Georges Duby

  • « Guerriers et paysans est l'histoire d'un démarrage, celui de l'économie européenne entre les invasions barbares et l'essor des villes. La grande nouveauté n'est pas l'application à une époque reculée d'un concept de l'économie moderne... Elle est dans la découverte de phases insoupçonnées et de mécanismes paradoxaux de ce démarrage. » Jacques Le Goff Il ressort de cette vaste enquête sur le premier essor de l'économie occidentale entre le VIIe et la fin du XIIe siècle que l'élan de croissance a été animé, essentiellement dans une première phase, par les activités militaires dont l'aristocratie tirait alors tous les profits, et qu'il le fut, dans une seconde phase, par le labeur des paysans que stimulait le pouvoir seigneurial.

  • En 1968, je reçus proposition d'écrire, pour la collection Trente journées qui ont fait la France, le livre consacré à l'un de ces jours mémorables, le 27 juillet 1214. Ce dimanche-là, dans la plaine de Bouvines, le roi de France Philippe Auguste avait affronté malgré lui la coalition redoutable de l'empereur Otton, du comte de Flandre Ferrand et du comte de Boulogne Renaud ; il était, grâce à Dieu, resté le soir maître du champ. L'empereur avait détalé ; les deux comtes rebelles étaient pris. Victoire, comme on l'a dit et répété, fondatrice : les assises de la monarchie française en furent décidément raffermies. Une bataille. Un événement. Ponctuel. Retentissant.

    Quel intérêt, pour le grand historien des sociétés médiévales que fut Georges Duby, attaché aux profondeurs d'une histoire longue et lente, d'accepter de traiter un sujet aussi convenu dans une collection qui, de surcroît, incarnait un genre d'histoire si étranger à celui dont il était un illustre représentant ?
    Renouveler de fond en comble l'approche de l'événement. Le subvertir de l'intérieur. Substituer au récit une anthropologie de la guerre au XIIIe siècle et amorcer une histoire du souvenir. Planter le drapeau de l'histoire nouvelle sur l'Annapurna de l'histoire la plus traditionnelle, écrit Pierre Nora, l'historien des lieux de mémoire, dans sa préface qui situe ce grand classique dans le mouvement de la production historique.

  • Peur de la misère, de l'autre, de la violence, de l'au-delà, et bien sûr au premier chef peur des épidémie : en explorant les mentalités de nos ancêtres du Moyen-âge, George Duby permet d'affronter plus lucide les dangers d'aujourd'hui. Réalisés à l'aube du troisième millénaire, son analyse et son récit demeurent d'une étonnante actualité et nous frappe autant par leurs différences que leurs similitudes.
    Le grand savant qu'était Duby joue à merveille le jeu de l'entretien : vif, clair et aussi captivant qu'accessible.

  • Le moyen-age

    Georges Duby

    • Pluriel
    • 19 Avril 2011

    G. Duby a renouvelé les études médiévales en France. Dans cet ouvrage, il cherche à montrer comment l'Etat a émergé de la féodalité.

  • Projet démesuré que de couvrir près de vingt siècles d'histoire du monde antique gréco-romain, de parcourir un espace qui va des rivages de la méditerranée à ceux des mers du nord, des colonnes d'héraklès aux rives de l'indus, de se plonger dans des documents aussi divers que les tombes d'une nécropole, la stèle inscrite plaquée aux murs du sanctuaire, le rouleau de papyrus, la scène peinte sur la panse d'un vase...
    Et une littérature grecque et latine qui, si elle n'a pas donné la parole aux femmes, a beaucoup parlé d'elles.
    On l'aura deviné, ce livre n'a pas pour fonction de remplacer l'énorme production qui existe en ce domaine. il aborde un petit nombre seulement des questions qui nous ont paru importantes pour aider à comprendre la place des femmes dans le monde antique et, plus encore peut-être, dans la perspective d'un ensemble de volumes traitant de l'histoire des femmes, comprendre les fondements d'habitudes mentales, de mesures juridiques, d'institutions sociales qui ont duré des siècles en occident.

