Presses Universitaires Du Septentrion

  • Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils « adoptif », prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.

  • Image évocatrice, objet convoité, enjeu de pouvoir, la carte dessine le monde. Outre les géographes-cartographes, de nombreux chercheurs, stimulés par sa puissance de représentation, l'utilisent afin de répondre à quelques-unes des interrogations de la société actuelle. La diversité des points de vue, des regards et des usages scientifiques, par conséquent la multiplicité des questionnements, se combine à la profondeur historique des références en apportant au lecteur curieux du monde des éléments de compréhension spatiale de processus, de circonstances, d'événements et de concepts propres à l'humanité. La carte, vivante et mouvante, est un reflet de l'imaginaire et la représentation d'un réel. Depuis l'Antiquité, les représentations de la Terre instaurent des mondes successifs, en jouant avec la géométrie, les distances et les formes, les plans et les volumes. Inscrites dans le temps, les cartes intègrent les temps de la terre et des sociétés. De nouvelles cartographies réinventent le monde du XXIe siècle.

    Contributeurs : Anne-Laure Amilhat Szary - Sophie Braun - Michel Capderou - Ahmed Djebbar - Francis Meilliez - Alain Milon - Sébastien Oliveau - Gilles Palsky - Patrick Popescu-Pampu - Alicia Sanchez-Mazas.

  • Aux confins septentrionaux de l'Empire romain se trouve, selon Virgile (L'Enéide VIII, 727), la terre des extremi hominum Morini, « les hommes qui habitent l'extrémité du monde connu ». Si cette formule a connu une prospérité certaine, l'archéologie donne aujourd'hui à ce territoire un tout autre visage, celui d'une terre de rencontre et d'échanges, au carrefour des voies terrestres et maritimes qui relient la Bretagne romaine (Grande-Bretagne actuelle) au continent. Ainsi la ville antique de Boulogne est le carrefour de la circulation des marchandises et des hommes entre les deux rives du détroit, lieu privilégié pour appréhender les échanges entre le continent, l'espace méditerranéen, l'espace rhénan et la province de Britannia. Rassemblées dans ce volume, les contributions de la table-ronde « Gesoriacum-Bononia, entre terre et mer », qui s'est tenue à Boulogne-sur-Mer, les 24 et 25 septembre 2015 dressent un état des lieux des connaissances sur le rôle du port antique de Boulogne-sur-Mer et de ses liens avec son arrière-pays.

  • Édifice religieux monumental, la cathédrale représente un symbole spirituel, patrimonial, culturel et politique. C'est pourquoi elle est confrontée, en temps de guerre, aux effets et à la violence de celle-ci : sa taille la désigne comme un objectif repérable de loin ; sa fonction religieuse en fait un symbole pour rassembler la population ; elle peut susciter au contraire une volonté de destruction, notamment iconoclaste, de la part de l'adversaire ; les cérémonies qui s'y déroulent pendant ou après les conflits implorent la protection divine, demandent la victoire, honorent les morts. Les enjeux politiques se mêlent aux dimensions spirituelles pour élever certaines cathédrales en symboles nationaux. Enfin, l'édifice est un lieu de mémoire des guerres, par ses cicatrices, ses mémoriaux, ses cérémonies du souvenir, voire de réconciliation. La situation des cathédrales en Europe occidentale des guerres de Religion jusqu'à nos jours - une période marquée par de nombreux et amples conflits - en témoigne.

  • L'approche archéologique des économies du monde classique est ici mise en oeuvre par filières de production et sur le long terme, bien au-delà de la Grèce classique : écartant délibérément l'artisanat céramique, bien étudié par ailleurs, les auteurs se concentrent sur des domaines de la production artisanale généralement mal connus des historiens, qu'ils abordent à travers des études de cas, des bilans et des exposés de méthode : la corderie, la vannerie et le textile, les métallurgies et la fabrication des monnaies, le verre et même l'alun.
    Une large place est réservée aux questions de méthode, à travers le fréquent recours à l'archéologie expérimentale et la comparaison avec la Gaule, dans deux domaines où la recherche y est plus avancée : l'organisation spatiale et la métallurgie du fer. Après deux ouvrages consacrés d'abord aux artisans et aux ateliers, puis aux productions et aux diffusions, cet ensemble d'études clôt une trilogie sur l'artisanat en Grèce ancienne.

