Arts et spectacles

  • Jaromir Malek nous propose avec cet ouvrage une somme inédite et irremplaçable sur le chat égyptien. L'histoire qu'il retrace est d'abord une oeuvre d'érudition qui puise dans un parcours universitaire prestigieux :
    J. Malek est l'ancien conservateur des archives du Griffith Institute à Oxford, une institution fondée par le fameux égyptologue Francis Llewellyn Griffith qui abrite une collection égyptologique de premier plan et publie des bibliographies majeures dans le domaine comme la Topographical bibliography et The Online Egyptological Bibliography.
    C'est donc un fin connaisseur de l'histoire, de l'art et de la culture de l'Égypte ancienne.
    On trouvera donc dans son histoire du chat, grâce à une foule d'images et de documents R textes, fresques, sarcophages, statuettes, bijoux, etc. R, de quoi satisfaire toutes les curiosités sur la place du chat dans la faune, sa domestication, sa promotion progressive jusqu'aux plus hauts sommets de la religion égyptienne, la symbolique qui lui est attachée ou encore sur ce que cachent les momies de chats. Pour autant, J. Malek ne dissimule pas les zones d'ombre, les mystères, les difficultés que nous avons parfois à appréhender une relation homme-animal complexe, ambiguë et parfois insuffisamment ou pas documentée.
    Enfin, ce livre est aussi sans aucun doute, l'oeuvre d'un incontestable amoureux des chats et de l'Égypte, d'un homme engagé qui parle à la première personne et dédie son livre à ceux qui se battent contre le commerce des fourrures animales.

  • Traité d'architecture

    Vitruve

    « Le Traité d'architecture de Vitruve, présenté à l'empereur Auguste et donc « publié » dans les années 30-20 av. J.-C., est le seul des textes grecs et romains consacrés à l'art de bâtir, dont nous savons qu'ils furent nombreux, à avoir échappé au naufrage de la grande tradition technique de l'Antiquité classique. Considéré depuis l'époque carolingienne jusqu'au XVIIIe siècle comme une véritable bible dans sa spécialité, il souffre aujourd'hui d'un relatif discrédit, et rares sont les praticiens contemporains qui jugent utile de le relire, ou même seulement de le feuilleter. Le but de la présente édition n'est pas de « réhabiliter » le vieux théoricien, et encore moins d'en promouvoir de nouveau l'usage à des fins théoriques ou pratiques : ce serait, à l'âge de la conception assistée par ordinateur, où l'accent est mis sur la rationalité des programmes, l'industrialisation des techniques et la pureté des formes sérielles, pour le moins incongru. Mais rendre plus facile l'accès à son oeuvre nous a paru néanmoins nécessaire, pour tous ceux qui, en amateurs, en étudiants ou en spécialistes, s'intéressent à l'architecture, à l'évolution des formes, des structures et des techniques, et plus généralement à l'histoire de l'art européen. Pour cela, nous avons évidemment conservé l'intégralité du texte original et de sa traduction, mais singulièrement réduit les commentaires qui dans la grande édition des Belles Lettres en accompagnaient presque chaque mot, ou du moins chaque notion, et supprimé ce qu'on appelle l'apparat critique, c'est-àdire la liste des variantes repérées dans les manuscrits médiévaux du De architectura. Sous une forme maniable, et sans rien perdre d'essentiel, cette nouvelle version, qui intègre les découvertes archéologiques les plus récentes, autorise la consultation continue ou anthologique d'un ouvrage qui demeure, en l'état de notre documentation, unique en son genre, et qui, paradoxalement, a encore beaucoup à nous apprendre, et pas seulement dans le domaine de la construction. L'illustration qui l'accompagne, enrichie d'un cahier en couleurs, est de nature à en fournir une transposition concrète et suggestive. En annexe, différents index facilitent la navigation interne du lecteur curieux ou pressé, et une bibliographie, réduite à l'essentiel et centrée sur les études en langue française, incite à l'approfondissement de la réflexion.
    En cette année de la célébration du bimillénaire de la mort d'Auguste, il ne nous a pas paru inopportun de réactualiser l'un des ouvrages qui ont sur le long terme le plus durablement contribué à définir la culture spécifique des premières décennies de l'Empire romain.
    Rappelons les noms des éditeurs des dix livres de ce Traité. Il est clair que le présent volume leur doit tout, et d'abord sa substance même, c'està- dire le corps de son texte, qu'ils ont établi, traduit et expliqué : Livre I, Philippe Fleury, 1990 ; Livre II, Louis Callebat, Pierre Gros, Catherine Jacquemard, 1999 ; Livre III, Pierre Gros, 1990 ; Livre IV, Pierre Gros, 1992 ; Livre V, Catherine Saliou, 2009 ; Livre VI, Louis Callebat, 2004 ;
    Livre VII, Bernard Liou, Marie-Thérèse Cam, Michel Zuinghedau, 1885 ; Livre VIII, Louis Callebat, 1973 ; Livre IX, Jean Soubiran, 1969 ; Livre X, Louis Callebat, Philippe Fleury, 1986. » Pierre Gros, Membre de l'Institut.