  • Ces femmes du moyen age, à qui maîtres, époux et censeurs dénient la parole avec tant de constance, ont finalement laissé plus de textes et d'échos de leur dire que de traces proprement matérielles.
    Le millénaire que couvre ce volume laisse, vers son début et vers sa fin, passer, un peu plus assurée, la parole même des femmes, bien qu'il faille tendre l'oreille pour la saisir, assourdie, dans le brouhaha immense du choeur des hommes. leur discours, leurs témoignages ou leur cri nous permettent simplement de percevoir comment ont mûri en elles les modèles que directeurs de conscience ou maîtres du savoir leur imposaient les images que les hommes leur renvoyaient d'elles-mêmes, parfois leur refus de cette vision déformée, et toujours la manière dont ces " images " se sont inscrites dans leur vie et leur chair.
    L'histoire tout court a tout à gagner à prendre en compte sa part féminine.

  • Découvrez Le chevalier, la femme et le prêtre, le livre de Georges Duby. Que sait-on des origines et de l'histoire de l'institution du mariage, à la fois si menacée et si endurante ?La cellule conjugale, cadre consacré, contrôlé par le clergé, ne s'impose qu'après une longue lutte qui culmine au xiie siècle, entre les guerriers et l'Eglise.C'est l'histoire de ce conflit, long et spectaculaire, contre les prérogatives des seigneurs que retrace ce livre, pour déboucher sur un nouvel équilibre : celui de l'amour conjugal et de l'amour courtois.Réimpression nouvelle couverture

  • Ce livre entend montrer la signification de l'art dans l'Europe du Moyen Age et les relations qui le lient à l'ensemble de la société et de la culture.
    De la création artistique médiévale, presque seuls les chefs-d'oeuvre ont survécu. Leur raffinement surplombait alors une masse épaisse de brutalité, de terreur et de misère. Afin qu'on ne l'oublie pas, des textes qui révèlent cette part tragique sont placés en contrepoint d'un discours général sur le monastère, la cathédrale et le palais.

  • Les travaux et les jours.
    Intermède. d'elle, il est tant parlé. dissidences : la parole, la voix, l'écrit. dissidences : chemins de traverse et rébellions. paroles de femmes.

  • L'image d'un XIXe siècle sombre et triste, austère et contraignant pour les femmes, est une représentation spontanée. On aurait tort de croire cependant que cette époque est seulement le temps d'une longue domination, d'une absolue soumission des femmes à une codification collective précise, socialement élaborée. Car ce siècle signe la naissance du féminisme, mot emblématique qui désigne tout aussi bien des changements structurels importants (travail salarié, autonomie de l'individu civil, droit à l'instruction) que l'apparition collective des femmes sur la scène politique. Ainsi faudrait-il dire plutôt que ce siècle est précisément le moment historique où la vie des femmes change, plus exactement le moment historique où la perspective de leur vie change ; temps de la modernité où est rendue possible une position de sujet, individu à part entière et actrice politique, future citoyenne.

  • Guillaume, issu d'un modeste lignage, est né au milieu du xiième siècle.
    Champion de tournois jusqu'à quarante ans, il a servi fidèlement les plantagenêts : henri ii, son fils aîné henri le jeune et les cadets richard coeur de lion et jean sans terre. en récompense, on lui a donné pour femme l'un des plus beaux partis d'angleterre. il a combattu philippe auguste et c'est à soixante-treize ans, comme régent d'angleterre du jeune henri iii, qu'il a remporté contre le futur louis viii la bataille de lincoln en 1217, qui obligea les français à conclure la paix et à évacuer l'angleterre.
    Apprenant la mort de guillaume dans la tradition des croisés, philippe auguste et ses barons le proclamèrent " le meilleur des chevaliers ".

  • La doctrine cistercienne est définie par saint Bernard au XIIe siècle et l'abbaye Notre-Dame de Cîteaux en est le manifeste. L'exigence morale et la rigueur influencent la création artistique et l'architecture en élaborant des principes à l'oeuvre pour la création de nombreux monastères et couvents dans la chrétienté occidentale.

