Jean-Paul Savignac

  • Enfants terribles de l'Antiquité, les Gaulois vaincus par Rome, peu à peu privés de leur langue et de leur histoire, victimes de la caricature antique et moderne, restent plutôt méconnus. Pourtant leur mémoire est demeurée dans les objets, les inscriptions retrouvées, et les milliers de noms propres de notre toponymie.
    Couvrant la période s'étendant du Ve siècle avant J.-C. au Ve siècle après J.-C., s'appuyant non seulement sur les découvertes archéologiques, sur les auteurs grecs et latins, mais aussi sur les textes mythologiques irlandais et gallois, Jean-Paul Savignac, spécialiste de cette civilisation, prend le parti de ressusciter joies et rires des Gaulois à travers l'étude de leurs moeurs, coutumes et croyances.
    Pour commencer, voici les plaisirs du boire et du manger, puis viennent ceux de la convivialité et de l'amour. À cela s'ajoutent les enchantements qu'offrent la possession d'objets précieux, la pratique de l'art ornemental et de la musique, l'engouement pour la science, la passion de la gloire... sans oublier le culte de la parole. Enrichissant son propos par de nombreuses illustrations, Jean-Paul Savignac nous présente ainsi une vision originale, hors des clichés, de ces lointains ancêtres.

  • " C'est Apollon que l'on consulte, que l'on prie, que l'on essaie parfois de berner...
    Voyageurs, tyrans, stratèges, cités font le pèlerinage de Delphes, ou délèguent des envoyés. La voix du dieu parle par la bouche de la Pythie. Les sentences, presque toujours sans appel, combinent l'inexplicable connaissance et la prédiction obscure, le calcul politique peut-être, et l'énigme, avec une étrange inspiration lyrique. Nous sommes comme à la naissance de la parole, de la révélation du verbe.
    Une grande part de la poésie grecque sera profondément marquée par ce style oraculaire. Jean-Paul Savignac a enrichi l'anthologie des oracles delphiques qu'il avait établie pour la collection " Orphée " en 1988 et en a approfondi l'analyse. Les textes traduits du grec s'échelonnent du VIIIe siècle avant J.-C. au IVe de notre ère. " (CLAUDE MICHEL CLUNY)

  • Alésia est, par excellence, un lieu mythique. Il l'est doublement, dans l'histoire et dans la géographie. Symbole de la fin de la Gaule et du début de l'ère gallo-romaine dont les historiens du XIXe siècle ont fait un mythe des origines de la France, ce nom d'Alésia, trouvé dans le texte de César avec un « e » pour nommer le lieu où sévit la bataille lors de laquelle il vainquit Vercingétorix en 52 avant notre ère, fut assimilé depuis le IXe siècle à Alise-Sainte-Reine (Alisia), en raison d'un poème composé par un moine Héri ou Herric d'Auxerre qui identifia cette Alisia à l'Alésia de César à cause de la ressemblance des deux noms.
    Jean-Paul Savignac nous raconte la généalogie de ce haut lieu, les polémiques encore violentes que suscite sa localisation, et l'ambivalence fondamentale qui reste attachée à cet épisode de l'histoire qui voit la disparition de la civilisation gauloise et de sa langue en même temps que la domination de l'empire latin dont la France se sent aussi l'héritière.

  • Cet instrument de travail, le premier du genre, est né du besoin de répondre, comme un dictionnaire de thème, aux légitimes et nombreuses demandes linguistiques des Français concernant cette langue fragmentaire ancestrale que diverses découvertes ont considérablement enrichie ces dernières décennies et dont ils ont été coupés depuis toujours, au point même de douter parfois de son existence. Satisfaisant aux exigences de la lexicographie, cet ouvrage offre pour chaque entrée un mot confirmé comme étant gaulois (cité par un auteur ancien, attesté dans une inscription, reconstitué sous certaines conditions) ; son sens est élucidé par la comparaison avec des langues issues de l'indo-européen (l'irlandais ancien le plus souvent), permettant de traduire l'éventail des mots composés dans lesquels il se trouve, le cas échéant, employé, et son étymologie est établie. « Le livre de Jean-Paul Savignac, doté d'une introduction pertinente, montre à quel point la langue française, contrairement à ce qu'on pense généralement, s'est structurée sur un fond gaulois à qui elle doit peut-être une bonne part de son originalité. » Claude Duneton, Le Figaro littéraire, janvier 2005

  • " l'imagination veut toujours à la fois rêver et comprendre, rêver pour mieux comprendre, comprendre pour mieux rêver.
    " l'affirmation de bachelard peut s'appliquer à ce livre. jean-paul savignac convie le lecteur à une quête amoureuse du mythe antique, car il est convaincu que ce type de récit est le chant essentiel que nous aimons passionnément entendre. il montre que le mythe, dont les premières occurrences écrites fleurissent au cours de l'antiquité, a besoin aujourd'hui d'explications, pour en dévoiler les aspects symboliques et oniriques - le mythe veut que l'on soit ébloui et terrifié.
    Il défend une écriture poétique de la traduction en reprenant des textes grecs et latins qu'il étudie de façon à en exprimer la force suggestive. ses exemples sont le plus souvent des poèmes de pindare. enfin, menant l'enquête dans un domaine sinistré, il récolte les lambeaux d'une langue et d'une parole gauloises dont le témoignage culturel fait jusque-là défaut à l'héritage antique. il répare ainsi une perte et une injustice de l'histoire tout en montrant que la recherche érudite peut retrouver même les mythes que l'on croyait irrémédiablement disparus.

