Langue française

  • Les gaulois

    Jean-Louis Brunaux

    Barbares aux yeux des Grecs et des Romains, figures poétiques pour les Romantiques, héros nationalistes chez les historiens du XIXe siècle, les Gaulois gardent pour nous un certain mystère. Leur brillante civilisation, épanouie seulement en quelques siècles, a été submergée par celles de ses voisins, peut-être parce qu'elle en était trop proche. Grâce aux sources littéraires antiques et aux résultats les plus récents de l'archéologie, c'est à une redécouverte des Gaulois que ce guide convie.

  • Il n'est pas question ici des grandes vertus héroïques qui demandent de l'abnégation et qui participent du sublime.
    Les « vertus communes » concernent notre vie quotidienne, et leur vocabulaire est minime : ne pas peser sur la terre, s'en tenir à la discrétion de ne pas apparaître, à cette retenue pleine d'empressement qui est le centre de la vie sociale.
    Carlo Ossola nous invite à parcourir un chemin de sagesse en faisant halte auprès de douze petites vertus : l'affabilité, la discrétion, la bonhomie, la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l'urbanité, la mesure, la placidité, la constance, la générosité, qu'il est bon d'exercer chaque jour, au travail, dans la vie familiale, et avec nous-mêmes. Pour guider chacun à faire de sa vie ordinaire une vie heureuse.

  • En composant La Guerre du Péloponnèse, l'historien athénien Thucydide n'entendait pas seulement faire le récit du conflit qui, de 431 à 404 avant notre ère, avait opposé les deux plus puissantes cités grecques, Athènes et Sparte, mais aussi procurer à ses lecteurs un enseignement « pour toujours ». Il ne s'agissait pas seulement d'établir les faits de la façon la plus sûre, mais encore d'en éclairer le sens par les discours prêtés aux différents protagonistes. En suivant l'ordre chronologique, et en menant une enquête contradictoire, Thucydide a posé les fondements de la méthode historique : d'abord rechercher la vérité, ensuite dégager la logique des événements.
    Écrire « un trésor pour l'éternité » telle était l'ambition de Thucydide. Elle fut amplement satisfaite : La Guerre du Péloponnèse n'a jamais cessé d'être lue et reste de nos jours un des chefs-d'oeuvre de la littérature antique. Sur son auteur cependant, nous n'avons que peu de renseignements. Thucydide est né entre 460 et 455 dans une famille aisée du dème d'Halimonte. Grand admirateur de Périclès, il participe à la vie politique d'Athènes et devient stratège. Cette charge ne lui attire guère d'honneur car il est contraint de quitter Athènes pendant 20 ans. C'est pendant l'exil qu'il rédige La Guerre du Péloponnèse, dont seuls 8 livres nous sont parvenus.

  • 428 est une année sans autre événement mémorable que la chute du royaume d'Arménie, perdu aux confins d'un Empire romain déclinant.
    Pourtant, cette année ordinaire est loin d'être une année sans histoire : rien n'est fait, rien n'est joué, tout est en train de se faire. Le paganisme s'étiole avec panache, les nouveaux gouvernants ont des noms qui quelques années auparavant auraient semblé barbares. Les temps changent, imperceptiblement : le crépuscule de l'Antiquité devient l'aube du Moyen Âge. Renouant avec deux traditions bien antiques, à la fois celle des chroniqueurs et celle des itinéraires circulaires qu'affectionnaient les compilateurs, Giusto Traîna propose un tour du monde romain en 365 jours, où le lecteur découvre villes, palais, déserts, monastères et surtout, à côté des grands noms comme Saint Augustin, les figures peu banales et hautes en couleur du chef barbare Genséric, du Sarrasin al-Mundhir, du Copte Chenouté ou encore de l'extraordinaire impératrice Galla Placidia.

