Michel Combet

  • Exemplaire mais singulier du pouvoir des familles dans les villes moyennes du Sud-Ouest, à la fin de l'Ancien Régime, entre Révocation et Révolution. Dans cette ville dominée politiquement et économiquement jusqu'en 1685 par des familles protestantes, la monarchie se trouve dans l'obligation, à la fin du XVIIe siècle, de promouvoir de nouvelles élites municipales, catholiques. Ce contexte particulier favorise l'ascension d'un petit nombre d'hommes appartenant à quelques réseaux familiaux aux ramifications tentaculaires. Ces familles, qui monopolisent le pouvoir municipal pendant de longues années, sont essentiellement bourgeoises. Celle des Gontier de Biran émerge du lot commun par son niveau de fortune et par son poids politique local et régional. Elle fournit à la ville un maire sur deux pendant tout le XVIIIe siècle et confisque à son profit d'autres lieux de pouvoir. Si elle n'a pas de véritable stratégie de carrière nationale, elle assure localement le relais entre le service de l'Etat et le pouvoir des familles les plus notables dont elle est l'émanation. A la fin du siècle, l'un de ses fils, le philosophe Maine de Biran, concrétise sur le plan national les ambitions intellectuelles et politiques de la " dynastie ".

  • En 1530, François 1er, veuf de Claude de France, épousait Éléonore, soeur aînée de Charles Quint, fille de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle. Née à Bruxelles, elle avait passé la majeure partie de sa jeunesse à Malines (Pays Bas) parmi les fêtes et le luxe de la Renaissance bourguignonne. Veuve de Manuel 1er, roi de Portugal, elle avait dû abandonner dans ce royaume sa fille unique et elle ne se consola jamais de cette séparation. Son mariage avec François ler fut conclu comme gage d'alliance entre la France et l'Espagne, et Eléonore s'attacha à tenter de rapprocher son frère qu'elle adulait et son époux qu'elle aimait, bien qu'il la négligeât. Pour la première fois, une biographie " moderne " lui est consacrée, appuyée sur des sources sérieuses et des documents de première main.

  • Les Rencontres d'archéologie et d'histoire en Périgord ont déjà consacré des colloques où les animaux étaient associés à l'histoire des châteaux, du xe jusqu'au xxie siècle. Mais, cette fois, dans cet ouvrage, ils occupent le devant de la scène et ils le méritent amplement depuis que des travaux récents leur ont donné, au sein des sociétés châtelaines, un rôle éminent, utilitaire et ludique, esthétique et symbolique. C'est pourquoi ce livre se présente à la façon d'un parcours animalier dont les allées conduisent à des lieux châtelains : les parcs avec leurs ménageries et leurs pigeonniers ; les pièces d'apparat avec leurs immenses tapisseries aux bestiaires familiers, exotiques et imaginaires ; les cabinets de curiosités si bien nommés et tellement accueillants à l'étrangeté animale, maritime et terrestre ; enfin, les bâtiments eux-mêmes, ressources inépuisables de sculptures animalières.
    Tout compte fait, c'est à une chasse aux trésors de la gent animale que vous invite cet ouvrage !

  • Tentant en diable, ce titre prend toute sa place au sein des Rencontres d'histoire et d'archéologie du Périgord dédiées à l'étude des châteaux européens dans la longue durée de leurs vie et survie millénaires, du X e au XXI e siècles. Le choix de ce thème laissait présager une quête spirituelle capable de l'emporter sur les préoccupations défensives et offensives des bâtisseurs de châteaux, mais c'était sans compter sur l'implantation et la multiplication des chapelles castrales qui occupent une place de choix dans cet ouvrage et témoignent de l'emprise du sentiment religieux sur la vie quotidienne des châtelains et de leurs familles.
    Par contre, point de traces aussi marquantes de la présence du diable, mais l'on sait que celui-ci se loge dans les détails et ceux-ci ne manquent pas dans cet ouvrage tantôt pour conjurer la peur du Mal, tantôt pour ne pas résister à sa tentation... A la façon de Martin Luther jetant son encrier à la tête du diable qui ne cesse de l'importuner au château de la Warburg où l'Electeur de Saxe le retient prisonnier pour mieux le protéger des menaces du monde extérieur depuis son excommunication et sa mise au ban de l'Empire.

  • Autour de l'An Mil s'opère, en Occident, une lente reconstruction d'une Justice qui confère toute autorité à des notables locaux pour le règlement de conflits dont la plupart ne dépassent pas les horizons des villages. Autant d'accommodements qui s'ancrent dans les us et coutumes des habitants. En France, la situation évolue rapidement en raison de l'emprise croissante de la monarchie et de ses gens de justice. Comment oublier l'image, tant de fois reproduite dans les manuels d'histoire, d'un Louis IX, futur saint Louis, exerçant sa fonction de roi justicier sous le grand chêne ombragé de son château de Vincennes ? Cet ouvrage, issu des recherches les plus récentes, montre que la réalité fut différente et que, jusqu'à la Révolution de 1789, nombreux sont les seigneurs qui continuent d'exercer leur pouvoir judiciaire. Les uns pour le pire, les autres pour la relative tranquillité de leurs tenanciers, même si nous avons gardé en mémoire la silhouette démesurée et sinistre des fourches patibulaires à l'orée des bois ou au sommet des collines. Enfin, fidèle à la longue durée qui préside à nos Rencontres d'archéologie et d'histoire en Périgord, cet ouvrage présente des bouleversements ultérieurs du système judiciaire, contemporains des XIXe et XXe siècles.

  • Quel enfant n'a rêvé, à travers les contes de fées, les romans de cape et d'épée, les bandes dessinées ou les films de Walt Disney, de vivre dans un château ? Des tours qui tutoient le ciel, des souterrains obscurs où brillent des trésors, de fougueux chevaliers qui sauvent des princesses endormies, tout y parle d'aventures, de gloire, d'amour, de liberté. Mais au-delà de ce vert paradis d'images enfantines, la réalité historique est tout autre, dont ces XXIVe Rencontres se proposent de donner quelques illustrations.
    Dès le haut Moyen Age, la noblesse châtelaine s'est souciée de l'éducation de ses enfants, en conformité avec leur naissance, leur sexe et leur établissement futur. Ainsi, pendant des siècles, le château a été l'espace privilégié de reproduction et d'éducation des élites nobiliaires. Bonheurs pour certains - on songe aux pages émues de Montaigne guidé par un père aimant, ou celles d'un Talleyrand et sa grand-mère au château de Chalais.
    Tourments pour d'autres - René de Chateaubriand au château de Combourg aussi sombre que l'humeur de son géniteur. Les situations varient selon les familles et selon les époques. Mais du gouverneur aux précepteurs, aux maîtres d'équitation et de danse, ou aux professeurs de musique et de dessin, le château est alors un espace concret de formation des futurs châtelains, envoyés ensuite dans des collèges ou des académies militaires.
    Les filles le quittent aussi pour le couvent ou les pensionnats religieux. Les jeunesses au château sont alors éphémères, mais les vacances, qui réunissent frères et soeurs, cousins et cousines, font oublier les contraintes scolaires. Mémoires et correspondances témoignent avec mélancolie de ces temps heureux. Après la Révolution, la noblesse du XIXe s. se "réinvente", entre nostalgie d'Ancien Régime et nécessaire adaptation.
    Revenue sur ses terres, elle réaffirme, entre les vieux murs ancestraux, ses valeurs immémoriales, et nombre d'hommes et de femmes prennent la plume, telle la comtesse de Ségur, pour en assurer la transmission.

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