  • Eugène Atget (1857-1957), bien connu de tous les amoureux du vieux Paris est un des photographes les plus importants du XXe siècle. Découvert par les Surréalistes (Man Ray ou Robert Desnos) peu avant sa mort, il devint dans les années 1930 le père tutélaire de la photographie documentaire aussi bien américaine (Walker Evans, Berenice Abbott, Robert Frank, Lee Friedlander) que française (Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Izis, Willy Ronis, etc). Cependant qu'en Allemagne, Walter Benjamin l'utilisa abondamment. L'ouvrage de Jacques Bonnet est le premier à traiter Atget sous ses multiples aspects : sa biographie, la réception de ses oeuvres dans les décennies qui suivirent sa mort, sa place dans l'histoire de la photographie documentaire et dans la lignée des grands photographes de Paris du XIXe siècle, sa manière « discrète », la renaissance de son oeuvre aux États-Unis dans les années 1970, ainsi que certaines catégories de ses clichés souvent négligés : ses nombreuses photographies d'arbres et ses photographies de maisons closes ou de nus érotiques. Plus de 60 photographies laissent entrevoir les vies de cet inconnu célèbre.

  • Qu'est-ce que l'art architectural ?
    La plupart des ouvrages de théorie de l'architecture n'émanent pas d'architectes, mais de chercheurs ou de critiques réputés qui pratiquent un autre métier, comme l'anthropologue Françoise Choay. Lorsqu'ils sont architectes, les auteurs produisent davantage des livres de recettes autobiographiques que des essais de réflexion théorique. Le statut de Rémy Butler est donc assez atypique. Son questionnement, développé pendant des décennies au contact de générations d'élèves, est alimenté par une ample connaissance de la pratique. Sa méthode, originale, consiste à interroger quelques termes constamment utilisés pour la qualifier :
    échelle, rythme, ornement, composition. pour dessiner la valeur symbolique de l'architecture, de Vitruve à nos jours.
    Humaniste, la réflexion, nourrie par des ouvrages de tous bords, s'échafaude au moyen de multiples références qui décloisonnent le champ de la réflexion architecturale classique. Pour Rémy Butler, l'architecture est un moyen de réfléchir à l'existence, aux transformations profondes, anthropologiques, qui affectent nos sociétés, aux rapports de l'homme à son espèce, à son univers.
    Dans une époque fonctionnaliste où l'utile mène la danse, l'ambition est ici d'élever l'architecture à une philosophie en acte. Pour toutes ces raisons, ce livre fait partie des très rares ouvrages qui parlent d'architecture sans images. Il révèle une architecture plus propre à conjurer le temps qu'à occuper l'espace.

  • L'arc romain d'Orange, vieux de plus de 2000 ans, a depuis ses origines capté l'attention de personnes d'époques et aux intérêts très différents. Il a été perçu comme modèle architectural idéal, comme triste ruine ou, au contraire, comme ruine évocatrice dans un paysage pastoral fictif, en passant par de multiples reconstitutions de son aspect antique. Dans cet ouvrage, nous présentons les témoignages les plus marquants qui illustrent d'une manière exemplaire la richesse et l'ancienneté du patrimoine culturel de la France. Après l'analyse des rôles assumés par l'arc romain d'Orange à travers les siècles, nous proposons une nouvelle datation pour sa construction, non - comme cela est admis jusqu'à présent - vers 26 apr. J.- C., à l'époque de Tibère, mais au début du règne d'Octavien-Auguste, après la bataille d'Actium de 31 av. J.-C. et au plus tard vers 12 av. J.-C. À ce moment, l'élite locale fortunée a réuni d'impressionnants moyens pour ce projet suivi par un architecte de premier ordre ; avec l'arc d'Orange, les dignitaires locaux visaient non seulement à exalter le pouvoir de Rome et la gloire de l'empereur, mais aussi à souligner leur propre statut : les notables d'Orange marquaient leurs noms sur le monument, noms inscrits sur des boucliers sculptés entendus comme offrandes.
    La présente étude ouvre une nouvelle voie dans la valorisation du patrimoine en France en retraçant le Nachleben, c'est à dire la fortune ou la survivance, d'un monument antique depuis sa création jusqu'à nos jours.
    Ces recherches qui analysent systématiquement pour chaque période le contexte historique, la perception contemporaine, la fonction et l'aspect changeants du monument, s'appuient sur un vaste corpus documentaire et iconographique, conservé en grande partie à la Bibliothèque Nationale de France (dans différents départements : Manuscrits, Estampes, Imprimés) :
    Des dessins de Giuliano da Sangallo de 1496 jusqu'à Google Earth, en passant par des croquis et des tableaux d'Hubert Robert, de Clérisseau ou de Percier, l'arc d'Orange est inscrit dans des contextes les plus divers par l'imagination artistique, tout en devenant, à partir du milieu du XIX e siècle, un célèbre monument historique classé, sujet d'innombrables cartes postales, d'un timbre postal ou de cérémonies solennelles.

