Michel Py

  • Brosser un tableau des civilisations gauloises du Midi méditerranéen, depuis les Alpes jusqu'aux Pyrénées, de la fin de l'Age du Bronze à la conquête romaine, voici quel était l'ambition de ce livre paru en 1993 et devenu depuis lors un classique de la littérature archéologique, destiné tout autant aux archéologues qu'aux historiens, aux étudiants qu'aux amoureux de l'histoire de la France et de ses régions. Vingt ans après sa parution, dix ans après son épuisement, une réédition s'imposait. On a choisi de respecter l'oeuvre initiale en fournissant le texte intégral à peine toiletté, accompagné d'une illustration en grande partie renouvelée, et de le compléter par un bilan des acquis des deux dernières décennies, riches en nouveautés, afin de témoigner d'un état de la recherche et de sa dynamique.
    Il en ressort une image passionnante de ces sociétés indigènes préromaines, implantées de longue date dans un pays ouvert à la fois sur le continent et sur la Méditerranée, et de leur évolution au contact des Celtes, des Puniques, des Etrusques, des Grecs, des Ibères et des Romains. Héritages, innovations, rencontres, modèlent des civilisations originales traversées par des crises assez comparables à celles que connaissent nos sociétés actuelles : action dissolvante du commerce et de la consommation sur les structures traditionnelles, crises économiques, choix de société, acculturation, replis identitaires. Bref un tableau vivant de ces Gaulois méditerranéens qui, pour n'être plus considérés comme nos ancêtres directs, n'en occupent pas moins une place de choix dans notre imaginaire collectif.

  • Ce livre est d'abord l'histoire d'une ville portuaire antique, établie au bord d'une lagune et d'un fleuve méditerranéens qui lui donnèrent son nom : Lattara, à Lattes, près de Montpellier.
    Au moment de sa fondation, cinq siècles avant notre ère, elle accueille des négociants étrusques, venus pour développer le commerce du vin avec la Gaule méridionale. Cette présence est de courte durée car, quelques années après, ce sont les Grecs de Massalia (Marseille) qui contrôlent le comptoir, dont la population reste néanmoins majoritairement indigène. Ces relations privilégiées durent jusqu'à la conquête romaine et marquent profondément la vie et l'économie des Lattarenses, dont la civilisation traditionnelle est métissée d'influences helléniques dans de nombreux domaines.
    La chute de Marseille devant les armées de César, en 49 av. J.-C., change la donne et provoque une incontestable accélération du processus de romanisation. Cependant, à partir du règne d'Auguste (27 av. J.-C.-14 apr. J.-.C.), Lattara, incluse dans la cité de la colonie de Nîmes, perd son autonomie politique tout en conservant un rôle économique notable à travers l'activité de son port. Cette histoire parcourue, on aurait pu s'arrêter là.
    Mais l'on aurait négligé ce que l'archéologie actuelle apporte de plus nouveau à la connaissance de l'habitat et de la vie des gens de la Protohistoire et du début de la période gallo-romaine, grâce à des techniques plus précises, à l'ouverture de la recherche à de nombreuses disciplines connexes, à la diversification des questionnements tant sur le terrain qu'au laboratoire. Faute de textes et de contacts directs avec ces populations, une ethnologie des Lattarenses restait évidemment impossible.
    Mais une ethnographie peut être esquissée dans les domaines où une documentation matérielle était peu ou prou conservée, modifiant sensiblement la vision quelque peu mythique des Gaulois que nous ont inculquée la tradition, l'école et certaines bandes dessinées. Car ces Gaulois-là, surtout dans le Midi, encore plus sur les rivages de la Méditerranée, ne ressemblent ni à ce l'on en pensait naguère, ni vraiment aux autres habitants de la Gaule : leur parcours, leurs contacts avec les grandes civilisations méditerranéennes, leur milieu de vie aussi leur ont conféré très tôt une certaine originalité dont l'étude vient enrichir et diversifier notre vision de cette époque-clé de notre histoire, celle-là même où s'apprirent les principes de la vie moderne.

  • Depuis vingt ans, les découvertes spectaculaires se sont succédé. L'art de la sculpture gauloise est désormais mieux connu et réévalué à sa juste valeur. Ce livre propose un bilan richement illustré de nos connaissances actuelles.

  • Les fouilles archéologiques du comptoir méditerranéen de Lattara (Lattes, Hérault) et de ses environs ont mis au jour de nombreux vestiges depuis leurs débuts en 1963 : rempart, maisons, rues, structures portuaires, nécropole...
    Les dizaines de milliers d'objets récoltés lors de ces fouilles constituent l'essentiel des collections du musée de site ouvert en 1986. Ce catalogue, édité à l'occasion d'une exposition temporaire sur les découvertes marquantes faites à Lattes, en présente quelques centaines qui permettent d'écrire l'histoire d'un site fréquenté pendant près de 700 ans par les Gaulois, les Etrusques, les Grecs et les Romains, entre la fin du vie siècle avant notre ère et le lie siècle de notre ère.
    Des premières découvertes des années 1 g6o et 1970 faites par le Groupe archéologique Painlevé aux plus récentes de l'Institut national d'archéologie préventive (Inrap), en passant par les 27 années de fouilles du CNRS, c'est aussi une extraordinaire aventure humaine qui est évoquée ici, sur l'un des sites archéologiques majeurs de France.

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