Seuil

  • Ce roman se présente comme le journal du maître d'oeuvre qui, au douzième siècle, édifia en Provence l'abbaye du Thoronet, exemple d'architecture cistercienne. Jour après jour, nous voyons ce moine constructeur aux prises avec la faiblesse des hommes et l'inertie des choses, harcelé par les éléments contraires, et plus encore, par ses propres contradictions. La vie d'un chantier médiéval, les problèmes techniques, financiers ou doctrinaux que posait sa bonne marche, les solutions d'une étonnante modernité qui leur furent données apparaissent ici bien peu conformes à ce Moyen-Âge de convention dont l'image encombre souvent nos mémoires.

    Cependant, cette vivante chronique de la naissance d'un chef-d'oeuvre, appuyée à la fois sur des recherches historiques originales et sur une longue expérience du métier de bâtisseur, est aussi une réflexion passionnée sur les rapports du beau et du nécessaire, de l'ordre humain et de l'ordre naturel. Et elle est encore une méditation lyrique sur l'Ordre en lequel tous les ordres ont leur place, et sur cet art qui rassemble tous les autres : l'architecture.

    Mais elle est, d'abord, un acte de foi.

  • Bien des chemins mènent à la chambre : le sommeil, l'amour, la méditation, Dieu, le sexe, la lecture, la réclusion, voulue ou subie. De l'accouchement à l'agonie, elle est le théâtre de l'existence, là où le corps dévêtu, nu, las, désirant, s'abandonne. On y passe près de la moitié de sa vie, la plus charnelle, celle de l'insomnie, des pensées vagabondes, du rêve, fenêtre su l'inconscient, sinon sur l'au-delà. La chambre est une boîte, réelle et imaginaire. Quatre murs, plafond, plancher, porte, fenêtre structurent sa matérialité.
    De l'Antiquité à nos jours, Michelle Perrot esquisse une généalogie de la chambre, creuset de la culture occidentale, et explore quelques-unes de ses formes : la chambre de Louis XIV, la chambre d'hôtel, la chambre conjugale, celle de la jeune fille, du malade ou du mourant, celle de la cellule carcérale.
    Une nouvelle édition illustrée de 120 reproductions d'une grande diversité.

  • Ce n'est pas un hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons verts de peur, bleus de colère ou blancs comme un linge. Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens cachés qui influencent notre environnement, nos comportements, notre langage, notre imaginaire. Les couleurs ont une histoire mouvementée qui raconte l'évolution des mentalités.
    L'art, la peinture, la décoration, l'architecture, la publicité, nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures, tout est régi par ce code non écrit.

    Nouvelle édition illustrée du Petit livre des couleurs.

  • Dans cet ouvrage, où une large place est laissée à l'iconographie (peintures, gravures, photographies), Georges Vigarello s'attache à montrer comment l'évolution de la robe est intiment liée au contexte social et culturel de chaque époque. Ainsi, du Moyen Âge à aujourd'hui, il retrace cette histoire faite de ruptures et de révolutions, pour mettre en lumière combien les profils et les modes suggèrent une sensibilité culturelle, épousent une vision du monde, incarnent l'évolution des moeurs. Car l'apparence de la femme traduit bien souvent ce qui est attendu d'elle, d'où l'enjeu d'une histoire des robes.

    Découpé en six grandes parties, l'ouvrage remonte d'abord au XIIIe siècle avec les premiers bustes lacés, pour ensuite s'attarder au XVIe, mais surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles, durant lesquels la géométrie des lignes et des silhouettes ne va faire que s'accentuer : le buste est corseté, la ceinture étranglée et le bas du corps entièrement noyé dans les plis. La femme est avant tout un « décor » et cet artifice est conçu en priorité pour la pause, non pour l'activité. Mais l'époque des Lumières en fera la critique, amplifiée par la Révolution française. La nouvelle « citoyenne » gagne en droits et en liberté, et son vêtement doit en témoigner. Pourtant, le premier quart du XIXe siècle, s'attache à restaurer pour un temps ces formes et dépendances passées : c'est alors l'apogée de la crinoline, avant qu'elle-même ne s'efface au profit du fourreau début XXe, tandis que la robe se fait plus collante, dévoilant davantage le bas du corps. Puis, le XXe marque l'élancement : la ligne se redessine et la rupture s'opère sur l'ensemble de la silhouette. Les formes s'installent, plus onduleuses. La mode « garçonne » des années 30 marque de façon décisive l'affirmation d'un corps mobile. De même, à travers les bouleversements contemporains, triomphe une liberté assumée : la mini-jupe, le legging, le pantalon, sont autant de repères forts, à partir desquels la robe est révolutionnée.