  • Les vingt-et-une contributions réunies dans ce volume sont centrées sur la thématique de l'homme-animal, des auteurs anonymes des premiers hybrides paléolithiques aux artistes les plus contemporains.
    Un premier chapitre est consacré aux principes de création de ces êtres composites dans plusieurs aires géographiques (monde méditerranéen antique, mondes amérindiens) et aux formes de réception de ces images hybrides aux époques médiévale (Centaures et Sirènes) et moderne (monstres imaginaires et rationalité des sciences naissantes). Un deuxième chapitre permet de parcourir les enjeux de telles créations en Mésopotamie, en Égypte, en Grèce, en Asie centrale, jusqu'aux « hybrides utopiques » de Grandville. Le chapitre 3 interroge le geste créateur depuis l'homme-lion aurignacien jusqu'aux créations des artistes contemporains (Sphynge en sucre de Kara Walker ; masques d'Ensor ; portrait de Rosa Bonheur) pour arriver au triangle homme-animal-machine. Un dernier chapitre permet d'approfondir la sémantique des images hybrides dans leur dimension spatiale et symbolique.
    Né d'un groupe de travail sur les images au sein d'un laboratoire d'archéologie et sciences de l'antiquité, cet ouvrage, qui se veut résolument interdisciplinaire et ouvert sur le contemporain, propose de manière expérimentale et inédite une réflexion sur les mécanismes et les enjeux de l'hybridité et sur les raisons de ces formes de création transgressive.

  • « Le grand oeuvre du peintre, c'est la représentation d'une histoire. »« La peinture a en elle une force toute divine. »Ces deux affirmations sereines et majestueuses de Leon Battista Alberti (1404-1472), tirées de son De pictura, écrit en latin en 1435, puis en italien l'année suivante, sont fondatrices de toute la pensée italienne, et donc européenne, sur la peinture, du début de la Renaissance à la fin du néo-classicisme: le paysage n'est pas considéré comme un genre à part entière dans la littérature artistique italienne de la Renaissance.Pourtant en identifiant la noblesse de la peinture à son pouvoir de dérouler devant nos yeux l'histoire du salut de l'humanité, les mythes et les histoires antiques, et en fondant son caractère divin sur sa fonction mémoriale, Alberti n'a-t-il pas laissé une place à ce que nous appelons, d'un terme qu'il ne connaissait pas, la peinture de paysage, c'est-à-dire l'art de représenter le spectacle de l'univers naturel. Autrement dit, la conception humaniste de la peinture, qui se réfère essentiellement aux actions des hommes, est-elle compatible avec l'entrée du monde extérieur aux hommes dans le champ du regard du peintre? Telle est la question à laquelle répond ce livre tout en finesse et en érudition.En fait, l'intérêt pour la représentation de la nature se manifeste d'abord avec la question du pouvoir de la peinture, en particulier dans le cadre du débat sur le Paragone visant à élire le premier des arts (entre la sculpture, l'architecture et la peinture). Dans cette perspective, c'est la nature en action, la nature météorologique, la tempête par exemple, qui intéresse les théoriciens. Mais en même temps l'utilisation, en milieu vénitien, du terme paese pour désigner le paysage en peinture montre que l'attention se porte avant tout sur la représentation d'une nature habitée et ordonnée par l'homme, d'un territoire, même si cette image ne devient pas encore le sujet d'un tableau autonome.Edouard Pommier est historien de l'art, spécialiste de l'histoire des théories et des institutions artistiques du XVe au XVIIIe siècle. Il a notamment publié L'Art de la liberté. Doctrines et débats de la Révolution française (1991), Théories du portrait, de la Renaissance aux Lumières (1998), Winckelmann, inventeur de l'histoire de l'art (2003), Comment l'art devient l'Art dans l'Italie de la Renaissance (2007). Aux éditions Klincksieck, on lui doit la direction de Les Musées en Europe à la veille de l'ouverture du Louvre (1993).

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