Pierre Gonneau

  • La Russie actuelle est issue de la Rus', pays qui doit son nom aux Rhôs. Arrivés sur les rives du lac Ladoga vers 730, ces Vikings rassemblent les tribus baltes, slaves et finnoises de l'Europe orientale. Entre 980 et 988, un de leurs princes, Vladimir de Kiev, fonde la dynastie qui règne sur cet espace jusqu'au début du XVIIe siècle et lui donne sa religion, le christianisme orthodoxe. Le " joug mongol " (1237-1480) provoque une série de recompositions, mais l'héritage de la Rus' est revendiqué par les princes de Moscou quand ils constituent une nouvelle puissance, à la fin du XVe siècle. Ivan le Terrible, le premier tsar russe (1547), se voit comme le descendant direct de Vladimir. L'État russe affiche de nouvelles ambitions, traverse des crises et change de dynastie, avec l'avènement des Romanov. Pourtant, jusqu'au règne personnel de Pierre le Grand, il demeure très lié à son passé médiéval.
    Pierre Gonneau est professeur à l'Université Paris-Sorbonne et directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il a publié plusieurs travaux sur la culture russe médiévale, en particulier sur les figures de Serge de Radonège et d'André Roublev.
    Aleksandr Lavrov est professeur à l'Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis. Il a travaillé notamment sur les XVIIe et XVIIIe siècles en Russie, et plus particulièrement sur la régence de la tsarine Sophie, demi-soeur de Pierre le Grand, ainsi que sur les rapports entre religion officielle, religion populaire et pratiques magiques.

  • De Pierre le Grand à Nicolas II, la Russie s'affirme comme un des acteurs majeurs du concert des nations européennes, empire multiethnique et multiconfessionnel à cheval sur deux continents et objet d'une quête identitaire entre nationalisme, spiritualité orthodoxe et mystique révolutionnaire. Pierre le Grand projette son empire sur la scène internationale et le remodèle, dans une transformation qui s'apparente à une réinvention complète du peuple russe.
    Puis, sous le sceptre de quatre impératrices, la Russie se porte à la tête des nations civilisées, tandis qu'au XIXe siècle, au contraire, le trône est occupé par des empereurs affichant un style de gouvernement masculin. Sous Alexandre Ier, le rayonnement du pays atteint son apogée avec la victoire remportée sur Napoléon, avant que son successeur, Nicolas Ier, s'attire une hostilité quasi générale dans son rôle de " gendarme de l'Europe ".
    La défaite de Crimée (1855) ouvre enfin une période de tension extrême. L'alliance avec la France, scellée à la veille du XXe siècle, ainsi que les défis logistiques et militaires auxquels la Russie est confrontée l'amènent au grand tournant d'octobre 1917.

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