  • Art et societe au moyen age

    Georges Duby

    • Points
    • 14 Octobre 1997

    Au cours des dix siècles dont il est question dans ce livre, l'Europe a pris forme. Elle s'est fortifiée, elle s'est enrichie, et ce fut alors que naquit et s'épanouit un art proprement européen. Nous admirons ce qu'il en reste. Toutefois, nous ne considérons pas ces formes du même regard que ceux qui les premiers les virent. Pour nous, ce sont des oeuvres d'art, et nous n'en attendons, comme de celles qui sont créées de notre temps, qu'une délectation esthétique. Pour eux, ces monuments, ces objets. ces images étaient en premier lieu fonctionnels. Ils servaient. Dans une société fortement hiérarchisée, qui attribuait à l'invisible autant de réalité et davantage de puissance qu'au visible et qui n'imaginait pas que la mort mît un terme au destin individuel, ils remplissaient trois fonctions principales : présents offerts à Dieu, communications avec l'autre monde, et affirmation de puissance.

    Georges Duby met en parallèle l'évolution des formes artistiques au long d'un millénaire et les structures matérielles et culturelles de la société.

  • Féodalité

    Georges Duby

    La société " féodale " se révèle à nos yeux par la rénovation de son vocabulaire.
    Les formules désuètes enfin délaissées, le rideau tendu sur la réalité sociale depuis l'époque carolingienne se déchire, usé jusqu'à la trame, dévoilant les vraies césures, le jeu de forces depuis longtemps actives, mais qui se développaient jusqu'alors dans le privé, hors du champ légal et dont, pour cela, nous ne savions rien. révélation pour l'historien qui date de ce moment la révolution féodale.
    Mais révélation pour les contemporains aussi, qui durent admettre que tout décidément n'était plus comme avant.

  • Au XIIIe siècle, la chevalerie forme, dans l'ensemble de l'Occident, un corps bien délimité et qui s'établit véritablement au centre de l'édifice social. Elle s'est appropriée la supériorité et l'excellence qui s'attachaient naguère à la notion de noblesse. En elle s'incarnent les valeurs maîtresses d'une culture. Comment se sont forgés les modèles, les images, les représentations mentales qui donnèrent à ce corps son armature et qui l'installèrent dans cette position éminente ? Comment l'idée de noblesse vint-elle finalement se conjoindre à l'idée de chevalerie ? Autant de questions auxquelles tentent de répondre ces articles de Georges Duby, en même temps qu'à une interrogation plus générale : qu'est-ce que la féodalité ?

  • « Je suis persuadé que l'art est l'expression d'une organisation sociale, de la société dans son ensemble, de ses croyances, de l'image qu'elle se fait d'elle-même et du monde », écrit Georges Duby.
    L'art et la société en fait la magistrale démonstration, en réunissant les textes majeurs de l'historien du Moyen Âge et ceux de l'amateur d'art du XXe siècle qu'il fut. Partout il déchiffre en profondeur le système esthétique dans lequel naît l'oeuvre d'art.

  • Devant le trésor de saint-denis ou les vitraux de chartres, les fresques de giotto ou les palais florentins, qui ne s'est interrogé sur les conditions sociales et les représentations mentales qui ont environné et inspiré le geste de leurs créateurs ? cette vaste sociologie de la création artistique, chef d'oeuvre d'un grand historien doublé d'un écrivain, replace l'ensemble des hautes productions de l'occident médiéval dans le mouvement général de la civilisation.
    Elle offre des clés pour pénétrer cet univers de formes complexe et fascinant.
    Georges duby montre donc comment, au xie siècle, ce que nous avons appelé la féodalité transféra des mains des rois à celles des moines le gouvernement de la production artistique : comment, cent ans plus tard, la renaissance urbaine établit la cathédrâle au foyer des innovations majeures : comment, au xvie siècle, l'initiative du grand art revint aux princes et s'ouvrit aux valeurs profanes.
    Le temps des cathédrales est ainsi encadré, entre celui des monastères et celui des palais.
    L'influence de cet essai n'a cessé d'être déterminante aux avant-postes de la recherche historique. aurpès du grand public, son succès est considérable. et l'on sait que s'en inspira une longue série d'admirables images que la télévision continue de diffuser dans le monde entier.

