Edgar Morin

  • Partant du constat que l'éducation souffre d'une crise aux multiples causes, Edgar Morin trace un chemin, une voie, vers un enseignement repensé, efficient, à la fois adapté à la culture et au monde d'aujourd'hui.
    Conscient du paradoxe que la réforme génère, puisqu'il faut réformer les esprits et les institutions de manière réciproque, il propose une méthode fondée sur la pensée complexe.
    En étudiant tour à tour la classe enseignante et la jeunesse enseignée, Edgar Morin présente des remèdes à la lutte de classe qui les oppose en régénérant la passion d'enseigner des uns et la passion d'apprendre des autres. La méthode qu'il construit, basée sur le diptyque comprendre-agir, vise à dépasser l'incompréhension entre structures de pensée.
    Il prône ainsi une refonte profonde de l'éducation, centrée sur sa mission essentielle telle que l'envisageait Rousseau : enseigner à vivre. Il s'agit alors de permettre à chaque individu d'acquérir une autonomie, de se prémunir contre l'erreur et l'illusion, de pratiquer la compréhension d'autrui, de même que d'affronter les problèmes du «vivre» et les incertitudes de toute vie. Sept savoirs nécessaires sont ainsi utilisés dans une démarche didactique et fondamentalement humaniste. Cette éducation doit permettre à chacun de concevoir et traiter les problèmes fondamentaux et les problèmes globaux.
    Par l'introduction de thèmes de «savoir vivre» dans notre civilisation, actuellement absents des programmes éducatifs, tels que la vie urbaine, l'éducation aux médias ou l'individualisme et les solidarités, il s'agit de permettre à chacun de mieux s'orienter dans notre société.

  • Liberté, égalité, fraternité... ces trois termes sont complémentaires, mais ils ne s'intègrent pas automatiquement les uns aux autres : la liberté, surtout économique, tend à détruire l'égalité ; imposer l'égalité est une atteinte à la liberté. Donc le problème est de savoir les combiner. On peut édicter des lois qui assurent la liberté ou qui imposent l'égalité, mais on ne peut imposer la fraternité par la loi. Elle ne peut pas venir d'une injonction étatique supérieure, elle doit venir de nous. Il nous faut associer et combiner liberté et égalité, quitte à faire des compromis entre ces deux termes, et susciter, éveiller ou réveiller la fraternité. Car c'est paradoxalement au moment du plus grand besoin de fraternité humaine que partout se referment les cultures particulières.
    Or la reconnaissance de notre humanité commune et le respect de ses différences sont les bases sur lesquelles pourrait se développer la fraternité entre tous les humains face à notre destin commun dans une aventure commune.

    Ce sont dans des oasis, lieux d'une économie solidaire, de dépollution de la détoxification des vies, lieux de vie meilleure, que nous pourrons imaginer des lieux de solidarité et fraternité. Ce sont les germes, les ébauches d'une civilisation du primat de l'épanouissement personnel dans la fraternité.

    Dès lors, nous devons tout faire pour sauvegarder et développer les fraternités des oasis. Nous devons créer des îlots de vie autre, nous devons multiplier ces îlots car ou bien les choses vont continuer à régresser et les oasis seront des îlots de résistance de la fraternité, ou bien il y aura des possibilités positives et ce seront des points de départ d'une fraternité plus généralisée dans une civilisation réformée. Si la régression se poursuit, ils seront des lieux de résistance fraternelle.
    Et si apparaissent les lueurs d'une aurore, ils seront les points de départ d'une fraternité plus généralisée dans une civilisation réformée.

  • Il est vital d'enseigner l'humanité à l'humanité. Ce livre a pour vocation de relier les connaissances sur l'humain dispersées dans les sciences et les humanités et de les articuler afin de penser la complexité humaine dans son identité biologique, subjective et sociale. Il complexifie le sens du mot « homme » en y réintégrant le féminin occulté et en lui donnant le sens trinitaire qui le situe dans et hors la nature : individu/espèce/société.
    Il essaie de penser une humanité enrichie de toutes ses contradictions (l'humain et l'inhumain, le repli sur soi et l'ouverture aux autres, la rationalité et l'affectivité, l'archaïque et l'historique, le déterminisme et la liberté) et considère le destin de l'identité humaine qui se joue dans la planétarisation en cours.

