Jacques Heers

  • En atteste les formes variées qu'il prend alors : prêts à intérêt, le mot « bourse »; nom d'une famille de Bruges, date de cette époque; spéculations diverses; enfin vitalité des compagnies marchandes et financières. Toutes les strates de la société participent au phénomène : juifs et Lombards ne sont pas les seuls à le pratiquer, les bourgeois sont bien plus nombreux que les étrangers, et même les plus modestes y concourent par le biais des parts de société qu'ils peuvent acheter. A cet égard, parler d'un « capitalisme populaire » n'est pas exagéré. Que l'Eglise multiplie les interdits des prêts et de l'usure montre à quel point ils sont peu respectés. Quant aux vrais puissants, ce ne sont pas les grands marchands, mais les usuriers. Dans la cité, ils tiennent le haut du pavé et s'imposent en maîtres, les Médicis en étant la figure la plus emblématique.

  • Les croisades ou la mobilisation intense des forces vives de tout l'Occident de 1096 à 1229 pour reconquérir la Terre sainte.
    Une croisade, c'est quelques centaines de " croisés ", des chevaliers, conduisant, encadrant, nourrissant et protégeant une multitude de " pèlerins ", hommes, femmes et enfants. En 1096-1097, ils ont parcouru ensemble plus de mille kilomètres pour atteindre Constantinople et y trouver quelques jours de repos, puis autant en Asie avant de voir les murailles de Jérusalem, plus de trois ans après leur départ, et de s'en emparer comme ils s'emparèrent d'Antioche après un siège de plusieurs mois. Nous n'avons pas assez dit à quel point cette Terre sainte redevenue chrétienne a mobilisé les forces, l'énergie et l'argent de l'Occident. Chaque année, plusieurs flottes de grosses galères et de navires d'Italie, de Provence et de Catalogne apportaient des milliers de pèlerins qui, bien souvent, se battaient aux côtés de chevaliers et des hommes de pied ou aidaient à la construction des châteaux. Trois rois de France, Louis VIII, Philippe Auguste et Saint Louis, ainsi que trois empereurs germaniques, ont abandonné leur pays pendant de longs mois pour apporter aide aux Francs de Terre sainte et tenter de regagner les territoires repris par l'ennemi. Philippe Auguste est demeuré absent du 4 juillet 1090 à fin août 1091 et Saint Louis pendant plus de cinq ans. La reine Marguerite de Provence l'accompagnait ; deux enfants royaux sont nés en Orient et, tout ce temps, le royaume de France fut gouverné par des conseils tenus à Saint-Jean d'Acre. Richard Coeur de Lion fut retenu prisonnier sur le chemin du retour par Léopold d'Autriche pendant près de deux ans et eut bien du mal à reprendre le pouvoir, son frère, Jean sans Terre, refusant de lui laisser une place usurpée en son absence. L'empereur Frédéric Barberousse s'est noyé le 10 juin 1090 en voulant passer à cheval un fleuve dans les montagnes du Taurus, et Frédéric II, vainqueur du sultan Malik al-Kamel, s'est fait couronner roi de Jérusalem le 18 mars 1229.
    C'est cette épopée qui s'est déroulée en six expéditions successives étalées de 1096 à 1229 que nous raconte ce livre.L'auteur, médiéviste reconnu, ne nous livre pas le récit de chaque croisade l'une après l'autre, mais nous offre un tableau embrasant de manière synthétique l'ensemble des faits, de tout ordre, liés aux croisades. Brillant, maîtrisé et toujours original.

  • Depuis sa refondation au IVe siècle par Constantin, le premier empereur romain chrétien, l'ancienne Byzance, devenue alors Constantinople et depuis lors Istanbul, a résisté durant un millénaire aux assauts des Barbares et des Arabes.
    Elle n'a subi la honte et les drames d'une occupation étrangère qu'en 1204, le jour de Pâques, où les troupes croisées venues d'Occident la mirent à sac. Là commence la lente agonie que retrace cet ouvrage. Ayant recouvré son indépendance en 1261, la deuxième capitale du monde, soeur et rivale de Rome, redevient, avec ce qui lui reste d'empire dans les Balkans et au Proche-Orient, un miracle de culture et de civilisation, incarnation encore vivante des prestiges de l'Antiquité grecque.
    Résistant pied à pied à la pression extérieure, la Ville admirable tombe aux mains des Turcs ottomans le 29 juin 1453, après de durs combats et au prix de violences et de destructions inouïes. Le sultan Mehmet II et le Croissant de ses étendards l'emportaient sur le Basileus et sa croix grecque. L'année même où se terminait en France la guerre de Cent Ans, un monde nouveau s'ouvrait. 1453 est l'une des très grandes dates de l'histoire du monde.
    Elle est pour l'auteur l'occasion de restituer les splendeurs, les drames et la puissante originalité du monde byzantin.

  • Ce livre répond à une attente : non pas un énième guide touristique sur
    Florence et pourquoi pas en prime (!) la Toscane, mais un ouvrage de référence
    commode d'accès, le plus complet possible sur cette partie de l'Italie qui
    occupe une place essentielle dans la culture européenne. Au parcours de
    l'histoire toscane viennent s'agréger des mises au point sur de multiples
    questions : l'art et la technique des fresques, l'invention de la perspective,
    le génie de la langue, la modernité de Boccace, la vraie politique de
    Machiavel, pourquoi et comment les Médicis se sont rendus maîtres de la
    Toscane, le capitalisme toscan, la culture du vin, la Toscane en films... On a
    fait le choix d'une anthologie très riche, auteurs toscans, voyageurs
    étrangers, à travers les siècles. Jean-Joël Brégeon est historien, spécialiste
    de la Révolution française et du Premier Empire. Ses derniers ouvrages,
    Napoléon et la guerre d'Espagne (Perrin, 2006) et La Duchesse de Berry
    (Tallandier, 2009), font référence. En 2008, avec Yann Le Bohec, il a publié
    dans la même collection Rome. Frédéric Brégeon, qui a rédigé les trois premiers
    chapitres et leurs annexes, est licencié d'histoire, administrateur
    universitaire diplômé de l'I.R.A. de Nantes.

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