  • Les Gaulois ont écrit ! Les textes recueillis ici constituent un riche témoignage sur la langue et le mode de pensée d'une société qu'il n'est plus permis d'ignorer.
    L'unité culturelle, linguistique et religieuse du domaine celtique nous était connue au travers d'une iconographie somptueuse, certes, mais muette. Grâce au travail de Jean-Paul Savignac, les Gaulois parlent. Dédicaces, lois municipales, formules de magie, notes et apostrophes de la vie quotidienne, toutes inscriptions trouvées pour la plupart en France et distribuées sur huit siècles, sont devenues déchiffrables.
    Contrairement à l'opinion commune, il existe une continuité secrète ente la Gaule et la France, les Gaulois et Rabelais...

  • Cet instrument de travail, le premier du genre, est né du besoin de répondre, comme un dictionnaire de thème, aux légitimes et nombreuses demandes linguistiques des Français concernant cette langue fragmentaire ancestrale que diverses découvertes ont considérablement enrichie ces dernières décennies et dont ils ont été coupés depuis toujours, au point même de douter parfois de son existence.
    Satisfaisant aux exigences de la lexicographie, cet ouvrage offre pour chaque entrée un mot confirmé comme étant gaulois (cité par un auteur ancien, attesté dans une inscription, reconstitué sous certaines conditions) ; son sens est élucidé par la comparaison avec des langues issues de l'indo-européen (l'irlandais ancien le plus souvent), permettant de traduire l'éventail des mots composés dans lesquels il se trouve, le cas échéant, employé, et son étymologie est établie.
    Ce dictionnaire permettra aux non-spécialistes, aux historiens, aux amateurs et aux curieux de recouvrer un héritage intact, source de sens et de bonheur, de découvrir, en plein XXIe siècle, une vaste terra incognito linguistique et, à partir des mots, d'entreprendre des recherches de toutes sortes, toponymiques, bien sûr, mais aussi onomastiques et anthropologiques, voire d'entrer dans la mentalité à la fois étrangère et familière de ces Gaulois qui n'ont eu que leurs ennemis pour témoins.
    Pour la première fois - et parce que c'est devenu possible - la parole est donnée aux Gaulois.

  • L'histoire débute à la cour du roi Matous Le Bon, à Aballon. Pour rendre son peuple heureux, Matous doit poser ses deux pieds dans le creux des cuisses d'une jeune fille vierge. Argantorota, au teint de lait et noire de cheveux, est cette jeune fille. Mais un jour, le roi Matous, revenu de la guerre après neuf mois, s'aperçoit qu'elle n'est plus vierge. En effet, elle laisse échapper un enfançon grand et blond et, quelques instants plus tard, une petite chose, un avorton, que l'on enferme dans un coffre.Ainsi naquirent Lougous, l'avorton, et son jumeau, Cernounnos. On apprend, ensuite, comment Lougous devient habile en tous les arts, en quoi son mariage est un échec douloureux, la manière dont il se venge du couard qui l'a trahi, pourquoi il voyage en Gaule et dans le monde ultramarin. On assiste à son initiation suprême, à son retour à Aballon, on voit à la suite de quel malentendu il part à la recherche de son père. On l'accompagne lorsqu'il prépare longuement la formidable bataille de Liricantos contre les Difformes et quand il tire des trois meurtriers de Cennos, son père supposé, une terrible vengeance. Enfin, on le voit affronter le Géant, Balaros, à l'oeil pernicieux, découvrir son vrai père et régner sur le monde.

  • Argantorota est l'unique déesse gauloise. Son nom « Roue-d'Argent » fait allusion à la ronde des étoiles. Mère de Lougous, elle correspond à la déesse galloise Arianrhod. Priée d'évoquer sa vie, elle raconte... celle de sa mère, la Cavalière, la Grande Reine, Épona, à qui elle s'identifie étrangement. C'est ainsi que l'on découvre la naissance de sa mère, sous un ciel fauve, en plein commencement du monde, puis la cavalcade par laquelle celle-ci séduit le roi Pillos, et comment elle élimine par ruse, en le ridiculisant, un prétendant redoutable. Au terme de trois ans de mariage, elle accouche d'un garçon et d'un poulain, qui lui sont cruellement dérobés. Nectanos les retrouve, après qu'elle a été injustement accusée et punie par Pillos d'avoir tué l'enfant.
    Argantorota, qui aime confondre la vie de sa mère avec la sienne, aborde alors sa propre aventure et retrace les séjours tumultueux qu'elle effectue à la cour du roi Matous, où elle va, à son tour, accoucher de jumeaux. On la découvre aussi sur son rocher noir, où elle accueille les âmes qui viennent des étoiles ou y remontent. C'est là qu'un jour Cernounnos obtient d'elle que, par magie, elle anéantisse le gros des troupes des Difformes. Elle réalise cet exploit avec l'aide de deux sorcières, en mobilisant... des arbrisseaux. À la fin, Argantorota organise l'année en la partageant entre ses deux fils et reçoit de la bouche même de sa mère le titre de Grande-Reine.

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