Olivier Chaline

  • Composé de huit chapitres, le premier indiquant le cadre chronologique d'ensemble, les sept suivants explorant de grandes thématiques, cet ouvrage présente le XVIIIe siècle français dans sa identité propre, longtemps resté dans l'ombre du siècle de Louis XIV qui le précède, et de la Révolution française qui le conclut. Loin de se contenter d'analyser le déclin de la monarchie ou l'annonce de 1789, ce livre montre pourquoi, et comment, rien n'était joué en 1715, ni même encore en 1774.
    Il décrit en détail les nombreux changements qui ont affecté la France en profondeur, notamment : - le détachement à l'égard de la religion, malgré un triomphe apparent de la Réforme catholique ; - la diffusion des Lumières, pas aussi linéaire qu'on le croit souvent ; - les progrès démographique et économique qui dérangent les structures sociales traditionnelles ; - l'aspiration à participer aux affaires publiques dans une société façonnée par la monarchie absolue.
    Illustré par de nombreux documents, cartes ou images, complété par des notices explicatives, biographiques ou notionnelles, appuyé sur de récentes recherches, ce livre propose une approche à la fois claire et précise de la France au XVIIIe siècle.

  • Le XVIIIe siècle français a souvent souffert de ses deux puissants voisins : Louis XIV et la Révolution. On ne saurait pourtant se contenter d'y scruter le déclin de la monarchie ou l'annonce de 1789. Rien n'était joué en 1715, ni même encore en 1774. Bien des changements affectèrent un monde conservateur : détachements religieux en plein triomphe de la Réforme catholique, diffusion des Lumières, mais aussi refus discrets ou véhéments, essor démographique et économique dérangeant de vivaces structures traditionnelles, aspiration à participer aux affaires publiques dans une société pourtant façonnée par la monarchie absolue.
    Illustrée par de nombreux documents, complétée par de courtes notices explicatives placées dans ses marges, appuyée sur de récentes recherches, cette nouvelle édition propose une approche renouvelée de la France au XVIIIe siècle.

  • Le règne de Louis XIV « L'État, c'est moi », la médiocre intelligence du roi, le pouvoir malfaisant de Mme de Maintenon, la domestication de la noblesse... La liste des lieux communs qui s'attachent au règne de Louis XIV semble infinie. Il y a du vrai, d'ailleurs, là-dedans, et aussi bien des sottises. Car en soixante-douze années de règne, de nombreux témoins ont été semés en chemin. Écoutons-les, pour prendre la mesure du règne de Louis : cet humble curé qui, du fond de sa province, guette le passage de la cour sur la route des Flandres ; cette favorite fatiguée de la vitalité d'un souverain aussi jouisseur qu'acharné au travail ; ce marin assoiffé de conquêtes à qui s'ouvre l'immensité du monde, des Indes à l'Amérique ; ce courtisan qui s'agace de piétiner dans la puanteur du chantier de Versailles... Au fil de ce livre surgissent la personnalité exceptionnelle du roi et l'emprise grandissante de son État. Mais ce qui apparaît aussi, c'est que nous avons oublié à quel point le règne de Louis XIV fut divers et souple - à mille lieues de l'absolutisme roide que nous imaginons.

  • Le règne de Louis XIV « L'État, c'est moi », la médiocre intelligence du roi, le pouvoir malfaisant de Mme de Maintenon, la domestication de la noblesse... La liste des lieux communs qui s'attachent au règne de Louis XIV semble infinie. Il y a du vrai, d'ailleurs, là-dedans, et aussi bien des sottises. Car en soixante-douze années de règne, de nombreux témoins ont été semés en chemin. Écoutons-les, pour prendre la mesure du règne de Louis : cet humble curé qui, du fond de sa province, guette le passage de la cour sur la route des Flandres ; cette favorite fatiguée de la vitalité d'un souverain aussi jouisseur qu'acharné au travail ; ce marin assoiffé de conquêtes à qui s'ouvre l'immensité du monde, des Indes à l'Amérique ; ce courtisan qui s'agace de piétiner dans la puanteur du chantier de Versailles... Au fil de ce livre surgissent la personnalité exceptionnelle du roi et l'emprise grandissante de son État. Mais ce qui apparaît aussi, c'est que nous avons oublié à quel point le règne de Louis XIV fut divers et souple - à mille lieues de l'absolutisme roide que nous imaginons.

