Sciences humaines & sociales

  • Emmanuel Pierrat, avocat spécialisé dans le droit de la culture, auteur de nombreux essais et chroniqueur juridique, se passionne depuis une trentaine d'années pour l'art africain. Plus généralement, son activité l'amène à observer de près le marché de l'art, le fonctionnement des musées et la politique des États en matière de sauvegarde du patrimoine. Étant lui-même collectionneur d'art tribal, et en particulier d'art africain classique, il a arpenté la plupart des musées liés à l'art africain de France, d'Europe ou d'Afrique, continent où il se rend plusieurs fois par an.
    S'appuyant sur une documentation très complète, Emmanuel Pierrat analyse la complexité de la question de la « restitution » des oeuvres d'art africaines et invite à ne pas prendre position trop hâtivement dans un débat relancé sous forme de polémique depuis le discours d'Emmanuel Macron au Burkina Faso en novembre 2017. Celui-ci avait en effet déclaré : « Je veux que d'ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. » avant de commander à Bénédicte Savoy et Felwine Sarr un rapport, qui a suscité de multiples réactions à travers le monde.
    Alors que le rapport Sarr-Savoy insiste sur la nécessité de « rendre » les oeuvres d'art à l'Afrique et fixe un calendrier devant s'appliquer sans tarder, Emmanuel Pierrat dresse un panorama complet de la question afin d'écarter les affirmations simplificatrices ou moralisatrices qui finiraient par entraver l'accès à la culture.

  • Dominici a-t-il «couvert» un de ses fils? Omar Raddad est-il innocent ou coupable? Qui a tué le petit Grégory? Autant d'énigmes et de drames que la justice s'est efforcée de résoudre, même si elle a tranché en faveur d'une thèse, parfois fragile dès le début de l'affaire ou malmenée par les plaidoiries et les réquisitoires.
    Dix-huit «affaires», pour certaines criminelles, sont ici retracées par Emmanuel Pierrat, depuis la découverte des corps jusqu'à, dans certains cas, l'exécution de celui que la justice a désigné comme coupable; en passant par les péripéties de l'enquête et, surtout, les rebondissements de procès à sensation.
    Le récit de ces grands procès fait revivre les affres de Dreyfus, l'horreur de l'affaire Troppmann, le scandale de l'affaire Stavisky, les répliques de Landru, les voix de Maurice Garçon et de René Floriot, le mutisme de Gaston Dominici, la mort de Brasillach ou encore les dénégations de Maurice Papon. Chacun est illustré de documents souvent inédits, rassemblés grâce au musée du Barreau de Paris : photos, gravures, dessins de presse, articles de journaux, documents de la Préfecture de police de Paris.

  • La loi s'est toujours crue investie d'un droit de regard sur la sexualité des individus et le droit français a longtemps reposé sur le droit canon (droit religieux). Autant dire que la position du missionnaire était de rigueur. Les moeurs ont évolué. La France a réformé son droit, mais la loi a continué de régir fermement le sexe dans l'ensemble de ses manifestations. Le Sexe et la loi se propose donc de faire un tour d'horizon de la sexualité sous ses formes les plus diverses et du traitement que lui réserve la loi. Quelle peine encourt-on à harceler sa secrétaire ? À quels tracas s'exposent les couples sado-masochistes ? Peut-on faire l'amour en public ? Qu'est-ce que le devoir conjugal ? Est-il licite de coucher avec sa nièce ? Que risque-t-on pour un viol de cadavre ? etc...
    Servi par une plume ironique, ce regard sur les curieux rapports entre le sexe et la loi évoque l'ancien droit comme la loi actuellement applicable. Quelques affaires retentissantes et beaucoup d'anecdotes illustrent des situations parfois sordides mais bien souvent rocambolesques.

  • Comment fonctionne une cour d'appel ? Quel est le rôle du procureur ? La loi est-elle dure mais juste ? Qu'est-ce que la présomption d'innocence ? Voici un livre clé pour aborder sans complexe les sujets les plus difficiles. En 100 infographies, faites le tour d'un sujet de société. Car un bon dessin vaut mieux qu'un long discours. "100 infographies pour..." est une collection de culture générale pour décrypter en un clin d'oeil la complexité de notre société.

  • La récente polémique franco-chinoise sur la restitution de bronzes du Palais d'Eté, celle sur les Cariatides du Parthénon, ou encore la restitution des momies égyptiennes illustrent le débat de plus en plus vif qui oppose les pays « spoliés » aux pays, musées et collectionneurs « détenteurs » d'oeuvres d'art considérées comme universelles.
    Le livre d'Emmanuel Pierrat pose la question : quelle est la légitimité de ces revendications ? Sont-elles seulement l'expression de la volonté de récupérer un patrimoine pillé autrefois par les Européens ? Au-delà des querelles sur la conservation des oeuvres d'art et leur mise à disposition du public, ces revendications sont devenues un enjeu politique majeur et un point de friction « culturelle » avec des Etats qui veulent récupérer leur histoire.
    Dans ce texte percutant et parfaitement informé, l'auteur expose aussi la position de la France et ses ambiguïtés : elle n'a ratifié qu'en 1997 le traité international adopté le 14 novembre 1970 à Paris et n'a toujours pas ratifié la Convention « Unidroit » de 1995 sur les biens culturels volés ou illicitement exportés. Nul ne s'étonnera que la patrie des Arts et des Lettres traîne des pieds : les collections publiques contiennent trop d'oeuvres pillées au gré des invasions et de la colonisation, sans même évoquer la Shoah.
    Problème complexe mêlant droit, morale, argent, préjugés, et conservatisme, la restitution des oeuvres d'art est abordée ici de façon érudite et émaillée d'anecdotes édifiantes.