  • Nées dans les milieux maritimes méditerranéens au cours du XIIe siècle, les cartes marines dites " cartes-portulans " constituent le coeur de l'ouvrage. Dessinées sur parchemin, sillonnées de lignes en étoile évoquant les directions de la boussole et représentant la succession des ports et des mouillages le long des rivages, ces cartes accompagnèrent les navigations européennes et l'exploration du monde jusqu'au XVIIIe siècle. Instruments de navigation utilisés à bord des bateaux, elles furent aussi produites sous la forme d'images du monde enluminées, destinées à de riches commanditaires, illustrant les intérêts économiques et politiques des puissances maritimes européennes. Réunissant les contributions d'une quinzaine de spécialistes européens, le livre fait le point des connaissances sur ce type de cartes et reflète le renouveau historiographique des dernières années.
    Ainsi, sous un angle inédit, l'ouvrage interroge la manière dont les Européens ont découvert et conquis mais aussi étudié et représenté territoires et peuples du XIVe au XVIIIe siècle. Les cartes-portulans s'imposent au regard contemporain comme de véritables oeuvres d'art dont le caractère spectaculaire tient autant à leur taille, imposante, qu'à leur polychromie et à leur univers exotique.

  • Précieusement conservé à la bibliothèque de l'Arsenal au titre de trésor national, le Grand Armorial équestre de la Toison d'or est l'un des manuscrits enluminés les plus spectaculaires de la fin du Moyen Âge. Peint à la gouache sur papier à Lille en 1435-1438, il représente les chevaliers de l'ordre de la Toison d'or, fondé par le duc de Bourgogne Philippe le Bon en 1430, et des personnages importants du temps. Rois, ducs, comtes et princes de l'Église y sont figurés en grande tenue héraldique, dans un costume à la fois militaire et civil en tout point extraordinaire. L'ensemble des 79 portraits équestres est accompagné de 950 armoiries collectées dans toute l'Europe par différents hérauts d'armes venus participer en 1435 à la grande paix d'Arras.

    Reproduit ici à l'identique, ce manuscrit exceptionnel est enrichi d'une présentation de l'historien Michel Pastoureau, spécialiste des armoiries, des couleurs et du bestiaire médiéval, et d'un entretien croisé entre le médiéviste et l'artiste Jean-Charles de Castelbajac, créateur iconoclaste passionné d'histoire et d'art contemporain, ainsi que de nombreux dessins inédits de sa main.

  • D'abord grand reporter, Raymond Depardon s'est affirmé, au cours de ces décennies, par ses livres, ses expositions et ses films, comme un artiste majeur. Depuis 1961 et jusqu'en 2013, il a photographié régulièrement Berlin.
    Dans ce livre, il fait revivre la construction du Mur, les visites de Robert Kennedy et de la reine Elisabeth, le congrès Tunix des intellectuels européens qui marque le début des mouvements alternatifs, la chute du Mur, la ville en friche puis la reconstruction des deux côtés d'une frontière abolie mais jamais complètement effacée, et enfin le Berlin d'aujourd'hui. Moments forts de l'Histoire ou du quotidien des Berlinois, tout est saisi par un regard très personnel qui s'attache d'abord aux hommes et femmes, célèbres ou anonymes.
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    Des textes sobres de Depardon viennent ouvrir les chapitres du livre organisés chronologiquement. Une carte de Berlin avec tracé du mur vient conclure le livre.

    Pour la première fois depuis que nous publions l'oeuvre de Raymond Depardon, un éditeur étranger : l'Allemand Steidl a acheté la maquette et les droits en langue anglaise et allemande et prévoit une publication simultanée.

    Raymond Depardon a photographié Berlin pendant cinquante ans. À l'occasion du 25e anniversaire de la chute du Mur, il nous présente trois cents photographies qui, à travers son regard personnel, retracent l'histoire de cette ville de 1961 à nos jours.