  • "La Fayette, nous voici!". Les paroles du lieutenant-colonel Stanton prononcées en 1917 sur la tombe du "héros des deux mondes" sont restées fameuses. Pourtant, le rôle de la France dans l'indépendance des Etats-Unis ne se limite pas au départ des cent cinquante volontaires qui prirent du service dans l'Armée Continentale de George Washington. L'aide fut également diplomatique, financière et militaire dans ce qui devint un conflit mondial. A l'initiative de la Société des Cincinnati de France, des historiens américains, français, espagnols et anglais font le point des connaissances sur l'intervention de la monarchie de Louis XVI et mettent en évidence les objectifs et les stratégies des différents belligérants entre 1776 et 1783. Ils expliquent comment Français et Américains, surmontant leur vieille hostilité réciproque, ont fait l'apprentissage d'une fructueuse coopération militaire qui a permis, après la victoire navale de l'amiral de Grasse à la Chesapeake, la reddition de Yorktown à Rochambeau et Washington en 1781. Cette coopération eut des conséquences à court et à plus long terme. En dépit des aléas de l'Histoire et des intérêts parfois opposés des Etats, les Américains ne furent pas ingrats: on le vit en 1917, puis à nouveau en 1944.

  • Cet essai tout à fait original interroge le destin militaire de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles lorsque, à coup d'épée bien plus que par les successions dynastiques, notre pays connaît sa plus forte expansion territoriale. Jamais la France n'a pesé si lourd, démographiquement, économiquement et militairement dans l'Europe du temps. Pour la tenir en échec, ses adversaires doivent nécessairement se coaliser. Qu'est-ce qu'alors que la puissance militaire du roi de France ?
    Le propos est donc ni un récit des guerres ou des campagnes ni une présentation institutionnelle des forces armées, ni une sociologie du monde militaire d'Ancien Régime. Il s'agit, en fait, un objet bien plus large et complexe que ce qu'on imagine d'ordinaire, à l'articulation de beaucoup de domaines historiographiques rarement traités ensemble (histoires militaire, politique, diplomatique, coloniale, financière, économique, sociale, culturelle...).
    Il s'agit ici de traiter dans un même propos l'armée et la marine du roi de France, dans une démarche comparatiste. On ne saurait en effet comprendre la puissance militaire française sans la mesurer aux forces rivales en présence : la « redoutable infanterie d'Espagne », la Royal Navy, les Impériaux ou les troupes prussiennes.
    Finalement, par-delà l'étude des forces armées, c'est bien une histoire de la France monarchique au sein de l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles que nous est ici proposée.

  • Pendant des siècles, les Vénitiens ont considéré l'Adriatique comme leur golfe et revendiqué la souveraineté sur les eaux de cette mer que le doge épousait rituellement chaque année.
    Ils n'en ont pourtant jamais dominé la totalité des rives. L'autorité de la République de Saint-Marc s'est exercée par intervalles sur les flots et, de manière plus stable, sur différents points de la côte orientale : en Istrie, sur les îles du Quarner, puis sur celles de Dalmatie qui masquent des ports tels que Zara et Spalato. Cet ensemble discontinu était disposé entre la mer et d'abruptes montagnes.
    Interrompu par le territoire de Raguse, il se prolongeait encore par quelques places dans les Bouches de Kotor, tandis que la forteresse de Corfou montait la garde au-delà du canal d'Otrante. L'Adriatique des Vénitiens, c'est d'abord une route maritime que parcourent galères et bâtiments de commerce, le long d'une côte dont le dédale d'îles et de presqu'îles est propice à la piraterie. C'est ensuite un chapelet de places fortes dressant leurs bastions entre les flots et les murailles rocheuses qui barrent très vite l'horizon.
    C'est enfin des départs de route qui montent vers un arrière-pays invisible et sauvage, terre étrangère dont surgissent l'invasion et la peste mais dont proviennent aussi marchandises et transhumances. Le monde italo-slave et catholique de ces confins entre terre et mer avait trouvé en Venise sa protectrice face aux Turcs. Longtemps après la disparition de la Sérénissime, sa marque est demeurée : bastions, campaniles, palais, décors d'églises et de maisons témoignent encore de cette domination, d'abord imposée mais finalement regrettée, qui - comme à Raguse - fit des eaux de l'Adriatique mieux qu'une frontière : une aire de civilisation vénitienne.

  • " Les bruits de Parlements ne sont plus de saison " : ainsi Colbert s'exprimait-il en 1679 et, depuis cette époque, les historiens, ont, comme en écho, repris l'idée que ces hautes cours de justice qui se disaient " souveraines " avaient été soumises et réduites à l'obéissance et au silence par Louis XIV, incarnation d'un absolutisme triomphant et centralisateur.
    Or depuis quelques années, cette vision d'un pouvoir royal s'imposant de façon autoritaire et unilatérale a été discutée et, aujourd'hui, la notion même d'absolutisme est en débat. Peut-on dès lors relire l'histoire des parlements sous Louis XIV à la lumière de ces nouvelles interrogations, ou bien faut-il considérer que Colbert, tout bien pesé, avait bel et bien raison ? A travers les questions aussi diverses que le maintien de l'ordre, les remontrances, la politique anti-protestante, la présence des jansénistes, les relations avec les autres institutions, les historiens et historiens du droit rassemblés à Rennes en novembre 2008 offrent ici quelques pistes afin de tenter une relecture d'un chapitre longtemps négligé de l'histoire des parlements.

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