  • Au moment où les historiens de l'art réhabilitent l'architecture de la fin du Moyen Âge, nous avons souhaité rééditer l'ouvrage pionnier consacré par Roland Sanfaçon en 1971 à L'Architecture flamboyante en France. Notre motivation se fonde sur l'appel encore incontournable à son contenu, sur l'absence d'une synthèse française équivalente et, enfin, sur la nécessité de faire de cet ouvrage un objet de réflexion historiographique et épistémologique.
    Plusieurs auteurs se sont ainsi réunis Autour de cette réédition pour évaluer leur dette envers la réflexion prodromique engagée par l'historien québécois sur l'architecture des xve et xvie siècles. Tout en interrogeant la problématique élaborée par l'auteur en son temps, forts d'un nouvel « outillage mental », ils écrivent les premières lignes d'une réflexion critique sur une architecture encore méconnue.

  • A l'écart des commémorations du cinquantenaire de Mai 1968 et, en oxymore, en son centre, l'ouvrage rouvre un dossier entamé dix ans plus tôt. La démarche, à l'intersection du témoignage et du storytelling, offrait alors, un rendu des travaux d'une équipe de recherche, dirigée par Agnès Callu et soutenue par l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP/CNRS) travaillant, pendant trois ans, sur la perception autant que l'analyse d'une génération d'historiens - ceux nés entre 1923 et 1940, soit la classe d'âge précédant celle des Baby Boomers - de "leur Mai". Privilégiant le dialogue "d'entre soi" car les entretiens étaient ceux d'historiens majeurs fabriqués par de jeunes historiens, l'objectif consistait à faire surgir le "retour d'expériences" d'experts, témoins oculaires ou auriculaires, d'un évènement basculant les habitus sociaux sur le temps court, réinventant à l'échelle du temps moyen, les pratiques et les usages de l'histoire. La nouvelle convocation, celle de 2018, entreprend une réactualisation critique de l'ouvrage livré à l'issue du colloque-bilan tenu au Collège de France en 2008 en même temps qu'il se demande s'il faut commémorer 68 et si oui, de quelles manières et dans quelles perspectives.

    Contributions de :

    Patrick Boucheron.
    Agnès Callu.
    Valérie Carpentier.
    Myriam Chermette.
    Benoît Corvez.
    Alain Dubois.
    Cécile Formaglio.
    Anne-Sophie Lechevallier.
    Jean-François Moufflet.
    Julie Pagis.
    Damien Richard.
    Jacques Revel.
    Daniel Roche.
    Violette Rouchy-Lévy.
    Gabriel Séjournant.
    Michel Zink.
    Témoignages sonores du "moment 68" de :

    Jean Delumeau.
    Claude Nicolet.
    Michel Pastoureau.
    René Rémond.
    Des extraits de ces témoignages sont téléchargeables sur le site des Presses universitaires du Septentrion sur la fiche du livre.

  • Les limites et les frontières ne sont pas une anecdote érudite ou formelle. Tout d'abord, la vie des êtres humains a été délimitée et précisée par les limites juridictionnelles locales (communautés d'habitants, seigneuries et paroisses) et par les aires d'influence des communautés urbaines. Treize cas, concentrés en France et s'étendant jusqu'au Bas-Rhin et la côte atlantique portugaise en passant par la Catalogne, sont ici analysés par de prestigieux historiens, afin de saisir les axes qui permettent de reconnaître et de délimiter l'espace local depuis la fin de l'Empire romain jusqu'à la fin du Moyen Âge. Il s'agit d'une période de formation pour l'identité européenne, où le profil territorial joua un rôle essentiel qu'il faut connaître afin de saisir de façon appropriée les racines du présent.