  • Le sixième tome de La Méthode constitue le point d'arrivée de la grande oeuvre d'Edgar Morin, qui a fait de la complexité un problème fondamental à élucider. Cet ultime volume, le plus concret et le plus accessible, s'attelle à la crise contemporaine de l'éthique, la soumettant à un examen anthropologique, historique et philosophique.
    Au-delà du moralisme, au-delà du nihilisme, l'auteur, plutôt que de céder à la prétention classique de fonder la morale, cherche à en régénérer les sources dans la vie, dans la société, dans l'individu, l'humain étant à la fois individu, société et espèce. Il traite des problèmes permanents mais sans cesse aggravés de la relation entre éthique et politique, éthique et science.

  • Il faut essayer de connaître la connaissance, si nous voulons connaître les sources de nos erreurs ou illusions. Or la connaissance est l'objet le plus incertain de la connaissance philosophique et l'objet le moins connu de la connaissance scientifique. Qu'est-ce qu'un cerveau qui peut produire un esprit qui le connaît ? Qu'est-ce qu'un esprit qui peut concevoir un cerveau qui le produit ? Qu'est-ce qu'un esprit/cerveau qui ne saurait penser sans un langage et une culture ? Qu'est-ce qu'une connaissance qui croit refléter la nature des choses alors qu'elle est traduction et construction ? Comment connaître ce qui connaît ? Ce volume examine les caractères et possibilités cognitives propres à l'esprit/cerveau humain.

  • Les idées sont-elles soumises totalement aux déterminismes culturels, sociaux et historiques ? Peuvent-elles s'en affranchir ? Les esprits sont-ils totalement soumis aux idées établies ? Comment alors peut apparaître et se propager une idée nouvelle ? Comment une culture permet-elle le développement d'une idée qui la ruiner ?
    Ce quatrième tome de La Méthode est la suite de La Connaissance de la connaissance qui avait examiné l'idée du point de vue de l'esprit/cerveau humain (anthropologie de la connaissance). Il considère l'idée d'abord du point de vue culturel et social (écologie des idées), puis du point de vue de l'autonomie/dépendance du monde des idées (noosphère) et de l'organisation des idées (noologie).

  • On lui a dit que sa mère, qui était en cure, allait rester absente quelque temps. Albert Mercier, jeune garçon sensible et imaginatif, est accueilli chez sa tante, dans les faubourgs parisiens. Confronté au désespoir de son père et noyé dans l'atmosphère oppressante des non-dits, Albert devra mobiliser toute la puissance de ses rêveries pour tenter d'affronter ce monde à jamais effondré mais seul désormais, à l'instar des héros de ses romans d'enfant. Ecrit de jeunesse jusqu'ici inédit d'Edgar Morin, «L'île de Luna» irrigue de façon nouvelle l'oeuvre du philosophe, auteur chez Actes Sud de Impliquons-nous et de Enseigner à vivre.

  • EDGAR MORIN ET MICHELANGELO PISTOLETTO s'emploient à penser le siècle tel qu'il pourrait être. Le vaisseau monde leur apparaît courant à sa perte. Le moment est venu d'ouvrir d'autres voies.
    Figure clé de l'art contemporain, Michelangelo Pistoletto est aussi l'inventeur de cet extraordinaire laboratoire du monde de demain qu'est Cittadellarte, dont les initiatives ont pour objet la mise en oeuvre d'interventions artistiques dans toutes les sphères de la société civile. Presque vingt ans après sa fondation, il a souhaité confronter les idées qui sont les siennes - et auxquelles Cittadellarte donne quotidiennement une traduction dans la réalité - avec celles d'un des penseurs de notre époque les plus concernés par l'évolution actuelle du monde, Edgar Morin.
    Ce dialogue se présente comme un manifeste incitant à s'impliquer activement dans les enjeux du siècle. Dans la période de transition historique que nous traversons, le temps n'est plus à l'indignation : il est nécessaire d'envisager une transformation d'envergure planétaire qui exige des changements profonds dans notre façon d'agir et de penser.
    Impliquons-nous !.

empty