Payot

  • Tout au long du XVIIe siècle, les tambours de la guerre ont résonné à travers l'Europe, le plus souvent au nom du roi. De la guerre de Trente Ans à la guerre de Succession d'Espagne, le prince n'a cessé de cristalliser en sa personne, et en sa fonction, l'essentiel du discours et de l'exercice de la force.
    Mais le souverain n'était pas seulement celui qui ordonnait. Souvent, il faisait la guerre en personne, à la tête de ses armées ; la guerre fondait aussi sa légitimité, fortifiait son pouvoir, magnifiait sa fonction ; elle était l'instrument par lequel la monarchie mettait en scène les représentations, les outils symboliques, la nature transcendante de la souveraineté. C'est dire que la guerre était la manifestation la plus spectaculaire de l'inquiétant pouvoir de puissance et de mort de l'État.
    C'est ce trait souvent méconnu de l'autorité du prince que ce livre invite à redécouvrir. Mais il fait davantage que simplement exhumer la figure oubliée du roi de guerre. Il interroge surtout, à travers les misères et les malheurs de la guerre, les fondements mêmes de l'autorité politique en ce " siècle de fer " des rois absolus.

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