  • Les catastrophes naturelles ne sont pas, dans l'Antiquité, très différentes de ce qu'elles sont de nos jours. Le temps géologique est un temps long.
    Ce qui change, c'est l'environnement humain, le rapport de l'homme à la nature, les façons, différentes, d'habiter celleci et de l'exploiter. Toutes choses qui entraînent que les mêmes catastrophes, de nos jours, peuvent être parfois beaucoup plus meurtrières, beaucoup plus dangereuses que dans l'Antiquité.

  • La conquête romaine est un fait majeur de l'Antiquité. Pourtant, la dimension fiscale de cette histoire, bien que tout à fait essentielle, n'a jamais donné lieu à une étude particulière et approfondie. C'est chose faite avec ce livre, appelé à devenir un ouvrage de référence. Comment la cité de Rome a-t-elle utilisé l'arme fiscale pour mobiliser des capacités militaires et financières sans équivalent pour l'époque ? Peut-on mesurer ce que la conquête a rapporté et quel a été son coût ? Les Romains n'ont-ils fait que mener une entreprise de pillage à grande échelle, ou bien se sont-ils efforcés de construire un empire dans lequel le consentement fiscal a eu sa place, dans le droit fil de leur expérience civique ? Par quels moyens, enfin, ont-ils réussi à concilier l'adhésion des populations sujettes avec le maintien de leur rente fiscale ? Ce sont autant de questions, parmi bien d'autres, auxquelles Tribut apporte une réponse.
    C'est donc dans une enquête captivante que le lecteur est conduit, revenant sur nombre d'idées reçues et débouchant sur une vision inédite de l'Empire romain. Plus largement, ce livre s'adresse aussi à tous ceux qui, à travers l'ensemble des périodes historiques, s'intéressent à l'analyse des grands régimes de domination.

  • Dis-moi Muse, la colère d'Achille, les tourments d'Enée, la naissance du monde, les crimes d'OEdipe et les châtiments des dieux : la mythologie est un ciel infini et ses étoiles, dont nul ne sait si elles sont mortes ou vivantes, continuent de nous éclairer et de nous faire rêver. Elle occupe des pans entiers de notre imaginaire et des rayons entiers des bibliothèques.

  • La Vie de Charlemagne, écrite au IXe siècle par Eginhard (770-840), familier du grand empereur et de son fils Louis le Pieux, est le texte le plus célèbre du Moyen Age latin.
    La précédente traduction, donnée par Louis Halphen en 1923, inaugura la collection "Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Age" devenue "Les Classiques de l'histoire du Moyen Age" dans laquelle ce volume prend place, un siècle après.
    Riche d'anecdotes piquantes, de descriptions ethnographiques, de notations épiques, ce texte est la source essentielle pour l'histoire de Charlemagne et l'interprétation de son règne. On y voit la dépréciation des Mérovingiens en rois fainéants, et la construction de l'image du grand conquérant, rénovateur de l'Eglise, de l'école et de la culture, couronné empereur par le pape en 800. Mais ce récit est aussi l'oeuvre d'un auteur : Eginhard écrit après les faits et son ouvrage est tissé des préoccupations politiques des successeurs de Charlemagne. C'est aussi l'oeuvre d'un savant, acteur de la Renaissance carolingienne, pétri de culture classique mise au service de la politique et de l'art littéraire.

  • L'ouvrage porte essentiellement sur la forêt au Moyen Âge entre le Ve et le XVe siècle sans pour autant s'y restreindre, faisant parfois des ponts avec les périodes antérieures et postérieures pour une meilleure compréhension des diverses évolutions.
    L'intérêt principal de cette somme est de croiser de multiples approches scientifiques et textuelles. En faisant appel à des spécialistes de disciplines peu, voire pas représentées habituellement dans les ouvrages historiques, elle met en forme des données très récentes souvent issues de programmes encore en cours, que ce soit en archéologie, en palynologie, ou en dendrochronologie Ce dialogue pluridisciplinaire ouvre un dialogue sans pareil entre littéraires, linguistes, juristes, historiens des religions et des institutions, archéologues, spécialiste de la végétation ancienne, de la construction des cathédrales, du transport du bois, des mines, de la production de la chaux, de la poix, du sel, etc. Plus que l'exhaustivité géographique, la diversité des approches scientifiques et la déclinaison d'exemples contrastés et variés a été privilégiée et soutenue par l'abondance des illustrations (représentations médiévales de la forêt mais aussi iconographie explicative). En mêlant des approches littéraires, historiques, linguistiques à des études scientifiques très différentes et à la pointe de la recherche pour la connaissance du passé comme l'archéologie, la palynologie, la dendrochronologie, l'ouvrage donne un panorama complet et offre un ensemble qui ne s'était encore jamais fait sur ce sujet.