  • " du début du xème siècle au milieu du xiième siècle, c'est la phase de genèse, d'ascension urbaine.
    Du milieu du xiième siècle aux environs de 1330-1340, c'est l'apogée de la ville urbaine médiévale. du milieu du xivème au début du xvième siècle, c'est une période à la fois de crise et de consolidation. dans la première période, la ville se dégage du système domanial et, malgré la concurrence des châteaux et des monastères, remplace la cité. dans la seconde elle s'épanouit dans le cadre seigneurial et monarchique, et dans la troisième elle se soumet au prince et à l'etat mais devient le lieu du pouvoir et de la culture dominante.
    Subjuguée, déchirée, elle affirme son prestige et donne le ton. " a l'etat toujours un peu lourdaud ", la ville prête sa " vivacité irremplaçable. même déchue, la ville continue à tenir le haut du pavé " (fernand braudel). l'opposition ville-campagne prend, ou retrouve, toute sa force. ".

  • Seigneurs et paysans

    Georges Duby

    La France du Moyen Age est immense et diverse. D'un pays à l'autre, parfois d'un canton à l'autre, ni la densité de la population, ni l'état des techniques de production ne sont semblables. Seules cependant, l'universelle présence du grand domaine est un trait fondamental de l'économie rurale.
    Les articles ici rassemblés nous restituent au plus près la démarche de l'historien. De Cluny aux Alpes du Sud, du Mâconnais aux villes provençales, Georges Duby dévoile, exploite la richesse des textes et interprète ou déplore le silence des sources.
    Il nous retrace la vie des seigneuries, les bourgs aux pouvoirs partagés, l'effort des moines paysans, la diversité même de l'économie du Moyen Age.
    On complètera la lecture de ce volume avec celle de La Société chevaleresque (Hommes et structures du Moyen Age I).

  • Mâle moyen âge

    Georges Duby

    Que savons-nous de l'amour au Moyen Age? Peu de choses en vérité, qui ne tiennent du mythe.
    La place faite au mariage clans l'organisation de la société féodale par les pratiques de l'alliance et la morale aristocratique explique que l'amour courtois soit situé hors du champ matrimonial. La fine amour des poèmes est un jeu dont le terrain n'est pas celui des obligations et des dettes, mais des aventures et de la liberté. Pourtant c'est encore un jeu d'hommes, spécifiquement masculin. Le seigneur, de loin, dissimulé, gouverne l'enchaînement de ses péripéties.
    Les femmes n'y furent jamais que vies figurantes. Des leurres. locus les poèmes de l'amour courtois ont été chantés par les hommes, et le désir qu'ils célèbrent fut toujours un désir masculin. Le Moyen Age est macle, résolument. La tonne des relations parentales, les structures de la féodalité l'expliquent abondamment. Tels sont les thèmes dominants de ces essais, jalons de l'exploration passionnante d'un territoire mal connu.

  • De toutes les civilisations du monde, aucune peut-être n'apparaît plus foncièrement rustique que ne le fut la civilisation médiévale. Formée sur l'effondrement du décor urbain que Rome avait un moment planté sur fond de campagnes, de pâtures et de forêts, elle a grandi avec la ruralisation complète de la société et de la culture citadine. Elle s'est désintégrée à son tour, à mesure que les villes et leur bourgeoisie prirent de la vigueur et se dégagèrent de leur environnement champêtre. Or, paradoxalement, de cet univers, on connaissait mieux moines et prêtres, guerriers et marchands que le monde des campagnes, demeuré dans l'ombre.
    Ce grand livre de Georges Duby a établi pour la première fois une ample synthèse de notre connaissance du monde rural au Moyen Age.
    Ce premier volume est consacré à l'occupation de la terre, aux travaux des champs et à l'économie "seigneuriale", tels qu'ils se définissent dans la société carolingienne (IXe-Xe siècle), et il s'attache ensuite à l'époque suivante de régression et d'expansion qui culmine avec l'apogée du XIIIe siècle.

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