Livres en VO

  • Martin Gusinde est l'un des rares occidentaux à avoir vécu parmi les peuples Selk'nam, Yamana et Kawésqar. Le photographe et missionnaire allemand effectue quatre voyages en Terre de Feu entre 1918 et 1924. Il s'immerge en profondeur au sein de ces sociétés jusqu'à parler la langue et être introduit aux rites initiatiques. Les 1200 clichés qu'il rapporte, réalisés à la chambre photographique portable, constituent un témoignage unique sur ces peuples aujourd'hui disparus.

    Les Éditions Xavier Barral ont entrepris la numérisation et la restauration de ce fonds conservé à l'Anthropos Institut à Sankt Augustin en Allemagne. Christine Barthe, responsable scientifique de la photographie au musée du quai Branly, et Xavier Barral ont sélectionné près de 250 photographies publiées dans cet ouvrage, le premier consacré aux photographies de Martin Gusinde.

    Les photographies de Martin Gusinde laissent peu de place aux paysages, encore moins à des séquences de vie quotidienne. En revanche, le corps y apparaît de façon majoritaire, et dans ses manifestations les plus extraordinaires qui sont celles des esprits et des acteurs du rituel du Hain (Selk'nam).

    Afin d'accompagner ce voyage visuel en Terre de Feu, plusieurs textes croisent les études antérieures et plus récentes sur le sujet pour rendre compte d'un état actuel de la recherche :

    « Ouvrir grands les yeux » par Christine Barthe « Sauver ce qu'il en reste » par Marisol Palma Behnke « Mythes et rites initiatiques » par Anne Chapman « Peuplement et dépeuplement de la Terre de Feu » par Dominique Legoupil

  • Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Chine puis Japon : six pays traversés et photographiés par Marc Riboud entre 1955 et 1958. Les Éditions Xavier Barral publient à l'automne 2012 Vers l'Orient, un coffret de cinq ouvrages, véritable carnet de notes visuelles réunissant les plus belles photographies prises lors de ce long et lent voyage entrepris pour rejoindre initialement Calcutta.
    Comme beaucoup d'autres avant lui, Marc Riboud a eu besoin de partir, de quitter la France, sa famille et la reconstruction de l'après-guerre. Âgé de 30 ans, ingénieur de formation, il achète la vieille Land Rover de George Rodger et se met en route au printemps 1955. Sans avoir lu ni les grands récits de Nerval ni ceux de Segalen, il a été bercé en revanche dès très jeune par les récits de voyage de son père, de retour d'un tour du monde entrepris dans les années 1910.
    Désireux de découvrir ces civilisations millénaires, il s'arrête d'abord à Istanbul, avant de poursuivre son chemin par les admirables paysages de Cappadoce et d'Anatolie. Il traverse la Perse pour rejoindre l'Afghanistan et ses zones tribales, comme l'avait fait peu de temps avant lui Nicolas Bouvier. En 1956, il arrive en Inde, sa destination initiale, qu'il sillonne pendant près d'une année : Calcutta, Bombay, Delhi, Darjeeling, le Rajasthan, Bénarès jusqu'au Népal. C'est de là qu'il entre en Chine communiste, où il est l'un des rares Occidentaux à obtenir un visa. Il termine son " Grand Tour " au Japon en 1958, alors en pleine reconstruction après la guerre et en pleine mutation sociétale. De retour en France, Marc Riboud ramène des milliers de photographies, traces de ces cultures ancestrales, que l'on retrouve partout, dans les monuments, les gestes, la beauté des femmes, l'hospitalité des gens, le temps qui n'est pas compté. Ceux qui connaissent l'Orient d'aujourd'hui découvriront peut-être dans ces photos réalisées il y a près de soixante ans ce qui reste quand tout semble changer, et, derrière l'occidentalisation grandissante, le fil caché de l'intemporalité.

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