  • « Ce ne sont pas des mémoires. C'est trop tôt. Ce n'est pas un journal. Je ne vois pas assez de choses. Ce sont des notes, des notes dont je veux me souvenir et que seul, peut-être, j'aurai du plaisir à relire. » Lorsque Maurice Garçon (1889-1967) inaugure par ces mots le premier cahier de son journal, en 1912, il ne se doute pas qu'au cours du demi-siècle à venir et jusqu'à la veille de sa mort, il va en remplir 41 autres. Il a vingt-trois ans et vient de prêter serment au barreau de Paris. Ses cahiers deviennent ses confidents quotidiens : il se précipite presque chaque soir sur les pages à noircir. Il note, raconte ses journées avec verve. La période de l'Occupation lui donne l'occasion de déployer tous ses talents de chroniqueur. Il sillonne Paris et la province, enquête, furète, recoupe : nous voici conviés à une ahurissante traversée des années noires, histoire immédiate haletante. Maréchaliste de la première heure, il fait volte-face après l'armistice et, après le vote des pleins pouvoirs à Pétain, le 10 juillet 1940 : il ne cessera plus de fustiger « le Vieux ». Fureur patriote, chagrin sans pitié, colère, espoir, désespoir. Honte de la collaboration. Virulence contre les nouvelles lois de Vichy. Son journal déborde. Portraits, détails méconnus, anecdotes, parfois révélations, Maurice Garçon se livre avec une enviable facilité d'écriture et le mérite constant de s'interdire toute retouche. Car ce qu'on découvre est un premier jet, un premier jet presque sans ratures, qui ne sera jamais repris ni retravaillé. On lit sur le vif.

  • Au Moyen Âge, pendant deux siècles, une secte islamique organisée en véritable internationale terroriste, pratique l'assassinat politique sous toutes ses formes, se forgeant ainsi une réputation mondiale d'Assassins. Aujourd'hui encore, l'histoire des Assassins nous concerne, car elle est une première et fascinante représentation des péripéties tragiques qui, dans des contextes différents, se sont reproduites jusqu'à nos jours.
    Les idéologies sont autres, mais les lois du jeu politique étant constantes, le modèle reste le même. Au nom de la cause, la fin, déjà, justifiait les moyens.

  • Pour la première fois dans l'histoire de l'égyptologie, la pédagogie s'organise autour d'inscriptions de difficulté progressive, et non autour de catégories grammaticales. Afin de les reconnaître plus facilement sur les inscriptions, tous les signes sont présentés à travers plus de 700 fac-similés, dans leurs formes graphiques des plus détaillées - avec leurs couleurs originales - aux plus cursives. Les documents étudiés sont des photographies, pour que l'étudiant puisse le plus vite possible mettre en pratique ses connaissances sur les monuments.
    L'iconographie, les symboles, dieux et personnages, dont la connaissance est utile à la compréhension des textes, sont expliqués et richement illustrés.
    Tant pour l'amateur qui veut découvrir la beauté de l'écriture égyptienne et savoir de quoi parlent les inscriptions, que pour l'étudiant qui veut se lancer dans un apprentissage approfondi de l'épigraphie hiéroglyphique, ce livre est aujourd'hui l'une des meilleures portes d'entrée sur le sujet, à la fois accessible et savant.
    Cette seconde édition est une oeuvre plus aboutie, qui contient suffisamment de nouveau contenu pour intéresser ceux qui ont déjà acheté la première : on y trouvera 4 nouvelles leçons (trois pour faciliter le travail des débutants, et une pour introduire au livre des morts à la fin), un vocabulaire désormais dessiné en fac-similé, plusieurs notices de signes supplémentaires, des explications grammaticales simplifiées et mises à jour des derniers développements de la recherche égyptologique.

