Belles Lettres

  • Le De uiris illustribus Vrbis Romae (DVI) est un recueil de courtes biographies couvrant l'histoire de Rome depuis sa fondation jusqu'à la fin de la République. Dès le 1er siècle a.C. fut élaborée une liste canonique des grandes figures du passé « national », qui a inspiré, outre le forum d'Auguste, toute une littérature de biographies de uiris illustribus, d'Hygin à Suétone, puis à l'empire tardif, où s'est accentuée leur floraison, quand paganisme et christianisme se disputaient autour de la question des valeurs, nouvelles ou traditionnelles. Les traditions sur les premiers siècles de Rome, qui avaient été le « catéchisme civique » des Romains, la base de leur culture traditionnelle, devinrent alors, chez les païens, un thème à la mode, par la volonté de sauver l'essentiel de l'histoire des origines et de la République, face aux chrétiens qui, parce que ces traditions intégraient étroitement valeurs et croyances païennes, pensaient qu'ils devaient être éradiqués. Le DVI appartient à cette production, qui fleurit à partir du IIIè siècle p.C. Nous avons des raisons de penser qu'il a été écrit très probablement à l'extrême fin du IVè siècle. Si son auteur reste anonyme, on a pu en revanche cerner certains traits de sa personnalité : c'est un païen lettré, qui connaît suffisamment le christianisme pour être au courant des traditions les plus moquées par les chrétiens ; pour celles-ci, on le voit alors prendre des précautions oratoires.



    L'édition proposée, avec un nouvel établissement du texte, une traduction respectueuse de celui-ci et un commentaire aussi exhaustif que possible (paléographique, linguistique, stylistique, et surtout historique), est destinée à mettre en évidence l'intérêt du DVI, injustement méconnu, pour la recherche moderne.

  • L'Anonyme de Valois consiste en la réunion de deux séries d'extraits d'oeuvres historiques. La première série contient une biographie de Constantin (Origo Constantini imperatoris). La seconde (Anonyme de Valois II), objet de la présente édition, traite de l'histoire de l'Italie durant la période 474-526. Pour plus de clarté, les éditeurs ont ajouté un sous-titre : L'Italie sous Odoacre et Théodoric.
    Après le récit de la fin de l'Empire d'Occident, du règne d'Odoacre et de la guerre ayant opposé ce dernier à Théodoric, l'Anonyme de Valois II consacre l'essentiel de ses développements au règne du roi goth. À une longue période de paix et de prospérité (493-523) il oppose les trois dernières années tragiques du règne (523-526). Parmi les sources disponibles sur cette période de l'histoire de l'Italie, l'Anonyme est la plus complète. Il contient par exemple les informations les plus précises sur la déposition de Romulus Augustule, la visite de Théodoric à Rome en 500, le procès et la mort de Boèce. Le texte est entrecoupé par le récit d'événements survenus dans l'Empire d'Orient. Il est composé à partir de sources latines, mais aussi grecques, du 6e siècle, qui sont en grande partie perdues. Il est écrit dans une langue éloignée du latin classique, et est souvent d'interprétation difficile.
    Dans l'introduction, la question des sources est très largement traitée. Les éditeurs estiment que l'Anonyme est une collection d'extraits d'une oeuvre unique utilisant des sources diverses (Consularia Italica, Cassiodore, auteurs grecs). Ils pensent, arguments à l'appui, qu'il pourrait s'agir des Chroniques perdues de l'archevêque de Ravenne Maximien (546/7-556), un proche de Justinien. Le commentaire est suivi par cinq annexes. L'une d'entre elles contient un texte inédit de Giovanni de Matociis (début du 14e siècle) sur le procès et la mort de Boèce.

  • Mécène, descendant des rois étrusques, ami du premier empereur, Auguste, et personnalité phare de la fin de la République romaine et de l'Empire naissant, demeure aujourd'hui encore une figure méconnue.
    Tout à la fois diplomate, conseiller d'Octavien/Auguste et même, durant un temps, responsable du gouvernement de Rome et de l'Italie, il a joué un rôle majeur dans l'émergence d'un régime d'essence monarchique. Cet engagement politique lui a valu, de la part de ses adversaires sénateurs (et, plus tard, de Sénèque), un portrait noir. Son adhésion à l'épicurisme, notamment, fut instrumentalisée afin de décrédibiliser un chevalier qui jamais n'aurait dû revêtir les responsabilités qui furent les siennes au sein de l'État romain. C'est toutefois essentiellement en tant que protecteur des poètes, Virgile, Horace et Properce en particulier, que Mécène a laissé son nom à la postérité. Très vite, il a symbolisé l'âge d'or du patronage littéraire.
    Sous son égide, certaines des oeuvres majeures de la littérature latine ont vu le jour, l'Énéide en premier lieu. Il a été l'un des fers de lance d'une politique culturelle visant à donner à Rome une littérature capable de rivaliser avec celle du monde grec. Personnalité singulière ayant tout à la fois le goût de l'ombre et celui de la provocation, figure centrale d'un cercle épicurien qui servit sans doute en partie de thérapie à sa nature inquiète, Mécène est une figure hors norme de l'histoire de Rome.
    Résultat de cinq années de recherche, cette biographie renouvelle le portrait de Mécène, éclairant tout à la fois son action politique, son oeuvre de protecteur des lettres latines et les singularités d'un personnage peu orthodoxe, controversé et souvent incompris.

