Jules César

  • Un ouvrage unique en son genre, relation écrite par l'acteur principal du drame qu'elle fait revivre, et publiée pendant cette guerre de huit ans, à des fins de propagande personnelle : un tour de force, qui ne fut jamais répété. Cette histoire d'un conflit prolongé est un livre de combat, en même temps que le témoignage le plus ancien et le plus important sur les origines de la France, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne rhénane et la Grande-Bretagne.
    C'est bien un grand peuple celtique en pleine évolution que César a gagné à la civilisation latine, ce fut aussi une culture dont nous commençons à entrevoir l'originalité et le raffinement.

  • Ce volume rassemble, intégralement traduits pour la première fois et présentés en édition bilingue, tous les écrits de Jules César : les Commentaires, mais aussi les extraits des discours, des traités et de la correspondance conservés par les Anciens.
    Il offre une lecture complète de son oeuvre, qui permet de mieux comprendre à quel point César a été un protagoniste majeur de l'histoire romaine dans son exercice du pouvoir, fondé sur l'idée d'une magistrature suprême au sommet de l'État, et son action réformatrice dans tous les domaines de la vie publique. Il éclaire aussi son influence décisive sur la vie culturelle de son temps, à laquelle il a fourni des apports tout aussi originaux que trop souvent ignorés. Soucieux de préserver le rayonnement de la langue et du patrimoine latins, César fit de Rome un grand centre intellectuel, mû par l'ambition d'ouvrir la connaissance au plus grand nombre et non de la réserver à une seule élite.
    Enfin, loin de se réduire à une simple reconstitution des dernières décennies de la République romaine, cet ouvrage met en valeur la dimension littéraire de César. L'ensemble de ses lettres, les citations qui subsistent de ses discours, et la somme tout aussi riche des fragments de ses traités, révèlent les spécificités de l'éloquence césarienne. Un modèle du genre par sa rigueur et sa sobriété, qui font toute son excellence stylistique.

  • Après la conquête des Gaules, César doit justifier sa politique extérieure aux yeux de ceux qui, à Rome, l'accusent d'avoir livré bataille à des peuples inoffensifs à seule fin d'étancher sa soif de gloire. Avant de se porter candidat à un second consulat, il doit s'expliquer et couper court aux médisances et aux intrigues. Tel est le dessein de sa Guerre des Gaules : faire connaître à l'opinion romaine les glorieux épisodes d'une non moins glorieuse conquête.
    « À son arrivée, César fut reconnu à la couleur de son vêtement de bataille, et les Gaulois qui, de la hauteur, le voyaient venir avec la cavalerie et les cohortes dont il s'était fait suivre, commencèrent l'attaque. Une grande clameur s'élève des deux côtés et se répète dans tous les ouvrages. Nos soldats ayant lancé leurs javelots, mettent l'épée à la main ; en même temps notre cavalerie apparaît derrière l'ennemi, qui voit d'autres cohortes approcher encore. Alors ils lâchent pied, s'enfuient et vont tomber dans notre cavalerie qui en fait un grand carnage. Sédulius, général et premier citoyen des Lémovices, est tué ; Vercassivellaune, l'Arverne, est fait prisonnier alors qu'il fuyait ; soixante-quatorze enseignes sont prises et portées à César. De ce grand nombre d'ennemis il y en eut bien peu qui rentrèrent dans leur camp. Ceux de la place forte, qui virent le massacre et la fuite de l'armée de secours, perdirent toute espérance et rappelèrent leurs troupes qui attaquaient nos ouvrages. À cette nouvelle, les Gaulois qui étaient dans le camp, l'abandonnèrent à la hâte. Si nos troupes n'avaient pas été harassées par les continuels mouvements et les combats de cette journée, elles auraient pu détruire la totalité de cette armée gauloise. Vers minuit, notre cavalerie fut envoyée à leur poursuite ; elle atteignit leur arrière-garde et en tua ou fit prisonniers un grand nombre ; les autres se sauvèrent dans leurs cités. » Dans une collection qui se propose de rendre accessibles aux jeunes lecteurs de grandes oeuvres littéraires, voici une traduction révisée de « La Guerre des Gaules », abrégée de manière à laisser intacts le fil du récit, le style et le rythme de l'auteur. Une chronologie de la vie de César et de ses campagnes, un glossaire, une carte des tribus gauloises et de la marche des armées romaines viennent compléter le texte.
    Traduction révisée d'après Perrot d'Ablancourt.
    Abrégé par Jean-François Ménard.
    Illustrations de Jean-Marie Ruffieux.

  • Les années 56 et 55 av JC, marquent les premières vraies difficultés de César dans sa guerre des Gaules.
    Partout ses légions sont menacées dans leurs cantonnements ou forcées de se retirer. A Rome même l'opposition au proconsul prend de l'ampleur. César doit faire front partout à la fois. Il réaffirme d'abord ses précédentes conquêtes, puis entreprend l'occupation de l'ensemble des territoires bordant l'Atlantique. C'est notamment l'occasion pour son armée de faire l'apprentissage du combat naval (contre les Vénètes).
    Soucieux de frapper les esprits, César met ensuite sur pied deux grandes expéditions : l'une sur la rive droite du Rhin, grâce à la construction d'un pont inédit sur ce fleuve. L'autre, et c'est une grande première pour les Romains, en débarquant en Grande-Bretagne.

  • Vercingétorix, un jeune arverne, réunit ceux de son parti, et n'eut pas de peine à les enflammer.
    A peine son dessein fut-il connu, que de toutes parts on courut aux armes. il ramassa dans la campagne les vagabonds et les mendiants qu'il put trouver ; avec cette bande, il entraîna dans son parti tous ceux de ses compatriotes qu'il rencontra, et les engagea à prendre les armes pour leur commune liberté. alors ses partisans le proclamèrent roi. le nouveau souverain envoie des députés de toutes parts, vers les peuples de la gaule, conjurant ceux qui s'étaient déjà déclarés pour la liberté, de rester fidèles à leur engagement ; tous, d'un consentement unanime, le choisissent pour général.
    /> Usant d'une si grande autorité, il leur ordonne à tous de lui livrer des otages, de lui fournir en diligence un certain nombre de troupes, et de se munir d'une quantité d'armes fixée par lui ; surtout, il voulait avoir un grand corps de cavalerie. joignant la sévérité à l'extrême exactitude, il poussait par l'horreur des supplices les esprits hésitants ; les fautes graves étaient punies par le feu et par les plus cruels tourments ; pour un délit moindre, il faisait couper les oreilles ou arracher les yeux ; ceux qu'il avait ainsi mutilés étaient renvoyés dans leur patrie, pour servir d'exemples aux autres, et les tenir dans le devoir par la grandeur du châtiment.

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