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  • Barbare ? Informel ? Obscur ? En analysant la question foncière, ce livre démontre qu'au contraire le haut Moyen Âge est une période inventive pour le droit.

    Du VIe au Xe siècle, durant lesquels la détention de la terre est le fondement de toute puissance, les terres publiques sont gérées de manière attentive : comment concéder la terre publique à des fidèles, afin d'éviter le risque d'accaparement ? Analysant le droit foncier, ce livre interroge les cadres et les concepts avec lesquels on parle de la terre dans les sociétés dites "barbares" et permet de dresser un portrait inattendu des sociétés du haut Moyen Âge, plus attaché au formalisme juridique qu'on ne le croit couramment.

    Toutes les institutions foncières sont réexaminées et réévaluées ; des concessions aux églises à la colonisation agraire, en passant par les techniques d'enregistrement et de publicité foncière. En montrant ainsi un formalisme toujours plus affirmé et l'apparition d'innovations juridiques totalement inconnues du droit romain, ce livre propose une approche inédite des sociétés rurales du haut Moyen-Âge.

  • Caves et celliers sont des espaces techniques dédiés au stockage et à la conservation, particulièrement des denrées alimentaires telles que le vin. Ces dépendances domestiques sont habituellement cachées, invisibles à la vue du public. Il en résulte que caves, celliers et autres structures souterraines des habitats font figure de parents pauvres de l'histoire de l'architecture.
    Pour autant, au Moyen Âge comme à l'époque moderne, les caves sont essentielles à l'économie des habitations ou des bâtiments dont elles dépendent. Les techniques mises en oeuvre dans leur construction, l'organisation interne, les aménagements spécifiques, ou encore la manière dont elles furent utilisées, attestent l'importance qui leur a été accordée. Figeant le parcellaire et la présence de vestiges antérieurs, les caves sont des témoins essentiels pour comprendre les dynamiques de développement des villes. En milieu urbain, elles s'accompagnent parfois de réseaux souterrains formés par les carrières d'extraction de pierre. Des parallèles peuvent être établis avec les caves et celliers situés en milieu rural, notamment ceux d'ensembles seigneuriaux, de châteaux, d'abbayes ou d'autres établissements religieux.
    Ce livre offre la première synthèse archéologique sur les caves et celliers des maisons médiévales et modernes tant en France qu'en Europe et au Liban.

  • Protéger l'homme "au moment où il arrive au port de la vie", telle est la mission que les gouvernements français, de l'Ancien Régime à la IIIe République, assigne aux sages-femmes. Accompagnatrices des mères et désormais membres du corps médical, les sages-femmes se sont constituées au cours du XIXe siècle en profession scientifique, détentrice d'un savoir riche et varié. Partout en France, leur formation a occupé administrateurs et médecins, faisant naître des dizaines d'écoles départementales, dont le dynamisme n'a souvent eu que peu à envier à l'école de l'Hospice de la Maternité de Paris.
    Du cours hospitalier à la véritable école-maternité, les institutions de formation ont accueilli en un siècle des dizaines de milliers de jeunes femmes qui, leur diplôme en main, ont été se faire dans les campagnes les "institutrices du système de santé" français.
    Lettrées, compétentes et respectées, les sages-femmes ont ainsi fait bénéficier leurs patientes d'une qualité de soins acquise aux meilleures sources du savoir obstétrical. Légitimées par leur formation et le monopole que l'État leur accorde face aux matrones, elles ont mis au monde l'essentiel de la population française, ont vacciné des générations de nouveau-nés et se sont faites les chantres de l'hygiène pasteurienne dès ses débuts. L'histoire de l'émergence de ce corps professionnel, né d'une volonté politique et du consentement des accoucheuses, est riche d'enseignements pour les enjeux contemporains de la naissance et de ses acteurs.

  • La cathédrale de Bourges, patrimoine mondial classé par l'Unesco, est couverte sur son vaisseau principal d'une charpente du XIIIe siècle de plus de 100 m de longueur, culminant à près de 50m de hauteur. Par ses dimensions hors normes et l'ampleur du chantier de construction, ce gigantesque ouvrage en bois représentait pour les charpentiers de l'époque l'un des plus grands défis technologiques de leur temps, que ce soit pour l'approvisionnement en bois, le levage ou les solutions techniques pour équilibrer la structure sur des murs minces gothiques. Elle conserve également dans la tour occidentale sud un beffroi du XIIIe siècle de 14 m de haut, considéré comme l'un des plus anciens et des plus grands connus actuellement en France.