    Philippe Le Doze est agrégé, maître de conférences en histoire ancienne à l'université de Reims Champagne-Ardenne et membre du Centre d'Études et de Recherche en Histoire culturelle (CERHiCEA 2616). Il a publié Le Parnasse face à l'Olympe. Poésie et culture politique à l'époque d'Octavien/Auguste (2014).

  • En avril 1912, les archéologues de Pompéi firent la découverte, dans la maison du mensor Verus, d'un curieux instrument, la groma. Composé d'une croix placée sur un support pivotant et de fils à plomb, l'outil servait à déterminer des niveaux et à tracer des angles. D'où le terme de « gromatiques » englobant les maîtres de l'arpentage latin. Non que les Romains aient été les premiers à instaurer cette discipline, largement pratiquée par les Egyptiens qui remesuraient chaque année les propriétés dont les limites avaient été effacées par les crues du Nil, puis par les Grecs, mais ceux-ci en firent un des fondements de leur empire : posséder, et donc délimiter la terre, est au coeur du système politique romain. Ainsi les fameuses centuriations, qui dessinent les propriétés selon des axes orthonormés, et sont visibles encore aujourd'hui non seulement dans les campagnes de Romagne mais aussi en Tunisie.Notre édition est le premier volume d'un projet inédit, présenter l'ensemble des textes latins relatifs à l'arpentage. Le tome I rassemble les écrits d'Hygin le gromatique, contemporain, vraisemblablement, de Vespasien, et de Frontin, l'auteur bien connu des Aqueducs de Rome et des Stratagèmes. L'Introduction générale fait le point sur l'ensemble de nos connaissances relatives à la gromatique : le lecteur trouvera ainsi toutes les informations nécessaires à la bonne intelligence du texte, qu'il soit érudit ou simplement curieux de cette discipline originale, théorique autant que pratique et si fidèle à l'esprit romain. L'introduction est en outre assortie d'une bibliographie sommaire ainsi que d'un historique détaillé de la tradition manuscrite. Chacun des deux traités est précédé d'une notice explicative qui présente le texte et son auteur. Enfin l'ouvrage est assorti de notes, de figures, d'illustrations, d'un Index Verborum Notabilium et d'un Index Nominum.

  • Né près de l'actuelle Trévise entre 530 et 540, Venantius Honorius Clementianus Fortunatus, entreprit de découvrir la Gaule, alors en proie aux luttes sanglantes des mérovingiens. De Mayence à Cologne en passant par Trèves, Fortunat apporta sa culture aux dignitaires Francs. Parti sur les traces de saint Martin, il s'installe à Poitiers dont il devint évêque, peu avant de mourir en l'an 600. Les Carmina est l'oeuvre la plus longue et la plus personnelle de Fortunat, même si l'auteur est resté surtout célèbre pour La Vie de saint Martin. Elle constitue une formidable source de documentation sur les grands personnages de l'époque, tels que Chilpéric ou Brunehaut, et complète l'Histoire des Francs en dévoilant, non sans humour parfois, de nombreuses anecdotes.Notre édition rassemble en trois volumes les onze livres des Carmina. L'introduction relate et organise les nombreux éléments biographiques que Fortunat a laissés et fournit tous les éléments historiques nécessaires à la compréhension de ces poèmes de circonstances. La tradition manuscrite, assez fournie, est assortie d'un stemma codicum, tandis qu'une bibliographie sélective guide le lecteur désireux d'en savoir davantage. Des notes accompagnent la lecture et sont approfondies en fin d'ouvrage par des notes complémentaires.Texte établi et traduit par Marc Reydellet, en trois tomes.Tome I : Livres I à IV.Tome II : Livres V à VII.Tome III : Livres IX à XI.

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