Claude Gauvard

  • Quels sont les événements historiques qui inaugurent, jalonnent et clôturent le Moyen Âge français ?
    Comment un ensemble de régions dominées par les Francs devient-il progressivement le royaume de France ?
    Quelles sont les valeurs sur lesquelles s'est construite la société médiévale et quelle a été leur évolution ?
    Parcourant mille ans d'his toire française dans un style clair et précis, Claude Gauvard visite la France médiévale, de la fin de l'Empire romain d'Occident jusqu'au crépuscule du XVe siècle. Évoquant tour à tour les aspects économiques, politiques, mais aussi sociaux et culturels de la France médiévale, l'historienne démontre avec brio à quel point cette période, éloignée des stéréotypes négatifs issus de la Renaissance, a ses v aleurs propres fondées sur l'honneur, tout en préfigurant déjà l'État moderne.

  • Une histoire de France

    Claude Gauvard

    En 2013 était lancée la ligne des « Histoires personnelles de France » avec l'ouvrage de Bruno Dumézil, Des Gaulois aux Carolingiens. L'ambition affichée est alors de donner carte blanche à un panel de spécialistes, un par période, pour constituer une histoire de France non seulement la plus juste scientifiquement, mais aussi la plus abordable. Les sept volumes de la collection ont été ici réunis, formant un récit vivant et d'une cohérence impeccable. De cette continuité entre les récits de chacun ressort clairement qu'il n'existe qu'une histoire de France, complexe et articulée, faite de mouvements plutôt que de moments, dont les contours sont connus et admis ; seuls les angles d'approche varient, et c'est dans cette subjectivité que réside la force de l'ensemble coordonné par Claude Gauvard.

  • Le titre de « roi des Francs » adopté par Hugues Capet en 987, est transformé par ses successeurs à partir du XIIe siècle en « roi de France ». Cette appellation est le fait de profondes mutations qui placent le domaine royal dont ils sont le seigneur direct au coeur de l'essor économique et intellectuel du royaume. Pour s'affirmer, ils doivent agrandir leurs possessions face aux princes territoriaux, en particulier les Plantagenêt ; Philippe Auguste, notamment, en fait une dynastie de conquérants. Par ailleurs, les rois, sacrés et thaumaturges prennent appui sur l'Église qu'ils défendent à l'extérieur, en participant aux croisades, et à l'intérieur, contre les hérétiques et les juifs. À partir de Saint Louis est assurée la légitimité religieuse des Capétiens : le roi de France devient le défenseur du salut de son peuple, comme ce sera le cas de Philippe le Bel et de ses successeurs.
    Ce livre ne néglige donc pas la place des événements et des hommes. Sans craindre de balayer un certain nombre d'idées reçues, il les englobe dans une histoire politique renouvelée qui cherche à expliquer comment les Capétiens ont imposé le pouvoir royal et ont développé les institutions fondatrices de l'État.

  • Le royaume de France au temps de la guerre de Cent Ans connaît-il les désordres, les violences gratuites et le chaos que suggère l´historiographie traditionnelle ? Loin de nier la profondeur des crises économiques, démographiques et sociales, ce livre montre que l´État s´est construit à travers elles.

    La dynastie des Valois a pourtant eu du mal à s´imposer et à faire face aux défaites et aux révoltes, sans compter les remises en question de sa légitimité. Mais les crises précipitent les transformations politiques : des impôts sont levés, la justice du roi est rendue et lui-même gouverne par la grâce en multipliant les lettres de pardon.

    Dans ces temps de profondes mutations, les acteurs de la vie politique ont toute leur place : les héros de la victoire, de Du Guesclin à Jeanne d´Arc, mais aussi des individus moins connus, rebelles ou soumis à la faveur du roi de France, souverain non plus seulement d´un territoire, mais bien d´un embryon de nation.

  • « Digne de mourir, comme inutile au monde » : c'est en ces termes que les archives ont conservé la trace de la condamnation à mort d'un valet déclaré coupable de vol, à Paris, en 1391. Est-ce là une simple tournure de phrase destinée à la postérité, ou cette expression traduit-elle la réalité d'un jugement considérant l'« utilité au monde » comme un prérequis au droit de vivre ? Et ce « monde », est-il celui du roi, qui affirme ainsi son pouvoir sur ses sujets, ou celui d'une chrétienté qui ne considère plus que le criminel peut être racheté ?
    Condamner à mort au Moyen Âge n'est pas un acte plus anodin qu'aujourd'hui. Il n'est pas non plus, semble-t-il, plus fréquent. Et si la condamnation est un outil d'affirmation du pouvoir royal, ce n'est pas par sa nature coercitive ou arbitraire, mais par l'encadrement des juges et la pratique de la grâce. C'est là l'autre pan d'un Moyen Âge rénové depuis plusieurs décennies que Claude Gauvard révèle, avec cette volonté d'approcher au plus près, par un examen minutieux et clairvoyant des sources, la cohérence d'une société médiévale qui nous est à la fois étrangère et pourtant fondatrice.

