Arnaud Timbert

  • Le chevet gothique de la Madeleine n'a jusqu'à présent jamais bénéficié d'une véritable analyse architecturale. Arnaud Timbert s'y emploie dans ce livre, croisant l'étude des formes et de la structure avec une observation archéologique du chevet. Celui-ci soulève des interrogations essentielles sur les prémices de l'architecture gothique en Bourgogne, sur le rôle de Vézelay dans le développement des chevets à chapelles rayonnantes contiguës issus de Saint-Germain-des-Prés et, encore, sur l'impact d'un tel édifice sur un paysage architectural aux formes et aux techniques d'une autre inspiration.

    Sommaire :
    Préface de Éliane Vergnolle Histoire de l'abbaye et des travaux antérieurs à l'oeuvre gothique * Histoire de l'abbaye * Les édifices antérieurs au chevet gothique * Les prémices de l'art gothique à Vézelay Le chevet gothique * Les restaurations et les transformations du chevet du XVIIe au XIXe siècle * Les sources intéressant la construction du chevet * Analyse architecturale * La modénature et le décor sculpté * Étude matérielle La marche des travaux et la place du chevet dans le paysage architectural du XIIe siècle * La marche des travaux * Maître d'ouvrage et maîtres d'oeuvre * La postérité du chevet

  • Depuis quelques années, des études on été menées LRMH, le CEA et les universités de Paris I et de Lille III sur les métaux (fer et plomb) employés dans les cathédrales gothiques.
    Ces études devaient faire progresser l'histoire de la sidérurgie et des monuments grâce à un croisement des données physico-chimiques, des observations archéologiques, archéométriques et des sources écrites. Ce volume rend compte de ces recherches. Si les premiers chapitres, qui suivent le fil de la chaîne opératoire, sont consacrés aux origines du minerai et aux techniques déployées pour le transformer et le façonner, une part est également offerte à la méthode d'investigation et d'analyse scientifique du métal.
    Toutefois, cet ouvrage ne se limite pas à la seule étude de la matière, il a un autre objet: réévaluer la nature et la datation des formes. L'observation des monuments du Moyen Age par le seul vecteur des formes est aujourd'hui dans une impasse. D'autres voies se sont ouvertes pour les comprendre. Parmi elles, celle qui touche les matériaux favorise, nouveaux d'une manière plus intime, leur compréhension, apporte repères chronologiques et ouvre le champ de l'étude à la multiplicité des métiers et des techniques par lesquels passe la matière avant de devenir objet.
    Les études regroupées dans ce volume soulèvent ainsi des questions sur l'apport du métal dans la naissance d'un style, se penchent sur le rôle du plomb dans l'écriture architecturale du premier gothique, s'interrogent sur la possible inexistence de l'architecture rayonnante sans le marteau hydraulique, sur les tensions entre la stéréotomie et le fer à la période flamboyante, tout autant que sur le rapport entre le verre et le plomb, entre la couleur et le métal.

  • Au coeur des "Terres froides", entre Grenoble et la Tour du Pin (Dauphiné), le château de Pupetières est ceint de forêts et de plans d'eau qui constituent son écrin naturel. Ravagé par la Révolution, il est reconstruit entre 1860 et les années 1870 par Viollet-le-Duc à la demande du marquis Alphonse de Virieu. Ce monument, conservé dans le respect de l'esprit qui présida à sa réalisation, constitue un témoignage quasi unique de l'oeuvre privée de l'architecte.
    "Je souligne particulièrement l'intérêt que présente ce bâtiment qui peut être considéré comme la matérialisation très fidèle de la sensibilité, de la culture et de la pensée théorique de Viollet-le-Duc d'autant plus remarquable qu'elle s'y exprime à tous les niveaux de la forme architecturale, de la structure, du décor intérieur, peint ou sculpté, de l'ameublement et des objets familiers". Ces mots de J.-L.
    Taupin (architecte en chef des Monuments historiques) introduisent au mieux l'histoire du château. Mentionnons aussi celles et ceux qui ont vécu et fait Pupetières, qu'il s'agisse de François-Henri de Vireu, figure tutélaire de céans, des poètes Alphonse de Lamartine, Stéphanie de Virieu et Anna de Noailles ou encore de ceux qui ont rêvé cet "objet de désir" qu'est l'architecture : Alphonse de Virieu, Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc et Denis Darcy ; tous ont participé à modeler le lieu et à tisser son histoire.

  • Ce volume présente des prospections novatrices en matière de polychromie architecturale et un éclairage sur la démarche épistémologique fondée sur des investigations fondamentales, sur l'apparition d'outils récents (scannérisation, modélisation en 3D) ou sur de nouveaux axes d'analyse (l'identité lumineuse des monuments). Pour la sculpture, par le biais d'exemples empruntés à la Picardie, à la Bourgogne, à la Normandie ou à l'Auvergne, il montre comment la confrontation des études archéologiques, matérielles, formelles, sérielles et archivistiques a permis de préciser la connaissance des formes, d'éclairer sur le milieu de l'artisanat de l'art ou d'amender les définitions de telle ou telle sculpture locale ou régionale.

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