  • Quoi de plus banal que l'acte de manger... et pourtant, que l'on soit d'ici ou d'ailleurs, l'acte de manger est un acte hautement culturel, symbolique et social parce qu'il présuppose, avant même que la nourriture soit consommée, un véritable travail de mise en culture alimentaire, c'est-à-dire un travail matériel, social et culturel par lequel la communauté des hommes désigne ce qui est bon ou non à manger, les modalités par lesquelles ces biens nourriciers doivent être fabriqués, comment ils doivent être consommés (quand, où, avec qui) et pour quelles raisons (sanitaires, ludiques, politiques ou religieuses). Et, en la matière, n'en doutons point : l'Homo sapiens a inventé et continue d'inventer des formes variées de se nourrir qui sont autant de grammaires du manger nous permettant de comprendre combien manger est avant tout une manière de faire société.
    Cet ouvrage nous invite ainsi à un voyage dans la diversité des manières de manger, autrement dit dans la diversité des façons de faire société, ici et ailleurs, hier et aujourd'hui, entre jeunes et moins jeunes, seul, en famille ou entre pairs. Pour ce faire, il est construit en trois temps, de la terre à la table en passant par l'assiette, au prisme de trois grands thèmes qui intéressent les sciences sociales : l'innovation alimentaire, les goûts (et les dégoûts) et la commensalité.

  • La traduction est aujourd'hui omniprésente et indispensable pour permettre la communication entre les peuples et les cultures. C'est pourtant une activité multimillénaire, qui n'a pas toujours revêtu les mêmes formes ni connu les mêmes enjeux. L'histoire de la traduction, partie intégrante de la discipline que l'on appelle la traductologie, permet de mieux cerner les contextes culturels dans lesquels s'inscrit la traduction et de suivre l'évolution des réflexions concernant cet objet polymorphe.

    Dans cet ouvrage publié à titre posthume, le chercheur internationalement reconnu qu'est Michel Ballard nous livre le fruit de ses dernières réflexions et apporte un nouvel éclairage sur la place de la traduction dans l'Antiquité, en tenant compte des publications récentes dans le domaine. La période examinée va de l'Égypte ancienne à saint Jérôme, en passant par la Mésopotamie, la Grèce, l'époque ptolémaïque et Rome.

    Avec la collaboration de Yves Chevrel et Christian Balliu.

  • Si la cour de France est un sujet classique en histoire moderne, la naissance et la petite enfance dans le milieu curial constituent des thèmes de recherche rarement abordés.
    Pourtant, de nombreuses archives permettent de reconstituer ce qui se passe autour des reines ou des princesses "en gésine" et de mieux connaître les acteurs, le protocole, les enjeux et les stratégies impliqués par l'"heureux événement". Car les naissances princières représentent un moment-clé pour celles et ceux ayant la charge de ces enfants pas comme les autres. Consacrées à une période allant de la fin du Moyen Age au XIXe siècle, les contributions rassemblées explorent les multiples facettes de la thématique en rendant aux femmes et aux enfants la place qu'ils occupaient alors.
    Des Maisons princières aux discours médicaux, des cérémonies de l'information aux projets éducatifs, de la layette à l'infertilité, ces actes d'un colloque organisé sous l'égide de Cour de France.fr offrent un tableau inédit tiré des recherches les plus récentes.

  • Suivre les méandres d'une histoire parallèle, commune, croisée, de la France et de l'Allemagne depuis les années 1960, tel est l'objet de cette histoire franco-allemande qui met en lumière de nouveaux reliefs d'une relation bilatérale que l'on croit connue. Les cinq décennies écoulées depuis le Traité de l'Elysée de 1963 montrent une évolution générale parallèle et une convergence dans de nombreux domaines. Elles s'inscrivent dans une mutation commune aux Européens, touchant les styles de vie, les modèles de consommation, les milieux qui s'estompent et la transformation des classes moyennes. Cette histoire comparée, contrastée et entremêlée suit d'abord le fil de la chronologie avant de s'arrêter sur des questions où se cristallisent différences et nuances entre les deux pays : régimes et cultures politiques, pratique du parlementarisme, 1968 et sa place dans l'histoire, mutations de la société du travail, nationalité et citoyenneté. La confrontation des pratiques mémorielles et du cheminement des historiographies met en lumière des rythmes différents de la mémoire ; au-delà des spécificités nationales, elle montre des rapprochements surprenants. Enfin, c'est la question du moteur franco-allemand en Europe qui clôt l'étude de cette période sans drame majeur, sans conflit entre la France et l'Allemagne. Résultat du volontarisme de la coopération comme de la contrainte du voisinage, leur convergence s'est faite dans le cadre de l'unification des sociétés européennes qui accompagna la construction de l'Europe institutionnelle.

