Christine Hoet Van Cauwenbergh

  • Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils « adoptif », prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.

  • Aux confins septentrionaux de l'Empire romain se trouve, selon Virgile (L'Enéide VIII, 727), la terre des extremi hominum Morini, « les hommes qui habitent l'extrémité du monde connu ». Si cette formule a connu une prospérité certaine, l'archéologie donne aujourd'hui à ce territoire un tout autre visage, celui d'une terre de rencontre et d'échanges, au carrefour des voies terrestres et maritimes qui relient la Bretagne romaine (Grande-Bretagne actuelle) au continent. Ainsi la ville antique de Boulogne est le carrefour de la circulation des marchandises et des hommes entre les deux rives du détroit, lieu privilégié pour appréhender les échanges entre le continent, l'espace méditerranéen, l'espace rhénan et la province de Britannia. Rassemblées dans ce volume, les contributions de la table-ronde « Gesoriacum-Bononia, entre terre et mer », qui s'est tenue à Boulogne-sur-Mer, les 24 et 25 septembre 2015 dressent un état des lieux des connaissances sur le rôle du port antique de Boulogne-sur-Mer et de ses liens avec son arrière-pays.

  • À la lumière des découvertes archéologiques récentes de production de sel dans le nord de la Gaule, ce livre rassemble une série de contributions montrant la variété des approches pour l'étude du sel. En effet, l'exploitation du sel depuis les Temps anciens correspond à la sédentarisation des hommes. L'imagination déployée par les populations pour produire le sel indispensable à la vie peut être perçue à travers divers prismes. La géologie nous offre l'occasion de comprendre la formation du sel et de mieux repérer les lieux d'exploitation de cet élément précieux que l'on appelle aussi l' « or blanc ». L'archéologie et l'histoire nous aident à percevoir les modes de production et de commercialisation du sel. Les usages du sel sont variés (salaisons, usage médical...). En outre, si la conversation « ne manque pas de sel », ce sont les auteurs antiques qui ont adopté les jeux de mots de la gamme piquante et relevée du sel. Enfin, le commerce du sel a fait la richesse et contribué au rayonnement de nombreuses villes au fil des siècles.

  • L'étude du sel à travers les siècles depuis les temps anciens est faite par une approche pluridisciplinaire, où l'homme est face au sel pour sa santé, pour les croyances qui y sont liées et pour les richesses qu'il semble lui procurer. Le sel est un minéral indispensable à la vie et à la santé de l'homme et des animaux, il peut être curatif, mais trop de sel peut nuire. Ses propriétés multiples sont rapportées dans divers récits et ont engendré des légendes. Sa symbolique est forte, de la statue de sel du récit biblique au sel versé sur le sol de Carthage, mais parfois difficile à interpréter. De sa valeur, des échanges qu'il a suscités, le sel est produit, commercialisé et soumis à des taxes dès l'Antiquité ou à l'époque moderne, la célèbre gabelle : l'économie du sel rapporte, mais à qui ? Aux États ? Aux villes ? Aux familles ? Autant de pistes de réflexion que nous abordons dans ce livre qui ne manque pas de sel.

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