Claire Maingon

  • Existe-t-il un patrimoine du sexe et du licencieux, des formes artistiques et architecturales remarquables ou insolites traitant de la sexualité et de ses moeurs ? Nos musées, comme le territoire, en sont pleins ! Cet ouvrage propose de découvrir la manière dont la sexualité, ses symboles et ses représentations, habitent l'histoire de nos richesses patrimoniales françaises et abordant trois univers : celui des musées, des territoires et de la nuit. À chacun de ces espaces, réels ou imaginaires, correspond un regard.
    À l'intérieur de chacun de ces thèmes, la progression se voudra chronologique, en abordant les exemples des plus anciens aux plus récents. L'analyse des oeuvres se combinera avec une réflexion sur leur valeur patrimoniale : quelles polémiques ont-elles soulevées, quels débats ? Comment furent-elles regardées par le passé et quelle est leur place aujourd'hui ? L'ouvrage présentera aussi des focus, permettant d'analyser en profondeur une oeuvre et de la replacer dans son contexte historique ; et des récits nous mettant dans les pas d'écrivains ou d'artistes qui ont commenté, saisi l'importance de ce patrimoine de l'érotisme et du licencieux.

  • Cet ouvrage invite à redécouvrir des chefs-d'oeuvre, des tableaux ou sculptures moins connus, des esquisses oubliées, ayant fait l'objet de condamnations ou de mises à l'index. De Titien à Manet et Picasso, de Praxitèle à Rodin et aux grands noms de l'art contemporain, de multiples oeuvres attachées à la représentation de la sexualité, de la sensualité, de l'impatience exaspérée du désir, du commerce des corps ont été sujettes aux rejets, aux commentaires acerbes, aux critiques les plus dures. Ce sont autant d'histoires et de scandales que dévoile Claire Maingon.

  • De 1914 à 1918, le patrimoine français détruit ou dévasté par les ravages de la guerre est sacralisé et devient un réel instrument de propagande.
    Moins d'un an après les destructions emblématiques de Louvain et de Reims (août-septembre 1914), Paris est le théâtre de spectaculaires expositions à visée de propagande antigermanique fondées sur l'exaltation du patrimoine architectural et artistique meurtri.
    L'une des premières manifestations a lieu au printemps 1915 au Trocadéro, au sein du musée de Sculpture comparée. Elle montre des photographies de monuments dévastés, exposés à proximité des moulages en plâtre de monuments historiques estampés avant guerre, ultimes témoignages des originaux partiellement ou entièrement détruits. Ces moulages sont valorisés au moyen d'une signalétique au message accusateur : « Sculptures détruites par les Allemands. » L'année suivante, le musée du Petit Palais organise une autre manifestation explicitement intitulée « Exposition d'oeuvres d'art mutilées ou provenant des régions dévastées par l'ennemi ». Dans une scénographie dantesque, des statues décapitées, estropiées et des fragments d'architectures déchiquetés par les bombes lancées sur Verdun, Arras ou Dunkerque s'offrent aux visiteurs comme autant de stigmates de la « fureur du vandalisme allemand ». L'objectif avoué de ces manifestations était d'inspirer « plus de colère encore contre l'envahisseur et présenter des témoignages directs du vandalisme ».
    Ces expositions furent l'incarnation d'une propagande destinée tant à toucher chaque foyer français qu'à convaincre les pays neutres de s'engager. Elles constituèrent en ce sens de véritables armes idéologiques.
    À travers des caricatures, des photographies et des illustrations, l'exposition et le livre retracent cette mise en scène des destructions de monuments et la diabolisation de la Kultur. Elles permettent d'appréhender la diversité avec laquelle les antagonismes culturels furent représentés en France et dans les pays alliés.

empty