livre, elle paraît dénuée d'intérêt. Ignorant l'idée de révélation, dépourvue de croyances et de dogmes, elle ne se compose que de rites et d'obligations rituelles. C'est précisément ce ritualisme qui a longtemps été mal compris, voire méprisé. Or rites et sacrifices peuvent manifester une pensée théologique ou philosophique implicite : ils mettent en scène les hiérarchies qui existent dans ce monde-ci et dans l'au-delà, entre les hommes et les dieux, entre les dieux eux-mêmes, et entre leurs partenaires humains.
    Ainsi, la découpe d'un boeuf, l'ordre de distribution des parts de viande, ou même la manière de les consommer en disent long sur les relations entre les dieux et les humains.
    C'est ce que montre John Scheid, à travers l'analyse de certains sacrifices pratiqués à Rome entre le IIe siècle avant notre ère et le IIIe siècle après J.-C. : celui de la confrérie religieuse des frères arvales, ceux des Jeux séculaires, les prescriptions sacrificielles de Caton le censeur, et enfin les sacrifices funéraires.

  • La religion des Romains a mauvaise réputation.
    Comparée aux religions universelles dites du Livre, elle paraît dénuée d'intérêt. Ignorant l'idée de révélation, dépourvue de croyances de dogmes, elle ne se compose que de rites d'obligations rituelles. C'est précisément ce ritualisme volontiers prosaïque qui a longtemps été mal compris, voire méprisé. Or rites et sacrifices peuvent manifester une pensée théologique ou philosophique implicite : ils mettent en scène les hiérarchies qui existent dans ce monde-ci et dans l'au-delà, entre les hommes et les dieux, entre les dieux eux-mêmes, et entre leurs partenaires, humains.
    Ainsi, la découpe d'un boeuf, l'ordre de distribution des parts de viande, ou même la manière de les consommer en disent long sur les relations entre les dieux et les humains. C'est ce que montre John Scheid, à travers l'analyse de certains sacrifices pratiqués à Rome entre Iie siècle avant notre ère et le IIIe siècle après J.-C. : celui de la confrérie religieuse des frères arvales, ceux des Jeux séculaires, les prescriptions sacrificielles de Caton censeur, et enfin les sacrifices funéraires.
    Ces actes sacrificiels, dont l'exécution laisse libre cours à une floraison d'interprétations et croyances, attestent du problème du sens dans une religion sans foi.

  • Jamais encore l'histoire de Rome n'avait été pensée et racontée ainsi, par le recours à la datavisualisation, à l'infographie. Nourri par l'érudition de John Scheid, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et extraordinairement mis en musique par Nicolas Guillerat, ce livre offre à tous les publics, avec des niveaux de lectures adaptés à chacun, une plongée dans la Rome antique, de la naissance de l'Empire aux guerres puniques, du système politique romain à l'économie de l'Urbs. Dans une démarche historienne rigoureuse et en puisant aux meilleures sources internationales, mais avec le souci constant de la clarté, les auteurs proposent un livre unique au monde, aussi important par la masse de données qu'il rassemble que par son exceptionnelle proposition graphique. L'histoire, par l'infographie, se voit ainsi offrir un nouveau mode de narration capable de séduire des lecteurs de tous âges et horizons.

  • Lévi-Strauss opposait le mythe à la poésie, en ce qu'il considérait le mythe comme une structure indépendante de la langue et des mots : « la substance du mythe ne se trouve ni dans le style, ni dans le mode de narration, ni dans la syntaxe, mais dans l'histoire qui y est racontée », dans sa structure, en somme. Pour John Scheid et Jesper Svenbro, au contraire, les mythes se fabriquent avec des mots et non avec des idées, si bien que le récit mythique ne se fait pas malgré les mots mais au contraire à partir et au moyen d'eux. N'est-ce pas parce qu'Ajax fut le seul Achéen à être enterré sans crémation qu'il porte ce nom, aias étant le génitif de aia signifiant «terre», ce qui donne au nom d'Ajax le sens de « Celui-de-la-terre » ? Dans l'histoire d'Orphée, les « membres » du héros et les « chants » des Muses ne sont-ils pas qu'une seule et même chose, méle étant polysémique ?
    Ces deux exemples ne résultent pas d'une heureuse coïncidence découverte après coup mais sont bien la condition, préalable et parfaitement consciente, de l'élaboration du récit, et de la définition d'un cadre. Au travers d'une dizaine de récits décryptés, John Scheid et Jesper Svenbro nous offre une nouvelle lecture de ces mythes fondateurs.

  • Depuis l'Antiquité, le thermalisme entretient avec la médecine et les pratiques de santé des relations complexes, ambivalentes, voire conflictuelles.
    En couvrant une aire géographique intégrant les espaces européens et méditerranéens, cet ouvrage questionne un phénomène qui a une longue histoire, mais dont les développements et les caractéristiques restent encore souvent à préciser. Il vise à dégager, dans une perspective diachronique, les grandes tendances du développement du thermalisme (aussi bien médical que récréatif) et à souligner les difficultés que l'étude du phénomène suscite. Les études présentées concernent ses principaux aspects (architecturaux, économiques, politiques, culturels et médicaux) et sont toutes fondées sur une grande richesse documentaire, textuelle et/ou archéologique.

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