Cnrs

  • Rites et religion à Rome

    John Scheid

    • Cnrs
    • 22 Août 2019

    Foisonnante, inventive, en prise constante avec la vie de la Cité, la religion romaine diffère radicalement de nos religions modernes. Elle n'exigeait en effet aucune croyance conforme à une doctrine, ne connaissait ni pratique méditative, ni lectures de textes sacrés, ni prières contemplatives et intériorisées. Les « fidèles » des dieux romains n'étaient pas des croyants pris dans leur vie religieuse personnelle, mais des citoyens conçus dans leur être collectif et leurs aspirations communautaires.
    Dans la Rome antique, tout acte collectif possédait un aspect « sacré », et tout acte religieux un aspect civique. C'est cet univers rituel singulier que revisite ici le grand spécialiste de l'Antiquité John Scheid, prenant appui sur les avancées les plus récentes de l'archéologie. Temples des dieux, bâtiments communautaires, règles de consécration, calendriers liturgiques, actes divinatoires, pouvoir des auspices, rites de purification, rôles sacerdotaux tenus par les consuls, gouverneurs, centurions, présidents de collèges d'artisans, pères de famille...
    John Scheid souligne l'extraordinaire vitalité des rites romains, met en exergue leur puissance d'incantation et leur ambition de réunir à chaque instant les hommes et les dieux. Il décrypte aussi le rôle social des sacrifices et offrandes d'animaux, de végétaux cuisinés, de vin, d'encens...

  • Lévi-Strauss opposait le mythe à la poésie, en ce qu'il considérait le mythe comme une structure indépendante de la langue et des mots : « la substance du mythe ne se trouve ni dans le style, ni dans le mode de narration, ni dans la syntaxe, mais dans l'histoire qui y est racontée », dans sa structure, en somme. Pour John Scheid et Jesper Svenbro, au contraire, les mythes se fabriquent avec des mots et non avec des idées, si bien que le récit mythique ne se fait pas malgré les mots mais au contraire à partir et au moyen d'eux. N'est-ce pas parce qu'Ajax fut le seul Achéen à être enterré sans crémation qu'il porte ce nom, aias étant le génitif de aia signifiant «terre», ce qui donne au nom d'Ajax le sens de « Celui-de-la-terre » ? Dans l'histoire d'Orphée, les « membres » du héros et les « chants » des Muses ne sont-ils pas qu'une seule et même chose, méle étant polysémique ?
    Ces deux exemples ne résultent pas d'une heureuse coïncidence découverte après coup mais sont bien la condition, préalable et parfaitement consciente, de l'élaboration du récit, et de la définition d'un cadre. Au travers d'une dizaine de récits décryptés, John Scheid et Jesper Svenbro nous offre une nouvelle lecture de ces mythes fondateurs.

  • Depuis l'Antiquité, le thermalisme entretient avec la médecine et les pratiques de santé des relations complexes, ambivalentes, voire conflictuelles.
    En couvrant une aire géographique intégrant les espaces européens et méditerranéens, cet ouvrage questionne un phénomène qui a une longue histoire, mais dont les développements et les caractéristiques restent encore souvent à préciser. Il vise à dégager, dans une perspective diachronique, les grandes tendances du développement du thermalisme (aussi bien médical que récréatif) et à souligner les difficultés que l'étude du phénomène suscite. Les études présentées concernent ses principaux aspects (architecturaux, économiques, politiques, culturels et médicaux) et sont toutes fondées sur une grande richesse documentaire, textuelle et/ou archéologique.

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