Didier Boisseuil

  • Le marché des matières premières n'a jusqu'alors pas fait l'objet d'une réflexion approfondie de la part des historiens et des archéologues, alors que ces produits jouaient un rôle important dans l'économie des sociétés anciennes. Surtout, l'étude comparative des conditions de circulation et des modalités d'échange, nécessaire pour mieux cerner les modes sociaux d'organisation des marchés, n'a jamais été entreprise à l'échelle du bassin méditerranéen et pour une ample séquence chronologique, de l'Antiquité romaine au Moyen Âge tardif. C'est une telle étude qu'ambitionne de réaliser le volume. Il considère les lieux d'échange et de stockage, la circulation des matières premières (produits naturels bruts : pierres et roches décoratives, terres, laine, bois, argile, etc., ou produits issus d'une première phase de traitement : alun, métaux, terres cuites architecturales, etc.) et les acteurs des échanges.

  • Le thermalisme naît bien avant le XIXe siècle. Social, médical et culturel, le phénomène est connu dès l'Antiquité et la documentation médiévale atteste la fréquentation parfois soutenue de sites connus pour certains dès l'époque romaine. Mais il faut attendre la fin du Moyen Âge pour que se développent des pratiques thermales inédites, où le thérapeutique l'emporte sur le récréatif. Dans le même temps, les autorités publiques s'efforcent de faire fructifier ce patrimoine (en Italie, puis en Allemagne notamment). Essor d'une culture balnéaire, dont la littérature se fait l'écho : prônant les vertus minérales des eaux, les traités savants proposent des règles de vie à adopter durant la cure. Une première.

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