  • Depuis le texte fondateur de Vasari, l'histoire de l'art avait tenu dans l'ombre le travail des femmes peintres. À partir des années 1960, les Feminist Studies et les Gender Studies ont permis de mettre à mal cette tendance et de redécouvrir des artistes majeures dont le travail avait été injustement occulté au profit de celui de leurs homologues masculins.
    Du fait de leur isolement et de leur faible nombre tout autant que des interdits et des obstacles qui furent opposés à leur formation comme à leur carrière, l'étude des femmes peintres a engagé Martine Lacas à se poser certaines problématiques qui leur sont propres : dans quelles familles sont-elles nées ? comment se sont-elles formées ? quelles stratégies ont-elles développées pour légitimer leur statut d'artiste et leur production ? Mais aussi qu'est-ce que le fait d'être femme a changé quant au choix des sujets et de leurs interprétations, quant à l'affirmation de soi par l'oeuvre et dans l'ouvre ?
    Pour répondre à ces questions, Martine Lacas s'appuie sur l'étude des ouvres de ces femmes peintres du XVe à l'aube du XIXe siècle, parmi lesquelles on compte Elisabeth Vigée Le Brun, Artemisia Gentileschi, Sofonisba Anguissola ou Adélaïde Labille-Guiard, dont le genre a déterminé et détermine encore la réception, la fortune critique et l'appréciation esthétique.

  • Devenue française en 1532, la Bretagne n'a jamais cessé d'être elle-même. Son identité s'impose, par-delà les lieux communs, de la « Celtie » idéalisée des druides et des chevaliers du Graal jusqu'à Bécassine.
    Dans ce livre-somme, Joël Cornette, Breton et historien, retrace l'aventure mouvementée d'un territoire singulier, depuis ses plus lointaines origines jusqu'à l'aube du XXIe siècle.
    Voici la Bretagne restituée, « en majesté » : des menhirs de Carnac à la fin du dernier millénaire, en passant par les effervescences de 1789 ; de l'ère viking à la « révolution verte » de l'agriculture ; de la grande à la petite histoire, avec la foule des Bretons anonymes mais aussi les personnages illustres, les ruptures fondatrices comme les révolutions silencieuses, vécues au quotidien.
    Plus de cent quarante documents iconographiques, tous commentés, viennent enrichir ce texte : ces « arrêts sur image » s'offrent comme autant de sources précieuses ponctuant la singulière odyssée de ce bout du monde à l'irréductible personnalité.

  • Charles Louis Fremont est né en 1855 sur les contreforts de la Butte Montmartre et a vécu dans le XVIIIe arrondissement jusqu'à sa mort en 1930. Issu d'une famille modeste, il doit travailler à partir de ses 17 ans dans l'atelier de son père.
    En 1885, il est engagé comme photographe à l'Hôtel Dieu, dans le service du gynécologue Gaillard, où il fait la connaissance de Pasteur. C'est à cette époque qu'il prend ses premiers clichés photographiques, activité qu'il pratiquera assiduement jusqu'à la fin de sa vie, partageant son temps entre recherches scientifiques et photographie. Savant et inventeur autodidacte, Charles Fremont est nommé chef du laboratoire de mécanique à l'École des Mines en 1902.
    Grand amoureux de Paris, il en a photographié les rues, les devantures des boutiques, les scènes de vie quotidienne, les monuments, les grands événements de son temps comme les funérailles de Pasteur, l' Exposition universelle de 1900 ou encore la construction du Sacré-Cour. Il s'est aussi passionné pour la vie populaire en immortalisant les fêtes foraines, les lutteurs de foire, les cabarets, ou les défilés de carnaval. Un très beau témoignage inédit sur un Paris que Charles Fremont lui-même sent disparaître et dont il a pu, grâce à la photographie, garder la mémoire pour les générations qui lui succèderaient.