  • Dans La Ruine de la civilisation antique, publiée pour la première fois en France en 1921, le grand historien et intellectuel italien Guglielmo Ferrero se livre à son exercice favori :
    Amener son lecteur à prendre du recul sur l'histoire contemporaine par une relecture en profondeur de la Rome antique (en l'occurrence, celle du Troisième siècle de l'Empire, au moment de sa chute).
    Par ce détour, Ferrero souhaite interroger son lecteur, à une époque ébranlée par l'après Première Guerre mondiale et les débuts de la révolution russe, sur les mécanismes politiques et culturels à l'oeuvre dans le temps long d'une histoire politique occidentale qui est avant tout celle de la civilisation européenne.
    Cet usage de l'histoire comme d'une lanterne éclairant le temps présent n'a rien perdu de son actualité et de sa finesse. Dans la description des luttes que se livrent des modèles institutionnels aussi différents que la dictature, la monarchie et la démocratie, Ferrero cherche à isoler les grands principes et mécanismes qui les sous-tendent. Ces mécanismes, il saisit quelques années plus tard l'occasion d'y revenir de façon plus détaillée dans sa grande oeuvre, Pouvoirs. Les génies invisibles de la cité (1943).
    Dans son cheminement théorique, La Ruine de la civilisation antique apparaît comme le carrefour majeur entre les écrits de l'historien spécialisé dans le décryptage de la Rome antique et ceux du théoricien des limites mais surtout des principes de légitimité dont il a donné une lecture qui reste indépassée. Relire Guglielmo Ferrero c'est rendre hommage, dans la crise que nous traversons, à un européen convaincu, qui écrivait déjà que l'Europe se sauverait ou périrait tout entière et que, dans la bascule entre ces deux avenirs, la question de la forme des régimes politiques et de leur sincérité au regard de ses principes fondateurs n'est pas anecdotique, elle est centrale.

  • En Grèce, dès l'époque hellénistique, la rhétorique a constitué un élément central dans l'éducation des adolescents. En se livrant à des exercices préparatoires de rhétorique (les progymnasmata), les jeunes Grecs se confrontaient progressivement à un large spectre de formes d'expression, de la fable à la défense d'un projet de loi ; ils enrichissaient leurs connaissances, amélioraient leur pratique de la langue, apprenaient à exprimer des affects et à maîtriser l'argumentation.
    Ces exercices ont été transmis et pratiqués à Rome, à Byzance, en Occident à la Renaissance - en tout sur près de deux millénaires - avant de disparaître des écoles européennes vers la fin du XIXe siècle, en même temps que la rhétorique.
    Pourtant accessibles à tous, les exercices rhétoriques d'hier s'avèrent une mine d'or pour les citoyens d'aujourd'hui et de demain. Des petites aux grandes écoles, on redécouvre actuellement leur potentiel. On constate que cette formation, à la fois culturelle et politique, est corroborée par la neuropédagogie et aisément adaptable aux nouveaux moyens d'information et de communication contemporains.
    Avec ce petit livre synthétique, surprenant et ludique, Pierre Chiron, nous livre les secrets d'une éducation réussie, à tous les âges.