  • Cet ouvrage suit le fil chronologique des mille ans d'histoire qui virent la France se détacher de l'Empire romain et acquérir la spécificité d'un Etat. Il s'agit ici pour l'auteur, grande spécialiste du Moyen Age, de transmettre non seulement l'histoire politique mais aussi l'histoire économique, sociale et culturelle du pays. Son but est de retranscrire fidèlement une période dont l'étude est difficile, en tenant compte des derniers travaux sur le sujet.

  • Enseignants et chercheurs en histoire médiévale ont en France une activité considérable et reconnue au plan international.
    En dehors des livres et des manuels qu'ils produisent, ils donnent une part importante des fruits de leurs recherches à des ouvrages collectifs, des périodiques et des encyclopédies. Il est donc nécessaire de procéder à un regroupement de leurs articles dispersés pour permettre à un large public de prendre connaissance de leurs résultats ; de leurs hypothèses, et de leurs projets. La collection consacrée aux médiévistes français répond à cette préoccupation.
    Ici, la personnalité du médiéviste donne au livre toute sa cohérence. Les seize articles dans ce volume tentent de saisir la place qu'occupe la violence à la fin du Moyen Age dans une société ou s'impose l'Etat justicier. Louée, nécessaire à l'établissement de la réputation, impérative pour rétablir l'honneur blessé dans un processus de vengeance, la violence continue d'être largement pratiquée par toutes les couches sociales, nobles et non nobles.
    Mais le roi et les juges, qui partagent l'ensemble de ces valeurs tout en défendant l'ordre public, la codifient, définissent ses modes de condamnation et sa légitimité, tandis que les nobles tendent à l'exercer comme un privilège dû à leur rang.

  • Souvent tenu pour violent et dsordonn, le Moyen ge ne l'est cependant pas comme nos contemporains se l'imaginent. Car la violence - un terme alors rarement utilis, une ralit aux manifestations extrmement varies - fonde un rapport et un ordre social, sur lesquels l'tat impose progressivement son contrle, mais sans jamais en renier le principe. la suite des travaux de l'historienne Claude Gauvard, qui constituent un tournant dans la dfinition de la violence comme objet historique part entire, ses nombreux lves se saisissent du sujet pour lui rendre hommage dans cet ouvrage. Leurs riches contributions tmoignent de la vigueur d'une approche extrmement sensible aux apports de l'anthropologie, de la sociologie et du droit, qui oblige regarder autrement le jeu social et politique au Moyen ge. Ouvrage publi sous la direction de Franois Foronda, Christine Barralis et Bndicte Sre. Avec les contributions de : Christine Barralis, Vronique Beaulande-Barraud, Christine Bellanger, Boris Bove, Michelle Bubenicek, Olivier Canteaut, Hubert Carrier, Louis de Carbonnires, Martine Charageat, Philippe Charon, Julie Claustre, milie Cottereau-Gabillet, Fabrice Delivr, Franois Foronda, Sbastien Hamel, Christine Jhanno, Thierry Kouam, Vronique Julerot, Corinne Leveleux- Teixeira, Yves Mausen, Xavier Nadrigny, Nicolas Offenstadt, Denise Pricard- Ma, Pierre Prtou, Bndicte Sre, Valrie Toureille.

  • Symbole de l'art gothique, ruinée par les pillages et les destructions révolutionnaires, NotreDame fut massivement restaurée au XIXe siècle, et l'édifice que nous admirons aujourd'hui est en grande partie l'oeuvre de Viollet-le-Duc. Au Moyen-Age, Notre-Dame n'est pas seulement la cathédrale des évêques et des clercs, détenteurs du pouvoir et du savoir religieux. « Bible de pierre » destinée à faire entrevoir aux fidèles la grandeur du mystère divin, théâtre de prédications et de miracles devenus célèbres, elle devient aussi progressivement, de Philippe-Auguste à Louis XI, le lieu privilégié du culte royal. Après avoir étudié les circonstances de la naissance de celle qui fut en son temps la plus grande des cathédrales d'Europe, l'ouvrage met en lumière la spiritualité et l'expérience religieuse d'une société occidentale en pleine mutation. Le regard de Joël Laiter donne à voir Notre-Dame dans sa majesté et son intimité, telle que personne ne l'a encore jamais admirée.

  • le moyen age est loin de nous.
    pourtant il nous touche et nous le sentons proche. c'est un passé reculé, mais c'est notre passé. il prête au rêve, voire au fantasme, mais il importe de le découvrir dans sa vérité, car bien des éléments de notre modernité ne se comprennent qu'en remontant à lui. nous ne pensons pas et nous ne vivons pas comme au moyen age, mais nos modes de pensée et de vie seraient différents si ceux du moyen age ne les avaient précédés et enfantés.
    ce dictionnaire se veut une clé pour la découverte du moyen age occidental. il en explore tous les aspects : l'histoire, la philosophie, la littérature. chacun de ses codirecteurs a pris en charge l'un de ces grands domaines, dont les problématiques et les enjeux ne cessent de se croiser et de se confronter. l'effort a été à la mesure de l'énormité de la tâche : 280 spécialistes ont été réunis pour traiter les 1790 entrées de cet ouvrage de 1600 pages, un système de renvois par de corrélats et un index rendent la consultation aisée malgré ses dimensions et sa complexité.
    en d'autres termes : le moyen age de a à z.