    /> Ce livre présente l'étude archéologique de ces charpentes en abordant les bois d'oeuvre utilisés et les questions de leur provenance, du stockage, du profil des chênes abattus (morphologie, croissance, âge...) et par là même des forêts exploitées au XIIIe siècle. L'analyse détaillée des charpentes et des assemblages permet d'en comprendre le fonctionnement mais aussi les dysfonctionnements. On suivra l'évolution du chantier à travers l'étude de la taille des grumes, du marquage des bois et du levage des fermes. Grâce aux datations dendrochronologiques, cette étude permet de reconsidérer l'évolution des campagnes de construction de la cathédrale en renouvelant notre compréhension de l'un des plus vastes chantiers de la période gothique.

  • A partir de la fin des années 1870, se développe dans le Haut Jura, une industrie diamantaire qui donne du travail à plusieurs centaines d'ouvriers. Pourtant la taille du diamant y était jusqu'alors inconnue.
    Pourquoi cette industrie s'est-elle précisément développée dans ce territoire ? Quels sont les liens entre cette industrialisation et la mondialisation ?
    A travers l'examen de l'industrie diamantaire du Haut Jura, ce livre montre comment le développement industriel à une échelle locale peut être la manifestation d'un processus global, la mondialisation de l'économie.
    En effet, entre 1870 et la première guerre mondiale, les diamants façonnés dans le Haut-Jura sont extraits aux antipodes, essentiellement en Afrique du Sud, et commercialisés principalement à Birmingham où l'industrie de la bijouterie est en plein essor.
    Ce processus de production s'organise à l'échelle internationale : les entreprises diamantaires du Haut-Jura, dans leur très grande majorité, sont les sous-traitantes de maisons de négoce implantées à Londres, Anvers, Amsterdam et Paris.
    Cette histoire industrielle apporte une mise en perspective intéressante de l'histoire de la mondialisation économique.

  • En 1889 est créé à Grenoble le premier syndicat d'initiative français. Mais ce n'est qu'à partir des années 1970 que se généralisent en France les offices de tourisme, fondement du "tourisme réceptif". Ces structures associatives, fragiles, dévolues à l'accueil et aux renseignements, se spécialisent rapidement dans l'aménagement des territoires et la publicité touristique. Les syndicats d'initiative deviennent des agences de marketing touristique, alimentant les représentations de la France et le sentiment national. Acteurs dynamiques des territoires, les syndicats d'initiative ont fait de la France la première destination touristique mondiale.
    Dynamisme et passions animent les membres des syndicats d'initiative: c'est le fondement même du bon fonctionnement de ces structures. Ce livre brosse le portrait de personnalités remarquables, simples entrepreneurs pour les uns, véritables visionnaires pour les autres. Tissant des relations avec des institutions publiques comme avec des organismes privés, ces acteurs locaux ont élaboré et entretenu les réseaux touristiques. Bien avant les premières politiques officielles de décentralisation, ces actions locales mettent en valeur le territoire français faisant des syndicats d'initiative les ambassadeurs de la qualité française et de son identité.

  • "Mon royaume pour un cheval !" implorait Edouard III.

    Pourrait-on imaginer le Moyen Age sans cheval ? Omniprésent dans la littérature épique et courtoise médiévale, emblème du monde chevaleresque, il est la monture bien-aimée des guerriers professionnels de la société féodale, un animal noble, précieux, bénéficiant d'un statut hors du commun. Compagnon du laboureur et du marchand, il est aussi un travailleur puissant qui donne son énergie pour aménager les campagnes et animer les voies commerciales dans le contexte de la grande croissance de l'Occident. Aucun autre animal n'occupe une place aussi centrale dans la culture médiévale.

    Ce livre propose un tour d'horizon complet de cette société équine du long Moyen Age, interrogeant les pratiques d'élevage, les soins vétérinaires, l'équipement équestre, le monde des écuries, les représentations iconographiques, la valeur symbolique de l'animal, la place singulière qu'il occupe dans les rituels funéraires, le tabou alimentaire dont il bénéficie... Bref, tout ce qui relie le cheval à l'homme.

    Il existe un patrimoine équestre, matériel et immatériel, proprement médiéval, dont la richesse est à l'aune de la position éminente que l'animal a occupée à cette époque. Ce livre montre comment historiens et archéologues enrichissent nos connaissances et contribuent à mieux comprendre et protéger le patrimoine équestre.

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