  • Après la Théogonie, qui chante l'épanouissement des lignées divines, Les Travaux et les Jours est le grand poème archaïque de la condition humaine. Dans cette oeuvre de poésie sapientiale, l'aède paysan s'adresse à son frère, parfois aux rois et, en définitive, à nous, simples mortels, pour délivrer conseils éclairés et prescriptions impérieuses. Comment faire fructifier vignes et blés (les « travaux »), comment se repérer dans le dédale des jours fastes et néfastes (les « jours ») ? Comment interpréter les signes concrets qui sonnent l'arrivée d'une saison et son cortège de tâches à accomplir ? Comment vivre, enfin, dans le monde âpre où l'on est né ? C'est ce qu'Hésiode apprend aux hommes, au fil des vers du plus ancien poème didactique conservé en grec.
    Deux mythes célèbres retracent les raisons de cette rudesse du monde depuis que les hommes ont été séparés des dieux. Avec Pandore, la pénurie des ressources et l'obligation du travail se sont installées au coeur du monde des mortels ; et avec le manque, la nécessité de la justice au sein des collectivités humaines, illustrée par le mythe des races. C'est le remède à ce malheur que le poète des Travaux et des Jours s'acharne à élucider, entre savoir éclairé et conscience de la précarité essentielle de tout effort humain.

  • L'ouvrage conjugue certaines traductions CUF modernisées et remaniées (collection Chambry, Avianus) avec des traductions nouvelles (Phèdre) ou inédites (Babrius).
    Chaque chapitre est précédé d'une introduction nouvelle et accompagné de notes discrètes permettant non seulement de rendre ces textes accessibles au plus grand nombre mais aussi d'en déployer toute la portée. En effet derrière l'histoire racontée se cache un sens second. Les fables tiennent de l'énigme. Elles se disent volontiers en prose, ou bien en vers iambiques, voués à la moquerie. Elles ne s'adressent pas aux enfants en priorité (certaines seraient plutôt déplacées dans les écoles...) mais ont beaucoup pour leur plaire, parce qu'elles savent amuser en instruisant.
    Entre réalisme et fantaisie, ces fables parlent autant aux petits qu'aux grands, en âge, mais aussi en condition, l'adresse aux grands de ce monde en est même une des caractéristiques. D'où l'importance pour le lecteur d'avoir à sa disposition des notes succinctes fournissant les explications indispensables dans les domaines du mythe, de la religion, de l'histoire politique et sociale, de la culture matérielle, de la vie animale etc. Ce type de notes était absent des traductions publiées précédemment.
    Dans une traduction précise et vivante, ce volume a aussi pour originalité de rassembler « les fables en contexte », c'est-à-dire les fables qui ne se trouvent pas dans les recueils de fables, mais chez les plus grands écrivains grecs et latins comme Hésiode, Sophocle, Platon, Aristote, Tite- Live, Horace, Plutarque.

  • On entend souvent prononcer les mots d'humanisme et de liberté. C'est d'abord qu'humanitas et libertas sont liées par des rapports pratiques, historiques et philosophiques très profonds. On se doute que des valeurs aussi vitales dans la culture européenne ont toujours besoin d'être étudiées pour être défendues. Voilà précisément la fonction que l'auteur reconnaît aux intellectuels humanistes. Si telle est leur utilité, loin de constituer une catégorie nouvelle, les intellectuels humanistes ont toujours existé depuis Pic de la Mirandole et depuis Érasme. Mais mieux vaudrait demander : qui sont-ils actuellement ? Ils appartiennent à ces travailleurs de l'esprit, chercheurs, professeurs, savants, confrontés à leur condition d'intelligences modernes assiégées par l'économie. Ils sont les premiers concernés par l'inexorable métamorphose des institutions du savoir, universités et autres, censées garantir la liberté de penser. Depuis que celles-ci ont franchi le cap qui sépare leur devoir-être humaniste du règne des purs échanges techniques, elles n'opposent plus aucune résistance à la rentabilité où une idée, fût-elle la libertas, vaut son seul prix d'objet marchand.
    Dans ce livre la théorie mène à la pratique. Cette recherche définit la liberté d'esprit et parle pour elle en compagnie des grands précurseurs de la Renaissance. Avec eux et souvent dans leur sillage figurent quelques noms prestigieux de l'humanisme intellectuel du XXe siècle : Aby Warburg, Alfred Weber, Erwin Panofsky, Edgar Wind, Eugenio Garin ou Ezio Raimondi. À entrer dans leur pensée et à les écouter, le lecteur retrouve sa propre liberté d'esprit.