  • L'histoire de la construction du Palais des Doges est fortement liée à celle de la ville de Venise, se développant au gré de ses victoires et de ses défaites. L'association entre le Palais et la basilique Saint-Marc, qui est en quelque sorte une « chapelle » du Palais, montre la volonté de Venise d'associer étroitement l'administration politique de la cité à son mythe constitutif, élaboré au IXe siècle, qui avait fait de l'évangéliste Marc le saint patron de Venise. Ce choix est révélateur d'une volonté de prééminence, puisque saint Marc est le secrétaire de saint Pierre, qui est lui-même le « prince » des apôtres et le saint patron de Rome : c'est donc bien avec la ville des papes que Venise entend rivaliser.

    Le Palais des Doges a connu au cours des siècles de nombreuses phases de construction et de reconstruction, mais c'est à partir de 1342 qu'il commence à prendre la forme que nous admirons encore aujourd'hui.
    Au cours des agrandissements successifs, divers artistes de renom, parmi lesquels Giovanni et Gentile Bellini, Carpaccio, Titien, Tintoret, Véronèse, Sansovino et Tiepolo, travaillent à son ornementation, proclamant la richesse, la force et la moralité de la Sérénissime ainsi que son droit à la suprématie.

    Cet ouvrage, illustré de photographies inédites, nous permet d'en admirer la magnificence.

  • La localisation extraordinaire de l'entrée de cette caverne ornée, à 37 mètres sous les eaux, est due à la montée du niveau de la mer après la fin de la dernière glaciation.
    L'art conservé se trouve dans les salles supérieures restées hors d'eau. Un humain et 177 animaux ont été répertoriés, ainsi que plus de 200 signes géométriques de formes diverses, 65 mains négatives, et 8 représentations de sexes. Les sols sont jonchés de charbons, restes de torches ou de feux allumés, qui servaient aux dessins. Les vingt-quatre dates obtenues par la méthode du radiocarbone ont montré que la caverne avait d'abord été fréquentée il y a 27 000 ans, puis il y a 19 000 ans.
    Compte tenu de l'étendue des zones ennoyées et du nombre des représentations découvertes dans les salles préservées, il est certain qu'à l'origine Cosquer était l'une des grottes ornées les plus importantes d'Europe, seulement comparable à Chauvet et à Lascaux.
    L'examen des traces d'activités des Paléolithiques s'est révélé particulièrement fructueux et spectaculaire. Nous savons maintenant que des enfants accompagnaient les adultes et qu'on leur fit, à l'occasion, imprimer leurs mains sur la surface molle de la paroi, en hauteur. Tous ces détails nous les rendent très proches. Enfin, des activités particulières ont été mises en évidence : ces hommes se servaient vraisemblablement de matières récupérées dans la grotte comme « médecines », une utilisation du calcium, aux vertus médicinales incontestables. C'est la première fois que des activités prophylactiques probables sont mises en évidence dans une grotte ornée et se trouvent en relation directe avec l'art paléolithique. Nous avons donc à Cosquer la plus ancienne utilisation connue d'un remède spécifique.


    Jean Clottes, préhistorien, conservateur général du Patrimoine (honoraire), dirige au Seuil la collection « Arts rupestres ».

    Jean Courtin, préhistorien, fut directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique et est spécialiste de recherches sous-marines.

    Photographe et scaphandrier professionnel, Luc Vanrell est l'inventeur de nombreuses épaves antiques et contemporaines, dont la plus célèbre est l'avion d'Antoine de Saint-Exupéry.

  • La découverte de la glotte Chauvet en 1995 a été un événement considérable : l'ancienneté des peintures, vieilles de 35000 ans, et leur exceptionnelle qualité ont suscité la surprise et l'admiration. Les images des rhinocéros, des mammouths, des lions des cavernes, des bisons, des chevaux ont fait le tour du monde. Une équipe de spécialistes de toutes disciplines a entrepris depuis quelques années une étude approfondie de la grotte, sous la direction de Jean Clottes, auquel Jean-Michel Geneste a succédé à partir de 2002. Cette collaboration s'est révélée particulièrement fructueuse et la caverne a livré bien des secrets sur son origine, sur les datations, les traces laissées par les animaux et les hommes, les techniques utilisées, les thèmes des peintures et des gravures. Le regard posé sur cet art exceptionnel par l'historien d'art ou l'ethnologue amène aussi un éclairage nouveau. Le résultat de ces recherches et de ces découvertes, jusqu'en 2001, est exposé ici, simplement, pour faire partager au public non seulement la connaissance, mais aussi l'émotion qui ne peut manquer de naître devant cet univers vieux de tant de millénaires.

