Laurent Bricault

  • La diffusion, dans l'ensemble du Bassin méditerranéen et même au-delà (en Arabie, en Inde et dans la lointaine Bretagne), du culte de plusieurs divinités originaires d'Égypte (Isis et son parèdre Sarapis, leur fils le petit Harpocrate, Anubis le dieu chacal, Apis le boeuf de Memphis, Osiris même) est l'un des phénomènes les plus remarquables des époques hellénistique et romaine.
    Longtemps assise sur quelques textes littéraires, de belles inscriptions grecques et latines, d'imposantes statues de Rome, d'Athènes ou d'ailleurs, notre compréhension de l'accueil réservé par les non-Égyptiens à cette divine famille s'est considérablement approfondie et affinée par l'étude et l'analyse de milliers de documents sortis de terre depuis la Renaissance (bijoux, statuettes, papyrus, céramiques, monnaies).
    On trouvera dans le présent recueil, richement illustré, plusieurs centaines de ces documents traduits le cas échéant en français et commentés, révélant l'extraordinaire impact qu'eurent les cultes isiaques sur les populations du monde gréco-romain près de huit siècles durant.Laurent Bricault, docteur en égyptologie, est professeur d'histoire romaine à l'Université de Toulouse II Le Mirail. il est l'auteur, notamment, d'un Atlas de la diffusion des cultes isiaques (2001) et d'Isis, Dame des flots (2006).

  • La destruction par le fer et par le feu du grand temple de Sérapis à Alexandrie, en 392, à la suite des édits de Théodose condamnant les pratiques polythéistes, puis la transformation du temple d'Isis de Philae en une église consacrée à Saint-Étienne quelques décennies plus tard marquent officiellement la fin du culte public de ces divinités autrefois souveraines. Toutefois, leurs noms, leurs images, leurs pouvoirs, bref un riche imaginaire a survécu dans la mémoire des peuples jusqu'à nos jours, sous des formes multiples et dans des domaines variés. Revisitées, détournées, resémantisées, instrumentalisées parfois, les divinités du cercle isiaque, à savoir Isis, Sérapis, Anubis, Harpocrate, Apis et Osiris, ont traversé les siècles dans les arts et la musique, la littérature, les sciences (y compris les sciences occultes), la philosophie, les savoirs antiquaires et même la politique.
    Ce volume offre ainsi un kaléidoscope richement illustré des vies multiples et surprenantes de plusieurs dieux de l'Égypte pharaonique, de la fin de l'Antiquité à nos jours.

  • Ce premier volume des Suppléments à la Bibliotheca Isiaca livre les résultats de vingt années d'enquête de part et d'autre de la Méditerranée, à la recherche du mobilier cultuel issu des fouilles menées il y a plus d'un siècle à Carthage, au pied de la colline de Byrsa, sur le site du Serapeum de la colonie romaine.
    Outre la localisation précise du sanctuaire, et celle de l'Iseum voisin, les auteurs publient près de 80 monuments, pour la plupart quasi-inédits, dispersés aujourd'hui dans quatre collections muséales.
    La richesse de l'iconographie réunie, le caractère exceptionnel de certaines statues en ronde-bosse et bas-reliefs place désormais le Serapeum au premier plan des sanctuaires isiaques du monde gréco-romain. Plus aucune étude sur le sujet ne pourra se faire sans s'y référer.

  • Isis est inséparable de l'Egypte pharaonique. C'est là que la découvrirent des mercenaires et commerçants grecs. De la déesse africaine, ils firent l'une des divinités les plus populaires du bassin méditerranéen, dont le succès suivit l'expansion hellénistique puis romaine. Le culte d'Isis connaît sa plus grande expansion lorsque s'installe le christianisme. La Vierge Marie supplante Isis, tout en en reprenant des traits. Néanmoins, de la Renaissance jusqu'à nos jours, la figure d'Isis connaît un étonnant retour dans l'hermétisme, la symbolique et l'imaginaire. Son voyage continue.

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