  • Cet ouvrage, conçu par un travail d'équipe, est à un double titre un guide : de la recherche en histoire et du métier d'historien. Avec ses 355 entrées et ses 201 auteurs, il entend montrer que l'histoire est une discipline vivante, sans cesse remise sur le métier par ceux qui l'écrivent. Des choix ont dû être faits et les grands thèmes qui renouvellent la pensée historique ont été privilégiés : les sensibilités, les représentations, l'information, l'opinion, les médias, la culture de masse, la mondialisation, etc. Ils sont traités en respectant les écarts chronologiques, de l'Antiquité à nos jours, la diversité historiographique et la complexité de domaines souvent foisonnants. Il apparaît alors que, quelle que soit leur spécialité, les historiens ont en commun de répondre aux mêmes exigences de rigueur pour administrer la preuve et rechercher la vérité. Une grande attention a donc été portée au métier d'historien face à ces nouveaux objets et à de nouveaux modes d'investigation. Une telle somme montre que l'Histoire reste une, comme un édifice éclairant un savoir indispensable au citoyen d'aujourd'hui.

  • Neuf historiens ont mis leur science au service de l'histoire de Paris, pour en éclairer un aspect à la lueur de leurs propres travaux et des derniers acquis de la recherche. C'est ainsi que sont tour à tour abordées la question de la place des saints fondateurs dans la ville, celle de l'évêque, des enceintes, de la justice, de la bourgeoisie, de l'assistance, des femmes, de l'université, de l'aristotélisme, du roi en son palais et de la guerre civile.
    Ce sont autant de portraits d'une ville aux visages multiples qu'il est difficile de saisir dans son ensemble, mais leur mise en série permet ici de s'en faire une idée. Il en ressort néanmoins que Paris cumule déjà à cette époque les fonctions économiques, religieuses, intellectuelles, curiales et politiques, ce qui est unique en Occident où les villes peuvent rarement s'enorgueillir de plus de deux ou trois fonctions : Gand est avant tout une cité industrielle, Bologne une ville universitaire, Venise un pôle commercial...
    Cet épais feuilletage de fonctions variées est probablement l'explication de l'exceptionnel développement de Paris au Moyen Age.

  • L'histoire de la vengeance, du Moyen Âge à la fin de l'époque moderne, restait à écrire. Les 18 contributions de cet ouvrage, fruits de trois rencontres internationales posent les premiers jalons des pratiques de la vengeance en étudiant une série de cas pris dans l'Empire, dans le royaume de France, et aussi en Italie et en Espagne, dans ces pays méridionaux où la vengeance est censée subsister jusqu'à nos jours. Tous les groupes sociaux sont concernés, nobles comme non-nobles, paysans et citadins, clercs et laïcs. L'idée a été de comprendre comment et pourquoi, globalement, la vengeance régresse en Occident. Il fallait pour cela interroger les outils théoriques dont dispose l'historien, la notion de « justice privée », qui renvoie à l'idée d'un État détenteur du monopole de la violence légitime, ou celle de « civilisation des moeurs » qui accompagne nécessairement l'idée d'un progrès de l'homme sur ses pulsions agressives. Ces notions volent ici en éclats pour faire place à des explications plus nuancées et sans doute plus justes. L'État peut louer la vengeance tout en la condamnant par bribes et la vengeance peut se dérober à l'observation ou au contraire envahir la documentation au gré des acteurs qui la manipulent pour en faire mémoire. Enfin, si le lien entre honneur et vengeance est ici privilégié, il n'est pas le seul critère d'explication. Car la vengeance se révèle multiforme et, de ce fait, reste difficilement saisissable.

  • Passer devant un juge pour régler un conflit de couple est aujourd'hui chose banale. Mais banal ne veut pas dire récent.

    Le phénomène a une longue histoire, retracée ici dans le cadre de l'Europe occidentale pré-industrielle, des Pays-Bas à l'Espagne et à l'Italie, de la France à la Roumanie, sans négliger les évolutions de la diaspora juive installée au sein de la société chrétienne. Partout, les infractions possibles à la loi qui définit le mariage se durcissent et les procès se multiplient devant les tribunaux laïques ou ecclésiastiques. Rapts, viols, mariages clandestins, adultères et toutes les formes de violences conjugales sont autant de chefs d'accusation maniés par la justice, mais le plus souvent à la demande du couple ou de sa parenté.

    La question est bien de savoir comment et pourquoi la justice a pu être utilisée, voire instrumentalisée comme une arme dans les querelles matrimoniales, et quel regard a pu être porté sur ces conflits où s'est en particulier joué le sort des femmes.

    Textes issus d'un colloque tenu à Paris les 11 et 12 octobre 2010. (Résumés en français et en anglais).

empty