  • En 1816, Katsushika Hokusai (1760-1849), le célèbre maître de l'estampe japonaise, consacre le cinquième volume de sa Manga à l'architecture. Vingt ans plus tard, il reprend ce thème dans un nouveau manuel de dessin, Livre de dessins pour artisans. Nouveaux modèles. Dans l'archipel, faire de l'architecture le sujet d'un livre illustré était inédit et jamais un recueil de gravures sur bois n'avait rendu des bâtiments avec autant de clarté et de véracité. Destinés aux artisans, ces deux manuels d'architecture permettent de découvrir comment l'artiste marie les traditions picturales chinoises, japonaises et occidentales, et rapproche avec génie l'art du dessin de l'art d'édifier. Rappelant les grands traités d'architecture d'Europe, ces deux ouvrages sont à l'avant-garde de la pensée architecturale nipponne moderne. Ces chefs-d'oeuvre du livre illustré de l'époque d'Edo sont, pour la première fois, reproduits et accompagnés de leurs traductions intégrales annotées. Les exemplaires présentés sont conservés à la BnF et ont appartenu à Théodore Duret (1838-1927) et Edmond de Goncourt (1822-1896), défenseurs des impressionnistes et grands amateurs d'art japonais.

  • Pourquoi chercher à expliquer le monde, les hommes et leur histoire en tissant un lien inaltérable avec le divin ? Depuis combien de millénaires s'interroge-t-on pour tenter de comprendre qui nous sommes, d'où nous venons et ce qui nous attend ? Et depuis quand entreprend-on d'écrire ces réflexions pour leur donner une vie et un avenir dans une perspective historique et théologique ? En prenant la suite des Sumériens et des Babyloniens, les auteurs des textes de l'Ancien Testament se sont inscrits dans ce mouvement très ancien où l'histoire et la religion servent de remparts face aux questions sans réponses. Mais quelles sont ces traditions millénaires à partir desquelles ils ont fondé leurs réflexions et, par retour, quelle est leur originalité propre ? En découvrant ce que Sumer, la Babylonie, la terre de Canaan, l'Assyrie ou les Hébreux ont construit autour de ces questions, on évalue les liens qui unissent l'ensemble de ces témoins de la pensée historique et religieuse. En proposant une fresque centrée sur les principaux épisodes de l'Ancien Testament, la démarche historique et non partisane de l'ouvrage invite ainsi à découvrir ce qui nous a été transmis de ce fonds culturel oriental.
    Archéologue orientaliste, spécialiste de la Syrie et de la Mésopotamie, Sophie Cluzan est conservateur du Patrimoine au département des Antiquités orientales du musée du Louvre.

  • Qui n'a jamais vu « la grande Vague », démesurée, écumante et menaçante, lancer ses puissants tentacules à l'assaut d'humbles pêcheurs vulnérables ? Mais sait-on toujours que cette estampe, emblématique de l'art japonais, appartient à la série des Trente-six Vues du mont Fuji, qui, publiée dans les années 1830, renouvela l' ukiyo-e. Créateur impétueux et d'une grande audace, Hokusai (1760-1849) y manifeste un style tout à fait original, empruntant aux techniques traditionnelles japonaise et chinoise mais aussi à la perspective occidentale, pour composer des paysages inattendus, d'une saisissante beauté. Bouddhiste et shintoïste fervent, le maître rend un hommage vibrant à la nature et au Fuji, Montagne sacrée qu'il représente sous des lumières et des atmosphères changeantes, sans pour autant oublier les hommes, qu'il évoque, le plus souvent au premier plan, dans des scènes de la vie quotidienne.

  • Cet ouvrage réunit les plus belles photographies en couleurs de Paris, de 1907 à nos jours. Ces images surprenantes, inédites ou très peu connues, sont pour la plupart l'oeuvre de grands photographes. Elles retracent l'aventure de la photographie en couleurs ainsi que les transformations de la ville : enseignes, murs, affiches, mobilier urbain, transports, immeubles. Les lecteurs pourront ainsi découvrir un Paris du XXe siècle vivant et coloré, à rebours de l'imaginaire nostalgique en noir et blanc le plus souvent mis à l'honneur.

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