  • Les projets de « ville durable » se sont aujourd'hui multipliés à travers le monde. Comment interpréter cet engouement généralisé? Est-ce une nouvelle façon de concevoir les relations entre sociétés urbaines et environnements naturels?Dans un contexte d'accélération de l'urbanisation, plutôt que d'acter l'inauguration de nouvelles politiques urbaines, la nécessité d'une analyse des pratiques, représentations et discours de la durabilité urbaine, assortie d'un recul critique s'imposent. C'est l'objectif de cet ouvrage. Il rassemble les travaux actuels de spécialistes en géographie, sociologie et urbanisme, ainsi qu'en architecture, agronomie, lettres, paysagisme, et interroge les dynamiques socio-spatiales de diffusion et de traduction du mot d'ordre désormais mondial de « durabilité urbaine », sur des aires différenciées, en conjuguant les regards « macro » et « micro ». Confrontant de façon originale villes du nord et villes du sud, l'ouvrage donne des clés de compréhension sur la façon dont le projet de « ville durable » a pu devenir le symbole de ce contre quoi il est censé lutter: un « verdissement » inégal de la ville, facteur de ségrégation sociale. Si une ville naturalisée apparaît bien au coeur de la « ville durable », elle procède moins de l'application d'un paradigme idéologique, d'une régulation politique « par le haut » que d'une mosaïque d'initiatives, croisant ambiances, pratiques sociales et récits ordinaires.

  • Bouvines 1214 : le roi de France Philippe Auguste écrase la coalition de ses adversaires menée par l'empereur Othon IV ; son allié Frédéric II l'emporte ainsi définitivement sur son rival Othon. Mais les relations entre la France et l'Allemagne au début du XIIIe siècle sont loin de se limiter à cet épisode spectaculaire. Plus important est sans doute le vaste transfert culturel de la France vers l'Allemagne qu'illustrent l'adaptation par des auteurs allemands des romans arthuriens de Chrétien de Troyes ou encore la construction de cathédrales gothiques; au même moment, les marchands allemands commencent à affluer aux foires de Champagne tandis que des étudiants allemands gagnent les nouvelles universités nées sur le sol français.
    Dépassant la perspective traditionnelle d'une étude limitée aux relations politiques, ce livre donne pour la première fois une histoire globale des relations entre les espaces français et allemand du XIIIe au XVe siècle. Il aborde successivement les thèmes suivants : l'affirmation des deux pays comme états indépendants ; les relations politiques entre le royaume de France et l'Empire ; les échanges économiques et les transferts de biens ; les transferts culturels ; l'existence d'une double frontière politique et linguistique entre les deux pays; les transferts d'hommes et de populations ; l'image et la perception de l'autre dans les deux pays. Il met ainsi en évidence combien les relations entre ces deux pays oscillent entre l'indifférence et la fascination.

  • Dans l'imaginaire collectif, Néron est à jamais figé dans la posture du tyran dépravé, meurtrier, incendiaire : un mythe s'est forgé, éternel et persistant. C'est précisément cette mythologie que l'auteur se propose de décoder.
    Car parallèlement à l'effacement des traces visibles de la mémoire du prince, les auteurs antiques, tant païens que chrétiens, se sont employés à reconstruire son histoire, jusqu'à ce que Néron, dépouillant son enveloppe d'individu historique, devînt une figure emblématique, incarnation de la tyrannie et de la monstruosité elles-mêmes.
    Enquête sur les codes philosophiques, rhétoriques ou littéraires qui ont contraint la réécriture de l'histoire du dernier Julio-claudien, l'ouvrage se propose aussi de suivre les mutations de cette figure au cours de l'Antiquité, au gré des erreurs de lecture, des confusions, des manipulations narratives ou des tentatives d'adaptation de la geste néronienne aux préoccupations du temps.
    Toute une mythographie se fait jour.

  • Ce numéro comporte un dossier sur plusieurs femmes écrivains de la France du Nord et de Belgique. Il met en valeur des écrivaines liées au Nord de la France ou à la Belgique dont l'oeuvre est mal connue, (parfois parce qu'elles étaient des femmes dans un univers littéraire très marqué par des hommes).

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