Christophe Naudin

  • De l'histoire au mythe identitaire.

    La bataille de Poitiers, en 732 (ou 733), opposant les troupes arabo-berbères d'Abd el-Rahman aux Francs de Charles Martel, est un événement de l'histoire de France, peu à peu devenu mythe historiographique et enjeu de mémoire. Alors que le dernier livre véritablement consacré à la question date de 1966, les années 2000 ont vu l'apparition d'un nombre croissant de publications souvent écrites sans distance ni mesure. Au même moment, la commémoration de l'événement devient l'objet d'utilisations politiques par l'extrême droite occidentale, phénomène qui a culminé en France avec l'occupation en octobre 2012 du chantier de la mosquée de Poitiers par le groupe Génération Identitaire.

    Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire propose, alors que les mémoires s'enflamment, de revenir tout d'abord à l'histoire mal connue de la bataille en la resituant dans le contexte large des relations entre le monde franc et l'empire islamique. Puis d'analyser, en deuxième partie, les échos successifs rencontrés par le souvenir de la bataille au Moyen Âge, à l'époque moderne, auprès des philosophes des Lumières et des romantiques, dans les écoles de la IIIe et de la IVe République et au sein de la culture populaire. Une attention particulière est portée à l'actualité récente du mythe de Poitiers, notamment au sein des extrêmes droites française et européenne. Ce travail inédit d'histoire et d'historiographie permet de nuancer la portée réelle de la bataille, tant au moment des faits que dans les mémoires.

  • Lorànt Deutsch passe aujourd'hui pour un historien débonnaire mettant l'histoire à portée de tous. Or, l'immense succès des livres et documentaires du comédien, loin de véhiculer une l'histoire sans idéologie, s'appuient sur une vision profondément réactionnaire de notre passé. Les auteurs des Historiens de garde démontrent, grâce une étude du Métronome, en quoi Lorànt Deutsch est l'héritier des historiens d'extrême droite et la façon dont il interprète l'histoire au profit du "roman national" cher à Barrès et à Patrick Buisson.

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