BLEU AUTOUR

  • De 1870 à 1872, à la faveur d'escales sur les côtes américaines, le jeune officier de Marine Julien Viaud découvre « les débris de la race indienne » en Nouvelle-Écosse, les Basques d'Uruguay, des tribus perdues de la T erre-de-Feu, les belles Carmencita de Valparaiso, la fête à San Francisco... Curieux, ardent, il dessine gens et paysages, prend des notes, publie ses premiers articles qui annoncent le grand Loti.
    Bien plus tard, en 1912, la première mondiale de La Fille du ciel, sa pièce «chinoise» coécrite avec Judith Gautier attire l'auteur d'Aziyadé pour six semaines à New York, cette « Babel effrénée » dont il se plaît à rapporter la vision pleine d'ironie d'un « Oriental très vieux jeu ».
    />

  • Au début, quelques notes éparses, juste pour ne pas oublier. Puis, au fil des heures passées à son chevet ou au téléphone, la trame d'un récit qui ne peut être écrit qu'à la première personne. Rien de plus commun, rien de plus singulier.
    Ernest aimait les arbres comme les paysans aiment leurs bêtes, il les connaissait, il savait en désigner de loin l'espèce, en évaluer la taille, le cubage, jusqu'au prix. Il avait un côté bateleur. « Un drôle », disaient certains de ceux qui le côtoyaient dans son Limousin natal.
    Un père lointain désormais. Comme quand j'étais petit, quand il se levait tôt et rentrait très tard, bruyant et affairé. Il n'est plus là pour ralentir la progression des nuages, pour disputer à la météo le privilège d'annoncer le retour du beau temps.

  • Après Pierre Loti dessinateur , un nouveau et passionnant carnet de voyages qui révèle le talent de photographe de cet artiste polymorphe et ra£ né. Car l'ensemble de l'oeuvre photographique de Loti n'avait encore jamais fait l'objet d'un beau livre. Pourtant, cette oeuvre est foisonnante.(plus de mille clichés, dont les meilleurs, environ cinq cents, fi gurent ici), aboutie.(Loti fait montre d'un sens aigu du cadrage), vivante (ses images fourmillent de gens), édifi ante (elle témoigne d'une époque, les confi ns des XIXe et XXe siècles, principalement à Istanbul, en Perse, en Inde et en Extrême-Orient, et inspirée.(comme dans son oeuvre dessinée, le reporter cède souvent le pas au portraitiste, au romantique, à l'enfant tôt pénétré de l'évanescence des choses qu'il n'a jamais cessé d'être).

  • Après Le Journal de la Commune, L'Enterrement de Jules Vallès, par le même Eloi Valat.

    Ce 16 février 1885, cinq ans après l'amnistie et le retour des communards exilés, il y a foule entre le Quartier latin et le Père-Lachaise. Les amis pleurent. Des provocateurs sont éconduits. La police de la " République bourgeoise " encore chancelante se fait discrète. Le cortège funèbre réveille le spectre des insurgés, dont Vallès, avec son Cri du Peuple, fut et demeure la voix.

    Une journée particulière. À travers elle ressurgit une époque sous le trait heurté et les à-plats de couleur de l'auteur. " Eloi Valat, dit la préfacière, sait tordre les détails en les faisant parfois crier. " En regard, il donne à lire des textes écrits sur le vif par des fidèles de Vallès, des détracteurs aussi. Saisissants entrechoquements. Vallès est là, tout proche.

  • Après Le Journal de la Commune et L'Enterrement de Jules Vallès, troisième volet de la trilogie consacrée à la Commune de Paris par Eloi Valat. « Ses planches donnent à voir une révolution au quotidien, dans sa banalité lyrique, héroïque et tragique. » (Jean-Marie Borzeix) Il les entoure de textes d'époque, d'abord de Jules Vallès « qui fouette de sa plume les ardeurs de la dernière heure. Rien de lui échappe, rien n'échappe à Eloi Valat de cette boucherie. Vallès, Valat, leur trilogie, le bonheur du lecteur. » (Marie-Hélène Roques, IUFM de Toulouse)

  • Sous la Commune, le Journal Officiel continue de paraître. Rédigé par les insurgés, chaque numéro, du lundi 20 mars au mercredi 24 mai 1871, réunit des textes officiels (décrets, arrêtés...) et non officiels (faits divers, dépêches, nécrologies...). A partir d'extraits, Eloi Valat a conçu quelque soixante-dix images/affiches qui offrent, de ces deux mois de révolution, un panorama d'une " prégnante actualité ".

  • Qui ne connaît les pyramides de Méroé ? Le Soudan dont elles sont l'emblème demeure, lui, largement méconnu. D'où cet ouvrage encyclopédique, première synthèse - a fortiori en français - sur les brillantes civilisations qui s'y sont succédé, de la préhistoire à la tragique période contemporaine, cependant marquée par une réelle fécondité artistique. Préfacé par l'auteur de Méroé et Port-Soudan, Olivier Rolin, et s'inscrivant dans la collection d'études d'égyptologie dirigée par Nicolas Grimal, professeur au Collège de France, cet ouvrage est dû à des spécialistes reconnus qui font état des découvertes scientifiques les plus récentes. Il n'en est pas moins facile d'accès grâce à l'expression alerte de ses auteurs et à une très riche iconographie.

    Le Soudan a désormais son livre.

  • « Et les femmes ? » s'interroge Théophile Gautier dans son Constantinople en 1853.
    Assurément, il n'a pas tout dit. C'était, il est vrai, avant l'âge d'or de la carte postale où s'inscrit une autre vision de l'Orient féminin. Certes, les Odalisques chères aux peintres du XIXe siècle n'y sont pas absentes. Et les Albanaises, Arméniennes, Bosniaques ou Macédoniennes qui voyagent sur cartes postales, ainsi que les « Dames turques » chères à Loti et les silhouettes modernes de l'époque kémaliste, satisfont un certain goût de l'exotisme. Mais, sous le jour plus réaliste de la photographie, ces représentations ont aussi une visée ethnographique et témoignent, avec les textes contemporains qui les éclairent, d'une évolution de l'imaginaire européen, explique l'historienne Christine Peltre.

  • L'oppidum gaulois de Bibracte, site majeur de l'archéologie celtique, abrite un musée, un centre de recherche européen et, maintenant, un restaurant. Gaulois, bien sûr. Mais Vercingétorix, familier des lieux, n'a pas laissé de carnet de cuisine gauloise. Une lacune jamais comblée depuis, jusqu'à la parution de cet ouvrage, qui est aussi un carnet de voyage dans ce temps-là.
    En entrée, Anne Flouest mixe les savoirs des archéobotanistes, archéozoologues et archéologues pour nous renseigner, photos à l'appui, sur les plantes, les animaux, les ustensiles et les moyens de cuisson disponibles à l'époque du deuxième âge du Fer, avant l'arrivée de la culture romaine.
    En plat de résistance, près de 300 recettes, réparties par saisons et dues à l'imagination du "chef" Jean-Paul Romac. Il propose, avec les ingrédients d'alors, plus nombreux qu'on ne le croit et toujours à portée de nos mains, une cuisine simple, souvent surprenante, parfois exotique. Éprouvés par ses soins, ces plats sont savoureux, de même que les mots et les dessins pour les décrire.

empty