  • Aujourd'hui encore, Jacques de Molay fascine. Parmi les vingt-trois grands-maîtres qui se sont succédé à la tête de l'ordre du Temple entre 1120 et 1312, il est sans doute le seul dont le public intéressé par l'histoire conserve la mémoire. Les Rois maudits de Maurice Druon l'ont immortalisé et de récents supports, du Da Vinci Code à Assassin's Creed, ont répandu son nom dans le monde entier. Pourtant, s'il est ancré dans le mythe, Jacques de Molay n'a guère captivé les historiens. Il est un « inconnu célèbre », d'ordinaire déprécié, sur lequel bien des incertitudes persistent jusque pour ses dates essentielles - sa naissance, son élection ou même sa mort. Les traces de son action, toutefois, sont loin d'être indigentes. Ces sources, étudiées de façon systématique et confrontées aux différentes mémoires existantes, offrent un nouvel éclairage sur le grand-maître : débarrassé des stéréotypes, Jacques de Molay peut enfin sortir de l'ombre.
    Trois parties structurent le livre. La première traite des images du dignitaire, révélant comment, à partir du début du XIXe siècle, un archétype du héros tragique s'est mis en place. La seconde s'attache à l'homme et analyse son parcours pour établir la manière dont il s'est élevé jusqu'au sommet du Temple au sort duquel, de la Terre sainte aux geôles de Philippe le Bel, il s'est identifié. Les engagements de Jacques de Molay, enfin, sont au coeur de la troisième partie. Le soutien à l'Orient latin et la défense de son ordre, qu'il s'est efforcé d'adapter au mieux à une conjoncture lourde de périls, ont été les priorités de cet homme ferme et entreprenant, bien loin de l'incapable que trop d'auteurs décrivent. Ainsi, jusque dans la tourmente du procès du Temple, il a cherché à sauvegarder son institution puis arrêtée la perte de celle-ci, à en préserver la mémoire face aux juges et à la mort : il le fit, le 11 mars 1314, en rétractant des aveux arrachés six ans et demi plus tôt sous la torture, prêt à affronter le bûcher et à réaliser ce sacrifice ultime de sa vie dont la postérité l'a vengé en y trouvant, au fil des siècles, l'assurance croissante du martyre.

  • L'art culinaire

    Apicius

    Gavius Apicius, ami de Tibère est entré dans la légende impériale pour avoir porté la gloutonnerie à des extrêmes inouïs. L'auteur de L'Art Culinaire, s'est fait connaître par ses extravagances culinaires en inventant des plats tels que le talon de chameau ou les langues de flamants, mais aussi par les dépenses somptuaires que nécessitaient ses festins.
    On raconte même que, dans l'obligation de restreindre son train de vie, il se serait empoisonné.
    Même si la version que nous possédons est sans doute largement postérieure à Apicius et daterait probablement des années 400, L'Art Culinaire, n'en constitue pas moins pour nous un précieux témoignage historique, tant sur les goûts de l'époque que sur les techniques de conservation des aliments.

  • Avec ce livre, goûtez à la saveur de Rome ! Humez ses arômes et sentez combien la cuisine était un lieu, une pratique, un art de vivre, un partage qui permettent de comprendre, de connaître la culture et le devenir d'un peuple.

  • Des robots qui parlent latin et grec ? Il ne s'agit pas de science-fiction mais bien de la fabuleuse histoire des machines de l'Antiquité et de leurs ingénieurs de génie, du mythique Héphaïstos, dieu de la forge et patron des « techniciens », qui inventa le premier automate de l'histoire, aux réalisations surprenantes des « mécaniciens » grecs et romains dans tous les domaines de la « haute technologie ».
    À travers une centaine de textes en traduction, cet ouvrage montre sous un angle original et divertissant aussi bien les robots imaginés par les poètes que les ingénieuses mécaniques des savants alexandrins ainsi que les premières réflexions des philosophes sur la question de l'intelligence artificielle.

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