Fayard

  • La rencontre du chevalier et du savoir au XIIe sicle peut sembler paradoxale. Pourtant, elle se mle inextricablement la renaissance intellectuelle de cette priode, mouvement dcisif pour l'histoire de l'Occident. Le chevalier n'volue pas seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans les cours de plus en plus cultives et raffines : son intrt pour les classiques latins et la lecture, voire sa propre posie, le prouvent. Il patronne les jongleurs et discute de littrature avec les clercs qui, au passage, essaient de rformer sa conduite, souvent brutale. Au fur et mesure que leur culture livresque se dveloppe, les chevaliers apprennent rprimer leur propre violence la guerre et sinitient la courtoisie. table, les contenances sont dsormais de mise, tout comme la prciosit du langage, llgance des vtements ou la mesure des gestes. La frquentation des femmes, parfois doctes et tenant salon, devient plus galante. Une rvolution mentale est ainsi en uvre chez ces lites laques qui, au contact du clerg savant, mettent de plus en plus leurs armes au service du bien commun. Ce savoir-vivre relve-t-il dun masque machiavlique ou bien cette matrise de soi est-elle le signe dune modernit avant lheure ? Professeur dhistoire du Moyen ge lUniversit de Poitiers, membre de lInstitut universitaire de France, Martin Aurell dirige la revue Cahiers de civilisation mdivale. Parmi ses livres rcents figurent LEmpire des Plantagent (1154-1224), Perrin, 2003, et La Lgende du roi Arthur (550-1250), Perrin, 2007.

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