  • Quand on ne désignait pas encore Paris comme la capitale des plaisirs, c'était pour la peindre en cité du vice ; en d'autres termes, le sexe et la ville ont de tous temps eu partie liée, le premier se coulant dans la seconde pour dessiner sa propre carte- qui ne fut pas toujours celle du tendre.
    C'est de préférence au centre que la chair prend ses quartiers, en dépit des efforts renouvelés pour en reléguer le commerce et les pratiques en périphérie. Les bordels du Moyen Âge s'épanouissent entre le palais royal de la Cité et Notre-Dame, le plus fameux lupanar du XVIIIe siècle est établi à proximité des Halles tandis que lorettes, lionnes et cocottes de la Belle Époque prospèrent dans les lieux à la mode. Autour de ces points d'ancrage, étuves, boudoirs, galeries, petites maisons, salons, théâtres et jardins s'offrent aux empressés comme à ceux qui aiment faire durer le plaisir, vénal ou non.
    L'histoire est rythmée par les phases répressives et les périodes plus conciliantes en même temps qu'elle s'avère diversement sensible à la température des moeurs. Telle chronique galante nourrira la légende d'un souverain tandis que les dépravations d'une aristocratie en fin de course contribueront à mettre le feu aux poudres. Les soupirs s'échappant des alcôves font parfois monter les grondements de la rue.
    La ville du pouvoir et des révolutions, la ville du nombre et des lettres, la ville de la mode et des salons excite les désirs ; les innombrables cours que ceux-ci empruntent orientent à leur tour le déroulement de la comédie urbaine. Comme si les petites vertus façonnaient la grande histoire, comme si, au fil des siècles, ribaudes, catins, mignons, libertins, grandes horizontales, érotomanes, chasseurs et séductrices s'étaient relayés pour en décrire les soubresauts.

  • Au XIXe siècle, Paris gagne ses galons de capitale mondiale des plaisirs. Lorettes, grisettes et courtisanes, conquérantes et victorieuses, règnent alors sur la Ville Lumière. Et derrière elles, une myriade de congrégations, aussi nombreuses que les petits noms secrets et affectueux susurrés par les amants à l'oreille de leurs maîtresses, se réclamant des États de la prostitution.
    S'il existe une typologie des femmes publiques aussi riche, la responsabilité en revient au premier chef aux journalistes, chroniqueurs, échotiers, illustrateurs et caricaturistes, écrivains oubliés ou à jamais illustres qui ont dénommé les filles qu'ils croisaient sur les trottoirs de la capitale, le long des boulevards ou dans les faubourgs, au théâtre, au bal ou à l'Opéra, dans les cafés, sur les Champs-Élysées et au sein de quelques salons.
    Mais si les catins parisiennes de l'époque ont eut le bonheur d'entrer dans l'histoire, cela tient d'abord à leur fortune littéraire. Les frères Goncourt, Baudelaire, Eugène Sue, Théophile Gautier, les Dumas, père et fils, Tristan Corbière, Huysmans, Zola, Balzac, Flaubert, Maupassant, Barbey d'Aurevilly ont tous témoigné, à des degrés divers, de leur intérêt vis-à-vis de ces dames, les dégageant des vils clichés auxquels elles étaient réduites et contribuant à changer le regard que la société leur portait jusque-là. Ces grands noms, le lecteur les connaît. Leurs ouvrages - Nana, La Dame aux camélias, Splendeurs et misères des courtisanes, etc. -, il les a parfois lus à un âge et dans un cadre - scolaire et donc pudique - qui ne lui ont pas toujours permis de saisir qu'ils avaient tous pour sujet. les lorettes !

  • Les familles des plus grands peintres, cinéastes, musiciens et écrivains sont dépeintes à travers l'histoire de l'oeuvre qu'elles ont reçue en héritage, oubliant parfois le destin voulu par le créateur pour s'arroger pouvoir et royalties. De Picasso à Giacometti, d'A. Artaud à Borgès, de J. Joyce à A. Cohen, une plongée dans le monde des arts, aux confins entre esthétique et argent.

  • Va-t-on de nouveau brûler les livres et condamner les écrivains et leurs éditeurs à la potence ? Sylvain Goudemare et Emmanuel Pierrat retracent douze grandes affaires qui ont marqué l'histoire de l'édition française au XXe siècle.
    De Louis Aragon à Louis Skorecki, dont le livre est sous le coup de poursuites judiciaires, en passant par la guerre d'Algérie ou le scandale de Suicide, mode d'emploi, le lecteur se rendra compte qu'après chaque période de conquête de la liberté d'expression, des plaintes et des procès ont constamment rattrapé la vie éditoriale, comme une fatalité funeste. Le livre n'est jamais en paix. Les deux auteurs, mêlant anecdotes et érudition, offrent un tableau surprenant des relations complexes qui, au-delà de la censure, unissent justice et littérature.

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