Christine Ferlampin-Archer

  • À travers un parcours des attestations arthuriennes allant des années 1270 au début du XVIe siècle, cet ouvrage réunit des articles mettant en évidence l'évolution des usages de la matière arthurienne, entre intertextualité, transfictionnalité, pratique de l'allusion et réminiscences vagues. La matière arthurienne est donc ici vue à la fois comme tradition littéraire, comme phénomène culturel, voire comme phénomène de mode.

    Publié avec le soutien de la Maison des sciences de l'homme en Bretagne.

  • Depuis le trouvère Jean Bodel qui vers 1200 différenciait les matières de France, Rome et de Bretagne et dévalorisait la dernière, trop fantaisiste, la matière apparaît comme l'une des plus anciennes notions de critique littéraire. Sa définition est cependant difficile, tant ses emplois sont divers. À partir d'une interrogation sur l'articulation entre la matière matérielle et la matière littéraire, d'une étude des valeurs de matière et de ses équivalents en latin tardif et médiéval, en particulier dans les arts poétiques, et d'un sondage de ses équivalents dans d'autres langues, dont l'anglais, le volume s'intéresse à l'ensemble de la littérature médiévale française, des origines au XVe siècle. Les emplois de matière dans les romans, les chansons de gestes, les fabliaux, les textes allégoriques et hagiographiques sont analysés, et la diversité des poétiques d'auteurs et de genres est mise en évidence. La tripartition de Jean Bodel est discutée, ses enjeux mis en valeur : aussi partielle que partiale, elle ne saurait suffire à donner un état des lieux non seulement de la littérature médiévale, mais même simplement des textes narratifs vers 1200. Renvoyer son oeuvre à une matière autoriserait finalement l'auteur à ce geste risqué qu'est la création : affirmant travailler à partir d'une matière il ne saurait se prendre pour Dieu, qui crée ex nihilo : il peut donc oeuvrer sans risquer le blasphème.

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