Benoît-Michel Tock

  • Des diplômes des rois mérovingiens aux brèves notariales, des privilèges pontificaux aux actes d'officialité, des notices aux chartes scellées, les actes écrits constituent une source de premier ordre pour les médiévistes. Leur nombre, on les compte par centaines de milliers, la précision de leurs informations, la diversité de leur objet justifient cette place. Dans leur interprétation, pourtant, les difficultés abondent.
    Les falsifications s'y sont de tous temps glissées, qu'il faut dépister. Les documents sincères, de loin les plus nombreux, ménagent des pièges plus sournois. La rigidité des formulaires est garante d'authenticité ; il faut y jauger la part des traditions et des routines, des sous-entendus et des mensonges, des lieux communs et des codes. Pour ce faire, depuis plus de trois siècles, la diplomatique a accumulé les observations permettant de séparer le faux du vrai.
    Mais elle a aussi suivi l'évolution de la discipline historique, portant ses regards sur le langage stéréotypé dont les actes usent e. abusent, sur la place de l'écrit dans les sociétés médiévales, sur la circulation des modèles entre chancelleries, sur la formation e le contrôle des écrivains professionnels. Reflet d'une culture, symbole d'un pouvoir, les sources diplomatiques ont encore beaucoup à révéler.
    Le présent ouvrage invite à la découverte de ces chantiers multiples et introduit au maniement des sources et de la bibliographie. Il explique comment examiner les actes, en expose l'élaboration, en retrace la tradition, du brouillon aux copies. Il indique les grandes pistes pour retrouver les actes, inédits et publiés, le critiquer, les éditer. Un choix de quarante-trois documents, reproduits, transcrits, analysés et commentés, illustre la richesse du matériau et la diversité des questions.

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