Jean-Baptiste Leroux

  • ««C'est après la pluie qu'il faut voir Venise», répétait Whistler : c'est après la vie que je reviens m'y contempler. Venise jalonne mes jours comme les espars à tête goudronnée balisent sa lagune ; ce n'est, parmi d'autres, qu'un point de perspective», écrivait Paul Morand dans Venises.
    En écho à la figure de proue des gondoles - dont six barres évoquent les six sestieri («quartiers») de la ville, l'autre, en sens opposé, l'île de la Giudecca, et dont la ligne sinueuse dessine la courbe du Grand Canal -, les pages nous mènent en un lent cheminement d'une rive à l'autre, de la pointe de la Dogana jusqu'à l'église des Scalzi et à la gare ferroviaire, lieu de tant d'ailleurs.
    Venise à fleur d'eau, où l'eau semble, parfois, sourdre doucement des pierres. Venise essentielle, quasi dépeuplée, dont les courbes semblent le reflet des ferronneries patriciennes, où les couleurs ont le chatoiement élégant des tissus fortuniens. Proust appelait Venise le «haut lieu de la religion de la Beauté» : voici la beauté méconnue d'une ville aux ciels voilés et opalescents de novembre, quand tout s'y tait, que seuls les frémissements de l'air et de l'eau s'effacent devant les calli, les campi, les palais et les églises, les demeures plus modestes, le marché aux poissons de Rialto, vide. Contrepoint des images et, avec elles, la poésie toujours renouvelée d'une ville profonde et intérieure, où l'hier et l'aujourd'hui se confrontent et s'entremêlent tour à tour.
    «Quand je cherche un synonyme pour musique, je ne trouve jamais que ce mot, Venise», avouait Nietzsche : Venise est une musique mystérieuse où il est vital de se perdre.

  • entre europe et afrique, méditerranée et océan, sise sur l'un de plus beaux rivages du monde et l'un de ses détroits les plus passants, tanger, " ville des mille et une lumières ", selon paul bowles, paraît à l'écrivain " au centre de l'univers " ...
    mais, ambiguë, fuyante et instable, oscillant entre mythe littéraire et réputation sulfureuse, ouverture internationale et réalité marocaine ; au long de son histoire millénaire, tantôt cité phare et capitale, tantôt petit port dérisoire, la ville disparate, luxuriante, est aujourd'hui menacée par l'explosion de la démographie et par une expansion anarchique. il y a deux cités en elle, notait jacques berque : " la première vint d'en haut, la seconde d'ailleurs ".
    ville de dieu, ville cosmopolite, tanger est plus qu'un lieu de mémoire et de mirage : elle résume la complexité et la tension du monde. le livre rend compte de cette situation et de ce destin d'exception, par la beauté de ses photographies qui en font " une fête pour l'oeil ", en écho à delacroix découvrant la ville, en 1832, à matisse qui épura sa vision de peintre au contact de cette lumière et de ces formes architecturales.
    par l'intelligence du texte aussi, empreint d'une intime familiarité avec la ville, son histoire, ses habitants et sa mouvante configuration urbaine. le mythe de tanger ne se confond pas avec la légende cosmopolite et ce sentiment d'ailleurs qui fascina tant les écrivains, dumas, genet, morand, truman capote. il s'incarne dans les avatars de l'histoire ; il s'insère dans les replis de la médina, de ses ruelles, de ses demeures repliées sur leurs patios et leur ornementation intérieure ; il se déploie dans les métamorphoses urbaines du xxe siècle, sous l'impulsion des architectes espagnols (diego jimenez), qui, mêlant les styles art déco et hispano-mauresque, font triompher le superbe désordre de l'éclectisme.

  • Le poète Salah Stétié a tenu à composer une belle encyclopédie de l'oasis. Plus qu'une évocation d'un lieu préservé où le combat pour la fertilité semble gagné, ce livre s'engage dans l'histoire et la légende des peuples du Sahara pour un merveilleux voyage.

  • L'ouvrage retrace l'histoire du palais de Compiègne et de son domaine, depuis le premier « palais royal » dont on attribue la construction à Clovis jusqu'à la résidence impériale de Napoléon III.
    Très appréciée par les générations de souverains qui l'occupèrent, la demeure connut de nombreux aménagements et modernisations au long des règnes. Louis XV, notamment, fit entreprendre de grands travaux qui donnèrent à Compiègne son visage actuel. Les plus grands architectes du temps furent chargés de ces importantes transformations : Robert de Cotte, Jacques Gabriel puis son fils Ange Jacques.
    Petits et grands appartements, salon de musique et théâtre, parc et dépendances, objets d'art et mobilier font l'objet d'une visite richement illustrée, accompagnée de légendes commentées apportant un éclairage tant sur le mobilier, les objets et les oeuvres d'art qui décorent les lieux, que sur la vie quotidienne qui s'y déroulait.

  • Flâner dans les allées du Jardin inférieur du palais de Peterhof ; méditer sur les paysages enneigés du château de Neuschwanstein ; grimper jusqu'au domaine de Rocagel, jardin secret des Grimaldi ou encore accoster sur l'îlot enchanteur de Drottningholm près de Stockholm... vous voici embarqués pour un fabuleux voyage dans les plus beaux jardins du monde ayant appartenu ou appartenant encore à des familles royales. Par leur influence et leur goût, celles-ci ont laissé à la postérité des jardins inoubliables qui occupent toujours une place exceptionnelle dans l'histoire de l'art et des jardins. Cette balade, à travers une quinzaine de pays, est introduite par Stéphane Bern et formidablement illustrée par les photographies de Jean-Baptiste Leroux.

  • Ancien fortin construit à flanc de colline, le château de Cayx, situé au coeur du vignoble de Cahors, a été édifié au xve siècle, puis largement remanié au xviiie par le marquis Lefranc de Pompignan, poète, auteur dramatique et académicien, qui y composa sa Didon et y traduisit des classiques grecs comme Eschyle. Ornée de quatre tours en poivrière à chaque extrémité et, au centre, d'une tour carrée, l'imposante demeure rectangulaire surplombe une vaste terrasse qui se déploie face aux vignes.
    Propriété depuis 1974 de Sa Majesté la reine de Danemark et du prince consort, né Henri de Laborde de Monpezat et originaire du Quercy - et l'une des résidences du couple royal -, le château a été entièrement restauré et son vignoble a retrouvé toute sa splendeur. Planté sur 24 hectares, principalement en cépage malbec, celui-ci produit des vins réputés aux noms évocateurs : «Le Château de Cayx», «La Royale», «Gobelins» ou «Le Malbec de Cayx»...
    L'ouvrage chante ce lieu empreint d'histoire, la région qui l'entoure, sa beauté, qui a inspiré de nombreux peintres et poètes, ou sa culture, qu'il s'agisse d'art ou de gastronomie.
    L'histoire du prince consort, poète, sculpteur, collectionneur et amateur d'art, et de sa famille y est également brièvement retracée. Les photographies de Jean- Baptiste Leroux, tout en délicatesse et poésie, constituent la matière vive et artistique de ce livre hommage.

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